FOCGO FEUGUI Sidoine

Ce cake qui m’a fait découvrir Les Délices de Ketty

Espérance Lacgue, la promotrice des Délices de Ketty, me suit sur Facebook et a eu la gentillesse de m’offrir un délicieux cake moelleux au yaourt. Un geste simple mais chaleureux qui m’a permis de découvrir son parcours et la passion qui anime son projet culinaire.

Tout a commencé par un geste simple. Espérance Lacgue m’a gracieusement offert un cake moelleux au yaourt parce qu’elle apprécie mon blog. Une attention qui m’a touché.

Et puis, il faut le dire, le cake lui-même avait de quoi séduire : moelleux, onctueux, délicatement parfumé. Un de ces gâteaux qui éveillent presque tous les sens… sauf l’ouïe. En me tendant le cake, la discussion s’est engagée naturellement et j’ai voulu en savoir davantage sur celle qui se cache derrière Les Délices de Ketty.

Cake au yaourt, Délices de Ketty,
Cake au yaourt. Crédit : Les délices de Ketty

Espérance me parle d’elle avec simplicité : « Je m’appelle Espérance Lacgue, j’ai 22 ans et je suis la promotrice des Délices de Ketty. Je suis passionnée de pâtisserie et de cuisine depuis mon enfance et j’ai décidé de partager cette passion avec les autres à travers mes créations. » Derrière ses mots, on comprend déjà que Les Délices de Ketty ne sont pas simplement une activité commerciale, mais l’expression d’une passion cultivée depuis longtemps.

Quand la passion devient projet

Espérance Lacgue, la promotrice des Délices de Ketty.

Je lui demande comment tout a commencé. Elle me raconte alors les premiers pas de son aventure. « Les Délices de Ketty est née de ma passion pour la pâtisserie et de mon désir de partager les saveurs culinaires camerounaises avec le monde entier. J’ai commencé à expérimenter des recettes de pâtisserie il y a quelques années et les réactions positives de mes proches m’ont encouragée à transformer ma passion en source de revenu », explique-t-elle.

Aujourd’hui, Les Délices de Ketty proposent une variété de produits gourmands. Espérance me cite avec enthousiasme ce qu’elle prépare : « Nous proposons une large gamme de produits de pâtisserie, notamment des gâteaux d’anniversaire, des cakes de plusieurs variétés, des crêpes, des nems et bien d’autres. »

Mais pour elle, le plus important reste la qualité. Elle insiste sur ce point : « Je pense que ce qui nous démarque de la concurrence, c’est notre engagement envers la qualité et l’authenticité de nos produits. Nous sommes très attentifs à la satisfaction de nos clients et nous mettons la satisfaction avant le profit. » Une philosophie qui guide, selon elle, chacune des réalisations de Les Délices de Ketty.

Les Délices de Ketty, aussi à domicile

Mais Les Délices de Ketty ne se limitent pas à la pâtisserie. Espérance a également développé un service original qui séduit de plus en plus : la cuisine à domicile le weekend.

« Je me déplace chez des particuliers pour leur préparer des repas chez eux, souvent lors de réunions familiales ou d’événements privés. C’est une expérience unique, car chaque plat est fait sur place, selon les préférences des clients. » Espérance parle de son service avec beaucoup de passion : « Ce n’est pas juste cuisiner, c’est aussi partager des moments conviviaux avec les gens, voir leur satisfaction lorsqu’ils dégustent ce que j’ai préparé. »

Ce service de cuisine à domicile permet à Les Délices de Ketty d’élargir son offre et de toucher une clientèle qui recherche des moments de partage autour de bons repas faits maison.

A lire aussi : Quand le gâteau renversé à l’ananas se fait désirer !

Un rêve qui dépasse la pâtisserie

Les Délices de Ketty
Passez vos commandes en utilisant le code promo « #Voyagenhauteur ».

La conversation se tourne ensuite vers l’avenir. Espérance parle avec conviction de ce qu’elle souhaite construire dans les prochaines années. Elle rêve de voir Les Délices de Ketty franchir les frontières. « Mon aspiration est de faire connaître Les Délices de Ketty à l’international et de partager les saveurs culinaires camerounaises avec le monde entier », affirme-t-elle.

Mais ce qui l’anime le plus reste la transmission. Elle me confie un projet qui lui tient particulièrement à cœur : « Je rêve aussi de créer une école de pâtisserie pour former les jeunes talents et partager mes connaissances avec les générations futures. » Elle a d’ailleurs franchi une étape importante vers la réalisation de cet objectif. La jeune pâtissière organise des sessions de formation en présentiel et en ligne pour transmettre son savoir.

En quittant Espérance Lacgue, je repensais à ce cake qui avait lancé la conversation. Parfois, une simple gourmandise peut révéler bien plus qu’une recette. Elle peut révéler une passion, un parcours et une ambition. Et l’histoire des Délices de Ketty ne fait sans doute que commencer.


Inondations : nous sommes tous responsables !

Chaque saison des pluies, les inondations paralysent nos villes et provoquent de lourds dégâts. Pourtant, derrière ces catastrophes se cachent souvent des gestes quotidiens de pollution qui finissent par boucher les drains et empêcher l’écoulement normal des eaux. 

La saison des pluies tire progressivement à sa fin. Pourtant, chaque année, lorsqu’elle atteint son paroxysme, elle s’accompagne d’une série d’inondations dans plusieurs quartiers de nos villes. Routes submergées, circulation paralysée, habitations envahies par l’eau : les images reviennent presque toujours les mêmes.

La principale cause de ces inondations reste très souvent les drains et caniveaux bouchés, qui empêchent l’écoulement normal des eaux pluviales. Mais derrière ces caniveaux obstrués se cache une réalité simple : les déchets jetés dans la rue par les populations elles-mêmes.

La pollution urbaine commence souvent par des gestes anodins pour certains, mais lourds de conséquences pour l’environnement. Un petit garçon consomme un paquet de biscuits et jette l’emballage dans la rigole. Une adolescente, à bord d’un taxi, se débarrasse du plastique d’arachides par la portière. Un consommateur de boisson énergisante abandonne sa bouteille vide au bord de la route. Des jeunes qui font la lessive dans la rivière du quartier laissent les sachets de détergent sur les berges.

Chaque geste paraît insignifiant pris isolément. Mais lorsque des milliers de personnes répètent ces comportements chaque jour, les caniveaux se remplissent progressivement de déchets. À la première grande pluie, l’eau ne circule plus. Elle déborde, envahit les rues et provoque les inondations dont tout le monde se plaint ensuite.

Lutter contre les inondations commence par éviter de jeter des plastiques dans les drains 

La roue de l
La roue de l’inondation ! Crédit : Victoire Kesila 

L’image est donc claire. Ce que nous faisons aujourd’hui finit par produire les conséquences que nous subissons demain.

Lutter contre les inondations ne dépend pas seulement des autorités ou des travaux d’assainissement. Cela commence aussi par un changement de comportement individuel. Garder un déchet sur soi jusqu’à trouver une poubelle, éviter de jeter des plastiques dans les drains, sensibiliser les enfants et protéger les cours d’eau sont autant de gestes simples mais essentiels.

Car au final, la ville que nous habitons est aussi le reflet de nos habitudes quotidiennes. Et face aux inondations, la responsabilité est collective.

A lire aussi : Gardons nos montagnes propre ! 

 1


Bourses d’études en Chine : un réseau de partenaires ouvre les portes de la rentrée universitaire 2026 aux jeunes Camerounais

À l’approche de la rentrée universitaire de septembre 2026, un groupe de partenaires solidement implanté au Cameroun et à l’international se positionne comme un acteur clé de l’accompagnement des jeunes Camerounais désireux de poursuivre leurs études en Chine grâce aux bourses du gouvernement chinois.

Bourses d’études en Chine : un réseau de partenaires ouvre les portes de la rentrée universitaire 2026 aux jeunes Camerounais

Présents à Yaoundé, Douala, Bafoussam et Maroua, avec une représentation directe en Chine, notamment à Nanjing, ces partenaires offrent un encadrement de proximité et une expertise internationale qui facilitent l’accès aux prestigieuses bourses d’études chinoises. Leur mission est claire, permettre aux étudiants camerounais d’étudier en Chine gratuitement tout en bénéficiant des allocations mensuelles prévues par les programmes officiels.

À travers un accompagnement structuré et personnalisé, le groupe aide les candidats à intégrer les différents dispositifs de financement, notamment la bourse CSC, également connue sous le nom de Chinese Government Scholarship. Ces bourses, reconnues pour leur caractère complet couvrent généralement les frais de scolarité, l’hébergement, l’assurance médicale ainsi qu’une allocation mensuelle, offrant ainsi aux bénéficiaires des conditions d’études optimales.

L’initiative cible prioritairement les jeunes

L’initiative cible prioritairement les jeunes qui manifestent une intention forte de passer à l’action. Étudiants, jeunes diplômés ou professionnels en reconversion trouvent auprès de cette structure une réponse concrète à des questions récurrentes telles que comment obtenir une bourse en Chine, comment avoir une bourse pour étudier en Chine, ou encore s’il est réellement possible d’étudier en Chine sans payer.

Grâce à son expertise, le groupe accompagne les candidats dans l’accès aux bourses d’études en Chine pour l’année 2026, qu’il s’agisse de bourses du gouvernement chinois, de bourses d’universités chinoises ou de programmes spécifiquement destinés aux étudiants africains et francophones. Une attention particulière est également portée aux échéances, notamment la date limite de dépôt des dossiers pour les bourses CSC, afin d’optimiser les chances de succès des postulants.

Dans un contexte où de nombreux jeunes s’interrogent sur la fiabilité des agences pour étudier en Chine, ce réseau de partenaires se distingue par sa transparence, sa présence locale et son ancrage institutionnel renforçant ainsi la confiance des candidats et de leurs familles.

En misant sur la formation internationale comme levier de développement personnel et professionnel, le groupe contribue à l’ouverture académique de la jeunesse camerounaise et participe activement à la préparation de cadres qualifiés pour les défis de demain. À l’horizon de la rentrée universitaire de septembre 2026, il s’impose comme une référence incontournable pour tous ceux qui aspirent à une formation de qualité en Chine, sans barrière financière.

Yahaya Idrissou


Mont Cameroun entre mythes et réalités : carnet de voyage romancé 

Majestueux, grandiose et symbolique, le Mont Cameroun mérite tous les honneurs dus au grand patrimoine culturel et touristique qu’il représente. Pour le magnifier, Evelyne Ngono à Ribama a mis en avant sa plume de journaliste et d’auteure. Elle fait l’éloge du « char des dieux » dans son ouvrage Mont Cameroun entre mythes et réalités paru aux Éditions Luppepo en 2021.

La première de couverture, du bas vers le haut, se présente en trois tableaux. En dessous, le bleu azur ; au milieu, la forêt ; et au-dessus, un sommet montagneux auréolé de nuages. Tous ces éléments traduisent le calme, l’espoir et la puissance. Des mots qui décrivent à merveille le « Mont Cameroun », titre de l’ouvrage écrit en jaune. Lequel titre est superposé sur l’image d’une dame en tenue d’athlétisme. Pour connaître l’identité de cette dame, il suffit de parcourir ce livre de 135 pages au total. Sarah LIENGU ETONGE, sept fois championne de l’ascension du Mont Cameroun. La quatrième de couverture, quant à elle, annonce les couleurs d’un livre bilingue. Le résumé et la biographie sont faits en français et en anglais.

Mont Cameroun entre mythes et réalités en français et Mount Cameroon between Myths and Realities en anglais. Ce livre de la journaliste Evelyne NGO à RIBAMA, est un carnet de voyage qui présente de manière succincte et romancée le Mont Cameroun. La majestueuse montagne qui culmine à 4070 mètres d’altitude est située à Buea, dans la région du Sud-Ouest, département du Fako.

Six chapitres pour découvrir le Mont Cameroun entre mythes et réalités

L’auteure, journaliste en service à la CRTV – Cameroon Radio Télévision – présente son ouvrage en six chapitres. Le chapitre premier, une présentation géographique, plante le Mont Cameroun ou Mont Fako dans le département éponyme du Fako, région du Sud-Ouest. La montagne, toujours en activité sismique, totalise à ce jour 16 éruptions volcaniques entre 1650 et 2000. Le chapitre deuxième, l’aperçu historique, révèle que le mont Cameroun fut baptisé « char des dieux » par le navigateur carthaginois Hannon, témoin d’une éruption spectaculaire. L’appellation Fako désigne la savane en langue Bakweri, langue locale. Laquelle savane est visible au fur et à mesure que l’on s’approche du sommet.

Le chapitre d’après, Evelyne évoque le mythe éternel d’Ephasa-Moto, dieu protecteur du Mont dans la croyance locale. Véritable gardien de la pureté du sommet. Un athlète européen, participant à la Course de l’Espoir en 2002, peut témoigner de l’existence véritable de ce gardien mi-dieu mi-homme. Ceci à travers les sévices corporels qu’il a subit dus à de mauvaises intentions.

On ne saurait parler du Mont Cameroun sans évoquer la ville de Buea.

On ne saurait parler du Mont Cameroun sans évoquer la ville de Buea. Le chapitre suivant est une carte postale du chef-lieu de la région du Sud-Ouest. Evelyne dresse un tableau descriptif des différentes attractions touristiques du coin. Et surtout, rend un grand hommage à His Royal Highness Samuel Moka Lifafa Endeley, Paramount Ruler of Buea, l’un des derniers chefs supérieurs Bakweri, peuple autochtone.

Le Mont Cameroun est particulièrement connu pour son ascension ayant lieu tous les ans au mois de février. Cette compétition internationale a été rebaptisée « Course de l’Espoir » en 1996, par le colonel Kalkaba Malboum, Président du Comité National Olympique et Sportif. Nous révèle Evelyne Ngono Ribama dans le chapitre « À l’assaut du char des dieux ». Cette compétition accueille tous les ans les athlètes de diverses nationalités. Le palmarès est détenu par Timothy Lekunze, double champion en 1986 et 1987, Essoka Reginal en 1988 et Sarah LIENGU ETONGUE, sept fois championne, couronnée Reine du Mont Cameroun en 2005.

Evelyne, dans sa plume, se mue en guide touristique. Elle offrie une balade complète sur l’ascension des quatre refuges du « Mont Cameroun ». Le parcours est ardu, mais c’est un véritable exercice de dépassement de soi. La beauté époustouflante au sommet est une véritable récompense de tous les efforts.

La plume d’Evelyne Ngono à Ribama est digeste et simpliste

Evelyne Ngono à Ribama lors L’aprèm du livre au Goeth-Insitut Kamerun. Crédit : Goeth-Insitut Kamerun

La plume d’Evelyne Ngono Ribama est digeste et simpliste. Son texte se lit d’une traite bien qu’il y ait quelques contresens qui invitent à se poser des questions. Le texte est assez hiérarchisé et permet au lecteur de ne pas se perdre dans sa lecture. Une lecture agrémentée par des images descriptives et d’illustration. Une belle idée. Heureusement, l’auteure et journaliste a pensé à attribuer le crédit de chaque image, gage du respect de la propriété intellectuelle.

Mont Cameroun entre mythes et réalités, un outil de promotion touristique. Cela a valu à la journaliste le prix de meilleur reportage de tourisme au CNN Multichoice African Journalist Awards en 2008. Une preuve suffissante de lire et relire ce livre.

A lire aussi : Note de lecture L’entrepreneur digital africain est un blogueur

 


Bois de Mardock : l’escapade nature qui m’a redonné le sourire à Ngaoundéré

Il y a quelques mois, j’ai visité le Bois de Mardock en compagnie d’un camarade de classe. L’objectif de cette escapade était simple mais précieux : s’évader, partager un moment ensemble et créer des souvenirs. Très sincèrement, ce lieu situé à Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua, a largement répondu à nos attentes.

Un billet de Natacha Togodba

Le bois de Mardock : un cadre accueillant

Bois de Mardock
Bienvenue au bois de Mardock. Crédit : Tourismo

Dès notre arrivée, l’accueil chaleureux que nous avons reçu a immédiatement donné le ton de la visite. Devant nous, un chemin pavé en pente invitait à la découverte. À droite, un restaurant proposait une variété de mets : plats traditionnels, pâtisseries, sucreries et gâteaux. Sur la gauche, une petite boutique artisanale attirait le regard. Le cadre était vivant, harmonieux et agréable à contempler.

De notre côté, nous avons choisi de ne pas commander à manger afin de nous concentrer pleinement sur la visite et l’exploration du site.

Un espace pensé pour le repos et la découverte

L’hôtel du bois de Mardock. Crédit : Tourismo

En poursuivant notre descente, nous avons découvert un hôtel destiné aux touristes souhaitant séjourner à Ngaoundéré. L’endroit est clairement pensé pour le repos et l’accueil, tout en restant parfaitement intégré à l’environnement naturel.

Plus loin, quelques animaux attirent l’attention des visiteurs. J’ai particulièrement remarqué l’autruche, qui circule librement dans le parc. Le soir, elle se promène paisiblement, non agressive, semblant elle aussi profiter de la beauté et du calme du lieu.

A lire aussi : Guider, une matrice identitaire

Un havre de paix au cœur de la nature

Le paysage verdoyant de Mardock
Le paysage verdoyant de Mardock. Crédit : Tourismo

Ce qui marque particulièrement au Bois de Mardock, ce sont les grands arbres majestueux, le paysage verdoyant et les petits bancs publics disséminés çà et là. Ils offrent aux visiteurs des espaces idéals pour s’asseoir, discuter ou simplement contempler la nature, dans une atmosphère de calme et de sérénité rare.

Le pont, lieu emblématique et photogénique

Natacha Togodba
Natacha Togodba en shooting photo sur le pont ! Crédit : NT

Un autre élément emblématique du site est sans doute le pont, une petite passerelle reliant l’espace des bancs publics à un manège pour enfants situé de l’autre côté. Sur les conseils de mon amie, nous avons traversé ce pont pour y prendre des photos — et elle avait raison.

Le cadre y est tout simplement magnifique. Je conserve encore aujourd’hui ces images précieusement : elles capturent des rires sincères, une joie authentique et un profond sentiment de bien-être. Malgré la période stressante que je traversais à ce moment-là, je me sentais heureuse, détendue et pleinement présente. C’était, tout simplement, le moment parfait.

Comment se rendre au Bois de Mardock ?

Pour ceux qui souhaitent s’y rendre, le Bois de Mardock est situé à Ngaoundéré, à l’entrée de la ville. Il se trouve précisément au carrefour reliant les axes venant de Meiganga (via Beka) et celui qui descend vers Dang, juste après l’Institut ISSMAD. Ce carrefour porte d’ailleurs le nom du Bois de Mardock, tant le site est devenu un repère incontournable.

Cette visite restera gravée dans ma mémoire comme une belle parenthèse, un instant de respiration, de joie et de connexion avec la nature. Le Bois de Mardock n’est pas seulement un site touristique : c’est un lieu où l’on se sent bien, tout simplement.


Dave Mbakabat, Guider au cœur d’un parcours d’excellence

Dave Mbakabat parle avec retenue, mais chaque phrase est pesée. Marqué par ses années d’études à Guider, dans le Nord-Cameroun, Dave Mbakabat porte un regard engagé sur la culture et le tourisme comme leviers de développement local. Il est classé parmi les 100 meilleurs étudiants camerounais du programme The Okwelians 2025. L’étudiant en Master des Sciences du Langage à l’Université de Yaoundé I défend une excellence enracinée, attentive aux patrimoines souvent oubliés et aux territoires dits périphériques.

Pour lui, cette reconnaissance n’est ni une surprise ni une fin en soi. « C’est une distinction honorifique majeure, explique-t-il, qui vient couronner une quête de l’excellence amorcée très tôt. Elle valorise la culture de l’effort et du mérite à laquelle je crois profondément. » Chez Dave Mbakabat, le mot excellence revient souvent. Non comme un slogan, mais comme une ligne de conduite.

Dave Mbakabat
Dave Mbakabat

L’excellence, apprise très tôt

Quand on lui demande d’où lui vient cette rigueur, il ne cite ni mentor célèbre ni modèle importé. Il parle de sa grand-mère. « J’ai été forgé par son éducation, dit-il simplement. Elle m’a transmis des valeurs de probité et d’intégrité qui structurent encore aujourd’hui mon éthique de travail. »

Ce socle moral l’accompagne tout au long de son parcours académique. Il est titulaire d’un baccalauréat littéraire obtenu au lycée de Guider, dans le département du Mayo-Louti, région du Nord. En septembre 2022, Dave arrive à l’Université de Yaoundé I pour une Licence en Sciences du Langage, option Sémiotique et Communication.

Très vite, il se présente comme délégué des étudiants. « C’était ambitieux, reconnaît-il, mais le désir de servir et de représenter était plus fort que la crainte. » Il est élu dès la première année avec plus de 60 % des voix, puis réélu en deuxième et troisième années, atteignant plus de 80 % des suffrages. Des années de leadership étudiant qui le placent au cœur des réalités universitaires : gestion des requêtes, médiation avec les enseignants, prise de parole en amphithéâtre, écoute active.

En décembre 2025, alors qu’il est en Master 1, Dave choisit de ne pas se représenter comme délégué étudiant, malgré les sollicitations. Un choix rare, assumé. « Le leadership, c’est aussi savoir passer le relais, dit-il. Permettre à d’autres de se révéler. »

Dave Mbakabat, l’exigence académique comme fondation du leadership

Dave Mbakabat (chemise blanche) et ses camarades à l'Université de Yaoundé 1.
Le leader Dave Mbakabat (chemise blanche) et ses camarades à l’Université de Yaoundé 1.

Il n’idéalise pas cette période. Dave en parle comme d’un apprentissage rude mais formateur. « Le leadership est avant tout une posture, insiste-t-il. Placer l’intérêt collectif avant le sien, servir avec humilité, contribuer à la réussite des autres. »

Parallèlement à ses responsabilités académiques, il s’investit dans plusieurs structures : commissaire aux comptes du Club Communication de l’Université de Yaoundé 1, ancien secrétaire général du Club Fanfare, responsable communautaire à l’Aumônerie Protestante Universitaire du Cameroun (APUC-Y), ancien d’Église, comptable matière adjoint. Une accumulation de rôles qui pourrait paraître excessive, mais qui, chez lui, obéit à une logique claire : apprendre en faisant.

Peu après, il est sélectionné parmi les cinq lauréats du programme APU Care, dédié au financement de projets d’étude et à la promotion de l’excellence académique. Classé deuxième, il y voit un encouragement plus qu’une consécration. « L’effort constant finit toujours par ouvrir des portes », affirme-t-il.

Politique : une vision continentale

Son intérêt pour la politique n’est pas opportuniste. Il le revendique comme un engagement de long terme. « Je vois la politique comme un levier pour l’unité du continent africain, affirme-t-il. Une nation forte repose sur une jeunesse consciente et mobilisée. »

À ses yeux, la jeunesse instruite est le pivot stratégique de la transformation du Cameroun. Non pas dans une posture d’attente, mais dans une dynamique d’action académique, sociale et politique. « C’est à ce prix que nous bâtirons un modèle de développement authentique et durable », dit-il.

Guider, matrice identitaire

La commune de Guider est réputée le site touristique des gorges de Kola
La commune de Guider est réputée le site touristique des gorges de Kola

Derrière le discours structuré, il y a un territoire. Guider, dans le département du Mayo-Louti, au Nord-Cameroun. Dave y a passé une partie décisive de sa formation entre 2015 et 2022. « Ce territoire a forgé mon caractère, dit-il sans détour. Il m’a transmis des valeurs de sincérité, de convivialité et une forme de résilience que j’assume pleinement. »

Il parle d’un « tempérament de soldat », non pas guerrier, mais endurant. Cette expérience nourrit sa vision d’un État inclusif, attentif aux zones souvent qualifiées de périphériques. « Avoir vu les réalités locales m’a convaincu que le dépassement des disparités est un impératif de justice », souligne-t-il.

A lire aussi : 10 activités à faire en couple dans la ville de Yaoundé

Pour Dave Mbakabat, culture et tourisme sont des leviers

Lorsque la conversation glisse vers le tourisme et la culture, Dave se fait plus précis. À Guider, il évoque le Gouma ou Guma, danse emblématique du patrimoine Guidar. « C’est une expression chorégraphique d’une richesse esthétique rare, explique-t-il. Elle mérite une valorisation nationale et internationale à la hauteur de son importance identitaire. »

Le Guma est une danse guerrière. Crédit : Auletch

Pour lui, le tourisme culturel n’est pas un supplément d’âme, mais un levier économique concret. Concours nationaux et internationaux, mise en récit des traditions, formation des jeunes : tout passe par une appropriation consciente du patrimoine. « La jeunesse doit maîtriser les mécanismes de promotion de sa propre culture », précise-t-il, appelant à une adaptation des curricula éducatifs aux réalités locales.

Un message aux périphéries

Avant de nous quitter, Dave s’adresse aux jeunes issus des zones dites périphériques. Son message est direct, presque fraternel : « L’excellence est possible, mais elle exige un enracinement et un dépassement. » Il parle de discipline, de persévérance, de foi aussi, comme boussole intérieure.

À l’écouter, on comprend que son parcours n’est pas un modèle figé, mais une trajectoire en construction. Une trajectoire où l’excellence académique dialogue avec la culture, la foi, le leadership et le territoire. A l’écouter, on comprend que son parcours n’est pas un modèle figé, mais une trajectoire en construction, vers le sommet de l’Etat.


CAN 2025 : ces peoples camerounais font vibrer la toile depuis le coup d’envoi

Depuis le lancement de la CAN Maroc 2025, la compétition ne se vit pas uniquement dans les stades ou devant les écrans de télévision. Sur les réseaux sociaux, des figures camerounaises du monde culturel et du divertissement ont investi l’événement avec créativité, humour et poésie. À leur manière, Ulrich Takam et Lydol transforment la Coupe d’Afrique des nations en un véritable terrain d’expression digitale, où football rime avec satire, identité et narration artistique.

Ce billet est rédigé dans le cadre de la campagne #MaCAN de l’Association des Blogueurs du Cameroun.

Ulrich Takam, la CAN 2025 version satire populaire

Dès les premiers jours de la compétition, Ulrich Takam a donné le ton avec « Les Régulateurs spécial CAN 2025 ». n plateau diffusé en live multiplex sur Facebook, TikTok et YouTube. Le décor intrigue : un chantier de maison en construction, loin des plateaux télévisés classiques. Pour l’ouverture, l’humoriste a réuni ses confrères Flenchou, Gaby Kamer et Ndolo L’amour, annonçant la couleur d’un programme résolument décalé.

À l’origine du concept, une contrainte devenue opportunité. « L’actualité est centrée sur la CAN 2025 et mon emploi du temps ne m’a pas permis d’aller au Maroc. Je me suis demandé pourquoi ne pas travailler sur le sujet depuis le Cameroun », explique Takam. Inspiré des plateaux spéciaux des médias traditionnels, Les Régulateurs special CAN reprennent les codes… pour mieux les tourner en dérision. « Parfois, parmi les panelistes, on entend des analyses qui ne tiennent pas la route. Je me suis dit que si tous mes panélistes faisaient pareil volontairement, ça ferait un bon programme. »

CAN 2025
Le plateau décalé du programme « Les régulateurs spécial CAN 2025 », une présentation de Ulrich Takam.

Chaque soir jusqu’à la finale, des humoristes se succèdent sur le plateau. L’objectif n’est pas seulement d’analyser les matchs. Il s’agit de décortiquer tout ce qui gravite autour de la CAN : organisation, faits insolites, petites incohérences, ambiance générale. « On commente, anime, analyse, les méandres de cette CAN. Et surtout on s’attarde sur ce qui sort des normes, là où le débat devient intéressant », précise-t-il.
Pensé par Bimoule Production, Les Régulateurs de la CAN se revendiquent comme une parodie de média. Il respecte pourtant les codes du direct, du débat et de la régularité. L’émission est agrémenté de vox-pop, reportages et correspondants basés à Rabat et Casablanca, pour garder un lien permanent avec le terrain marocain.

A lire aussi : Ulrich TAKAM se confie : « visiter l’arbre millénaire fut un moment très difficile »

Lydol, la CAN 2025 racontée en slam

À l’opposé de la satire, Lydol propose une lecture sensible et poétique de la compétition avec « Les Instants Slam ». Chaque jour, la slameuse publie une courte vidéo en gros plan, perruque afro assumée, sur fond de motifs représentant les pays africains en lice. En quelques vers, elle revient sur les moments marquants de la journée.

Lydol présente ”Les instants slam”

« La CAN, ce n’est pas seulement des scores et des statistiques. C’est une émotion collective, une histoire africaine qui se raconte chaque jour », confie Lydol. Fidèle à son art, elle transforme l’actualité sportive en matière poétique, accessible même à ceux qui ne suivent pas tous les matchs.

À travers le slam, elle capte ce que le football provoque : la ferveur, la fierté, parfois la frustration. « J’essaie de mettre des mots sur ce que ressent le supporter africain. Le slam me permet de ralentir le tempo, de prendre du recul et de raconter autrement », explique-t-elle. Très partagés sur les réseaux sociaux, ses Instants Slam touchent un public large, bien au-delà des amateurs de ballon rond.

Pour Lydol, cette démarche est aussi un acte culturel. « Le sport et l’art parlent de la même chose : l’identité, le collectif, l’émotion. Avec la CAN 2025, j’ai trouvé un terrain parfait pour faire dialoguer les deux. »

A lire aussi : Saviez-vous que Lydol a tourné le clip de sa chanson…. au Mont Messa ?

Quand la CAN devient un spectacle digital

Avec Ulrich Takam et Lydol, la CAN Maroc 2025 se joue aussi sur la toile. Humour, poésie, storytelling : les peoples camerounais réinventent la manière de vivre la compétition, prouvant que le football peut être un puissant moteur de création culturelle. Une autre façon de vibrer, loin des stades, mais au cœur de l’émotion africaine.


Invest In Me mise sur l’entrepreneuriat féminin pour raconter un autre Cameroun

L’entrepreneuriat féminin joue un rôle essentiel dans la valorisation des produits locaux et du savoir-faire camerounais, contribuant ainsi au rayonnement du pays. Pour renforcer cet élan, le programme Invest In Me a été mis en place afin d’accompagner les femmes entrepreneures dans la structuration de leurs projets, l’accès au financement et la pérennisation de leurs activités. Cette initiative a officiellement été lancée le lundi 5 janvier 2026 à l’hôtel Albatros de Yaoundé, lors d’une cérémonie d’ouverture qui a réuni une cinquantaine de participantes motivées.

Invest In Me, un projet pensé pour transformer

Porté par l’Association pour la Valorisation des Produits Locaux (AVPL), Invest In Me est un programme d’éducation financière. Il vise à renforcer les compétences économiques et la gestion financière des participantes. Loin des discours abstraits, le projet se veut résolument pratique et orienté vers des résultats concrets. Sur 193 femmes inscrites, 50 ont été retenues. Cette sélection s’est appuyée sur des critères tels que la discipline, la productivité et l’effectivité de l’entreprise. Un choix assumé par les organisateurs, soucieux d’offrir un accompagnement intensif et de qualité.

Le programme Invest In Me
Photo de famille. Crédit : Bissek Owona & Partners

Au cours de la cérémonie, Jessica Eya’ane, présidente et fondatrice de l’AVPL, a rappelé la philosophie du programme. « Invest In Me doit être un programme transformateur. Chaque femme qui en sort doit avoir franchi un palier. Son activité doit passer d’un état à un autre, de manière profonde et durable. »

Au-delà de la transformation individuelle, le programme vise également un changement du rapport au financement. Beaucoup de femmes arrivent avec des besoins mal définis ou exprimés de manière intuitive. L’enjeu est de leur permettre de structurer leurs attentes et de mieux comprendre les mécanismes financiers. À terme, cela vise à faciliter leur accès à des financements adaptés à leurs projets d’investissement.

A lire aussi : L’entrepreneur digital africain est un blogueur

Une bénéficiaire, une vision : Marie Louise et le packaging durable

Parmi les bénéficiaires, Marie Louise NGO NGAI, promotrice de Packaging Créa, illustre parfaitement l’esprit du programme. Son projet s’inscrit dans un secteur stratégique : la production d’emballages biodégradables. Consciente de ses contraintes actuelles, notamment l’absence de machines de production, elle a fait le choix de commencer par la revente d’emballages afin de constituer une base de données clients et de comprendre les attentes du marché. Une approche progressive, guidée par une vision claire.

Marie Louise NGO NGAI, promotrice de Packaging Créa
Marie Louise NGO NGAI, promotrice de Packaging Créa Crédit : Steffe

À terme, Marie Louise ambitionne de produire des emballages écologiques à base de fibres de bananiers, une matière première locale abondante, et d’accompagner les producteurs camerounais dans la valorisation de leurs produits. « Ce programme va me permettre de développer mon projet et de pérenniser mon offre. Être entrepreneure camerounaise aujourd’hui, c’est aussi apporter de la valeur à ce que nous produisons localement », confie-t-elle.

Des partenaires au cœur du dispositif

La cérémonie d’ouverture a également permis de mesurer l’implication des partenaires institutionnels et financiers. Placé sous le parrainage de Madame la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), le programme s’inscrit pleinement dans les politiques publiques de promotion de l’autonomisation économique des femmes.

Parmi les partenaires financiers, la NOFIA occupe une place centrale. Sa coordonnatrice Centre-Est, Paulinette Fokam, a présenté aux bénéficiaires les opportunités de financement disponibles à travers les projets OSSP et NOFIA Transfagri, avec des appuis pouvant atteindre 8 millions de FCFA. Mais l’accès au financement ne se fait pas sans préparation. « Les femmes suivront une formation intensive portant sur la réalisation de budgets, l’élaboration de business plans, la gestion de caisse et la compréhension des crédits, y compris les modalités de remboursement » confie Paulinette FOKAM.

Sur le plan des compétences transversales, la prise de parole a également été mise en avant. Aline Essono , présidente de l’association Bitõ, est intervenue pour rappeler l’importance de savoir présenter et défendre son projet. « En entrepreneuriat, on doit savoir expliquer sa vision à tout moment. Ce programme est une occasion pour ces femmes d’apprendre à parler de leurs projets avec clarté et assurance. »

Le programme Invest In Me

Quand l’entrepreneuriat féminin façonne l’image du Cameroun

Au fil des interventions, un constat s’est imposé : Invest In Me ne concerne pas uniquement les femmes bénéficiaires. Il participe aussi à la construction de l’image du Cameroun. « Chaque entreprise mieux structurée, chaque produit local amélioré contribue à renforcer la crédibilité du Made in Cameroon » confie Jessica Eya’ane, présidente et fondatrice de l’AVPL. Un produit de qualité, respectant les normes, disponible de manière régulière et fiable, améliore la perception que les consommateurs locaux et étrangers ont du pays. Il crée de la confiance et renforce l’attractivité économique du Cameroun.

A lire aussi : Sont-ils fiers d’être Camerounais ?

À travers leur professionnalisme, ces femmes entrepreneures deviennent ainsi des ambassadrices de la destination Cameroun. Elles racontent un pays capable d’innover, de produire durablement et de répondre aux standards du marché.

En quittant l’hôtel Albatros ce lundi 5 janvier, entre séances de networking et expositions des produits des apprenantes, une conviction semblait partagée : investir dans les femmes, c’est aussi investir dans l’image et l’avenir du Cameroun.


Routes bétonnées, piscine, pergolas : Ecopark Yaoundé change de visage

Il y a quelques années encore, Ecopark Yaoundé portait les traces classiques d’un parc d’attraction en développement : la poussière rouge, les chemins irréguliers, cette sensation d’aventure brute. En 2026, le contraste est saisissant. Dès le portail, quelque chose a changé.

Le gardien consigne désormais les noms de chaque visiteur. Le geste est simple, mais il donne le ton : ici, l’organisation progresse. À peine le portail franchi, les pas ne soulèvent plus de nuage ocre. La route est désormais en béton. Lisse. Propre. Enfin, on entre et on ressort d’Ecopark sans poussière sur les chaussures.

Le parc se lit désormais en marchant

La route est désormais en béton. Lisse. Propre. Ecopark Yaoundé
La route est désormais en béton. Lisse. Propre. Crédit : Ecopark Yaoundé

Après l’espace Onemble — bar à grillades en journée, cabaret le week-end — le regard est attiré vers la gauche. Quatre pergolas aux formes arrondies bordent l’eau, sur le chemin qui mène aux trois hôtels du site. Des abris bienvenus, pensés pour s’arrêter, respirer, observer les ondulations du vent à la surface des étangs.

Plus loin, l’axe principal qui sépare les deux étangs révèle l’une des mutations les plus visibles du parc : l’axe bétonné qui traverse désormais Ecopark comme une colonne vertébrale. La circulation est fluide, les déplacements agréables. On sent que le site a changé d’échelle.

« De grandes améliorations ont été réalisées pour faciliter la circulation des visiteurs », explique Boris Foe Essomba Antoine, membre fondateur d’Ecopark Yaoundé. « Grâce à nos partenaires, de nouveaux revêtements de sol ont été posés, et d’autres aménagements suivront. »

Des espaces pensés pour s’arrêter, pas seulement passer

Les pergolas, des lieux de pause, de discussion, de rendez-vous. Crédit : Ecopark Yaoundé
Les pergolas, des lieux de pause, de discussion, de rendez-vous. Crédit : Ecopark Yaoundé

En poursuivant la visite, d’autres pergolas apparaissent. Cette fois, dans un espace soigneusement aménagé, pavés au sol, décoration plus travaillée. La différence se ressent immédiatement. Un mini-restaurant spécialisé dans les grillades — poissons, viandes, boissons fraîches — complète l’ensemble.

Six pergolas supplémentaires, chacune pouvant accueillir six à huit personnes. Des lieux de pause, de discussion, de rendez-vous. Les statues d’autruches qui occupaient autrefois l’espace ont disparu. Un détail qui attriste certains habitués, mais comme le dit l’adage : on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs.

Boris Foe le reconnaît volontiers : « Des pergolas ont été installées un peu partout dans le parc, permettant aux visiteurs de faire une pause pendant leur promenade. Les amoureux, par exemple, peuvent s’y arrêter, se regarder dans les yeux, partager un verre et déguster un bon plat local. »

A lire aussi : Pourquoi Ecopark a choisi le théâtre pour ouvrir l’année 2026 ?

La piscine, symbole du nouveau Ecopark Yaoundé

En longeant le couloir principal, on arrive à ce qui constitue sans doute la grande nouveauté de 2026 : la piscine. Là où les footballeurs du quartier et des dimanches improvisés occupaient autrefois l’espace, l’eau a pris place.

La piscine, symbole du nouveau Ecopark
La piscine, symbole du nouveau Ecopark

Pas une piscine olympique — et ce n’est pas l’ambition — mais un bassin cosy, convivial, parfaitement adapté pour se rafraîchir en pleine saison sèche. L’endroit est déjà devenu un point d’attraction, mêlant rires d’enfants, détente des adultes et curiosité des visiteurs de passage.

« Une piscine a été ouverte, et plusieurs nouveaux espaces ont été aménagés pour accueillir les événements marquants de la vie de nos visiteurs », souligne Boris Foe. Mariages, anniversaires, rencontres familiales ou professionnelles trouvent peu à peu leur cadre à Ecopark.

Des absences… et des attentes

Tout n’est pas encore parfait. La salle de jeux vidéo, autrefois animée par les amateurs de PS4, Wii U, jeux de danse et billard, est aujourd’hui vide. Un silence qui surprend les anciens habitués. Supposons, avec optimisme, que les machines soient en maintenance et reviendront bientôt.

Les incontournables, eux, sont toujours là : musée zoologique, bibliothèque, boutique de souvenirs, parc animalier, espaces de loisirs pour enfants. Mais pour les adultes, l’attente de nouveautés se fait sentir. Certains imaginent déjà un manège, une grande roue, un toboggan géant… Des idées qui trouvent un écho dans les propos de Boris Foe.

« Ecopark s’étend sur 50 hectares, dont seulement 8 sont actuellement exploités », rappelle-t-il. « Cela montre à quel point nous avons encore du potentiel à développer. De nombreux projets sont en cours ou en phase de conception. »

Ballade en pirogue à Ecopark une excursion organisée par Voyage en hauteur.

A lire aussi : 10 activités à faire en couple à Yaoundé

Ecopark Yaoundé : un parc en mouvement

Balades en pirogue, pêche sportive, promenades à cheval, hôtels pour un séjour en pleine nature : l’offre existe, et elle évolue. La force d’Ecopark réside dans cette transformation progressive, assumée, visible.

« Nous avons à cœur de proposer régulièrement de nouvelles expériences », insiste Boris Foe. « Tout arrive à point. »

En 2026, Ecopark Yaoundé ne se contente plus d’être un espace vert à la périphérie de la ville. Il devient un site structuré, lisible, pensé pour l’expérience visiteur. Un lieu où l’on vient respirer, manger, marcher, nager, observer… et revenir.

Et si seulement 8 hectares racontent déjà autant, les 42 autres laissent entrevoir tout ce que ce parc peut encore devenir.


Pourquoi Ecopark a choisi le théâtre pour ouvrir l’année 2026 ?

Ouvrir l’année par un spectacle de théâtre, un 1er janvier, dans un site touristique en pleine nature. À Ecopark Yaoundé, ce choix n’a rien d’anecdotique. Il dit une vision. Il raconte une manière de penser le tourisme autrement, loin du simple loisir, plus proche de la mémoire, de la transmission et du lien.

Ce jour-là, à Ahala, le public découvre Ngan Medza, une fresque théâtrale inspirée de la mythologie Beti-Ekang. Quarante-cinq minutes de scène pour rappeler que le développement touristique peut aussi être un acte culturel fort.

Ecopark

Pour Boris Foe Essomba Antoine, l’un des membres fondateurs d’Ecopark Yaoundé, cette orientation n’est pas nouvelle. « Depuis les débuts du parc, les arts ont toujours été présents ici », rappelle-t-il. Bien avant les grandes affluences, Ecopark accueillait déjà des groupes artistiques, des mini-concerts, des performances mêlant sons contemporains et expressions plus traditionnelles. La culture n’est donc pas un décor ajouté. Elle fait partie de l’ADN du lieu.

Replacer le théâtre au cœur de la jeunesse

Si le choix du théâtre s’impose cette année, c’est aussi en réponse à un constat préoccupant. Boris Foe le dit sans détour : la jeunesse se détourne progressivement des arts du spectacle. « Aujourd’hui, les jeunes sont beaucoup plus tournés vers les téléphones, Internet, TikTok, Snapchat… » Une immersion numérique qui, selon lui, entraîne une déconnexion lente mais réelle de la culture d’origine.

Les signes sont visibles : langues maternelles peu pratiquées, repères historiques flous, filiations mal comprises. « Ce qui nous inquiète, c’est que les jeunes maîtrisent de moins en moins leurs origines », insiste-t-il. Ils se revendiquent parfois d’un grand groupe ethnique sans en connaître les fondements, les histoires, les fraternités.

Chez les Beti, ces repères sont pourtant essentiels. L’histoire se transmet par les récits, les lignées, les mythes fondateurs. Ngan Medza la traversée devient alors plus qu’un spectacle : un outil pédagogique, un pont entre générations.

Boris Foe Essomba : « Pour vivre ensemble, il faut d’abord connaître et accepter sa propre identité »,

Boris Foe Essomba, membre fondateur du site touristique Ecopark Yaoundé.
Boris Foe Essomba, membre fondateur du site touristique Ecopark Yaoundé.

À Ecopark, la transmission culturelle ne rime pas avec repli identitaire. Boris Foe tient à lever toute ambiguïté. « Il ne s’agit pas de promouvoir un communautarisme ou un sectarisme », précise-t-il. L’enjeu est ailleurs : permettre aux jeunes de connaître leur valeur, de comprendre d’où ils viennent, afin de mieux dialoguer avec les autres.

Le vivre-ensemble, souvent invoqué dans les discours, prend ici une dimension concrète. « Pour vivre ensemble, il faut d’abord connaître et accepter sa propre identité », explique-t-il. L’assumer, la comprendre, la partager, puis apprendre à cohabiter avec les autres dans le respect mutuel.

Cette philosophie se reflète dans la fréquentation même du parc. Ecopark accueille des Camerounais de toutes régions, mais aussi des visiteurs venus d’ailleurs. La diversité y est quotidienne, vécue, non théorisée. La culture devient alors un langage commun, un socle, pas une frontière.

Ngan Medza, une œuvre appelée à durer

Ngan Medza Ecopark
Les comédiens sur la scène du Ngan Medza la traversée.

Le spectacle présenté le 1er janvier n’était pas un événement isolé. Pour Boris Foe, Ngan Medza s’inscrit dans la durée. « Ce spectacle n’est que le premier d’une série », affirme-t-il. Pensé principalement pour les jeunes — écoliers, élèves, étudiants — il sera programmé pendant les périodes de vacances scolaires, moments où ils sont plus disponibles et réceptifs.

Une nouvelle représentation est déjà annoncée pour les congés de Pâques, en lien avec un autre rendez-vous emblématique du site. L’idée est claire : inscrire la culture dans le rythme de vie du parc, au même titre que les autres activités.

À travers cette démarche, Ecopark se positionne comme un lieu de mémoire autant que de détente. Un espace où l’on vient se reposer, certes, mais aussi apprendre, ressentir, se reconnecter à l’essentiel.

Un lieu qui raconte, avant même de divertir

Le musée d’Ecopark, un lieu de mémoire.

À Ahala, la culture n’est pas un supplément d’âme. Elle est une boussole. Elle guide les choix, structure les projets et donne du sens à l’expérience touristique. En ouvrant 2026 avec Ngan Medza, Ecopark Yaoundé affirme une conviction forte : le tourisme peut — et doit — participer à la transmission des héritages.

Mais derrière cette ambition culturelle assumée, Ecopark Yaoundé est aussi un chantier en pleine mutation, porté par de nouvelles infrastructures, de grands projets et des innovations concrètes que le site s’apprête à dévoiler…

(À suivre)