FOCGO FEUGUI Sidoine

Le Musée National du Cameroun perd son directeur, le Pr. Hugues Heumen Tchana

Ce jeudi 9 octobre 2025, le monde de la culture camerounaise perd l’un de ses plus fervents défenseurs. Le Professeur Hugues Heumen Tchana, Directeur du Musée National du Cameroun depuis 2021, s’est éteint après une longue maladie. Son décès laisse un vide immense, tant il avait su incarner une muséologie vivante, résolument tournée vers les publics, le dialogue entre les temps, et l’ouverture au monde.

Pr Hugues Heumen Tchana conduit une visite guidée au Musée National du Cameroun. Crédit : Musée National du Cameroun
Pr Hugues Heumen Tchana conduit une visite guidée au Musée National du Cameroun. Crédit : Musée National du Cameroun

Une trajectoire forgée dans l’exigence et la passion du patrimoine

Formé à l’Université Senghor d’Alexandrie, en spécialité « Gestion du patrimoine culturel », le Pr. Heumen Tchana a rapidement trouvé sa vocation : penser les musées non comme des mausolées, mais comme des lieux d’échanges, de savoirs et d’interprétation.

Avant sa prise de fonction à Yaoundé, il fut enseignant-chercheur à l’Université de Maroua, un passage marquant où il a su transmettre aux jeunes générations une vision contemporaine et inclusive du patrimoine.

Le 25 janvier 2021, il est nommé à la tête du Musée National du Cameroun par décret, succédant à Asombang Raymond Neba’ane. Moins d’un an plus tard, il est élevé au grade de Chevalier de l’Ordre du Mérite Camerounais pour les Arts et la Culture. Une reconnaissance de l’État pour un homme déjà pleinement engagé sur le terrain.

La vision du Pr. Hugues Heumen Tchana : faire dialoguer patrimoine, art contemporain et mémoire

Dès son arrivée, le Pr. Hugues Heumen Tchana affirme une ligne claire : faire du Musée National un espace de médiation culturelle. Son ambition est triple :

  • Ouvrir le musée à la contemporanéité, en y intégrant les expressions actuelles et les artistes vivants du Cameroun ;
  • Reconnecter le musée avec les communautés, notamment les jeunes, les écoles, les populations rurales ou marginalisées ;
  • Dynamiser les partenariats internationaux pour inscrire le musée dans une logique d’échanges Sud-Sud et Nord-Sud.

Il parlait souvent du musée comme d’un « lieu de résonance » où se croisent héritages, vécus et récits pluriels. Une posture à contre-courant de la muséologie classique.

Expositions marquantes : trois temps forts de son mandat

Le travail du Pr. Heumen Tchana s’est notamment illustré par des expositions puissamment signifiantes, aux partis-pris affirmés :

Contact(s) Zone (janv.-avr. 2022)

Cette exposition inaugurale de sa direction, conçue en partenariat avec le CIPCA, est un manifeste. Elle valorise les créateurs contemporains camerounais, interroge le musée comme lieu de rencontre entre le passé et les pratiques actuelles. Une déclaration d’intention.

Musée national Contact(s) Zone (janv.-avr. 2022 par Hugues Tchana
Exposition Contact(s) Zone (janv.-avr. 2022

Septentrion : dynamiques entre passé et présent (juil.-déc. 2024)

Avec cette exposition co-commissariée avec Émilie Salaberry-Duhoux, il a mis en lumière les cultures du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord, souvent invisibilisées. Une riche collaboration avec le Musée d’Angoulême et l’Institut Français du Cameroun.

Septentrion : dynamiques entre passé et présent (juil.-déc. 2024) le Pr. Hugues Heumen Tchana
Visiteur de l’exposition Septentrion : dynamiques entre passé et présent (juil.-déc. 2024). Crédit : Musée national du Cameroun

Il était une fois la naissance du Staat Kamerun (oct. 2024 – fév. 2025)

Exposition historique sur la colonisation allemande, elle marque un tournant dans la réflexion sur la restitution des objets culturels et la décolonisation muséale. En lien avec doual’art, le Goethe-Institut et des partenaires allemands, cette exposition interroge la construction du récit national.

Le Pr Hugues Heumen Tchana présente l’exposition »Il était une fois la naissance du Staat Kamerun ». Crédit : Musée National du Cameroun

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Pr. Hugues Heumen Tchana, penseur du musée, au-delà du terrain

Auteur de plusieurs articles scientifiques, le Pr. Heumen Tchana laisse également un livre de référence : Musées nationaux d’Afrique : rôles et enjeux – le Musée national de Yaoundé (L’Harmattan, 2014).
Il y explore les défis d’une muséologie africaine : médiation, inclusion, marketing culturel, dialogue interculturel.

Ses écrits et ses conférences auront permis de nourrir le débat sur : la mémoire collective ; les relations entre musées et écoles ; la représentation des diversités culturelles nationales ; et surtout, la décolonisation des savoirs muséographiques.

Héritage et chantiers en suspens

Son passage au Musée National du Cameroun ne se résume pas à des expositions. Il aura initié une redynamisation structurelle, en travaillant sur :

  • la modernisation des infrastructures ;
  • la visibilité numérique du musée ;
  • les réseaux internationaux de coopération culturelle ;
  • la démocratisation de l’accès au patrimoine pour tous les publics ;
  • la restitution des oeuvres.

Sa disparition soudaine laisse plusieurs projets en chantier — notamment les perspectives ouvertes par Il était une fois le Staat Kamerun, en lien avec les débats sur les restitutions et la justice patrimoniale.

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En guise d’au revoir

Le Professeur Hugues Heumen Tchana ne dirigeait pas un musée : il l’animait, au sens le plus noble du terme. Il croyait au pouvoir des objets, à la force des récits, à l’intelligence des publics. Pour lui, un musée devait faire société. En cela, il a su placer le Musée National du Cameroun dans une dynamique de transformation profonde.

Aujourd’hui, alors que les rideaux se ferment sur sa vie, son œuvre reste ouverte, inspirante, à poursuivre.

Reposez en paix, Professeur.
Votre vision vivra.


Tourisme et Renouveau : Que pense Elisée Ndjomo Eyenga du bilan de Paul Biya dans la région du Centre ?

Ce mercredi 8 octobre 2025, au campus de l’ENAM à Yaoundé, Aristide Ayolo, responsable des Éditions Afribook, a convié le public à la cérémonie de présentation de l’ouvrage Bilan éclatant du Renouveau dans la région du Centre, Paul Biya cap sur 2025. À cette occasion, Elisée Ndjomo Eyenga, conseiller technique au ministère de la Santé publique et co-auteur du livre, a partagé sa lecture du développement touristique dans la région du Centre. Entre écotourisme, infrastructures hôtelières et valorisation des sites naturels, il revient sur les réalisations du président Paul Biya et les perspectives qu’offre le renouveau pour ce secteur stratégique

Voyage en hauteur: Pouvez-vous présenter globalement le livre ?

Le livre a pour vocation de revenir sur les principales réalisations du président de la République, Son Excellence Paul Biya, dans la région du Centre depuis son accession à la magistrature suprême en 1982. Il ne s’agit pas d’un simple recensement de tout ce qui a été fait, mais d’une mise en perspective: au plan politique, quelle est la relation privilégiée entre le président de la République et la région du Centre ? Au plan économique, quelles sont les réalisations et avancées majeures qui font la force de ce bilan ? Au plan social et culturel, mais aussi en matière de dynamique des jeunes.

Présentation de l’ouvrage Bilan éclatant du Renouveau dans la région du Centre, Paul Biya cap sur 2025, Editions Afribook 2025
Présentation de l’ouvrage Bilan éclatant du Renouveau dans la région du Centre, Paul Biya cap sur 2025, Editions Afribook 2025

Enfin, nous abordons les perspectives: qu’est-ce que la région du Centre est en droit d’espérer, et comment peut-elle se projeter à la lumière de ce qui a déjà été accompli ? Voilà à quoi renvoie ce « livre-témoignage », qui est aussi un outil didactique permettant à chacun de faire le point sur les actions menées et sur la manière dont la région du Centre s’est intégrée dans la dynamique des politiques publiques conduites par le président de la République depuis 1982.

Voyage en hauteur: Quelle a été contribution concrète dElisée Ndjomo Eyenga en tant que co-auteur ?

Au-delà de la concertation avec l’ensemble des co-auteurs, je me suis concentré sur le volet social et culturel, mettant en avant les différents progrès en matière de santé, de culture, d’accès à l’éducation et aux services sociaux de base. Ce sont les domaines sur lesquels je me suis attelé, en tenant compte de l’expérience que j’ai pu accumuler au ministère de la Santé publique, au ministère des Arts et de la Culture, ainsi que dans d’autres institutions et leviers d’action de l’État, notamment en stratégie et en développement des services sociaux, ou encore dans le cadre de la Stratégie nationale de développement.

Elisée Ndjomo Eyenga
Elisée Ndjomo Eyenga, conseiller technique au ministère de la Santé publique et co-auteur du livre.

Voyage en hauteur: Qu’en est-il du tourisme ? Quelles sont les actions concrètes du Renouveau en matière de tourisme dans la région du Centre ?

Comme je l’ai dit, il s’agit d’un florilège des actions menées. Le tourisme relève prioritairement des activités économiques du Renouveau. À ce titre, un ensemble d’actions ont été conduites, notamment en matière de développement des infrastructures hôtelières et touristiques, avec la construction et la mise en service de plusieurs hôtels de 3e, 4e et 5e catégories, dont certains avec l’État au capital. Vous avez aussi le développement de sites et d’industries touristiques: loisirs, écotourisme, restauration et promotion des arts culinaires. Ainsi, plusieurs localités de la région du Centre, au-delà de la seule ville de Yaoundé qui bénéficie déjà d’infrastructures hôtelières, deviennent des pôles d’attraction touristique, notamment grâce à l’écotourisme dans certains départements. Sans faire de publicité, citons des sites dans les départements du Nyong-et-So’o, de la Méfou-et-Akono, de la Méfou-et-Afamba ou de la Haute-Sanaga, développés soit directement par des institutions publiques, soit par des privés avec l’accompagnement de l’État.

« J’ai eu la possibilité de visiter le Sanctuaire à Gorilles de Mengamé, le site écotouristique d’Ebogo, Sanaga Beach de Nkoteng. J’ai aussi eu l’occasion de profiter de moments de repos dans des forêts près d’Ayos. »

Elisée Ndjomo Eyenga

Voyage en hauteur: Personnellement, quelles sont les attractions touristiques qui vous ont le plus marqué ?

Je ne voudrais pas faire de jaloux… mais je dois dire que j’ai eu la possibilité de visiter le Sanctuaire à Gorilles de Mengamé, le site écotouristique d’Ebogo, Sanaga Beach de Nkoteng. J’ai aussi eu l’occasion de profiter de moments de repos dans des forêts près d’Ayos. Ce qui me marque le plus, c’est le contact avec la nature, la capacité de se ressourcer. Je crois que de nouveaux sites s’ouvrent de plus en plus, notamment dans l’arrondissement de Yaoundé 5e, qui dispose d’un nouveau joyau touristique. Il y en a également du côté de Yaoundé 6e, à Simbock, et du côté d’Ahala dans l’arrondissement de Yaoundé 3e. Ce sont des sites que j’ai visités à titre personnel, pour me reposer, me ressourcer ou faire profiter ma famille de moments privilégiés.

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Voyage en hauteur: Pendant la dédicace, vous avez évoqué le site touristique d’Ebogo Mengueme, notamment l’inaccessibilité au réseau de téléphonie mobile. Beaucoup de touristes déplorent aussi l’état des routes. Qu’est-ce que le Renouveau fait pour pallier ces problèmes ?

Ces questions s’inscrivent dans le plan de développement de la région du Centre. Sans trahir de secret, il me semble que, dans les projections du Conseil régional du Centre, figure le développement de certaines voies d’accès vers des sites à potentiel touristique et économique. Je ne peux pas vous dire à date ce qui a été effectivement réalisé. Pour le site d’Ebogo, lors de mes dernières visites, la route était plutôt praticable et avait bénéficié de travaux de confortement. Je n’y suis toutefois pas retourné récemment.

S’agissant de la couverture télécom, l’échange que j’avais eu à l’époque avec les promoteurs du site laissait entendre que l’absence de réseau pouvait être un atout: cela permet aux visiteurs de se ressourcer, loin de la frénésie des réseaux sociaux et des téléphones, et de mieux profiter de la nature. D’autres estiment au contraire qu’il est important d’être joignable. C’est un choix qui appartient aux promoteurs, lesquels peuvent solliciter les opérateurs pour une extension du réseau. À ma connaissance, la couverture n’est d’ailleurs pas totalement absente dans la zone.

site touristique d'Ebogo
Balade en pirogue au site touristique d’Ebogo. Crédit :Pixabay

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Voyage en hauteur: Elisée Ndjomo Eyenga, Comment entrevoyez-vous l’avenir après 2025 ?

Comme tout bon Camerounais, avec l’espérance d’un développement structurant autour de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui définit un ensemble de secteurs prioritaires dans lesquels la région du Centre se retrouve. Qu’il s’agisse de développement agricole ou halieutique, la région du Centre possède des terres arables et constitue l’un des poumons agricoles de la République, notamment sur le bassin de la Sanaga. Il y a une activité économique et agricole qui s’y développe, ainsi que des projets liés à l’agriculture et à l’élevage. La région abrite déjà l’École des métiers agricoles de Monatélé et l’École pratique d’agriculture de Binguela, qui contribuent à former les jeunes à la maîtrise de projets agricoles, halieutiques et pastoraux. Nous envisageons donc l’avenir sous le prisme d’une insertion cohérente dans la SND30, avec une mise en cohérence du plan de développement régional porté par le Conseil régional.

Voyage en hauteur: Pour être plus précis, comment entrevoyez-vous l’avenir si l’homme du Renouveau n’est pas réélu au terme de l’élection du 12 octobre prochain ?

C’est une question qui ne relève pas du champ de l’ouvrage. Les politiques publiques de développement s’ancrent généralement dans des cadres stratégiques. La région du Centre reste républicaine. Pour ce qui est de l’élection de Son Excellence Paul Biya, ce sont les urnes qui diront la vérité. Je ne souhaite pas me projeter dans la spéculation. Pour l’instant, nous nous sommes concentrés sur le bilan du Renouveau dans la région du Centre et sur les perspectives ouvertes par ce bilan, ainsi que sur les acquis à consolider et les avancées à poursuivre.

Voyage en hauteur: Un mot de fin pour inviter les personnes à découvrir le potentiel touristique de la région du Centre.

Je dirais simplement que nous avons besoin d’apprendre à connaître notre propre pays. Que chacun se donne la liberté de profiter de ses moments libres pour découvrir notre potentiel touristique. Beaucoup n’ont pas encore cette culture; il faut la développer pour mieux connaître et valoriser nos richesses.


Festival Baka Dream Days 2025 : Quand la forêt parle, écoutez…

À l’heure où le monde court après le « développement durable », certains peuples, eux, n’ont jamais quitté cette route. Les Baka, enfants de la forêt, l’arpentent depuis la nuit des temps. Mais qui les écoute ? Qui les voit vraiment ? C’est dans ce silence que naît un cri. Un rêve. Un festival : Baka Dream Days, dont la 6e édition est prévu du 4 au 7 septembre 2025. À Assok-Mintom, au sein du Musée Vivant Baka, les racines reprennent la parole. Et cette année, le thème est :
« La sécurisation des Bakas dans le processus de recherche, la promotion du tourisme et le développement durable. »

Festival culturel et touristique Baka Dream Days 2025
Festival culturel et touristique Baka Dream Days 2025

Un peuple, une forêt, un patrimoine en péril

Les peuples Baka et Fang, gardiens discrets d’un savoir ancestral, sont aussi les premières victimes d’un progrès qui oublie ses racines. Forêts rasées, terres arrachées, traditions ignorées… Et pourtant, dans les forêts denses du Sud-Cameroun, entre chutes d’eau oubliées et grottes mystérieuses, les Baka murmurent encore à l’oreille de la nature.

Alors, le Festival Baka Dream Days, porté par APIFED et AKOWBAKA, soutenu par l’Union Européenne, l’UNESCO, et le projet Natura Sud-Est, devient une nécessité. Un moment d’écoute, d’échange, et de réparation.

Quand la forêt s’ouvre au Baka Dream Days 2025

Au programme du Baka Dream Days 2025, des conférences riches et nécessaires : conservation, écotourisme, climat, gouvernance, patrimoine immatériel… Mais ce n’est pas un colloque d’experts, c’est une fête vivante. Et la forêt n’a jamais été aussi expressive :

  • Danses traditionnelles et chants polyphoniques qui racontent l’âme des Baka
  • Charcuterie bio locale et mets traditionnels mijotés à l’ombre des arbres
  • Médecine traditionnelle, savoirs ancestraux partagés sans filtre
  • Visites écotouristiques : Ako’Afem, Biamekok, forêts sacrées, zones d’éléphants…
Festival culturel et touristique Baka Dream Days 2025
Programme des activités du Baka Dream Days 2025

Et bien sûr, des jeux patrimoniaux aux noms aussi savoureux que leurs épreuves : Njeuk, Miss Põli, grimper, tirer la corde… La joie comme résistance.

Un musée vivant, un peuple debout

Musée Vivant Baka au village Assok par Mintom
Musée Vivant Baka au village Assok par Mintom

L’un des temps forts sera la stratégie de sécurisation du Musée Vivant Baka, ce lieu unique où les traditions ne sont pas vitrines, mais voix, chants, gestes et regards. On y parlera aussi du projet Un Baka, un Bantou, et d’une réalité trop souvent niée : la citoyenneté des Baka.

Musée Vivant Baka au village Assok par Mintom - Festival Baka Dream Days 2025
Modalités d’accès au Musée Vivant Baka au village Assok par Mintom

Une projection de film, des tables rondes, des remises d’attestations, des naissances d’arbres (oui, ici, on dresse même les actes de naissance des géants verts), et une grande soirée dansante pour clore les festivités… avec une surprise. La forêt aime garder ses secrets.

Festival Baka Dream Days, un appel à la rencontre

Vous n’avez jamais entendu chanter la forêt ? Venez.
Vous croyez que la modernité efface le passé ? Venez.
Vous pensez que le développement doit aussi rimer avec dignité ? Venez.

Du 4 au 7 septembre 2025, à Assok-Mintom, les Baka ne seront pas « objets d’étude », mais sujets de leur histoire. Ils nous invitent à rêver avec eux, à co-construire un avenir où la forêt ne sera plus seulement exploitée, mais respectée. Où les peuples qui l’habitent seront non plus tolérés, mais écoutés.

Comment se rendre à Assok-Mintom ?

Pour rejoindre Assok-Mintom depuis Yaoundé, comptez environ 5 à 6 heures de voyage. Depuis le carrefour Mvan, prenez un car VIP Rapid Express (environ 4000 FCFA) en direction de Djoum, via Sangmélima, sur une route entièrement goudronnée. De Djoum, un véhicule ou moto-taxi vous mènera à Mintom pour environ 2500 FCFA. Le village d’Assok, situé dans le Dja-et-Lobo, est ensuite facilement accessible. Un trajet agréable, entre bitume et verdure, pour une destination hors du temps.

À très bientôt sous les arbres.


L’entrepreneur digital africain est un blogueur

Chaque 31 août, c’est la Journée mondiale du blogging. Cette année 2025, je ne l’ai pas célébrée derrière mon clavier. Non. Je l’ai vécue en présentiel, au cœur d’un événement qui porte en lui toute la promesse d’un continent connecté : la conférence de presse du livre L’entrepreneur digital africain de Moctar Tize, organisée à Yaoundé.

Trois heures de conversations profondes, d’analyses lucides et de visions partagées sur l’avenir numérique de l’Afrique. Autant dire que pour un blogueur qui croit dur comme fer que le blogging est une forme d’entrepreneuriat digital, c’était un cadeau parfaitement synchronisé avec le calendrier.

L’entrepreneur digital africain : Un livre, une boussole, une promesse

L'entrepreneur digital africain de Moctar Tize
Première de couverture

166 pages. 10 chapitres. Une postface qui résonne comme un manifeste. L’entrepreneur digital africain n’est pas un simple essai académique. C’est une déclaration. Un cri du cœur. Une boussole dans la jungle numérique. Moctar Tize ne se contente pas de parler technologie ou innovation. Il parle d’humanité, d’identité, de résilience.

« Ce livre est une invitation à redéfinir notre manière d’utiliser le digital, à bâtir une Afrique où l’innovation est un moteur collectif. » — Moctar Tize

Et cette phrase a été le fil conducteur de la conférence. Car au fond, c’est bien de cela qu’il s’agit : comment faire du digital un levier collectif, et non un simple outil individuel de consommation.

Une jeunesse connectée, mais trop souvent désorientée

L’auteur l’a rappelé avec justesse : l’Afrique regorge de jeunes, armés de smartphones et de data. Mais entre TikTok et WhatsApp, combien transforment leur téléphone en outil de production, d’apprentissage ou d’innovation ?

À travers son ouvrage, Moctar propose des pistes concrètes :
✔️ Transformer l’éducation grâce aux plateformes en ligne.
✔️ Révolutionner la santé via des applications de suivi et de prévention.
✔️ Réinventer le commerce et la finance pour les rendre plus accessibles, plus mobiles.

Seul bémol (et je ne pouvais pas ne pas le souligner en tant que blogueur voyage) : l’absence du secteur du tourisme dans cette réflexion. Pourtant, la digitalisation est un puissant moteur pour promouvoir la destination Afrique – et particulièrement le Cameroun, cette « Afrique en miniature » aux mille visages que le monde ignore trop souvent.

Moctar Tize, un entrepreneur, un formateur, un militant du digital

Formé par 10.000 codeurs puis à la Holberton School de Paris, Moctar Tize a fait le choix de revenir en Afrique pour y planter les graines d’un numérique responsable. Fondateur de MocTinet Company, il n’écrit pas seulement, il agit.

En marge de la conférence, il a annoncé le lancement d’une série d’ateliers à destination des jeunes entrepreneurs. Des formations accessibles voire gratuites, orientées vers le concret : comment structurer un projet digital ? Comment créer de la valeur localement ? Comment lever les freins techniques ou mentaux ?

C’est ce genre d’initiatives qui font la différence. Ce genre d’initiatives qui incarnent ce que devrait être l’entrepreneuriat digital africain : un engagement, un partage, une vision.

Un sommaire riche, une vision ambitieuse

Le sommaire du livre est à lui seul un parcours initiatique :

Oui, Moctar Tize ose parler de 2030. Là où d’autres se contentent de 2035. Et il ne le fait pas dans le flou ou le fantasme, mais avec des propositions claires. Pour qui veut penser l’Afrique numérique sur le long terme, ce livre est une lecture nécessaire.

Et le blogging dans tout ça ?

Ce jour-là, dans la salle, en écoutant les échanges, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que le blog est aussi un outil d’entrepreneuriat digital. Pas seulement un journal intime numérique, mais une entreprise de narration, d’opinion, d’influence et de transmission.

Quand j’écris sur ce blog, je produis du contenu qui peut éclairer, inspirer ou inciter à l’action. Et cela, c’est de l’entrepreneuriat.

Alors oui, j’ai célébré le 31 août d’une manière unique : Non pas en publiant un billet (jusqu’à maintenant), mais en m’inspirant d’un autre entrepreneur du digital, pour mieux revenir ici vous parler, vous raconter, vous donner envie d’agir.

Pouquoi acheter le livre L’entrepreneur digital africain ?

L'entrepreneur digital africain de Moctar Tize

L’entrepreneur digital africain n’est pas un livre pour les geeks ou les ingénieurs. C’est un livre pour les rêveurs actifs, les faiseurs, les jeunes, les enseignants, les investisseurs, les blogueurs, les créateurs de contenus… bref, pour ceux qui veulent construire une Afrique connectée, compétente, et confiante.

Merci à Moctar Tize pour cette vision. Merci à tous les acteurs de cette conférence. Et surtout, merci à vous qui me lisez, car chaque lecteur est un maillon de cette chaîne numérique qui redessine notre continent.


Rosalie Boki : « Ce prix symbolise mon engagement envers le journalisme culturel »

Lauréate du Premier Prix Presse Écrite lors de la 6ᵉ édition du Grand Prix Francophilie des Médias, organisée à Yaoundé du 20 au 27 juillet 2025, Rosalie Boki revient sur son parcours, ses motivations et l’impact de son travail sur le journalisme culturel camerounais. Rencontre avec une jeune plume passionnée, pour qui l’architecture est aussi affaire de transmission.

Voyage en hauteur : Premier Prix Presse Écrite au Grand Prix Francophilie des Médias, une consécration ou une simple formalité ?

Absolument pas une simple formalité !  Ce prix représente bien plus pour moi. C’est une porte qui s’ouvre sur de nouvelles opportunités. Il incarne la réponse à une prière, le couronnement d’un travail acharné, et surtout la matérialisation du soutien indéfectible et inestimable de mes parents. Mais au-delà de cela, ce prix symbolise mon engagement envers le journalisme culturel. Il est la preuve que cette voie est la bonne, et je compte bien l’honorer par mon travail.

Rosalie Boki, Premier Prix Presse Écrite lors de la 6ᵉ édition du Grand Prix Francophilie des Médias,
Rosalie Boki, Premier Prix Presse Écrite lors de la 6ᵉ édition du Grand Prix Francophilie des Médias,

Voyage en hauteur : Quel était ton sujet et ton angle de traitement ? 

Pour cette 6ᵉ édition, j’ai choisi la catégorie presse écrite pour traiter du thème « architecture ». Mon article met en lumière le parcours de Laurence Ngosso, première femme architecte du Cameroun et première femme noire au Conseil de l’Union Internationale des Architectes. J’ai structuré mon traitement autour de trois axes :

  • Son combat contre les préjugés
  • Sa contribution technique à des projets emblématiques (l’Hôpital général de Douala, les immeubles ministériels de Yaoundé)  
  • Son héritage : plus de 50 femmes architectes inscrites à l’Ordre national aujourd’hui, contre aucune avant elle.
Doyenne Laurence Ngosso, première femme architecte inscrite au tableau de l'Ordre National des Architectes du Cameroun. Credit: L'Ordre national des Architectes du Cameroun - ONAC
Doyenne Laurence Ngosso, première femme architecte inscrite au tableau de l’Ordre National des Architectes du Cameroun. Credit: L’Ordre national des Architectes du Cameroun – ONAC

Voyage en hauteur : Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce sujet et quel travail as-tu fait en amont pour aboutir à ce résultat ? 

J’ai choisi ce sujet en pensant à l’urgence de documenter l’histoire d’une pionnière dont l’impact technique et social reste largement méconnu.  

Mon travail en amont a été une véritable enquête. Entre plongée dans les archives techniques de l’ONAC, analyse d’articles de presse (Cameroun Tribune), recherche et étude des ressources pédagogiques de l’ESSACA sur sa méthode, et analyse de ses conférences pour cerner sa vision. Sans oublier la vérification minutieuse des sources.

Voyage en hauteur : Qu’est-ce qui t’a marqué durant toute la semaine d’activités du Grand Prix Francophilie des Médias ? 

Au-delà de l’excellence académique (masterclass, conférences, talks…), ce Grand Prix Francophilie des Médias restera pour moi un authentique festival de rencontres. Imaginez tous les candidats rivalisant de créativité le jour et partageant des danses improvisées le soir… Des moments où la compétition cédait la place à la fraternité. Par exemple, lors du montage collectif ou quand nous avons appris à danser sur des rythmes venus d’ailleurs. Cette alchimie unique m’a profondément marquée tout au long de la compétition.

Rosalie Boki
Des moments où la compétition cédait la place à la fraternité. Credit : Patricia Nga Noa

Voyage en hauteur : Le Grand Prix Francophilie des Médias c’est aussi du tourisme avec la visite guidée de l’architecture religieuse de Mvolyé. Un moment chargé d’histoire pour Rosalie Boki ? 

Cette immersion dans l’architecture sacrée de Mvolyé a été une expérience vibrante d’histoire vivante. Se tenir devant la Basilique Marie-Reine-des-Apôtres et la Chapelle du Saint-Esprit, c’était toucher du doigt 119 ans de mémoire collective. J’ai été fascinée par la résilience des matériaux d’origine qui défient le temps malgré les intempéries. Ces bâtiments sont plus qu’un patrimoine bâti : ils incarnent la ferveur générationnelle des fidèles. Chaque fissure raconte une prière, une histoire, et c’est cela, pour moi, le symbole de ces lieux.

Visite de la Basilique Marie-Reine-des-Apôtres  pendant le Grand Prix Francophilie des Medias. Credit : Francois Omgba
Visite de la Basilique Marie-Reine-des-Apôtres pendant le Grand Prix Francophilie des Medias. Credit : Francois Omgba

Voyage en hauteur: En dehors de celles-là, y a-t-il d’autres architectures au Cameroun qui t’ont captivée ? 

L’œuvre qui me fascine et que Rosalie Boki rêve de découvrir en vrai, c’est le Musée des Rois Bamoun à Foumban. Sa structure en serpent à deux têtes et ses symboles mystérieux m’interpellent. J’ai très envie de toucher ses murs pour ressentir ses formes uniques, comprendre le sens derrière le serpent, la mygale ou ces motifs, et aussi savoir ce qu’ont voulu exprimer les architectes en créant ce lieu si symbolique.  

Pour moi, c’est comme un grand livre ouvert, et j’ai hâte d’en tourner les pages avec mes yeux et mes mains, pas seulement à travers des images.

Voyage en hauteur : En tant que Secrétaire Générale du Club Communication de l’Université de Yaoundé I, quel sera l’impact de ton prix au sein du Club ? 

Mon prix n’est pas qu’une victoire personnelle : c’est un levier pour tout le Club Communication de l’Université de Yaoundé I. D’abord, il va motiver nos membres en montrant que nos formations portent leurs fruits. Ensuite, il donne une crédibilité nouvelle au Club auprès des médias et institutions, ce qui ouvre des portes pour organiser des masterclass, obtenir des partenariats, ou même inviter des professionnels reconnus. Mon rôle, en tant que secrétaire générale et lauréate, sera de transformer cette reconnaissance en opportunités concrètes pour tous les membres.

Voyage en hauteur : Quelles œuvres architecturales un touriste devrait-il absolument visiter au Cameroun ? 

Les œuvres architecturales qu’un touriste devrait absolument visiter au Cameroun sont le Monument de la Réunification, qui symbolise l’unité nationale ; le Mémorial Charles Atangana, qui incarne la résistance anticoloniale ; et le Monument du Cinquantenaire de l’Indépendance et de la Réunification de Buea.

Voyage en hauteur : Un mot pour la fin ? 

Je remercie tous ceux qui m’ont soutenue et encouragée à participer à cette édition, en particulier mes parents. Ils m’ont montré que chaque rêve mérite d’être tenté avant de dire « impossible ».


Quand le gâteau renversé à l’ananas se fait désirer !

Ce jour-là, je décide d’essayer une nouvelle recette en pâtisserie. Mon choix se porte sur le gâteau renversé à l’ananas. La préparation est simple, d’après un site de cuisine que je consulte régulièrement pour apprendre. La liste des ingrédients est la même que pour un gâteau classique – œufs, farine , levure chimique, sucre, beurre, – sauf qu’ici, l’élément essentiel, c’est l’ananas. Tout est réuni sur la table à manger qui me sert de plan de travail.

Je commence par peler mon fruit à la couleur jaunâtre, tacheté de rouge par endroits , avec sa tête aux feuilles toutes défraîchies. Il a trop attendu dans ma cuisine depuis son arrivée du marché il y a quatre jours. Je prends soin de séparer la peau de la pulpe jaune très juteuse. Le jus dégouline sur le couteau et sur ma main à chaque fois. Je découpe ma pulpe en rondelles mi-fines puis, je les mets dans deux bocaux différents. L’un sera pressé pour faire du jus. L’autre, par contre, restera en entier pour être utilisé au fond du moule.

Le jus d’ananas du premier bocal en inox est rejoint progressivement par les œufs, une partie du sucre, la farine, la levure chimique et le beurre fondu. Je remue le tout avec la souplesse et l’agilité du fouet constitué de trois filets d’acier pliés et encastrés dans un manche en bois. Au bout de plusieurs minutes, le mélange est totalement homogène. Il faut à présent mettre la pâte obtenue dans le moule en aluminium et l’enfourner dans la marmite préchauffée qui me sert de four. Sauf que… avant de passer au four, une étape très importante est nécessaire.

D’après la recette, que je suis à la lettre… je fais fondre le sucre restant avec une légère quantité d’eau. L’objectif… obtenir du sirop de sucre que je verse ensuite dans mon moule rectangulaire, puis, j’y introduis les rondelles d’ananas réservées plus haut. Une fois cela fait, je verse la pâte au-dessus… direction le four. Le minuteur est réglé pour sonner 40 minutes plus tard, le temps que dure la cuisson.

En attendant… je fais quelques rangements dans mes affaires car c’est le jour du déménagement. Je tiens absolument à manger un gâteau une dernière fois dans cette maison avant de rejoindre une autre. Hélas ! Ma maman arrive avec le camion au moment où le minuteur m’annonce que le gâteau est prêt. Je le sors du four. Il est tout doré, moelleux à vue d’œil et au toucher , en plus de la belle odeur exquise qu’il dégage. Je le démoule et… je le renverse sur le dos. La face arrière du gâteau présente une jolie couleur caramélisée auréolée des trois rondelles d’ananas toutes luisantes. C’est exactement le résultat que je souhaite obtenir. Ma recette est réussie. Je laisse le gâteau refroidir sur l’étagère de la cuisine. Je vais le manger quand on aura fini de ranger les effets dans le camion, me dis-je.

En effet, ma daronne arrive à bord d’un véhicule à cabine avancée et à plateau moyen non couvert. Elle est accompagnée de trois messieurs : le chauffeur, qui a sensiblement le même âge qu’elle, et les chargeurs, deux jeunes hommes un peu plus vieux que moi mais pas tant que ça. Nous nous activons tous ensemble pour charger le plateau du camion. Les meubles, les valises, les assiettes, les seaux , les marmites, bref, tout effet qui nous appartient y est installé avec minutie et méthode . Les chargeurs sont des spécialistes en gestion de l’espace. Au bout de quatre heures de chargement, ils ont réussi à faire tenir un appartement de quatre pièces dans un camion de taille moyenne.

Très occupé à porter les effets, le gâteau est complètement sorti de mon esprit. D’ailleurs, je ne fais plus de tour à la cuisine jusqu’à ce qu’elle soit complètement vide. La daronne s’est chargée de cela. La maison est ainsi totalement vidée et balayée. Nous prenons donc la route pour le nouveau domicile situé à quatre kilomètres plus loin dans un quartier voisin.

Cette fois-ci, nous sommes à l’étage, au deuxième niveau d’ un immeuble , contrairement à l’ancien local où nous étions au rez-de-chaussée. L’aménagement est très ardu car il faut monter les quarante-huit marches d’escalier avec tout le mobilier. L’opération prend deux heures aux chargeurs, moi y compris. Pendant tout ce temps, déménagement et aménagement, le jour a laissé place à la nuit. L’opération est terminée. Le chauffeur et ses acolytes sont partis.

Celle qui paye le loyer et moi soufflons un peu. C’est à ce moment que mon esprit se rappelle de mon magnifique gâteau renversé à l’ananas. J’interroge donc la personne qui s’en est occupée… Elle l’a rangé dans un seau qui autrefois servait à la conservation du chocolat. Hélas ! Elle ne se souvient plus duquel seau il s’agit parmi la dizaine que nous possédons. Impossible pour le moment de les fouiller un par un car ils sont condamnés par une tonne de mobilier. Trop exténué pour chercher, je me résous à manger le plat de beignets aux haricots sautés que je suis allé acheter au beignetariat du quartier, qui, fort heureusement, n’est pas loin de la maison. Après avoir pris des forces, j’installe les lits de chacune des deux chambres pour que nous puissions dormir. Demain est un autre jour et assurément je vais retrouver mon précieux gâteau. Hélas !

Le chant du coq sonne au petit matin. Nous nous activons pour ranger les effets dans les espaces qui leur conviennent. Les valises et assimilés dans les chambres, les marmites et autres ustensiles dans la cuisine, le nécessaire de toilette dans la salle de bain, les appareils électroniques dans la salle de séjour… bref ! C’est le grand rangement en plus du grand nettoyage. Le transport de matériel d’un lieu à un autre s’accompagne toujours de saleté malgré les précautions prises. Nous passons toute la journée à faire cette tâche… mais pas de trace de mon gâteau. Je passe les seaux en question au peigne fin, ma pâtisserie ne s’y trouve pas. Celle qui s’est occupée de cela est tout aussi surprise. Nous continuons les recherches. Hélas ! La nuit tombe encore et nous ne l’avons pas retrouvé.

Ce n’est que tôt le matin du jour d’après que nous mettons enfin la main sur ce gâteau renversé à l’ananas. En réalité, elle l’a emballé dans un plastique noir et l’a mis dans le grand seau noir qui sert à faire des réserves d’eau. C’était dans un seau, certes, mais pas celui du chocolat. Je retire donc le gâteau de là. Il dégage déjà une odeur fétide, signe d’une décomposition.

Je le fais chauffer pour essayer de le récupérer. Dommage pour moi, la chaleur à 180° n’a pas réussi à se défaire des agents microbiens qui avaient déjà commencé à faire le festin de mon gâteau renversé à l’ananas. Je veux forcer et manger une bouchée mais l’odeur de pourriture m’en dissuade. Je me fais une raison ! Mon gâteau renversé à l’ananas qui, il y a deux jours, était délicieux, est aujourd’hui immangeable. J’ai un pincement au cœur. Je suis déçu. Je le jette dans la poubelle, malgré moi.

Trois jours après, j’essaie de refaire le même gâteau mais avec des ingrédients différents. Faute de sucre, j’utilise le miel pour faire le sirop qui va aller au fond du moule. Tout ne se passe pas comme prévu … le miel se brûle, pire, se calcine. Les éléments étant disproportionnés dans la pâte , le gâteau ramollit une fois sorti du four, en plus du fait qu’il n’a pas bien cuit. Quel gâchis ! Une nouvelle déception !

Depuis ce jour, l’occasion de faire un gâteau renversé à l’ananas ne s’est plus présentée. En fait, la première fois, c’était la chance du débutant, un peu comme dans les affaires de jeux de paris où l’on remporte toujours – ou pas forcément – la première mise.

A lire aussi : Recette de gâteau aux safous, une expérience inédite.


Inès D a-t-elle choisi la carrière de Messa pour son grand retour ?

Après une résidence artistique intense, Inès D est sur le point de frapper un grand coup avec son nouveau single Ka’a. Mais un détail m’intrigue : aurait-elle choisi la mythique carrière de Messa comme décor pour lancer sa nouvelle ère artistique ?

La semaine s’annonce bouillonnante pour les fans d’Inès D ! Après une résidence artistique où elle a tout donné, la chanteuse camerounaise revient sur le devant de la scène. Elle est portée par une détermination sans faille et une direction artistique renouvelée. C’est Sergy Timy, son manager, qui a mis le feu aux poudres sur les réseaux ce dimanche :

« Le prochain single donnera le ton des projets solides à venir entre son premier EP et son premier album. C’est un régal garanti qu’elle vous réserve 🔥 »

Sergy Timy

Et ce n’est pas tout. Inès D elle-même a teasé sur sa page Facebook ce lundi.

Coucou la D family. Ka’a arrive sur toutes les plate-formes d’écoute et de téléchargement légales. C’est notre nouveau single. Nous y travaillons depuis et j’ai hâte de le partager avec vous très très bientôt. C’est avec cette annonce que je vous souhaite la meilleure semaine possible, oui avec Ka’a, on ne va pas s’ennuyer 👌🏿🔥😍

Inès D
Inès D
Visuel officiel du nouveau single de Inès D

Un tournage à la carrière de Messa ?

Un autre indice est venu alimenter la rumeur : la maquilleuse Model Passy Ngah a publié le 1er juillet une vidéo des coulisses d’un shooting avec la chanteuse précisant : « J’ai été contactée par l’équipe de l’artiste @ines D pour un shooting à plusieurs thèmes. »

la maquilleuse Model Passy Ngah a publié le 1er juillet une vidéo des coulisses d’un shooting avec Inès D,
la maquilleuse Model Passy Ngah a publié le 1er juillet une vidéo des coulisses d’un shooting avec Inès D,

En scrutant les images, impossible de ne pas reconnaître le décor rocheux et spectaculaire de la célèbre carrière de Messa. Un site déjà prisé par des artistes comme Lydol, Krys M ou Indira pour leurs clips.

A lire aussi : chronique d’une randonnée inclusive au Mont Messa

Qui est Inès D ?

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Inès D est l’une des voix montantes de la musique urbaine au Cameroun. Inès Djakou Bathany, née à Yaoundé le 4 juin 1986, est une chanteuse camerounaise résidant aux États-Unis. Son style musical est un mélange d’afrobeat et de rythmes traditionnels de l’Ouest du Cameroun, sa région d’origine.

Elle a sorti plusieurs singles, dont « Molo Molo » (2022), « Kongolibon » (2023), « Mother Is Love » (2023) et « Yayato » (2024). Sa musique mélange le bendskin de culture Bamiléké avec des éléments d’afropop. Elle ne souhaite pas se définir dans un registre musical précis afin de ne pas limiter sa créativité. Toujours entourée d’une équipe créative, Inès D ne cesse d’innover.

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Vers une nouvelle ère pour Inès D ?

Tout semble donc indiquer qu’Inès D est prête à dévoiler une nouvelle facette de son art, plus mûre, plus affirmée, et surtout résolument tournée vers l’avenir.

Le décor de la carrière de Messa, s’il est confirmé, marquera sans doute une étape importante dans son parcours artistique. Alors, prêts à danser toute la semaine sur le nouveau titre d’Inès D ? La réponse, le vendredi 25 juillet prochain sur sa page YouTube officielle.

Inès D
Alors, prêts à danser toute la semaine sur son nouveau titre ? La réponse, le vendredi 25 juillet prochain sur sa page YouTube officielle.


Vitomo de Jean EWANE ELONGBIL : la vitrine du Moungo

Avec son agence Vitomo (Visite touristique du Moungo), Jean EWANE ELONGBIL s’est fait un nom dans le paysage touristique camerounais. Depuis 2017, il œuvre à faire découvrir les trésors naturels et culturels du Moungo dans la région du Littoral, au prix de nombreuses aventures, défis et succès. Il partage ici son parcours, sa vision du tourisme et ses attentes pour l’avenir du secteur au Cameroun.

Voyage en hauteur : Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Jean EWANE ELONGBIL , Camerounais de nationalité et promoteur touristique depuis 2017 avec mon agence Vitomo (Visite touristique du Moungo), Je suis passionné de voyages, de découvertes de la nature, de culture et de tout ce qui touche au tourisme.

Jean EWANE ELONGBIL au Mont Manengouba

Voyage en hauteur : Quelle est la place du tourisme dans ta vie ?

Le tourisme occupe une place très importante dans ma vie. Sans le tourisme, je ne sais pas si je pourrais me sentir à l’aise ou vivre normalement. Il m’est difficile de passer plus de deux semaines sans partir à la découverte de la nature. Le tourisme fait partie de mon ADN, c’est une véritable partie de moi.

Voyage en hauteur : Quelle est l’histoire de la création de Vitomo ?

Tout a commencé en 2010, lors de ma formation au Centre de Formation Professionnelle des Jeunes de Bare Bakem dans le Moungo. Le Directeur avait organisé une excursion aux lacs jumeaux du Manengouba. Je m’y suis inscrit. C’était ma première expérience touristique, même si j’ai toujours aimé l’aventure et les découvertes. J’ai été émerveillé par la beauté de la nature. Je n’avais jamais vu un paysage aussi beau. C’est là qu’une voix intérieure m’a soufflé : « Fais-moi découvrir au monde ». C’était comme une mission.

Vitomo

Après ma formation, j’ai enchaîné les petits boulots sans véritable stabilité, puis, j’ai décidé de me former en entrepreneuriat et leadership. Le 2 juin 2017, j’ai lancé mon premier voyage, mais il n’a attiré aucun participant. Un an plus tard, en juillet 2018, un groupe d’Américains m’a contacté pour visiter les chutes d’Ekom-Nkam. C’est à partir de là que les visiteurs ont commencé à me solliciter.

Les débuts ont été difficiles, – entre échecs, déceptions et manque de soutien de la famille – mais la passion m’a permis de persévérer.

Après quatre ans d’investissements dans Vitomo (Visite Touristique du Moungo), j’ai commencé à acquérir une notoriété locale et nationale. Cela m’a permis de gagner la confiance de nombreux visiteurs.

Cette année 2025 je célèbre le 08e anniversaire de VITOMO. Je remercie toutes ces personnes qui m’ont fait confiance. Je suis fier du parcours accompli jusqu’ici. 

Voyage en hauteur : Quels sont les grands succès et événements que Vitomo a déjà organisés ?

Le plus grand succès de Vitomo a été de recevoir le prix du meilleur organisateur de voyages touristiques du Cameroun en 2021. J’ai eu l’honneur de guider l’ex-ministre des Postes et Télécommunications (S.E. Nkoue Nkongo Maximen), la BEAC, le FEICOM, et d’accompagner de nombreux festivals et événements culturels dans le Moungo. J’ai également guidé Madame le Maire de Bare Bakem, le Maire de la ville de Nkongsamba, des milliers de visiteurs nationaux et internationaux, des associations… J’ai aussi partagé mon expertise dans de grands projets touristiques du Moungo.

Voyage en hauteur : En huit années d’existence, quel est ton souvenir le plus marquant ?

Mon souvenir le plus marquant, c’est une excursion sur mesure avec une Camerounaise aux lacs jumeaux. Nous avons fait la partie préliminaire du parcours sous une atmosphère dégagée. Cependant, arrivés à la plaine (le campement des Bororos), le ciel a commencé à changer, annonçant la pluie. Nous avons malgré tout continué, car elle était déterminée à atteindre sa destination. Dès que nous sommes arrivés à la crête de la montagne, les nuages se sont refermés, nous empêchant complètement de voir les lacs. À ce moment-là, j’ai compris le langage de la nature, une aptitude que j’ai développée au fil du temps.

Jean EWANE ELONGBIL aux lacs jumeaux de Manengouba. Crédit : Vitomo
Jean EWANE ELONGBIL aux lacs jumeaux de Manengouba. Crédit : Vitomo

J’ai alors dit à la dame que nous ne pouvions plus continuer, mais elle a insisté pour arriver jusqu’aux lacs. Nous avons poursuivi, et à peine quelques mètres plus loin, en moins de deux minutes, le ciel s’est obscurci, le brouillard est tombé partout, et même les lacs, que nous distinguions à peine, sont devenus complètement sombres. Un vent fort s’est levé, suivi d’une pluie torrentielle. Imagine-toi au milieu de la montagne, seul, avec une tempête d’une telle intensité !

J’ai sorti mon parapluie – j’en ai toujours un avec moi – mais la tempête était si forte qu’elle menaçait de l’emporter. Nous nous sommes accroupis, et en regardant du côté des lacs, j’ai vu le vent emporter la pluie dans tous les sens. C’était tellement violent que, même si je ne l’ai pas montré, j’ai eu peur. Nous avons passé près d’une heure sur place, sous cette pluie battante. Une fois la tempête passée, nous sommes repartis, complètement trempés. Voilà, en résumé, l’événement qui m’a le plus marqué durant ces années.

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Voyage en hauteur : Tu es le spécialiste du Moungo. Quelles sont les différentes destinations de la région ?

Le Moungo est la première et peut-être la meilleure destination touristique de la région du Littoral. On y trouve les chutes d’Ekom – Nkam, les cascade de Dibombé, les chutes de NGWA, les chutes de Mboriko, les monts Manengouba (2 396 m), Koupé (2 064 m) et Nlonako (1 825 m), des lacs, des grottes, des cascades, des sites mémoriaux et une grande richesse culturelle. La fertilité du sol favorise l’agrotourisme et de nombreuses autres activités.

Le tout premier documentaire des sites touristiques du Moungo qui recense une dizaine de sites touristiques à visiter dans le Moungo Nord . Un documentaire d’une dizaine de minutes , relatant les atouts de ces différents sites.

Voyage en hauteur : Quelles sont les difficultés que tu rencontres sur le terrain ?

Les difficultés rencontrées sur le terrain sont nombreuses et variées. Les principales sont

  • L’accès difficile aux sites : Beaucoup de sites touristiques sont difficiles d’accès à cause de l’état des routes ou de l’absence de voies praticables.
  • L’absence d’aménagement de certains sites : Plusieurs sites ne sont pas suffisamment aménagés pour accueillir des visiteurs dans de bonnes conditions.
  • Le manque de collaboration avec certains acteurs : Il est souvent compliqué de collaborer avec certains restaurants, hôtels, espaces de loisirs ou agences de transport, ce qui rend l’organisation globale plus complexe.
  • Le manque de compréhension de certains responsables de sites : Certains pensent à tort que le ministère du Tourisme nous soutient financièrement, alors que nos activités sont en réalité des initiatives personnelles que nous finançons nous-mêmes.
  • Les désistements de dernière minute : Il arrive fréquemment que des participants annulent leur voyage sans prévenir, ce qui impacte l’organisation et la logistique.
  • Le manque de visiteurs à certaines périodes : Parfois, le nombre de visiteurs est insuffisant, ce qui peut décourager.

Malgré toutes ces difficultés, la passion et l’amour du métier sont plus forts.

les chutes de NGWA - vitomo
les chutes de NGWA. Crédit : Vitomo

Voyage en hauteur : Les Camerounais résidents consomment-ils le tourisme de leur pays ?

En réalité, environ 45 % des Camerounais consomment le tourisme au Cameroun. Beaucoup préfèrent voyager en Occident et payer très cher pour des concepts, alors que nous proposons des voyages abordables pour découvrir notre propre pays. Il est essentiel que nous enrichissions notre économie touristique par des visites et des découvertes multiples. De nombreux étrangers connaissent le Cameroun mieux que certains de nos compatriotes. C’est bien dommage ! Et pourtant, en tant qu’organisateurs de voyages, nous proposons des expériences accessibles aux locaux à des prix abordables. Cela démontre que les résidents camerounais consomment encore trop peu le tourisme camerounais.

Baignades sous les chutes de Mboriko. - Vitomo
Baignades sous les chutes de Mboriko. – Vitomo
Baignades sous les chutes de Mboriko. - Vitomo
Baignades sous les chutes de Mboriko. – Vitomo

En choisissant de voyager au sein de leur propre pays, les Camerounais résidents soutiennent non seulement l’économie locale, mais ils découvrent aussi des trésors souvent méconnus. Le Cameroun, avec sa diversité ethnique, ses paysages époustouflants et ses traditions singulières, mérite d’être célébré et exploré par ses propres citoyens. En investissant dans le tourisme local, nous créons un cercle vertueux qui bénéficiera à tous, renforçant ainsi le sentiment d’appartenance et de fierté nationale. Engageons-nous à redécouvrir notre pays ensemble !

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Voyage en hauteur : À la veille de l’élection présidentielle, quelles sont tes attentes envers les candidats pour la promotion du tourisme ?

Je suis un peu déçu car aucun candidat déclaré ne parle réellement du tourisme au Cameroun dans ses discours. On a l’impression que pour eux, les acteurs du tourisme ne sont pas prioritaires pour le développement du pays. Pourtant, des pays comme le Rwanda, le Botswana, l’Égypte ou la Tanzanie ont vu leurs économies grimper grâce au tourisme. J’aimerais que des propositions concrètes soient faites, permettant aux acteurs du tourisme de mieux travailler et de préparer leur avenir. Je salue néanmoins les efforts du ministère du Tourisme et des Loisirs.

Voyage en hauteur : Comment rendre le Cameroun une destination incontournable au niveau mondial ?

Pour cela, il faut améliorer les voies d’accès, être responsable et professionnel, faciliter la collaboration entre les acteurs du tourisme, promouvoir activement le tourisme camerounais à l’étranger, et utiliser tous les moyens de communication nationaux et internationaux.


Initiative Spotlight : une mobilisation contre les Violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun

Le vendredi 18 juillet 2025, en tant que représentant de l’Association des blogueurs du Cameroun, j’ai eu l’honneur de couvrir la cérémonie de mobilisation autour de l’Initiative Spotlight, organisée par le Système des Nations Unies au Cameroun et le Haut-commissariat du Canada. Cette rencontre, tenue dans l’élégant cadre de la Résidence officielle du Canada, s’est avérée être bien plus qu’un simple événement protocolaire : c’était une véritable tribune pour amplifier la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles (VFFF) dans notre pays.

L’Initiative Spotlight une réponse un fléau qui laisse des traces

Au Cameroun, plus de 54,6 % des femmes et jeunes filles sont victimes de VFFF. Dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la réalité est encore plus glaçante. Dans ces deux dernières régions, 73 % des femmes et filles interrogées ont connu au moins une forme de violence sexuelle d’après les données de l’ONU Femmes.

Situation des violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun. Une compilation de l'initiative Spotlight Cameroun
Situation des violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun. Une compilation de Spotlight Cameroun

Les VFFF, ce ne sont pas que des chiffres. C’est le viol, les agressions sexuelles, le mariage forcé, le déni de ressources, la violence psychologique. Trop souvent, ces actes sont dissimulés sous le voile de traditions, d’inégalités ou de silences complices. Face à cette situation préoccupante, le système des nations unies a mis en place l’Initiative Spotlight.

L’Initiative Spotlight : Quand la solidarité internationale éclaire l’action locale

A l’entame de la cérémonie de ce vendredi, un exposé a présenté de manière sommaire l’Initiative Spotlight, lancé en 2017 par l’Union Européenne et les Nations Unies. Son ambition : éliminer toutes les formes de violence contre les femmes et les filles à l’horizon 2030.

Au Cameroun, le programme vise à « mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles dans les dix régions du pays, en touchant toutes les femmes ; y compris les réfugiées, les personnes déplacées internes, les femmes des communautés d’accueil et celles confrontées à des formes croisées de vulnérabilité, notamment les adolescentes et les femmes en situation de handicap », renseigne le point focal Spotlight Cameroun pendant son exposé. C’est un pilier de la marche vers l’égalité (ODD 5) et la justice (ODD 16).

Ce n’était pas un exposé, mais un appel à la lucidité. Je croise les regards graves des diplomates, des ONG, des artistes, des journalistes et des survivantes. Chacun, à cet instant, mesure la gravité de la tâche.

Quand les survivantes sortent du silence

L’un des temps forts de la soirée fut la projection de vidéos de témoignages poignants de femmes victimes de VFF. Dans l’obscurité feutrée de la salle, les voix tremblotantes de ces survivantes résonnaient puissamment.  Chacune racontait, à visage voilé, son parcours de douleur, de honte, mais aussi de résilience. Derrière l’écran, la voix tremblante d’Aline, 16 ans, a résonné :

« J’ai cru que c’était ma faute… Mais aujourd’hui, je veux dire à toutes les filles : ce n’est jamais votre faute, et vous n’êtes pas seules. »

Aline, 16 ans, survivante

Chacun a retenu son souffle. Le silence est lourd, chargé d’émotion. Les larmes coulent en silence, mais la dignité reste debout. Derrière chaque statistique, il y a un destin, un espoir, une histoire de courage. Très souvent, les victimes ont peur de s’exprimer par peur ou par stigmatisation. Il est important qu’elles brisent le silence !

Les invités regardent avec une attention particulière les vidéos de témoignage des survivantes
Les invités regardent avec une attention particulière les vidéos de témoignage des survivantes

L’engagement diplomatique et institutionnel : paroles d’alliés

Mme Lorraine Anderson, Haut-commissaire du Canada au Cameroun, hôte de la soirée, a pris la parole avec émotion. Elle a souligné que cette cérémonie était particulière à plus d’un titre : non seulement par son engagement contre les VBG, mais aussi parce qu’il s’agissait probablement de son dernier événement de ce type avant la fin de sa mission diplomatique.

« Je quitte bientôt le Cameroun, mais ce combat, lui, ne s’arrête pas. Je veux que chaque femme, chaque fille sache qu’elle a le soutien du Canada. Nous sommes à vos côtés et nous continuerons d’accompagner toutes les initiatives pour mettre fin à ce fléau », a confié Mme Lorraine Anderson, visiblement émue.

Mme Lorraine Anderson, Haut-commissaire du Canada au Cameroun
Mme Lorraine Anderson, Haut-commissaire du Canada au Cameroun
L’Initiative Spotlight, c’est la preuve que la communauté internationale peut agir de façon coordonnée

Issa Sanogo, le Coordonnateur résident des Nations Unies au Cameroun a ensuite insisté sur l’importance de l’implication des agences onusiennes dans la lutte contre les VBG au Cameroun.

« Notre engagement est holistique. L’Initiative Spotlight, c’est la preuve que la communauté internationale peut agir de façon coordonnée, en appuyant les acteurs de la société civile, en finançant les structures d’accueil, en formant les agents de santé et en soutenant les actions gouvernementales. Nous lançons un appel pour que la question des violences basés sur le genre soient bannis définitivement », a martelé

Issa Sanogo, Coordonnateur résident des Nations Unies au Cameroun.
Issa Sanogo, Coordonnateur résident des Nations Unies au Cameroun.
Issa Sanogo, Coordonnateur résident des Nations Unies au Cameroun.

Madame la Ministre de la Promotion de la femme et de la famille a exprimé sa joie et sa fierté de voir le Cameroun éligible au programme UN-Spotlight. Elle a insisté sur la nécessité de briser les tabous et de promouvoir le respect des droits humains à tous les niveaux de la société.

« C’est une immense victoire que de voir le Cameroun intégré à cette initiative mondiale. Mais le chemin est encore long. Nous devons travailler ensemble pour un changement de mentalité, pour que nos filles grandissent sans peur et que justice soit rendue à toutes les victimes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille a apporté son appuis à l’Assemblée nationale du Cameroun pour un projet de loi visant à punir les auteurs de violences basées sur le genre et à protéger les survivantes, », a déclaré

Madame Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la femme et de la famille
Madame Marie Thérèse Abena Ondoa,  Ministre de la Promotion de la femme et de la famille
Madame Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la femme et de la famille

X-Maleya : la musique comme arme de sensibilisation

Le groupe X-Maleya, stars incontestées de la musique camerounaise, était l’invité d’honneur de la soirée. Avant de monter sur scène, ils ont partagé l’histoire bouleversante à l’origine de leur chanson à succès “Ta fille n’est pas ta femme”.

« Nous avons écrit cette chanson après avoir rencontré la famille d’une jeune fille qui s’est donné la mort, incapable de supporter les abus répétés de son oncle. À travers notre musique, nous voulons briser le silence et dire à tous : protégez vos filles, écoutez-les, ne les laissez pas souffrir seules », confie Haïs, l’un des membres du groupe.

La cérémonie s’est poursuivie par un concert live du groupe X-Maleya
La cérémonie s’est poursuivie par un concert live du groupe X-Maleya

La cérémonie s’est poursuivie par un concert live du groupe X-Maleya, suivi d’un apéritif dînatoire où les débats se sont poursuivis de manière plus informelle. J’ai pu échanger avec plusieurs survivantes, activistes et partenaires internationaux. « Voir tant de personnes rassemblées, c’est la preuve qu’il y a de l’espoir. Je repars plus forte, convaincue que notre parole compte et qu’ensemble, nous pouvons changer les choses », m’a confié Grâce, survivante et militante.

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Un appel à l’action et à la solidarité

Au fil des interventions et des témoignages, un message central s’est imposé : la lutte contre les VFFF ne peut être remportée que par une mobilisation de tous. Les États, les ONG, les médias, les artistes, les citoyens – chacun a un rôle à jouer. Pour ma part, en tant que blogueur et représentant de notre association, je ressens plus que jamais la responsabilité d’amplifier ces voix, de briser les silences, de porter les récits de celles qui n’ont pas toujours la parole.

Eradiquer les VFFF, un devoir collectif.  UN-Spotlight Cameroun
Eradiquer les VFFF, un devoir collectif. UN-Spotlight Cameroun

En conclusion, l’Initiative UN-Spotlight n’est pas seulement un programme, c’est une lueur dans la nuit pour des milliers de femmes et filles camerounaises. À nous, blogueurs, médias, artistes, parents, enseignants et citoyens, de faire en sorte que cette lumière ne faiblisse jamais.


Mon ”Prix spécial” à la Nuit du Communicateur 2025

Waouh ! Quel honneur ! Le samedi 12 juillet 2025, moi, Sidoine FEUGUI, j’ai eu l’immense honneur de recevoir un PRIX SPÉCIAL du Club Communication de l’Université de Yaoundé 1, lors de la Nuit du Communicateur, acte 10, dans la salle du YUM. Une belle reconnaissance pour moi qui gravite autour de cette institution depuis près de dix ans. Je vous raconte cette soirée mémorable.

Les premiers instants

J’étais parmi les premiers invités à arriver dans la salle du Yaoundé University Music (YUM), décorée aux couleurs blanc et or, thème de la soirée. Les invités arrivaient timidement. À 22h, Crépin Essimi et Sonia Evina ont interrompu la musique d’ambiance pour lancer la soirée. Ce duo de jeunes communicateurs, habillés de pagne vert aux motifs jaune, blanc et rose, a souhaité la bienvenue à tous pour la 10e édition de la Nuit du Communicateur, événement qui clôture les activités du Club Communication de l’Université de Yaoundé 1.

Bien installé dans la salle du YUM pour la Nuit du Communicateur 2025 Crédit : Pierre Manga
Bien installé dans la salle du YUM pour la Nuit du Communicateur 2025 Crédit : Pierre Manga

Ils ont ensuite donné la parole à d’anciens membres du club, présents dans la salle, pour recueillir leurs souvenirs et anecdotes. Sonia Evina m’a tendu le micro pour que je partage une anecdote qui m’a marqué :

« Quand je suis arrivé au Club Communication en 2017, Bengono était Présidente du Club. En conférence de rédaction, elle avait toujours des critiques acerbes, pertinentes et constructives. Elle pouvait déchirer un papier mal fait pour t’obliger à le refaire. Je retiens de son passage cette rigueur. »

Sidoine FEUGUI
Heureux d’avoir revu Hugo Boyo, l’un de mes modèles.

Peu après, Hugo Boyo, membre encore plus ancien, a pris la parole pour rappeler l’histoire de la création de l’émission “Cop’s sur les ondes”, diffusée chaque samedi de 15h à 17h sur Radio Campus 90.0 FM.

« Vous célébrez aujourd’hui le 10e anniversaire de cette émission, mais il est important de savoir que son ancêtre était ‘Antenne jeunesse’ sur Radio Jeunesse, près de la Basilique Marie des Apôtres de Mvolyé. En 2015, nous avons eu la bénédiction du Professeur Charles Boyomo Assala, alors Directeur de l’ESSTIC, pour la diffusion de ce programme sur Radio Campus UY2 qui deviendra ‘Cop’s sur les ondes’. »

Hugo Boyo

Après ce rappel historique, Hugo Boyo a témoigné de l’impact du club sur sa carrière :

« C’est grâce à l’expérience acquise à ‘Cop’s sur les ondes’ et avec les Cop’s d’abord que je suis aujourd’hui responsable de la communication dans une prestigieuse institution universitaire. »

Hugo Boyo. Crédit : Pierre Manga

Après ces témoignages, place à la cérémonie officielle.
(NB : L’émission “Cop’s sur les ondes” a donc vu le jour en 2015, année de la toute première Nuit du Communicateur.)


La Nuit du Communicateur 2025 était pleine de Nostalgie

Le duo Sonia Evina et Crépin Essimi a su chauffer la salle avant de passer le relais à Célestin Mbolo et Ima Etaba, qui ont animé le reste de la soirée. À 22h30, ils ont accueilli le bureau exécutif, en place depuis novembre 2024, dirigé par Audrey IKOUM. Après l’exécution de l’hymne national, la Présidente a prononcé le discours d’ouverture de la Nuit du Communicateur, acte 10.

Elle a salué la mémoire de trois membres disparus : Casimir, Sandra Obam et Serge Bony, puis a présenté les missions du club, résumées dans le slogan “former et informer”. La Secrétaire Générale Adjointe a ensuite rappelé les activités de l’année académique 2024-2025 : casting de recrutement des nouveaux membres, formations en journalisme et animation radio, production hebdomadaire de l’émission, journées d’amitié, et enfin le Mois du Communicateur, dont la soirée était l’apothéose.

La phase des discours terminée, le show a débuté avec la traditionnelle parade d’ensemble, une danse de groupe où tous les membres du club esquissent quelques pas. J’avoue avoir été déçu cette année : non seulement la danse manquait de coordination, mais surtout, seuls huit membres y ont participé… et, à ma grande surprise, ni Audrey IKOUM ni les membres de son bureau exécutif n’ont pris part à la parade. Dommage, car leur présence aurait donné encore plus de valeur à ce moment symbolique.

La soirée était pleine de nostalgie. Célestin Mbolo et Ima Etaba ont fait diffuser sur écran géant des photos “avant/après” des success story du club comme Hugo Boyo, Royaume Eza Ngono, Serges Bertrand Bolo, Jean-Marie Anaba et Lafleur Mbougnia. J’espérais secrètement voir ma propre photo… et ce fut le cas en fin de soirée !

Nuit du Communicateur 2025 - Club Communication Université de Yaoundé 1
Vue de la salle pendant la projection des photos ”Avant-après”. Crédit : Pierre Manga

L’élection Miss-Master

L’élection Miss-Master a particulièrement captivé l’audience, avec trois passages : en tenue de métier, de création et de soirée. Sept candidats, dont deux hommes et cinq femmes, étaient en lice. Jenny a fait preuve d’originalité avec sa robe sur mesure confectionnée en sacs mbandjok. Dommage qu’elle n’ait pas souri, car une Miss, c’est avant tout le sourire !
Wilfried Bela, quant à lui, arborait un costume entièrement recouvert de coupures de presse, symbole de sa passion pour le journalisme. Jovial, il a logiquement reçu l’écharpe de Master.

Wilfried Bela
Le Master et les Miss en tenue créative. Crédit : Pierre Manga

La remise des prix

Le clou de la soirée, c’était la remise des prix et attestations. Comme chaque année, le Club Communication de l’Université de Yaoundé 1 récompense les membres les plus méritants. Six prix ont été décernés :

  • Meilleur animateur : Sonia EVINA
  • Meilleur présentateur du journal : Michel ENONY
  • Meilleur reporter : Victoire MBOZEKO
  • Meilleur chroniqueur : Célestin MBOLO
  • Meilleur modérateur de débat : Rosalie BOKI
  • Prix spécial : Sidoine FEUGUI

J’ai eu la surprise et l’émotion d’être appelé par Audrey IKOUM pour recevoir ce Prix spécial :

Prix spécial : Sidoine FEUGUI - Nuit du Communicateur 2025 - Club Communication de l’Université de Yaoundé 1
Prix spécial : Sidoine FEUGUI

Je suis très touché par cette reconnaissance. Cette année, je me suis beaucoup impliqué pour le club, et Audrey l’a souligné dans son discours :

« Sidoine FEUGUI est celui qui a permis au Club Communication de Yaoundé 1 de se distinguer au Prix Perika 2025 avec deux prix spéciaux. Il nous a mis une pression énorme pour que nous participions, et a insisté pour le retour de la presse écrite au club avec le journal ECHO DES COPS. Merci pour ton soutien. »

Je suis fier d’avoir poussé le club à participer collectivement, comme lors du Prix Perika 2021 où Lafleur Mbougnia et moi avions été récompensés. Cette année encore, l’effort a payé : Prix spécial journaliste indépendant pour Michel Enony, et Prix spécial Club Communication des universités. Merci à Audrey IKOUM pour cette reconnaissance ! Cela m’encourage à m’impliquer davantage, mais il faudrait aussi que mes cadets s’engagent pleinement. Après cette séquence honorifique, place aux réjouissances.

Sidoine FEUGUI et Audrey IKOUM pour la remise du Prix Spécial.  Crédit : Pierre Manga
Sidoine FEUGUI et Audrey IKOUM pour la remise du Prix Spécial. Crédit : Pierre Manga

Une fin de soirée gourmande et festive

Impossible de conclure sans parler du buffet ! Macédoine, fritures de plantain et poissons, eru and waterfu, ndolè avec bâtons de manioc, riz aux émincés de viande et jus naturels… Mention spéciale à la personne qui a cuisiné le ndolè : un vrai régal ! Les émincés de viande étaient délicieux, le poisson, passable mais loin d’être aussi mauvais que ma voisine le prétendait. J’ai découvert le jus de betterave : au début, je n’ai pas aimé, mais j’en ai finalement bu près d’un demi-litre !

Belle soirée en tout cas ! Elle s’est terminée dans la danse et la bonne humeur.


Merci à tous pour ces beaux moments. Vivement l’année prochaine !