FOCGO FEUGUI Sidoine

Vitomo de Jean EWANE ELONGBIL : la vitrine du Moungo

Avec son agence Vitomo (Visite touristique du Moungo), Jean EWANE ELONGBIL s’est fait un nom dans le paysage touristique camerounais. Depuis 2017, il œuvre à faire découvrir les trésors naturels et culturels du Moungo dans la région du Littoral, au prix de nombreuses aventures, défis et succès. Il partage ici son parcours, sa vision du tourisme et ses attentes pour l’avenir du secteur au Cameroun.

Voyage en hauteur : Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Jean EWANE ELONGBIL , Camerounais de nationalité et promoteur touristique depuis 2017 avec mon agence Vitomo (Visite touristique du Moungo), Je suis passionné de voyages, de découvertes de la nature, de culture et de tout ce qui touche au tourisme.

Jean EWANE ELONGBIL au Mont Manengouba

Voyage en hauteur : Quelle est la place du tourisme dans ta vie ?

Le tourisme occupe une place très importante dans ma vie. Sans le tourisme, je ne sais pas si je pourrais me sentir à l’aise ou vivre normalement. Il m’est difficile de passer plus de deux semaines sans partir à la découverte de la nature. Le tourisme fait partie de mon ADN, c’est une véritable partie de moi.

Voyage en hauteur : Quelle est l’histoire de la création de Vitomo ?

Tout a commencé en 2010, lors de ma formation au Centre de Formation Professionnelle des Jeunes de Bare Bakem dans le Moungo. Le Directeur avait organisé une excursion aux lacs jumeaux du Manengouba. Je m’y suis inscrit. C’était ma première expérience touristique, même si j’ai toujours aimé l’aventure et les découvertes. J’ai été émerveillé par la beauté de la nature. Je n’avais jamais vu un paysage aussi beau. C’est là qu’une voix intérieure m’a soufflé : « Fais-moi découvrir au monde ». C’était comme une mission.

Vitomo

Après ma formation, j’ai enchaîné les petits boulots sans véritable stabilité, puis, j’ai décidé de me former en entrepreneuriat et leadership. Le 2 juin 2017, j’ai lancé mon premier voyage, mais il n’a attiré aucun participant. Un an plus tard, en juillet 2018, un groupe d’Américains m’a contacté pour visiter les chutes d’Ekom-Nkam. C’est à partir de là que les visiteurs ont commencé à me solliciter.

Les débuts ont été difficiles, – entre échecs, déceptions et manque de soutien de la famille – mais la passion m’a permis de persévérer.

Après quatre ans d’investissements dans Vitomo (Visite Touristique du Moungo), j’ai commencé à acquérir une notoriété locale et nationale. Cela m’a permis de gagner la confiance de nombreux visiteurs.

Cette année 2025 je célèbre le 08e anniversaire de VITOMO. Je remercie toutes ces personnes qui m’ont fait confiance. Je suis fier du parcours accompli jusqu’ici. 

Voyage en hauteur : Quels sont les grands succès et événements que Vitomo a déjà organisés ?

Le plus grand succès de Vitomo a été de recevoir le prix du meilleur organisateur de voyages touristiques du Cameroun en 2021. J’ai eu l’honneur de guider l’ex-ministre des Postes et Télécommunications (S.E. Nkoue Nkongo Maximen), la BEAC, le FEICOM, et d’accompagner de nombreux festivals et événements culturels dans le Moungo. J’ai également guidé Madame le Maire de Bare Bakem, le Maire de la ville de Nkongsamba, des milliers de visiteurs nationaux et internationaux, des associations… J’ai aussi partagé mon expertise dans de grands projets touristiques du Moungo.

Voyage en hauteur : En huit années d’existence, quel est ton souvenir le plus marquant ?

Mon souvenir le plus marquant, c’est une excursion sur mesure avec une Camerounaise aux lacs jumeaux. Nous avons fait la partie préliminaire du parcours sous une atmosphère dégagée. Cependant, arrivés à la plaine (le campement des Bororos), le ciel a commencé à changer, annonçant la pluie. Nous avons malgré tout continué, car elle était déterminée à atteindre sa destination. Dès que nous sommes arrivés à la crête de la montagne, les nuages se sont refermés, nous empêchant complètement de voir les lacs. À ce moment-là, j’ai compris le langage de la nature, une aptitude que j’ai développée au fil du temps.

Jean EWANE ELONGBIL aux lacs jumeaux de Manengouba. Crédit : Vitomo
Jean EWANE ELONGBIL aux lacs jumeaux de Manengouba. Crédit : Vitomo

J’ai alors dit à la dame que nous ne pouvions plus continuer, mais elle a insisté pour arriver jusqu’aux lacs. Nous avons poursuivi, et à peine quelques mètres plus loin, en moins de deux minutes, le ciel s’est obscurci, le brouillard est tombé partout, et même les lacs, que nous distinguions à peine, sont devenus complètement sombres. Un vent fort s’est levé, suivi d’une pluie torrentielle. Imagine-toi au milieu de la montagne, seul, avec une tempête d’une telle intensité !

J’ai sorti mon parapluie – j’en ai toujours un avec moi – mais la tempête était si forte qu’elle menaçait de l’emporter. Nous nous sommes accroupis, et en regardant du côté des lacs, j’ai vu le vent emporter la pluie dans tous les sens. C’était tellement violent que, même si je ne l’ai pas montré, j’ai eu peur. Nous avons passé près d’une heure sur place, sous cette pluie battante. Une fois la tempête passée, nous sommes repartis, complètement trempés. Voilà, en résumé, l’événement qui m’a le plus marqué durant ces années.

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Voyage en hauteur : Tu es le spécialiste du Moungo. Quelles sont les différentes destinations de la région ?

Le Moungo est la première et peut-être la meilleure destination touristique de la région du Littoral. On y trouve les chutes d’Ekom – Nkam, les cascade de Dibombé, les chutes de NGWA, les chutes de Mboriko, les monts Manengouba (2 396 m), Koupé (2 064 m) et Nlonako (1 825 m), des lacs, des grottes, des cascades, des sites mémoriaux et une grande richesse culturelle. La fertilité du sol favorise l’agrotourisme et de nombreuses autres activités.

Le tout premier documentaire des sites touristiques du Moungo qui recense une dizaine de sites touristiques à visiter dans le Moungo Nord . Un documentaire d’une dizaine de minutes , relatant les atouts de ces différents sites.

Voyage en hauteur : Quelles sont les difficultés que tu rencontres sur le terrain ?

Les difficultés rencontrées sur le terrain sont nombreuses et variées. Les principales sont

  • L’accès difficile aux sites : Beaucoup de sites touristiques sont difficiles d’accès à cause de l’état des routes ou de l’absence de voies praticables.
  • L’absence d’aménagement de certains sites : Plusieurs sites ne sont pas suffisamment aménagés pour accueillir des visiteurs dans de bonnes conditions.
  • Le manque de collaboration avec certains acteurs : Il est souvent compliqué de collaborer avec certains restaurants, hôtels, espaces de loisirs ou agences de transport, ce qui rend l’organisation globale plus complexe.
  • Le manque de compréhension de certains responsables de sites : Certains pensent à tort que le ministère du Tourisme nous soutient financièrement, alors que nos activités sont en réalité des initiatives personnelles que nous finançons nous-mêmes.
  • Les désistements de dernière minute : Il arrive fréquemment que des participants annulent leur voyage sans prévenir, ce qui impacte l’organisation et la logistique.
  • Le manque de visiteurs à certaines périodes : Parfois, le nombre de visiteurs est insuffisant, ce qui peut décourager.

Malgré toutes ces difficultés, la passion et l’amour du métier sont plus forts.

les chutes de NGWA - vitomo
les chutes de NGWA. Crédit : Vitomo

Voyage en hauteur : Les Camerounais résidents consomment-ils le tourisme de leur pays ?

En réalité, environ 45 % des Camerounais consomment le tourisme au Cameroun. Beaucoup préfèrent voyager en Occident et payer très cher pour des concepts, alors que nous proposons des voyages abordables pour découvrir notre propre pays. Il est essentiel que nous enrichissions notre économie touristique par des visites et des découvertes multiples. De nombreux étrangers connaissent le Cameroun mieux que certains de nos compatriotes. C’est bien dommage ! Et pourtant, en tant qu’organisateurs de voyages, nous proposons des expériences accessibles aux locaux à des prix abordables. Cela démontre que les résidents camerounais consomment encore trop peu le tourisme camerounais.

Baignades sous les chutes de Mboriko. - Vitomo
Baignades sous les chutes de Mboriko. – Vitomo
Baignades sous les chutes de Mboriko. - Vitomo
Baignades sous les chutes de Mboriko. – Vitomo

En choisissant de voyager au sein de leur propre pays, les Camerounais résidents soutiennent non seulement l’économie locale, mais ils découvrent aussi des trésors souvent méconnus. Le Cameroun, avec sa diversité ethnique, ses paysages époustouflants et ses traditions singulières, mérite d’être célébré et exploré par ses propres citoyens. En investissant dans le tourisme local, nous créons un cercle vertueux qui bénéficiera à tous, renforçant ainsi le sentiment d’appartenance et de fierté nationale. Engageons-nous à redécouvrir notre pays ensemble !

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Voyage en hauteur : À la veille de l’élection présidentielle, quelles sont tes attentes envers les candidats pour la promotion du tourisme ?

Je suis un peu déçu car aucun candidat déclaré ne parle réellement du tourisme au Cameroun dans ses discours. On a l’impression que pour eux, les acteurs du tourisme ne sont pas prioritaires pour le développement du pays. Pourtant, des pays comme le Rwanda, le Botswana, l’Égypte ou la Tanzanie ont vu leurs économies grimper grâce au tourisme. J’aimerais que des propositions concrètes soient faites, permettant aux acteurs du tourisme de mieux travailler et de préparer leur avenir. Je salue néanmoins les efforts du ministère du Tourisme et des Loisirs.

Voyage en hauteur : Comment rendre le Cameroun une destination incontournable au niveau mondial ?

Pour cela, il faut améliorer les voies d’accès, être responsable et professionnel, faciliter la collaboration entre les acteurs du tourisme, promouvoir activement le tourisme camerounais à l’étranger, et utiliser tous les moyens de communication nationaux et internationaux.


Initiative Spotlight : une mobilisation contre les Violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun

Le vendredi 18 juillet 2025, en tant que représentant de l’Association des blogueurs du Cameroun, j’ai eu l’honneur de couvrir la cérémonie de mobilisation autour de l’Initiative Spotlight, organisée par le Système des Nations Unies au Cameroun et le Haut-commissariat du Canada. Cette rencontre, tenue dans l’élégant cadre de la Résidence officielle du Canada, s’est avérée être bien plus qu’un simple événement protocolaire : c’était une véritable tribune pour amplifier la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles (VFFF) dans notre pays.

L’Initiative Spotlight une réponse un fléau qui laisse des traces

Au Cameroun, plus de 54,6 % des femmes et jeunes filles sont victimes de VFFF. Dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la réalité est encore plus glaçante. Dans ces deux dernières régions, 73 % des femmes et filles interrogées ont connu au moins une forme de violence sexuelle d’après les données de l’ONU Femmes.

Situation des violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun. Une compilation de l'initiative Spotlight Cameroun
Situation des violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun. Une compilation de Spotlight Cameroun

Les VFFF, ce ne sont pas que des chiffres. C’est le viol, les agressions sexuelles, le mariage forcé, le déni de ressources, la violence psychologique. Trop souvent, ces actes sont dissimulés sous le voile de traditions, d’inégalités ou de silences complices. Face à cette situation préoccupante, le système des nations unies a mis en place l’Initiative Spotlight.

L’Initiative Spotlight : Quand la solidarité internationale éclaire l’action locale

A l’entame de la cérémonie de ce vendredi, un exposé a présenté de manière sommaire l’Initiative Spotlight, lancé en 2017 par l’Union Européenne et les Nations Unies. Son ambition : éliminer toutes les formes de violence contre les femmes et les filles à l’horizon 2030.

Au Cameroun, le programme vise à « mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles dans les dix régions du pays, en touchant toutes les femmes ; y compris les réfugiées, les personnes déplacées internes, les femmes des communautés d’accueil et celles confrontées à des formes croisées de vulnérabilité, notamment les adolescentes et les femmes en situation de handicap », renseigne le point focal Spotlight Cameroun pendant son exposé. C’est un pilier de la marche vers l’égalité (ODD 5) et la justice (ODD 16).

Ce n’était pas un exposé, mais un appel à la lucidité. Je croise les regards graves des diplomates, des ONG, des artistes, des journalistes et des survivantes. Chacun, à cet instant, mesure la gravité de la tâche.

Quand les survivantes sortent du silence

L’un des temps forts de la soirée fut la projection de vidéos de témoignages poignants de femmes victimes de VFF. Dans l’obscurité feutrée de la salle, les voix tremblotantes de ces survivantes résonnaient puissamment.  Chacune racontait, à visage voilé, son parcours de douleur, de honte, mais aussi de résilience. Derrière l’écran, la voix tremblante d’Aline, 16 ans, a résonné :

« J’ai cru que c’était ma faute… Mais aujourd’hui, je veux dire à toutes les filles : ce n’est jamais votre faute, et vous n’êtes pas seules. »

Aline, 16 ans, survivante

Chacun a retenu son souffle. Le silence est lourd, chargé d’émotion. Les larmes coulent en silence, mais la dignité reste debout. Derrière chaque statistique, il y a un destin, un espoir, une histoire de courage. Très souvent, les victimes ont peur de s’exprimer par peur ou par stigmatisation. Il est important qu’elles brisent le silence !

Les invités regardent avec une attention particulière les vidéos de témoignage des survivantes
Les invités regardent avec une attention particulière les vidéos de témoignage des survivantes

L’engagement diplomatique et institutionnel : paroles d’alliés

Mme Lorraine Anderson, Haut-commissaire du Canada au Cameroun, hôte de la soirée, a pris la parole avec émotion. Elle a souligné que cette cérémonie était particulière à plus d’un titre : non seulement par son engagement contre les VBG, mais aussi parce qu’il s’agissait probablement de son dernier événement de ce type avant la fin de sa mission diplomatique.

« Je quitte bientôt le Cameroun, mais ce combat, lui, ne s’arrête pas. Je veux que chaque femme, chaque fille sache qu’elle a le soutien du Canada. Nous sommes à vos côtés et nous continuerons d’accompagner toutes les initiatives pour mettre fin à ce fléau », a confié Mme Lorraine Anderson, visiblement émue.

Mme Lorraine Anderson, Haut-commissaire du Canada au Cameroun
Mme Lorraine Anderson, Haut-commissaire du Canada au Cameroun
L’Initiative Spotlight, c’est la preuve que la communauté internationale peut agir de façon coordonnée

Issa Sanogo, le Coordonnateur résident des Nations Unies au Cameroun a ensuite insisté sur l’importance de l’implication des agences onusiennes dans la lutte contre les VBG au Cameroun.

« Notre engagement est holistique. L’Initiative Spotlight, c’est la preuve que la communauté internationale peut agir de façon coordonnée, en appuyant les acteurs de la société civile, en finançant les structures d’accueil, en formant les agents de santé et en soutenant les actions gouvernementales. Nous lançons un appel pour que la question des violences basés sur le genre soient bannis définitivement », a martelé

Issa Sanogo, Coordonnateur résident des Nations Unies au Cameroun.
Issa Sanogo, Coordonnateur résident des Nations Unies au Cameroun.
Issa Sanogo, Coordonnateur résident des Nations Unies au Cameroun.

Madame la Ministre de la Promotion de la femme et de la famille a exprimé sa joie et sa fierté de voir le Cameroun éligible au programme UN-Spotlight. Elle a insisté sur la nécessité de briser les tabous et de promouvoir le respect des droits humains à tous les niveaux de la société.

« C’est une immense victoire que de voir le Cameroun intégré à cette initiative mondiale. Mais le chemin est encore long. Nous devons travailler ensemble pour un changement de mentalité, pour que nos filles grandissent sans peur et que justice soit rendue à toutes les victimes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille a apporté son appuis à l’Assemblée nationale du Cameroun pour un projet de loi visant à punir les auteurs de violences basées sur le genre et à protéger les survivantes, », a déclaré

Madame Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la femme et de la famille
Madame Marie Thérèse Abena Ondoa,  Ministre de la Promotion de la femme et de la famille
Madame Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la femme et de la famille

X-Maleya : la musique comme arme de sensibilisation

Le groupe X-Maleya, stars incontestées de la musique camerounaise, était l’invité d’honneur de la soirée. Avant de monter sur scène, ils ont partagé l’histoire bouleversante à l’origine de leur chanson à succès “Ta fille n’est pas ta femme”.

« Nous avons écrit cette chanson après avoir rencontré la famille d’une jeune fille qui s’est donné la mort, incapable de supporter les abus répétés de son oncle. À travers notre musique, nous voulons briser le silence et dire à tous : protégez vos filles, écoutez-les, ne les laissez pas souffrir seules », confie Haïs, l’un des membres du groupe.

La cérémonie s’est poursuivie par un concert live du groupe X-Maleya
La cérémonie s’est poursuivie par un concert live du groupe X-Maleya

La cérémonie s’est poursuivie par un concert live du groupe X-Maleya, suivi d’un apéritif dînatoire où les débats se sont poursuivis de manière plus informelle. J’ai pu échanger avec plusieurs survivantes, activistes et partenaires internationaux. « Voir tant de personnes rassemblées, c’est la preuve qu’il y a de l’espoir. Je repars plus forte, convaincue que notre parole compte et qu’ensemble, nous pouvons changer les choses », m’a confié Grâce, survivante et militante.

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Un appel à l’action et à la solidarité

Au fil des interventions et des témoignages, un message central s’est imposé : la lutte contre les VFFF ne peut être remportée que par une mobilisation de tous. Les États, les ONG, les médias, les artistes, les citoyens – chacun a un rôle à jouer. Pour ma part, en tant que blogueur et représentant de notre association, je ressens plus que jamais la responsabilité d’amplifier ces voix, de briser les silences, de porter les récits de celles qui n’ont pas toujours la parole.

Eradiquer les VFFF, un devoir collectif.  UN-Spotlight Cameroun
Eradiquer les VFFF, un devoir collectif. UN-Spotlight Cameroun

En conclusion, l’Initiative UN-Spotlight n’est pas seulement un programme, c’est une lueur dans la nuit pour des milliers de femmes et filles camerounaises. À nous, blogueurs, médias, artistes, parents, enseignants et citoyens, de faire en sorte que cette lumière ne faiblisse jamais.


Mon ”Prix spécial” à la Nuit du Communicateur 2025

Waouh ! Quel honneur ! Le samedi 12 juillet 2025, moi, Sidoine FEUGUI, j’ai eu l’immense honneur de recevoir un PRIX SPÉCIAL du Club Communication de l’Université de Yaoundé 1, lors de la Nuit du Communicateur, acte 10, dans la salle du YUM. Une belle reconnaissance pour moi qui gravite autour de cette institution depuis près de dix ans. Je vous raconte cette soirée mémorable.

Les premiers instants

J’étais parmi les premiers invités à arriver dans la salle du Yaoundé University Music (YUM), décorée aux couleurs blanc et or, thème de la soirée. Les invités arrivaient timidement. À 22h, Crépin Essimi et Sonia Evina ont interrompu la musique d’ambiance pour lancer la soirée. Ce duo de jeunes communicateurs, habillés de pagne vert aux motifs jaune, blanc et rose, a souhaité la bienvenue à tous pour la 10e édition de la Nuit du Communicateur, événement qui clôture les activités du Club Communication de l’Université de Yaoundé 1.

Bien installé dans la salle du YUM pour la Nuit du Communicateur 2025 Crédit : Pierre Manga
Bien installé dans la salle du YUM pour la Nuit du Communicateur 2025 Crédit : Pierre Manga

Ils ont ensuite donné la parole à d’anciens membres du club, présents dans la salle, pour recueillir leurs souvenirs et anecdotes. Sonia Evina m’a tendu le micro pour que je partage une anecdote qui m’a marqué :

« Quand je suis arrivé au Club Communication en 2017, Bengono était Présidente du Club. En conférence de rédaction, elle avait toujours des critiques acerbes, pertinentes et constructives. Elle pouvait déchirer un papier mal fait pour t’obliger à le refaire. Je retiens de son passage cette rigueur. »

Sidoine FEUGUI
Heureux d’avoir revu Hugo Boyo, l’un de mes modèles.

Peu après, Hugo Boyo, membre encore plus ancien, a pris la parole pour rappeler l’histoire de la création de l’émission “Cop’s sur les ondes”, diffusée chaque samedi de 15h à 17h sur Radio Campus 90.0 FM.

« Vous célébrez aujourd’hui le 10e anniversaire de cette émission, mais il est important de savoir que son ancêtre était ‘Antenne jeunesse’ sur Radio Jeunesse, près de la Basilique Marie des Apôtres de Mvolyé. En 2015, nous avons eu la bénédiction du Professeur Charles Boyomo Assala, alors Directeur de l’ESSTIC, pour la diffusion de ce programme sur Radio Campus UY2 qui deviendra ‘Cop’s sur les ondes’. »

Hugo Boyo

Après ce rappel historique, Hugo Boyo a témoigné de l’impact du club sur sa carrière :

« C’est grâce à l’expérience acquise à ‘Cop’s sur les ondes’ et avec les Cop’s d’abord que je suis aujourd’hui responsable de la communication dans une prestigieuse institution universitaire. »

Hugo Boyo. Crédit : Pierre Manga

Après ces témoignages, place à la cérémonie officielle.
(NB : L’émission “Cop’s sur les ondes” a donc vu le jour en 2015, année de la toute première Nuit du Communicateur.)


La Nuit du Communicateur 2025 était pleine de Nostalgie

Le duo Sonia Evina et Crépin Essimi a su chauffer la salle avant de passer le relais à Célestin Mbolo et Ima Etaba, qui ont animé le reste de la soirée. À 22h30, ils ont accueilli le bureau exécutif, en place depuis novembre 2024, dirigé par Audrey IKOUM. Après l’exécution de l’hymne national, la Présidente a prononcé le discours d’ouverture de la Nuit du Communicateur, acte 10.

Elle a salué la mémoire de trois membres disparus : Casimir, Sandra Obam et Serge Bony, puis a présenté les missions du club, résumées dans le slogan “former et informer”. La Secrétaire Générale Adjointe a ensuite rappelé les activités de l’année académique 2024-2025 : casting de recrutement des nouveaux membres, formations en journalisme et animation radio, production hebdomadaire de l’émission, journées d’amitié, et enfin le Mois du Communicateur, dont la soirée était l’apothéose.

La phase des discours terminée, le show a débuté avec la traditionnelle parade d’ensemble, une danse de groupe où tous les membres du club esquissent quelques pas. J’avoue avoir été déçu cette année : non seulement la danse manquait de coordination, mais surtout, seuls huit membres y ont participé… et, à ma grande surprise, ni Audrey IKOUM ni les membres de son bureau exécutif n’ont pris part à la parade. Dommage, car leur présence aurait donné encore plus de valeur à ce moment symbolique.

La soirée était pleine de nostalgie. Célestin Mbolo et Ima Etaba ont fait diffuser sur écran géant des photos “avant/après” des success story du club comme Hugo Boyo, Royaume Eza Ngono, Serges Bertrand Bolo, Jean-Marie Anaba et Lafleur Mbougnia. J’espérais secrètement voir ma propre photo… et ce fut le cas en fin de soirée !

Nuit du Communicateur 2025 - Club Communication Université de Yaoundé 1
Vue de la salle pendant la projection des photos ”Avant-après”. Crédit : Pierre Manga

L’élection Miss-Master

L’élection Miss-Master a particulièrement captivé l’audience, avec trois passages : en tenue de métier, de création et de soirée. Sept candidats, dont deux hommes et cinq femmes, étaient en lice. Jenny a fait preuve d’originalité avec sa robe sur mesure confectionnée en sacs mbandjok. Dommage qu’elle n’ait pas souri, car une Miss, c’est avant tout le sourire !
Wilfried Bela, quant à lui, arborait un costume entièrement recouvert de coupures de presse, symbole de sa passion pour le journalisme. Jovial, il a logiquement reçu l’écharpe de Master.

Wilfried Bela
Le Master et les Miss en tenue créative. Crédit : Pierre Manga

La remise des prix

Le clou de la soirée, c’était la remise des prix et attestations. Comme chaque année, le Club Communication de l’Université de Yaoundé 1 récompense les membres les plus méritants. Six prix ont été décernés :

  • Meilleur animateur : Sonia EVINA
  • Meilleur présentateur du journal : Michel ENONY
  • Meilleur reporter : Victoire MBOZEKO
  • Meilleur chroniqueur : Célestin MBOLO
  • Meilleur modérateur de débat : Rosalie BOKI
  • Prix spécial : Sidoine FEUGUI

J’ai eu la surprise et l’émotion d’être appelé par Audrey IKOUM pour recevoir ce Prix spécial :

Prix spécial : Sidoine FEUGUI - Nuit du Communicateur 2025 - Club Communication de l’Université de Yaoundé 1
Prix spécial : Sidoine FEUGUI

Je suis très touché par cette reconnaissance. Cette année, je me suis beaucoup impliqué pour le club, et Audrey l’a souligné dans son discours :

« Sidoine FEUGUI est celui qui a permis au Club Communication de Yaoundé 1 de se distinguer au Prix Perika 2025 avec deux prix spéciaux. Il nous a mis une pression énorme pour que nous participions, et a insisté pour le retour de la presse écrite au club avec le journal ECHO DES COPS. Merci pour ton soutien. »

Je suis fier d’avoir poussé le club à participer collectivement, comme lors du Prix Perika 2021 où Lafleur Mbougnia et moi avions été récompensés. Cette année encore, l’effort a payé : Prix spécial journaliste indépendant pour Michel Enony, et Prix spécial Club Communication des universités. Merci à Audrey IKOUM pour cette reconnaissance ! Cela m’encourage à m’impliquer davantage, mais il faudrait aussi que mes cadets s’engagent pleinement. Après cette séquence honorifique, place aux réjouissances.

Sidoine FEUGUI et Audrey IKOUM pour la remise du Prix Spécial.  Crédit : Pierre Manga
Sidoine FEUGUI et Audrey IKOUM pour la remise du Prix Spécial. Crédit : Pierre Manga

Une fin de soirée gourmande et festive

Impossible de conclure sans parler du buffet ! Macédoine, fritures de plantain et poissons, eru and waterfu, ndolè avec bâtons de manioc, riz aux émincés de viande et jus naturels… Mention spéciale à la personne qui a cuisiné le ndolè : un vrai régal ! Les émincés de viande étaient délicieux, le poisson, passable mais loin d’être aussi mauvais que ma voisine le prétendait. J’ai découvert le jus de betterave : au début, je n’ai pas aimé, mais j’en ai finalement bu près d’un demi-litre !

Belle soirée en tout cas ! Elle s’est terminée dans la danse et la bonne humeur.


Merci à tous pour ces beaux moments. Vivement l’année prochaine !


Sont-ils fiers d’être Camerounais ?

Chaque 20 mai, le Cameroun célèbre la fête de l’Unité. Pour beaucoup, c’est une journée ordinaire, pour d’autres, c’est le rappel d’une histoire, d’une culture, d’un peuple aux mille visages. Cette année, j’ai décidé de m’arrêter un instant et d’écouter. Écouter mes compatriotes, leur demander, tout simplement : « Qu’est-ce qui vous rend fiers d’être Camerounais ? »

Je ne m’attendais pas à ce que les réponses soient si diverses, si franches, parfois tendres, parfois amères. Mais c’est justement cette mosaïque de ressentis qui fait la beauté – et la complexité – d’être Camerounais.

« Je n’ai pas choisi d’être camerounaise »

On commence ce voyage par Ivane Messi, voyageuse, qui pose un regard doux sur sa nationalité :

« Je n’ai pas choisi d’être camerounaise, je le suis c’est tout. Je suis fière de mon identité, fière de qui je suis, de là où le bon Dieu a voulu me déposer pour mon parcours terrestre. Rien que pour ça je rends grâce. »

Ivane Messi

Être Camerounais, parfois, c’est juste accepter son identité, remercier la vie pour le point de départ qu’elle a offert. C’est une posture qui invite à l’humilité et à la reconnaissance, au-delà de tout ce qui ne tourne pas rond.

La cuisine, ciment de l’âme camerounaise

Mais très vite, la conversation prend une tournure savoureuse. Si le Cameroun est surnommé « Afrique en miniature », c’est aussi parce que sa cuisine est un continent à elle seule.

fiers d’être Camerounais mbongo tchobi
mbongo tchobi

Adrianna cite la bouffe – « rien que la bouffe » – et déroule un inventaire à la Prévert : eru, ndolé, sanga, sauce jaune, zom, ndomba, fufu, mbongo… Autant de plats qui, pour beaucoup, sont synonymes de fierté, de souvenirs, de moments partagés.

Ndomba royal - fiers d’être Camerounais
Ndomba royal

Beldiane, Lionel Tangang, Karolyn Koukap, Yoba Vaillante, Marie Rose, Joel Gueloho: tous citent la cuisine comme une source inépuisable de bonheur. À la table camerounaise, on trouve l’unité, la transmission, la diversité.

RECETTE ERU - fiers d’être Camerounais
Eru

Et puis il y a la bière ! Si certains apprécient les bières industrialisées, Delia aime bien la bière locale « Sha ». Elle m’a fait découvrir cette boisson traditionnelle alcoolisée, à base de maïs, consommée dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

Culture, rythmes et talents

La culture camerounaise ne se limite pas à la gastronomie. Lionel Tangang évoque « la richesse des danses, des tissus, des musiques. Il rend hommage à ces compatriotes qui brillent dans leur domaine – Pascal Siakam sur les parquets de la NBA, Andy Allo sur les écrans de Netflix, Yamé dans les paroles du rap ».

Chrescence Britany BILE, elle, met en avant son ethnie Sawa, pour ses mets, ses danses, sa langue. Reine AZANGUE célèbre le patrimoine linguistique, hésitant entre le beti-fang et le fulfuldé pour désigner une « vraie » langue officielle. Kathy Sambah quant à elle est catégorique, « la langue duala doit être la langue officielle du Cameroun »

La fierté, parfois, se niche dans les détails : une chanson entendue au marché, un vêtement traditionnel, une langue maternelle parlée au coin du feu.

Mais aussi des doutes, des colères, des attentes

Pourtant, tout n’est pas rose. Adad Fonkwa, Pulchérie, Marianne Arsene, Jael, Mama Salomé, Acer, Agnès… Pour eux, la fierté d’être Camerounais n’est pas évidente, voire inexistante.
Les raisons ? Les conditions de vie difficiles, la corruption, l’incivisme, le manque de justice, un sentiment d’abandon.
Gabriel, étudiant en science du langage, résume cette lassitude : « Pour que je sois fier d’être camerounais, il faut beaucoup de choses. Amélioration des conditions de vie, stopper la corruption et le favoritisme, changer de président, donner du travail aux vrais diplômés. »

C’est un cri du cœur, celui d’une génération fatiguée par les promesses non tenues, mais qui continue malgré tout de rêver à un pays meilleur.

La diversité culturelle et la richesse touristique rendent fiers d’être Camerounais

Pour Bertrand, l’histoire du Cameroun, c’est avant tout celle de l’unification : « Ce n’est pas à 100% mais de manière globale, je pense que les Camerounais sont unis ». Georges Franky Ndjia quant à lui est « fier de la diversité géographique et culturelle », mais aussi touristique.

Kelu Ivana, elle, voit le Cameroun comme une terre bénite, tout-en-un, riche de sites touristiques. Elle cite les plages de Kribi, le Mont Cameroun, le Lac Tison, le monument de la Réunification, le musée national.

Lac Tison à Ngaoundéré fiers d’être Camerounais
Lac Tison à Ngaoundéré

D’après l’Annuaire des statistiques du tourisme et des loisirs 2020 « le Cameroun compte près de 941 sites touristiques répertoriés sur l’ensemble des dix régions ». Une large palette de choix pour le grand bonheur des touristes nationaux et internationaux. Les amoureux des lacs seront séduits par la beauté luxuriante du lac Tison à Ngaoundéré parmi les 80 lacs que compte le pays. En termes de chutes et de cascades 81 possibilités s’offrent à vous. Pour les amateurs de randonnées en hauteur sur il y a 74 monts, cols et falaises, 34 rochers et 37 grottes.

Bota Island

Le tourisme balnéaire fait plaisir avec ses 61 plages et berges. Le tourisme culturel attire avec 97 chefferies et sultanats, 20 campements et 125 centres d’artisanats et marchés. Quant au tourisme de mémoire, il y a de quoi satisfaire les historiens avec 71 monuments et  67 vestiges architecturaux. En ce qui concerne l’agrotourisme la plantation de thé de Djutitsa se démarque parmi les 66 plantations. On peut aussi citer les 14 barrages, les 14 ranchs, les 7 réserves minières, les 20 parcs et réserves.

Mont Ngaoundéré, Adamaoua. Crédit : Desy danga
Mont Ngaoundéré, Adamaoua. Crédit : Desy danga

Unité, force et résilience

Sergy Tymy, Sorelle Memikam et Darelle Mbakop parlent du « fighting spirit » camerounais. Pour eux, la fierté d’appartenir au Cameroun réside dans sa capacité à encaisser, à lutter, à ne pas céder. Comme le dit Darelle, « Être camerounaise, c’est être un travail à temps plein » car cela nécessite « la ténacité, l’endurance, le courage, la détermination et le courage ». Ornella Cariolle, sobrement, cite sa liberté.

Être Camerounais, c’est tout ça… et plus encore

Ce qui ressort de cette mosaïque de témoignages, c’est que la fierté d’être Camerounais n’est ni évidente, ni automatique. Elle se construit, se questionne, se nuance. Elle se niche dans un plat partagé en famille, dans une chanson entendue au coin d’une rue, dans un exploit sportif, une blague échangée, une révolte, une attente. Certains jours, elle s’effrite, d’autres, elle fleurit. Mais elle est là, têtue, insaisissable, multiple.

Alors, fiers d’être Camerounais ? Aujourd’hui, je dirais : fiers, oui, mais lucides. Et surtout, porteurs d’un espoir – celui qu’ensemble, en acceptant nos ombres et en célébrant nos lumières, nous puissions rendre ce pays encore plus beau, plus juste, plus uni.

Ce billet est plus qu’un simple regard personnel. Il s’inscrit résolument dans la dynamique collective de la campagne “Fiers d’être camerounais” de l’Association des Blogueurs du Cameroun (ABC), dont je suis membre. À travers ces témoignages souvent contrastés, nous poursuivons un objectif : ouvrir la discussion, questionner notre identité, et rêver ensemble d’un Cameroun qui ressemble à nos espérances. Savez-vous pourquoi je suis fier d’être camerounais ?


Carole Mandeng : « Voici trois raisons d’intégrer le Club Tourisme de l’Université de Yaoundé 1 ».

Carole Mandeng, présidente du Club Tourisme de l’Université de Yaoundé 1, m’a sollicité pour conduire une randonnée aux cascades de Nkolondom le 19 mai 2025. J’en ai profité pour lui faire cette interview, où elle partage sa passion pour le tourisme et sa volonté de sensibiliser les étudiants à la richesse du patrimoine camerounais.

Voyage en hauteur : Qui est Carole Mandeng ?

Je suis Carole Mandeng, étudiante en Master 1 Études Bilingues, option Langues, et en première année de Master professionnel en Traduction et Interprétation, tous deux à l’Université de Yaoundé 1. Je suis également la présidente du Club Tourisme de l’Université de Yaoundé 1.

Carole Mandeng 10 Club Tourisme de l’Université de Yaoundé 1

Au-delà de l’image qu’on se fait souvent de moi – une personne avec un aura incroyable, résiliente, audacieuse, perspicace, charismatique (ce qui n’est pas totalement faux) –, je suis aussi quelqu’un de très introverti et parfois même solitaire. J’ai souvent du mal à m’ouvrir véritablement aux autres, à partager mes émotions ou à exprimer certaines choses que j’associe, à tort, à de la faiblesse ou de la vulnérabilité. À moins que certaines responsabilités ne m’y obligent, je préfère parfois rester dans ma bulle.

Voyage en hauteur : Quelle est la place du tourisme dans ta vie ?

Le tourisme, pour moi, est indispensable. C’est juste… waouh ! J’aurais aimé en comprendre l’importance, l’utilité et la nécessité plus tôt. Même si j’ai du mal à m’ouvrir aux gens, ce n’est absolument pas le cas avec la nature : je lui parle à cœur ouvert, car elle ne me juge pas, elle ne m’impose aucun stéréotype. Elle se contente de m’écouter et reste toujours disponible pour moi.

Le tourisme m’a permis de mieux me connaître, de découvrir mes limites, mes désirs et mes capacités. Quand je me sens dépassée, que la pression devient trop forte, le tourisme m’aide à m’évader, à me détendre, à me ressourcer et à faire le vide. C’est devenu une passion que je nourris progressivement, d’où mon engagement au sein du club tourisme. Chaque site touristique, surtout naturel, raconte une histoire. Le tourisme m’a beaucoup apporté, mais seulement lorsque j’ai compris son importance pour moi.

C’est ce qui m’a poussée à prendre la tête du club. Je voulais amener les autres, à travers les visites de sites et d’autres activités, à comprendre l’importance du tourisme sur le plan personnel et la nécessité de préserver ces lieux. Plus quelque chose a de la valeur pour soi, plus on se bat pour sa préservation.

Voyage en hauteur : Quelle est l’histoire de ce Club Tourisme de l’Université de Yaoundé 1 ? Et quelles sont ses missions ?

Le club tourisme existe depuis de nombreuses années. Cependant, il a été jeté aux oubliettes. Cette année 2025 marque donc le renouveau du Club Tourisme de l’Université de Yaoundé 1. Sa mission : permettre aux étudiants de découvrir les richesses touristiques du Cameroun et de sensibiliser à leur préservation.

Cette année 2025 marque donc le renouveau du Club Tourisme de l’Université de Yaoundé 1
Cette année 2025 marque donc le renouveau du Club Tourisme de l’Université de Yaoundé 1

Voyage en hauteur : Quelles sont les activités déjà menées et celles à venir ?

La toute première activité du club a été “la rando de l’unité” aux cascades de Nkolondom, le 19 mai 2025, en collaboration avec toi, « Voyage en hauteur ». Ce fut un succès avec la participation d’une quarantaine d’étudiants venus de différentes facultés et écoles de l’Université de Yaoundé 1.

Voyage en hauteur : Comment fonctionne le Club Tourisme de l’Université de Yaoundé 1 dont tu as la charge ?

Le club renaît de ses cendres, il faut donc reconnaître que son mode de fonctionnement se construit progressivement, en fonction des expériences. De façon générale, sous la supervision de l’encadreur, le club organise des excursions à destination des étudiants.

Voyage en hauteur : Quel est ton top 5 des destinations qu’un étudiant devrait absolument visiter ?

Il est difficile d’établir un top 5, mais je dirais qu’un étudiant à Yaoundé doit au moins avoir visité ses collines, car c’est le premier attrait touristique de la ville, surnommée « la ville aux sept collines ». Le club tourisme souhaite justement rendre cela possible pour ceux qui n’ont pas encore eu cette chance.

Voyage en hauteur : Quelle excursion ou voyage t’a le plus marquée ? Pourquoi ?

Carole Mandeng au lac Tison à Ngaoundéré.
Carole Mandeng au lac Tison à Ngaoundéré.

J’ai visité plusieurs sites, parfois par contrainte, sans jamais être vraiment émerveillée… jusqu’à la découverte d’un endroit magique, d’une beauté spectaculaire et d’une vue magnifique : le lac Tison, un lac de cratère situé à Ngaoundéré, dans l’Adamaoua. C’était une surprise, le 1er janvier 2024, de la part de deux personnes qui me sont chères. Cette visite a été un véritable déclic. Le coucher du soleil sur le lac Tison était tellement magique que j’avais l’impression de rêver. J’ai alors réalisé à quel point le Cameroun est riche, et cela a aiguisé ma curiosité. Depuis, je poursuis la visite des sites touristiques avec passion et une nouvelle curiosité.

Voyage en hauteur : À ton avis, quels sont les problèmes du tourisme au Cameroun ? Quelles solutions proposes-tu ?

Pour moi, le principal problème du tourisme au Cameroun est le manque de valorisation et d’aménagement des sites touristiques. Il existe des sites naturels splendides, mais y accéder relève souvent du parcours du combattant, et la sécurité fait défaut. De plus, beaucoup de sites restent inconnus du public : on ne visite pas ce dont on ignore l’existence.

La solution serait donc d’aménager les sites touristiques et de mener des campagnes de promotion efficaces pour les faire connaître. Il faudrait qu’un habitant du Centre sache qu’il y a le lac Tison à Ngaoundéré, ou les chutes d’Ekom Nkam à Nkongsamba, et ainsi de suite.

Voyage en hauteur : Un mot de fin ?

Le tourisme est bien plus qu’un simple loisir, il permet de se connecter à la nature (les sites naturels sont mon coup de cœur). Il est donc nécessaire de le valoriser, et c’est l’une des missions du Club Tourisme de l’UY1. N’hésitez pas à nous rejoindre pour écrire ensemble la nouvelle histoire de ce club. Petit clin d’œil : si vous voulez me surprendre, vous savez maintenant quoi faire ! 😅


Chronique d’une immersion aux cascades de Nkolondom avec Alfya Group

Dans la mouvance de la célébration de la 139e édition de la Fête Internationale du Travail, l’entreprise Alfya Group a sollicité mon agence Voyage en hauteur pour organiser une immersion aux cascades de Nkolondom, situées dans l’arrondissement de Yaoundé 1er. L’équipe dirigeante a fait le bon choix, en offrant à ses collaborateurs une randonnée à la découverte de ces chutes d’eau naturelle, avec un détour au mont Yéyé, le mercredi 30 avril 2025.

Une ambiance joyeuse au point de rassemblement

Il est 8h, lorsque Douglas et moi, Sidoine, guides pour cette randonnée, arrivons au point de rassemblement à la station Total Messassi. Nous retrouvons une dizaine de personnes, vêtues de joggings bleus ornés d’une bande rouge sur laquelle est écrit en blanc Alfya Group. Ils sont dans une ambiance joviale. La joie de se retrouver pour une activité extra-professionnelle à l’occasion de la fête du travail est palpable. Sourires, rires et éclats de rires se dessinent sur les visages.

Douglas Sateu et moi, Sidoine, guides pour cette randonnée, Crédit : Alfya Group - aux cascades de Nkolondom
Douglas Sateu et moi, Sidoine Feugui, guides pour cette randonnée, Crédit : Alfya Group

Certains tiennent des bouteilles de jus en main, d’autres, des bouteilles de bière. Comment leur expliquer qu’il est déconseillé de consommer de l’alcool avant une randonnée ? Peu à peu, les collègues se joignent au groupe, qui triple d’effectif après une trentaine de minutes d’attente.

Dominique Mongo, responsable des ressources humaines et coordonnatrice de l’événement, distribue à chaque participant un kit : un sandwich, deux bouteilles d’eau, deux bouteilles de jus et une barre de chocolat offerts par nos soins. Tandis que certains rangent leur ravitaillement dans leur sac à dos, d’autres commencent déjà à grignoter.

Nous prenons la route pour entamer la randonnée

Après un bref mot de bienvenue du guide principal (moi-même Sidoine FEUGUI), nous prenons la route pour entamer la randonnée aux cascades de Nkolondom. La consigne est claire, « nous ne devons laisser aucun déchet dans la nature ». Mon associé Douglas Sateu est en fin de fil pour assurer la sécurité du groupe tout en immortalisant la marche.

Nous traversons le marché de Messassi, animé par ses automobilistes inciviques et ses commerçants installés carrément sur la chaussée. Après quelques minutes, nous trouvons un espace assez grand pour effectuer des étirements. Il est essentiel de préparer le corps à l’effort : trois kilomètres et demi nous attendent, avec un dénivelé d’environ 300 mètres.

Cascades de Nkolondm - Alfya Group
Séance d’étirements. Crédit : Voyage en hauteur

En mode “coach Sidoine”, je guide la séance : « Sur la pointe des pieds, croisez les doigts, tendez les bras vers le ciel, tirez vers la gauche… » Dis-je à haute et intelligible voix joignant la parole à l’acte. Mes yeux font le tour du groupe face à moi pour vérifier si tout le monde suit les instructions. Je remarque une demoiselle qui refuse d’abandonner ses bouts de pains chargés à la viande hachée. Elle effectue ses exercices tout en mangeant et tenant un autre pain sous son bras. Je la taquine : “Normalement, vous devez déposer vos pains pour vous concentrer !” Ce qui déclenche des rires. Elle ne se laisse pas démonter : “Mon pain… mon combat”, lance-t-elle, pour le plus grand amusement de tous.

Première étape : l’ascension de la pente de Nkolondom 1

L’échauffement est terminé ! Nous attaquons la randonnée, qui se déroule en trois étapes, entièrement sur du bitume. Les commentaires et plaisanteries du début se font plus rares à mesure que la pente de Nkolondom 1 sollicite le cardio du groupe. Pour eux, novices, c’est déjà éprouvant.

Les commentaires et plaisanteries du début se font plus rares à mesure que la pente de Nkolondom 1

Au bout d’un kilomètre de marche, une pause s’impose au pied du mont Yéyé. « Premier reposoir, on souffle un peu ! Prenez quelques gorgées d’eau », les encourage-je. Les soupirs et commentaires fusent : « Waouh ! Je ne savais pas que c’était aussi difficile ! » Souffle quelqu’un dans mon dos. Mais le plus dur reste à venir…

Seconde étape : l’épreuve du Mont Yéyé

Devant nous se dresse la colline du Mont Yéyé 1, impressionnante. « La colline est debout comme un papayer ! » plaisante l’un d’eux, ce qui amuse le reste du groupe. Cette montée de juste 500 mètres de distance affiche un dénivelé de 300 mètres, avec une inclinaison d’environ 70°, pour dire à quel point elle est ”debout”. Même pour moi, habitué des lieux, le mont Yéyé 1 est un défi.

Pour les athlètes du groupe, très alertes, c’était un jeu d’enfants, mais pour les autres, c’était une vraie prouesse. Les randonneurs arrivent progressivement au sommet. “Waouh! Ce sommet est magnifique !”, s’exclament les convives qui le découvrent pour la première fois.

du Mont Yéyé 1,
Vue panoramique du Mont Yéyé 1. Crédit : Voyage en hauteur

En fait, le Mont Yéyé est une vaste plateforme rocheuse dominée par un pylône portant antennes des opérateurs de télécommunications au Cameroun. Sur la gauche, des cabanes construites avec des piquets de bois et des bâches intriguent le personnel d’Alfya Group. Je leur explique : « Ce mont Yéyé est un point de repère pour les chrétiens des églises dites ‘réveillées’ ou pentecôtistes. Ils viennent ici pour des retraites spirituelles et des cultes dominicaux. L’une de ces cabanes fait office d’église, les autres de logements. » Les dimanches matins y sont particulièrement bruyant, car, un culte pentecôtiste n’est rien sans son orchestre complet qui offre un concert de musique entre chaque prêches.

De l’autre côté, l’espace offre une vue panoramique sur le paysage de la ville, la verdure et un air frais de bienvenu. J’ai mené de nombreux groupes ici, et je garde un souvenir particulier d’une randonnée inclusive avec des malvoyants, non-voyants et voyants.

Séance photos au sommet

Après ces explications, place à la séance photo ! La beauté du sommet invite naturellement à immortaliser le moment. Les clichés se sont multipliés, les posters aussi. Seuls, en duo, en groupe, jusqu’à la traditionnelle “photo de famille” où les sourires rayonnent. La montée était rude, mais la récompense est à la hauteur de l’effort fourni. Après une vingtaine de minutes, il faut se résoudre à repartir : notre objectif, ce sont les cascades de Nkolondom, et le mont Yéyé n’était qu’un bonus.

Aflya Group et Voyage en hauteur au sommet du Mont Yéyé.
Aflya Group et Voyage en hauteur au sommet du Mont Yéyé. Crédit : Aflya Group

Troisième étape : vers les Cascades de Nkolondom

Nous entamons la descente. Elle est moins difficile pour le souffle, mais un léger défi pour les genoux. Direction les cascades, situées dans le quartier Nkolondom 2. La marche, d’environ 2,5 km, est agréable, principalement en descente sur le bitume. Le quartier, aujourd’hui très développé, contraste avec mes souvenirs de la poussière lors de ma première visite. Vive le développement ! Vive le bitumage de cette voie qui relie désormais l’arrondissement de Yaoundé 1er et celui d’Okola !

Il faut dire que Nkolondom  est segmenté en trois parties. Les quartiers Nkolondom 1 et 2, la partie urbaine, dans l’arrondissement de Yaoundé 1, département du Mfoundi ; le village Nkolondom, la partie rurale, dans l’arrondissement d’Okola, département de la Lékié.

La zone regorge de plusieurs attractions. Le Mont Nkolondom (1261m), le Village Culturel et Ecotouristique Nda Mekòk, l’espace culturel NDA GOUA la demeure du rocher, les monts Yéyé (900m) et bien sûr, les cascades de Nkolondom.

Nous sommes enfin arrivés aux cascades de Nkolondom

Nous quittons le goudron pour emprunter une piste en terre bordée de quelques maisons. À mesure que nous avançons vers la forêt en contrebas, le bruit de l’eau se fait de plus en plus entendre. Nous descendons des escaliers en terre, à l’ombre des arbres, et nous nous retrouvons face aux cascades : les eaux de la rivière s’écoulent en dévalant des rochers en forme d’escaliers. Le débit, modéré, permet de traverser d’une rive à l’autre en sautant de pierre en pierre.

Nous descendons des escaliers en terre, à l’ombre des arbres, et nous nous retrouvons face aux cascades
Nous descendons des escaliers en terre, à l’ombre des arbres, et nous nous retrouvons face aux cascades. Crédit : Alfya Group

De l’autre côté, une étendue rocheuse sur la rivière, légèrement glissante, permet aux plus téméraires de s’approcher des jets d’eau. Les employés d’Alfya Group sont émerveillés par le spectacle et enchaînent les photos et vidéos. « Ces cascades sont magnifiques ! », s’exclame Jeny Dzemsi du service des assurances.

Malheureusement, quelques déchets plastiques gâchent la beauté du site. Il est impératif de respecter la nature en jetant les ordures dans des poubelles et non dans les cours d’eau. « J’aurais aimé que cet espace soit plus propre », confie Paulin Nguetsop, technicien supérieur de génie civil, un brin déçu. C’est pour cette raison que, lors de chaque randonnée, je prévois toujours des sacs-poubelles et invite les participants à y déposer tous leurs déchets.

Nous prenons le temps de faire d’innombrables photos souvenirs.

Un moment de détente bien mérité!

Ensuite, nous traversons une petite forêt pour rejoindre un espace plus vaste, en amont. Le paysage, semblable à celui du mont Yéyé, se compose d’une grande surface rocheuse parsemée de lopins de terre aux extrémités, où l’on croise des riverains en pleine activité champêtre.

Nous nous installons confortablement, fiers du parcours accompli. 3,6 kilomètres parcourus en 2 heures 15 minutes. Tandis que certains s’allongent pour récupérer, d’autres préfèrent s’asseoir, profitant de ce moment de repos bien mérité.

Après l’effort, le réconfort ! Dominique Mongo, responsable des ressources humaines et coordonnatrice de l’événement, sort alors de son sac une surprise : des cakes, pour le plus grand bonheur de tous. Je ne suis pas en reste et partage à mon tour des barres de chocolat noir, idéales pour réduire l’inflammation musculaire et limiter les courbatures après l’effort.

Après l’effort, le réconfort !
Après l’effort, le réconfort ! Crédit : Aflya Group

Un jeu collectif pour clôturer la journée

Chez Voyage en Hauteur, nos randonnées ne sont pas seulement sportives, elles sont aussi ludiques ! J’invite le groupe à se lever et à former un cercle autour de moi pour un jeu collectif. Le principe est simple : « Nous allons construire ensemble une histoire, mot après mot. Chaque participant ajoute un mot en reprenant toute la phrase depuis le début. Vous avez cinq secondes pour réfléchir, et chaque mot doit donner du sens à l’ensemble ».

Cet exercice, à la fois amusant et stimulant, provoque de nombreux éclats de rire – pour la plus grande satisfaction d’Herbert Kaping Tobang Noel, responsable du département comptable : « Ce jeu montre qu’en plus de l’activité physique, il y a aussi une activité intellectuelle ».

Nous sommes rentrés sous la bénédiction de dame pluie

Alors que nous profitons pleinement du jeu, Dame Pluie décide de s’inviter à la fête. Le ciel, qui s’assombrissait depuis un moment, finit par déverser une pluie battante, nous forçant à interrompre nos activités. Heureusement, la Paroisse Saint Jean-Baptiste de Nkolondom 2 se trouve à proximité. Nous nous y réfugions rapidement, terminant cette belle aventure sous une véritable pluie de bénédictions.

La satisfaction des employés d’Alfya Group

À l’issue de cette randonnée, les témoignages recueillis auprès des participants d’Alfya Group témoignent d’une grande satisfaction et d’un enthousiasme partagé :

« Pour une première fois, ce n’était pas vraiment facile. C’était un véritable challenge, à l’image de Kho Lanta. C’était une pure merveille, une très belle découverte ! »

Dominique Mongo, responsable des ressources humaines et coordonnatrice de l’événement

« Pour une première expérience, c’est une aventure unique. J’ai apprécié l’initiative de notre président directeur général, le parcours et la qualité des guides. J’espère que les prochaines occasions seront encore plus excitantes avec davantage de jeux ! »

— Jean-Marc

« J’ai beaucoup apprécié les cascades, c’était magnifique. Les guides étaient très attentionnés et accompagnateurs ».

Jeny Dzemsi du service des assurances.

« C’était très bien, vraiment sportif. On a découvert de très beaux lieux que nous ne connaissions pas. Les guides étaient très paternels, car j’étais souvent à l’arrière et il y avait toujours quelqu’un pour me soutenir. Bravo et belle initiative ! »

Adèle

Cette journée restera sans doute gravée dans la mémoire de chacun comme une expérience enrichissante, tant sur le plan physique qu’humain, et une belle découverte de la nature camerounaise.

Qui est ALFYA-GROUP ? ALFYA GROUP est constituée de plusieurs entreprises leaders dans leurs domaines respectifs, offrant une gamme complète de services et de solutions dans divers domaines. Quels sont les différents secteurs d’activité du groupe ALFYA ? La réponse est ICI.


Cinq raisons d’aller au concert de Petit Pays ce samedi 17 mai au Palais des Sports de Yaoundé

Il y a des rendez-vous qu’on ne peut pas manquer. Ce samedi 17 mai 2025, Petit Pays – Rabba Rabbi pour les intimes – célèbre ses 40 ans de carrière au Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé, lors du fameux « Concert du Contineng ». J’étais à la conférence de presse organisée en prélude à cet événement, et je peux vous le dire : ce concert ne sera pas une soirée comme les autres. Voici, selon moi, cinq raisons incontournables d’y aller.

1. Assister à l’histoire vivante de la musique camerounaise

Ce n’est pas tous les jours qu’on fête 40 ans d’une carrière aussi riche que celle de Petit Pays. Dès les premiers mots qu’il a prononcés devant la presse, j’ai senti ce mélange de fierté et d’émotion propre aux vrais monuments de la musique. « Le Contineng, ce n’est pas juste un concert. C’est une célébration, un voyage, un témoignage », nous a confié l’artiste, la voix posée mais vibrante.

Petit Pays, c’est une légende qui traverse les générations, un homme dont la discographie fait partie du patrimoine sonore du pays. Plus de 50 albums, quatre disques d’or, des records de vente insensés (je pense à l’album Class F/M, vendu à plus de 50 000 exemplaires en une seule journée !) et surtout, une longévité qui force le respect.

Le 17 mai, ne pas être présent, c’est rater un moment d’histoire. C’est rater la chance de dire, dans quelques années : « J’y étais. »

Petit pays- Concert du Contineng
Petit Pays Turbo d’Afrique présent à la conférence ce jeudi 15 au mai au Complexe LE SIMS.

2. Vivre une communion intergénérationnelle

Ce qui m’a le plus marqué lors de la conférence, c’est la volonté de Petit Pays de rassembler. Il a insisté sur le fait que le « Contineng » est un espace où toutes les générations se retrouvent. « J’invite chacun à venir vivre ce moment unique où les générations se rencontrent. Que ce soit pour danser, chanter, se souvenir ou découvrir, le Contineng est à vous », a-t-il lancé, presque paternel.

J’ai regardé autour de moi : des jeunes reporters, des ainés, des passionnés de musique de tous âges. Ce concert, ce sera un trait d’union entre ceux qui ont grandi avec les tubes de Petit Pays et ceux qui les découvrent aujourd’hui. À une époque où tout semble diviser, cet événement sera un puissant symbole d’unité, de dialogue et de partage. Et quoi de mieux que la musique pour faire tomber les murs ?

Petit pays  - concert du Contineng
Petit Pays est toujours entouré de jeunes.

3. Découvrir un spectacle total avec Petit Pays, entre théâtre et musique

Ceux qui connaissent Petit Pays savent qu’il ne fait jamais les choses à moitié. À la conférence de presse, il a rappelé à quel point il aime mettre en scène la vie, ses joies comme ses peines. J’ai repensé à ses entrées de scène mémorables : en cercueil, à cheval, déguisé… Un sens du spectacle hors normes !

Pour le méga concert-anniversaire de ses 30 ans de carrière, le 21 février 2016 au Trianon à Paris, le chanteur le plus populaire du Cameroun, a étonné des milliers de fans venus assister au concert en faisant une entrée spectaculaire sur le podium dans un cercueil, selon cameroon.info.

Le 17 mai, il promet plus de 4 heures de show, avec une quinzaine d’artistes invités, sur une scène pensée comme un continent musical à part entière. Makossa, soukous, ndombolo, mais aussi humour, danse, poésie…

On ne vient pas simplement écouter, on vient vivre. Et connaissant l’homme, je m’attends à des surprises, à des moments de pure folie, à des instants suspendus où l’émotion collective sera palpable. Ce genre de soirée où l’on oublie le temps.

4. Recevoir un message fort, entre fierté nationale et ouverture panafricaine

Petit Pays n’est pas qu’un chanteur, c’est aussi un symbole. Sa trajectoire, il l’assume dans toute sa complexité : « Les 40 ans que nous célébrons doivent parler au cœur. C’est le cœur qui doit s’exprimer », a-t-il expliqué, le regard tourné vers l’avenir. Le choix de Yaoundé pour le lancement du « Contineng » n’est pas anodin.

C’est la capitale, le cœur du Cameroun, le point de départ d’une tournée qui sillonnera les dix régions du pays. Au-delà de la fête, il y a un vrai message : celui de la transmission, du partage, de la reconnaissance des racines africaines. Malgré les polémiques qui ont parfois jalonné sa carrière, Petit Pays reste entier, indomptable, lucide sur ses forces et ses failles.

Ce concert, c’est aussi l’occasion de porter haut les couleurs du Cameroun, et de rappeler que l’Afrique a des héros, des artistes qui inspirent et rassemblent.

Petit pays- concert du Contineng

5. Célébrer la résilience et la passion de Petit Pays, un homme hors normes

À la fin de la conférence, alors qu’il saluait les journalistes, j’ai vu dans les yeux de Petit Pays cette flamme intacte. Cette envie de donner et de transmettre. Sa vie, c’est celle d’un « Prisonnier d’Amour », d’un « Turbo d’Afrique », d’un homme qui a tout connu. La gloire, les épreuves, la critique, mais qui n’a jamais lâché.

Son parcours force l’admiration, pas seulement pour ses succès, mais pour sa capacité à se réinventer, à rester fidèle à lui-même malgré les tempêtes.

Aller au concert du Contineng, c’est rendre hommage à cette résilience, à cette passion qui nous rappelle que la musique, au fond, est un acte de foi.

Petit Pays
Petit pays vous attends ce samedi 17 mai au Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé pour le Concert du Contineng

Voilà pourquoi, moi qui étais là lors de cette conférence de presse, je vous invite à ne pas manquer ce rendez-vous. Parce qu’il y a des concerts qui sont bien plus que de la musique : ils sont des moments de vie, des instants de vérité, des fragments d’éternité.

Rendez-vous le 17 mai au Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé : le Contineng, c’est à nous tous.

Concert du Contineng


CED MBELLA : Le soleil brille pour tout le monde

Il y a des rencontres qui marquent, même à distance. C’est un peu ce que je ressens en me penchant sur le parcours de Ced Mbella, ce jeune comédien camerounais de 24 ans qui fait doucement mais sûrement son chemin sur la scène panafricaine. En découvrant son profil, ses rôles et ses ambitions, je me suis retrouvé face à un artiste qui incarne, à sa façon, la jeunesse et la créativité de notre continent.

Ced Mbella, un comédien qui vit ses personnages

Ce qui m’a frappé d’emblée chez Ced Mbella, c’est cette phrase qui l’accompagne : « Le soleil brille pour tout le monde ». Une devise qui dit tout de sa vision de l’art : un espace où chacun a sa place, où aucune lumière n’efface celle de l’autre. Ced Mbella n’est pas qu’un acteur, il est aussi auteur, scénariste, et – je le comprends vite – un homme animé par le désir de transmettre. Lui-même le dit : « Je sentais l’appel de ce métier depuis mon plus jeune âge. J’ai accepté son appel et je me suis dit il faut que je transmette un message fort à la jeunesse camerounaise et africaine à travers les personnages que j’incarne ». 

Ced MBELLA

C’est ce qui donne à ses rôles une intensité particulière. Ced est formé au théâtre, au cinéma d’auteur, mais aussi aux productions web. Il a appris à jouer avec les émotions, à s’ancrer dans les réalités africaines tout en gardant les portes grandes ouvertes sur le monde.

A lire aussi : Chronique d’une randonnée inclusive au Mont Messa

Un parcours déjà riche

Je me suis intéressé à sa filmographie, et je dois dire que je suis impressionné par la diversité de ses expériences. Ced Mbella fait ses débuts dans le film panafricain ‘‘Kongolo l’ange nègre’’ en 2019. Il a enchaîné les seconds rôles dans des productions connues – ‘‘Guerre des sexes’‘, ‘‘Madame..Monsieur’‘, ‘‘Vengeance’‘, ‘‘Ewusu’‘, ‘‘12 Cas’‘, ”Le petit sam”, entre autres. En 2023, il tient un rôle principal dans le drame psychologique ‘‘La Dernière Larme’‘ de Cyril-Vadel Assongmo. Il sait passer du rire aux larmes, de la comédie familiale (‘‘Mère Célibataire’‘) au drame symbolique, sans jamais perdre de vue son objectif : toucher, bousculer, faire réfléchir.

Ced Mbella donne la réplique à Deneuve Djobong dans le court métrage ‘‘La Dernière Larme’‘ de Cyril-Vadel Assongmo. Crédit : Cyril-Vadel Assongmo
Ced Mbella donne la réplique à Deneuve Djobong dans le court métrage ‘‘La Dernière Larme’‘ de Cyril-Vadel Assongmo. Crédit : Cyril-Vadel Assongmo

De Douala à Abidjan : l’appel du large pour Ced Mbella

Ce qui force mon respect, c’est aussi sa capacité à sortir de sa zone de confort. Après avoir collaboré avec de nombreuses productions camerounaises, Ced Mbella a décidé, non pas de s’exiler, mais d’aller exporter son talent en Côte d’Ivoire. « J’aime les défis. Je me suis dit pourquoi ne pas exporter ce que je sais faire », explique-t-il. Pour lui, chaque expérience à l’étranger est une occasion d’apprendre, de laisser une empreinte, peut-être même de s’ouvrir à d’autres horizons en Afrique subsaharienne.

Axel-Trésor, Necy N'dri et Ced Mbella sur le plateau de la maison de production Incrust' située à Abidjan. Crédit : Incrust'
Axel-Trésor, Necy N’dri et Ced Mbella sur le plateau de la maison de production Incrust’ située à Abidjan. Crédit : Incrust’

Aujourd’hui, il vit donc entre les castings, les tournages et les projets à Abidjan. Il s’y est même découvert une passion pour le slam, grâce à une rencontre inspirante avec Mohamed Lamine Sanogo. Sa première scène ? Un slam à l’hôtel Sofitel Ivoire, lors d’un événement officiel. Ensuite, il s’est produit lors du concours Mister Côte d’Ivoire. Je trouve ça admirable, cette façon de saisir toutes les opportunités pour grandir, se réinventer, toucher d’autres publics.

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L’expérience du théâtre et l’apprentissage de la patience

En lisant son interview sur Le Blog d’Hanae, je comprends mieux ce qui anime Ced Mbella. Il dit lui-même que son métier lui a appris la patience, à comprendre les autres, à vivre des situations qui ne lui appartiennent pas mais qui existent vraiment. Cette empathie, cette capacité à se mettre à la place d’autrui, c’est sans doute ce qui fait la force de ses personnages.

Ced Mbella est aussi un mannequin
Ced Mbella est aussi un mannequin

Il n’oublie pas non plus ses racines théâtrales. En 2022, il joue dans la pièce ‘‘L’Amant de la mort’‘ à Douala, une expérience marquante qui lui a permis de renouer avec le jeu des émotions et la puissance du monologue. On sent chez lui une vraie humilité et une immense gratitude pour ceux qui l’ont formé et accompagné sur ce chemin.

Plume et projets à venir

Ced Mbella ne s’arrête pas à l’écran. Il écrit aussi : ‘‘Le Dernier Témoin’‘ (2018), ‘‘Contes d’Afrique Magique’‘ (2022), ‘‘Contes et Légendes d’Afrique’‘… Autant de textes qui prolongent son désir de raconter, de transmettre, d’ouvrir des fenêtres sur l’imaginaire africain, notamment aux plus jeunes.

Actuellement, il est scénariste pour la pièce « Kako sans Chaos », rédacteur de spots publicitaires pour le magazine « MO PAPERS », en attente de la sortie de la série ivoirienne « La Coach » sur la RTI, et poursuit en parallèle un stage en communication. Il multiplie aussi les castings, prêt à saisir la moindre occasion de continuer à apprendre et à s’exprimer.

Un acteur, une voix, un espoir

À travers son parcours, Ced Mbella incarne pour moi l’espoir d’une génération qui croit en l’Afrique, qui veut raconter ses histoires, qui refuse de se limiter aux frontières. Sa stature (1m82), sa voix profonde, son bilinguisme, sa présence à l’écran – tout cela compose un portrait d’acteur moderne, ouvert et inspirant.

Ced Mbella est aussi un mannequin
Ced Mbella est aussi un mannequin

« Le soleil brille pour tout le monde », répète-t-il. Et Ced Mbella, à sa manière, s’assure que la lumière de l’Afrique rayonne chaque jour un peu plus loin. Pour ma part, je suivrai sa trajectoire avec attention, convaincu qu’il n’a pas fini de nous surprendre et de nous émouvoir.


AFROKRÉMA : les ambassadeurs du patrimoine capillaire camerounais

Vous êtes passionné par la beauté authentique et l’entrepreneuriat capillaire camerounais ? Alors, ce billet est pour vous. Il est centré sur AFROKRÉMA, une association visant à promouvoir les coiffures traditionnelles, africaines et camerounaises, souvent menacées par l’oubli et la mondialisation. Elle œuvre aussi dans l’évènementiel, à travers son récent évènement Nywele tenue dans la ville de Paris.

Qu’est-ce qu’AFROKRÉMA ?

AFROKRÉMA, c’est bien plus qu’un simple nom ou une tendance passagère sur les réseaux. Cette structure du duo Mikelange (Boris Essah) et Luc Timber (Luc MVONDO) s’est fixée une mission essentielle ; promouvoir les coiffures traditionnelles, africaines et camerounaises, souvent menacées par l’oubli et la mondialisation. À travers leurs actions, ils encouragent la jeunesse à s’engager dans l’entrepreneuriat capillaire. Aussi, ils valorisent les start-ups, micro-entreprises et créateurs locaux qui produisent et commercialisent des produits capillaires naturels. Leur combat ? Redonner ses lettres de noblesse à un secteur trop souvent sous-estimé et fragilisé par l’importation massive de produits étrangers.

Mikelange (Boris Essah) et Luc Timber (Luc MVONDO), les fondateurs d'AFROKRÉMA
Mikelange (Boris Essah) et Luc Timber (Luc MVONDO), les fondateurs d’AFROKRÉMA

AFROKRÉMA, c’est aussi une réponse à la domination des standards de beauté occidentaux qui, parfois, font douter de la beauté naturelle camerounaise et africaine. En valorisant nos traditions capillaires, ils offrent un véritable boost à la confiance en soi et à l’affirmation identitaire ; surtout chez les femmes, mais aussi de plus en plus chez les hommes.

Un engagement qui va au-delà des frontières

J’ai suivi avec intérêt, depuis Yaoundé, l’un de leurs derniers grands rendez-vous. Il s’agit de l’événement Nywele au Théâtre Le Lavoir Moderne Parisien, le 27 avril dernier. Ce clin d’œil à l’international montre à quel point AFROKRÉMA ne se limite pas au triangle camerounais. Grâce à une collaboration avec l’artiste capillaire Nadeen Mateky, cette soirée a permis de faire rayonner le savoir-faire africain dans la capitale française.

L’événement a été organisé en partenariat avec l’Institut français et divers acteurs locaux. Il a aussi permis de faire découvrir à un public parisien l’univers de l’art capillaire camerounais. Ceci, à travers une exposition de tableaux et de créations capillaires ; un débat sur la transmission des savoirs, et un show capillaire spectaculaire !

Les mannequins AFROKRÉMA pendant le Nywele au Théâtre Le Lavoir Moderne Parisien, le 27 avril dernier. Crédit : AFROKRÉMA

Mikelange et Luc Timber ne sont pas à leur première immersion en terre parisienne. En juillet 2023 ils ont présentés la collection Renaissance dans les Jardins de l’Espace Cardin. Ils étaient à l’honneur de la saison culturelle du Cameroun à paris « FOCUS CAMEROUN II ».

Une plateforme pour les créatifs et entrepreneurs capillaires

Ce qui m’impressionne chez AFROKRÉMA, c’est leur capacité à fédérer. Sur leur site et leurs réseaux, ils mettent en avant les jeunes créateurs, les artisans du cheveu, les vendeurs de produits naturels et même les stylistes qui s’approprient les codes de la mode africaine. D’ailleurs, à travers la boutique “Kidèloo”, le site propose des vêtements et accessoires faits main, en fibres naturelles. Qui prolongent cette volonté de consommer local, authentique et responsable.

Un mannequin AFROKRÉMA
Un mannequin AFROKRÉMA

Ils ont su, se créer, une place de choix dans les industries culturelles et créatives. AFROKRÉMA fait des collaborations avec des projets audiovisuels pour intégrer la culture capillaire dans la narration. Les images parlent d’elles-mêmes dans le clip MY AFRICA de l’artiste SABRINA ou le duo a été contacté pour travailler sur le look CAPILLAIRE,MAQUILLAGE et COSTUMES.

Mikelange en plain maquillage de l'artiste Sabrina. Crédit : AFROKRÉMA
Mikelange en plain maquillage de l’artiste Sabrina. Crédit : AFROKRÉMA

Un engagement reconnu et récompensé

Et puis, il y a la reconnaissance. Récemment, AFROKRÉMA a été nommée dans la catégorie “meilleur créatif capillaire de l’année” par le MBOTI Week 2025. Un joli clin d’œil à tout le travail abattu pour valoriser notre patrimoine et encourager la transmission. Pour tous les jeunes qui hésitent encore à se lancer, c’est la preuve que la passion, la rigueur et l’authenticité finissent toujours par payer.

Pourquoi suivre AFROKRÉMA ?

Pour soutenir le made in Cameroon et la créativité locale ; découvrir ou redécouvrir la beauté et la diversité de nos coiffures traditionnelles ; s’inspirer de parcours d’entrepreneurs et d’artisans passionnés ; participer à une dynamique de transmission et de partage du patrimoine culturel.

Que l’on soit homme ou femme, jeune ou moins jeune, amoureux du cheveu ou simple curieux, il y a toujours quelque chose à apprendre ou à partager avec AFROKRÉMA. Leur actualité, disponible sur leur site et leurs réseaux sociaux, mérite vraiment le détour.

AFROKRÉMA Beauty Fashion
AFROKRÉMA Beauty Fashion

Même si je n’étais pas à Paris pour l’événement Nywele, je me sens concerné et inspiré par la dynamique insufflée par AFROKRÉMA. Dans un monde où tout va vite et où l’on oublie parfois d’où l’on vient, des structures comme celle-ci sont indispensables pour nous rappeler la beauté de notre héritage. Alors, que l’on vive à Yaoundé, Douala, Paris ou ailleurs, continuons à soutenir et célébrer le génie camerounais sous toutes ses formes !

Longue vie à AFROKRÉMA !


Inem NDO d’Escapaventures237 et les sept merveilles du Sud-Ouest Cameroun

En février 2025, j’ai participé à un séminaire de formation pour guides de tourisme, organisé par la Maison du tourisme de Douala. Cet événement, en partenariat avec le Syndicat National des Guides de Tourisme du Cameroun, a rassemblé une trentaine de participants venus de plusieurs régions. Tous étaient motivés pour renforcer leurs compétences et promouvoir le tourisme camerounais. C’est là que j’ai rencontré Inem NDO, guide de tourisme national et fondatrice d’Escapaventures237, spécialisée dans la découverte de la région du Sud-Ouest. Dans cette interview pour mon blog, elle partage son parcours, ses plus belles expériences, les défis quotidiens et sa vision pour l’avenir du tourisme au Cameroun, en mettant en avant les trésors du Sud-Ouest.

Voyage en hauteur : Pourquoi avoir décidé d’embrasser le métier de guide de tourisme ?

Je me considère comme une personne multipassionnelle, animée par l’amour du sport, de la nature et des voyages d’aventure. Le tourisme est rapidement apparu comme une évidence, car il regroupe toutes ces passions en une seule activité. J’ai donc choisi de me lancer dans cette voie de façon professionnelle. J’ai suivi une formation spécialisée qui m’a permis d’obtenir le diplôme de Technicienne en Tourisme. Sans oublier un agrément officiel de Guide de tourisme nationale. Forte de ces acquis, j’ai fondé en 2020 ma propre agence, Escapaventures237. Mon objectif est simple : promouvoir le tourisme local ; guider les voyageurs à travers la richesse de notre patrimoine, et organiser des voyages, balades et visites guidées sur mesure.

Inem NDO, guide passionnée et fondatrice d'Escapaventures237
Inem NDO, guide passionnée et fondatrice d’Escapaventures237

C’est une aventure humaine et professionnelle qui me comble chaque jour, en me permettant de vivre pleinement toutes mes passions.

Voyage en hauteur : Quels sont les différents circuits que Escapaventures237 propose ?

Je propose principalement toutes les destinations du Sud-Ouest, qui est une région riche en diversité naturelle et culturelle. Parmi les incontournables, le Mont Cameroun, avec ses 4 100 mètres d’altitude, est idéal pour les randonnées et l’écotourisme. Le marché des esclaves de Bimbia, qui témoigne de l’histoire coloniale du Cameroun. Ce lieu offre permet aux visiteurs de comprendre l’impact de la traite négrière sur l’Afrique.

Les lions du tourisme 237 au Marché des esclaves de Bimbia. Escapaventures237, AYA'A Discovery Cameroon, Breathe Channel, Kendbee Green Tourism. Crédit : Sofly237
Les lions du tourisme 237 au Marché des esclaves de Bimbia. Escapaventures237, AYA’A Discovery Cameroon, Breathe Channel, Kendbee Green Tourism. Crédit : Sofly237

A lire aussi : Auchecorne Marie Manga d’Aya’a Discovery Cameroon : l’ambassadrice du tourisme à l’élection Miss Ronde Cameroun 2024

Pour les amateurs de nature, le jardin botanique de Limbe est un véritable havre de paix. Il abrite une multitude de plantes tropicales et offre un cadre idéal pour se détendre. Le zoo de Limbe est également une attraction majeure, où les visiteurs peuvent observer des animaux dans un environnement préservé.

J’aime conduire les touristes au Lac de cratère Debunsha, situé au pied du Mont Cameroun. C’est un magnifique lac volcanique qui attire les aventuriers avec ses paysages impressionnants.

Les lacs de cratère à Barombi à Kumba sont également un point fort. Les Rumpi Hills présentent des paysages époustouflants. Les plages de Limbe quant à elles offrent un cadre parfait pour se détendre au bord de l’océan Atlantique.

Bota Island Edition Escapaventures237
Bota Island. Crédit : Visiter le Cameroun avec moi

Un autre site incontournable est Bota Island, située près de la côte de Limbé. Cette île paisible est un véritable havre de paix, parfaite pour ceux qui recherchent une immersion dans la nature.

Je m’efforce de rehausser l’attractivité de la région du Sud-Ouest en intégrant ces destinations dans mes circuits.

Voyage en hauteur : Quelle est ta plus belle expérience sur le terrain ?

Ma plus belle expérience sur le terrain reste, sans hésiter, ma toute première ascension du Mont Cameroun. C’est un souvenir qui demeure inégalé pour moi, tant il a été riche en émotions et en défis, à la fois professionnels et personnels. Gravir ce géant n’a rien d’une simple aventure : c’est une véritable épreuve pour le corps et l’esprit, mais aussi une révélation intérieure.

Inem NDO au sommet du Mont Cameroun en 2023 Escapaventures237
Inem NDO au sommet du Mont Cameroun en 2023

Se retrouver sur le toit de l’Afrique Centrale et de l’Ouest, c’est comme découvrir un autre monde. Là-haut, tout paraît plus beau, plus vaste, plus vrai… L’horizon s’étend à perte de vue, et l’on a l’impression de toucher le ciel du bout des doigts.

Le Mont Cameroun c’est 4 100 mètres d’altitude, 4 100 mètres d’endurance, 4 100 mètres de sensations intenses et 4 100 mètres de pur bonheur.

Atteindre le sommet du majestueux, imposant et charismatique Mont Cameroun, c’est bien plus qu’un exploit sportif. C’est une rencontre avec soi-même, une leçon d’humilité face à la nature, et un souvenir gravé à jamais dans le cœur. Bienvenue au sommet, là où l’on comprend vraiment la signification du mot « accomplissement ».

Voyage en hauteur : Quelle est ta pire expérience sur le terrain ?

En effet, ma pire expérience sur le terrain reste sans doute une virée à Idenau avec des touristes camerounaises non résidentes venues d’Allemagne. J’avais à cœur de leur faire découvrir ce joyau du Sud-Ouest, niché au pied du Mont Cameroun, à environ 50 km de Limbé. Idenau est une ville côtière célèbre pour son port de pêche animé, ses plantations de palmiers à huile gérées par la CDC, et ses panoramas naturels uniques, comme les chutes de la Bomana et le fameux « German bridge ». J’avais préparé un circuit riche : découverte des quatre ports de pêche, visite du Moland Beach Resort – véritable morceau de paradis caché dans les palmeraies, avec sa plage de sable noir, ses logements de haut standing, sa piscine olympique, ses activités variées comme l’équitation, le cyclisme, le beach-volley, la pirogue, et bien plus encore.

Pourtant, malgré tous mes efforts, je n’ai pas réussi à satisfaire mes clientes. Leur insatisfaction persistait, remettant en question mes compétences et ma passion pour le métier. Ce moment m’a profondément blessée, et je considère cette virée comme ma pire expérience. Mais je reste convaincue : Idenau mérite d’être découverte, et chaque escapade est une nouvelle Escapaventures237.

Voyage en hauteur : Quelles sont les difficultés que Escapaventures237 rencontres au quotidien en tant que guide touristique ?

Les défis du métier de guide de tourisme sont nombreux et parfois épuisants. L’un des obstacles majeurs concerne la circulation : les routes sont souvent en mauvais état, ce qui rallonge les trajets et peut perturber tout le programme de la journée. À cela s’ajoutent les multiples formalités administratives à franchir sur la route, comme les contrôles de police ou de gendarmerie, qui peuvent être imprévisibles et chronophages. Parfois, les touristes ne sont pas toujours à jour avec leurs documents de voyage : passeports, carnets de vaccination ou assurances, ce qui ralentit considérablement le déroulement des circuits et peut même compromettre certaines visites prévues.

Une autre difficulté, moins visible mais tout aussi importante, est d’ordre culturel. J’aimerais beaucoup partager la richesse et la beauté de notre patrimoine avec plus de Camerounais, et pas seulement avec les expatriés ou les touristes étrangers. Malheureusement, la culture du tourisme local n’est pas encore bien ancrée : beaucoup de Camerounais ne voient pas encore le voyage comme une expérience enrichissante ou accessible. Cela peut être frustrant, mais je reste optimiste : avec le temps, la sensibilisation et la valorisation de nos sites, je suis convaincue que l’engouement grandira et que la situation évoluera favorablement.

Voyage en hauteur : Quel site touristique mérite plus d’aménagement et de promotion ?

Je dirais l’ancien marché des esclaves de Bimbia. C’est un site qui regorge d’une partie très importante de l’histoire du Cameroun et de l’Afrique. Malheureusement, il est complètement dans la brousse et en ruines. Tous les Camerounais, et même tous les Africains, devraient connaître ce site. Bimbia crie vraiment au secours ! Il a besoin d’un aménagement immédiat et efficace pour booster son attractivité et le flux des visiteurs.

Voyage en hauteur : Comment un guide de tourisme peut-il promouvoir la paix et le dialogue interculturel ?

Le tourisme est un formidable outil de promotion de la paix et du dialogue interculturel. Le thème de la dernière Journée Mondiale du Tourisme, « Tourisme et paix », le rappelle bien. En tant que guide, j’ai le privilège de rassembler des visiteurs venus d’horizons différents autour d’une même découverte. Le voyage oblige à sortir de sa zone de confort, à rencontrer et à comprendre l’autre, qu’il s’agisse de compagnons de route ou de membres des communautés locales. Cela favorise naturellement l’ouverture d’esprit, l’acceptation des différences et la tolérance. En facilitant ces échanges, un guide joue un rôle clé : il crée des ponts entre les cultures, dissipe les préjugés et encourage la compréhension mutuelle. Ainsi, chaque circuit devient une occasion de semer des graines de paix et de renforcer la cohésion entre les peuples. Escapaventures237

Voyage en hauteur : Un mot pour la fin ?

Je suis fier d’être guide de tourisme. J’aime mon métier et j’encourage ceux qui sont passionnés de voyage et de découverte à essayer. Il y a tant de belles choses à voir au Cameroun. Comme le dit si bien un écrivain dont j’ai oublié le nom : « Le plus beau voyage est celui qu’on n’a pas encore fait. » Osez sortir de votre zone de confort, voyager, c’est tout ce que j’ai à vous dire.