FOCGO FEUGUI Sidoine

Présidentielle 2025 : pourquoi tant de violence ?

Les élections devraient être ces moments où la nation respire, où la voix du peuple s’élève comme une prière pour le changement. Mais au Cameroun, cette respiration a souvent l’odeur du gaz lacrymogène

Sans surprise, Paul Biya a encore gagné. À 92 ans, le “vieux lion” du Cameroun prolonge l’un des plus longs règnes politiques au monde. Le 27 octobre 2025, le Conseil constitutionnel a confirmé sa victoire à la présidentielle du 12 octobre, avec 53,66 % des suffrages. Face à lui, son ancien ministre devenu opposant, Issa Tchiroma Bakary, crie à la fraude et affirme détenir les vrais chiffres : 54,8 % pour lui, contre 31,3 % pour Biya.

Le président du Front pour le Salut National du Cameroun (FNSC) appelle ses partisans à descendre dans la rue, pacifiquement. Il parle de “vérité des urnes”. Très vite, les chants se transforment en cris, les pancartes en pierres, et les boucliers en murs infranchissables.

Le feu, le chaos… et les vies perdues

À Douala, le marché central s’embrase. Des boutiques pillées, des stations-service incendiées. À Bafang, la permanence du RDPC n’est plus qu’un souvenir calciné.
À Bertoua, des véhicules de police brûlent, et à Mandjou, une sous-préfecture tombe sous les flammes. Dans tout le pays, les flammes dévorent l’espoir comme une brousse sèche en saison sèche.

Les manifestants ont pris d’assaut la brigade de gendarmerie de Nkoulouloun à coup de lance pierres. En riposte, les gendarmes ont répondu par des tirs « à balles réelles ». Légitime défense ? Human Right Watch parle d’un usage disproportionné de la force. Ces actes, condamnables, ont ajouté de la douleur à la colère. Et quand la colère s’en mêle, c’est souvent l’innocent qui paie la note.

Manifestants face à la police ! Crédit : AFP

Mais au cœur de ce chaos, il y a ce chiffre qui glace : quatre personnes tuées dimanche dernier à Douala. Le gouverneur de la Région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, l’a confirmé dans un communiqué officiel : « Ces individus ont attaqué la brigade de gendarmerie de Nkoulouloun et les commissariats de sécurité publique des 2ᵉ et 6ᵉ arrondissements (…) et quatre personnes ont malheureusement perdu la vie. »

Le pillage, l’autre visage de la folie

Station service Bocom sacagé à Douala. Crédit : Bertrand

Au-delà des slogans et des balles, une autre violence s’est installée : celle des badauds qui profitent du chaos. Des vidéos circulent sur les réseaux : à Douala, des hommes et des femmes emportant des palettes de poissons du dépôt Congelcam, comme s’ils avaient trouvé un trésor tombé du ciel. L’image la plus insolite — et la plus triste — montre un homme qui s’éloigne calmement, trois bouteilles à la main, issues du pillage et de l’incendie de la station Tradex voisine.

« Gaz-man » nom attribué au jeune homme qui a porté trois bouteilles de gaz dans le pillage d’une station Tradex a Douala. Crédit : Pintou

Mais derrière cette ivresse du gain facile se cachent des ruines : des centaines, peut-être des milliers de Camerounais vont se retrouver sans emploi, du jour au lendemain.
Les entreprises détruites, les stations incendiées, les commerces saccagés, ce sont autant de familles plongées dans la précarité.

Le désordre n’a jamais libéré un peuple ; il l’a toujours enchaîné à la misère.

Qui écoutera enfin la douleur des Camerounais ?

Le bilan humain est lourd. Des familles pleurent, pendant que les autorités promettent des poursuites judiciaires. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) appelle à la retenue. L’Union européenne s’inquiète, Amnesty International demande des comptes. Mais au milieu de ces communiqués, une question demeure :
qui écoutera enfin la douleur des Camerounais ?

Les élections sont finies, mais la blessure reste ouverte. Le Cameroun, notre pays, mérite mieux que cette spirale où la politique se conjugue toujours avec la violence. La démocratie n’est pas un combat de rue, c’est une promesse à tenir.

Alors, que chacun — pouvoir, opposition, société civile — fasse sa part pour que 2025 ne soit pas juste une autre année perdue dans la fumée.

Parce qu’à force de pleurer nos morts, nous finirons par oublier de rêver notre avenir.


Sorel Fabiola MEMIKAM : « La dame a refusé le vaccin parce que c’était un homme »

Du 20 au 25 octobre 2025, le Cameroun célèbre la 37e Journée mondiale de lutte contre la poliomyélite. Cette année, la campagne met le genre au cœur des stratégies de vaccination. À Nkolmesseng, Sorel Fabiola Memikam, étudiante en deuxième année de maïeutique, se souvient de sa mission d’octobre 2024 comme si c’était hier. Quatre jours de marche, de portes à frapper, de parents à convaincre… et d’enfants à vacciner. Et parfois, des réactions inattendues, où le simple fait d’être un homme ou une femme pouvait tout changer. Entre seringues et sourires, Fabiola glisse quelques souvenirs de Baloum, son village natal aux grottes profondes, aux danses secrètes… et aux femmes qui font caler les touristes.

Voyage en hauteur : Pourquoi avoir choisi de participer à la campagne de vaccination ? Tu aurais pu refuser.

Je n’ai pas refusé parce que je suis convaincue que la vaccination est une très bonne chose. La poliomyélite est une maladie extrêmement dangereuse, surtout pour les enfants de moins de 5 ans. Elle fait partie des cinq principales maladies que l’on peut éviter grâce à la vaccination. Elle peut entraîner des paralysies irréversibles et, dans certains cas, la mort. Lorsqu’un cas est suspecté, même avant la confirmation en laboratoire, il faut réagir immédiatement. Cela signifie lancer une campagne de vaccination dans la zone touchée et, si nécessaire, dans tout le territoire. C’est une urgence sanitaire. La rapidité de la réponse est essentielle pour éviter une propagation. Le vaccin est sûr, efficace, et reste notre meilleure arme contre le poliovirus. Se faire vacciner, c’est se protéger et protéger les autres.

Du 20 au 25 octobre 2025, le Cameroun célèbre la 37e Journée mondiale de lutte contre la poliomyélite. Crédit : PEV Cameroon
Voyage en hauteur : Quel est le mode de transmission ?

La poliomyélite se transmet principalement par la voie fécale-orale, c’est-à-dire par ingestion d’eau ou de nourriture contaminée par les selles d’une personne infectée. Elle peut aussi se propager par inhalation de sécrétions oropharyngées, comme celles produites en toussant ou en éternuant. La maladie est très contagieuse et le virus est le plus transmissible avant et après l’apparition des symptômes. Les enfants sont les plus exposés.

Voyage en hauteur : Comment se passe la mobilisation des agents de vaccination sur le terrain ?

La campagne dure quatre jours. Le premier jour, nous nous retrouvons au centre de santé pour recevoir les consignes. On nous apprend à coder les portails des maisons selon le nombre d’enfants et leur statut vaccinal. Le deuxième jour est consacré à la descente dans les écoles. Le troisième jour, nous faisons du porte-à-porte pour atteindre les enfants non scolarisés. Le quatrième jour est dédié à la révision pour s’assurer que toutes les zones ont été couvertes.

Voyage en hauteur : Est-ce que les parents sont réceptifs ?

J’ai observé deux attitudes. Certains parents sont bien informés et accueillent favorablement la vaccination, ce qui est encourageant. D’autres, par ignorance ou peur, sont réticents. Ils pensent parfois que nous voulons contaminer leurs enfants. Dans ces cas, pour les convaincre, nous expliquons les conséquences de la maladie, notamment la paralysie.

Administration du vaccin polio-oral aux enfants de 0 à 5 ans. Crédit : Sorel Fabiola Memikam
Administration du vaccin polio-oral aux enfants de 0 à 5 ans. Crédit : Sorel Fabiola Memikam

Voyage en hauteur : As-tu une anecdote du terrain à partager ?

Oui ! Je me souviens d’une dame vivant dans une zone marécageuse avec ses quatre enfants. Elle ignorait tout des vaccins et ses enfants souffraient du paludisme. Nous lui avons conseillé d’utiliser des moustiquaires imprégnées et l’avons sensibilisée sur les vaccins contre la poliomyélite. Elle avait accepté la vaccination de ses enfants. Elle était très reconnaissante.

Voyage en hauteur : Quel message adresses-tu aux parents encore réticents ?

Chers parents, si nous prenons le temps de venir vers vous, c’est pour sauver vos enfants. Même s’ils ne sont pas malades aujourd’hui, le vaccin est la meilleure prévention. La poliomyélite est grave, et notre action est pour leur bien.

La vaccination est le meilleur moyen de prévenir la survenue des paralysies causées par le virus de la poliomyélite ainsi que des maladies évitables par le vaccin.

Faisons vacciner nos enfants âgés de 0 à 5 ans contre la poliomyélite ! »

A lire aussi : Tchakounte Kemayou « la poliomyélite m’a empêché de faire le tour du Cameroun »

Voyage en hauteur : As-tu rencontré des difficultés sur le terrain en raison de ton genre ?

Non, au contraire. Une fois, mon collègue et moi sommes arrivés chez une dame en bas d’une colline. J’étais fatiguée, alors il est descendu seul. Mais la dame a refusé de le recevoir parce qu’il était un homme et venait du Nord-Ouest. Quand elle m’a vue, elle a accepté les vaccins.

Sorel Fabiola Memikam, fille Baloum.
Sorel Fabiola Memikam, fille Baloum.
Voyage en hauteur : Quelle est la place du tourisme dans ta vie ?

Le tourisme, c’est comme un livre. Quand tu le lis, tu t’impliques dans son histoire.

Mon village ! Il faut absolument visiter Baloum. Il y a de bons plats, de belles femmes, et un vivre-ensemble incroyable.

Voyage en hauteur : Quelles destinations as-tu déjà visitées ?

La destination qui me tient le plus à cœur, c’est mon village Baloum, situé dans le département du Menoua, à l’Ouest du Cameroun. Il abrite une grotte impressionnante qui, autrefois, servait de refuge pendant les périodes de guerre. J’y suis allée une seule fois, mais cette visite m’a profondément marquée. La grotte est si vaste qu’on peut facilement s’y perdre. On y trouve encore des ossements, preuve que des humains y ont vécu il y a plusieurs années. 

Baloum, c’est aussi la chefferie, un lieu fascinant qui incarne notre culture et notre organisation traditionnelle. C’est également le festival culturel.

En décembre 2019, j’ai eu la chance de participer au festival culturel « Ne Touoh Lah » dans mon village Baloum, et c’était tout simplement magique. Ce rassemblement a réuni les filles et fils du terroir autour de Sa Majesté Noussi Pokam Charly Constant, notre chef. Les danses traditionnelles comme le Kouhgan et le couronnement de Miss Baloum ont rythmé les journées.  

L’ambiance était incroyable, les couleurs, les sons, les sourires… tout respirait le vivre-ensemble. Pour moi, ce moment reste un souvenir précieux, une vraie célébration de notre identité et de notre avenir.

Voyage en hauteur : Tu vis à Bamenda, une ville touchée par la crise sécuritaire. Qu’est-ce qui pourrait attirer les touristes s’il n’y avait pas la guerre ?

Malgré la guerre, les gens vivent à Bamenda. C’est une ville propre, avec des habitants disciplinés.

Sorel Fabiola Memikam a l'hôpital régional de Bamenda.
Sorel Fabiola Memikam a l’hôpital régional de Bamenda.
Voyage en hauteur : Comment vivez-vous avec la crise ?

On court pour survivre !

Voyage en hauteur : Qu’aimerais-tu visiter au Cameroun ?

J’aimerais visiter tout le Grand Nord, surtout Ngaoundéré.

Voyage en hauteur : Si un touriste étranger te demande un lieu à visiter absolument ?

Mon village ! Il faut absolument visiter Baloum. Il y a de bons plats, de belles femmes, et un vivre-ensemble incroyable.

Voyage en hauteur : Un mot de fin pour encourager les gens à visiter le Cameroun ?

Je ne vais pas les conseiller de venir (éclat de rire). La vie est chère, les routes sont mauvaises, et il y a un peu d’insécurité. Mais il y a quand même de grands hôtels.


Tourisme et santé mentale : ces voyages qui soignent l’âme

Chaque 10 octobre, la planète marque une pause pour parler de ce que nous négligeons trop souvent : la santé mentale. Une occasion précieuse pour parler de bien-être, de stress, de résilience, de dépression, d’anxiété, de burn-out… et aussi de tourisme. Oui, voyager, randonner, découvrir un nouveau lieu peuvent apaiser le mental, éclaircir les pensées, et même, dans certains cas, sauver une vie.

Mon refuge s’appelle nature

Je suis de ceux qui trouvent la paix dans la marche. Quand tout va mal, quand les idées deviennent lourdes, je lace mes chaussures et je m’éloigne. À chaque randonnée, je dépose un peu de ce poids invisible au bord du sentier.

Un lieu m’a particulièrement marqué : le lac de Minkoayos, situé près de Nkolbissong, dans le septième arrondissement de Yaoundé. Là-bas, le calme n’est pas qu’un mot : c’est une sensation. Le bleu profond de l’eau, la densité des arbres autour, les oiseaux au loin… J’y suis allé lors d’une période difficile, et je me souviens encore de ce moment où, face au lac, j’ai simplement respiré. Longtemps. En silence. Et j’allais mieux.

Le lac Minkoameyos, aussi connu sous le nom de Lac Razel, est un lac artificiel situé à Yaoundé, au Cameroun, créé par un barrage sur la rivière Mefou. Crédit : Sidoine FEUGUI

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Plus loin dans le temps, j’ai visité le lac Tison à Ngaoundéré. Ce jour-là, la pluie menaçait et mon moral n’était pas au beau fixe non plus. Mais une fois arrivé sur place, malgré les flaques, la boue et le froid, j’ai ressenti une joie simple, indescriptible. Celle de me reconnecter à moi-même, loin du bruit, du stress. Ce lac de cratère s’étend paisiblement au creux d’un écrin de verdure, ses eaux verdâtres frémissant sous les premières gouttes. Autour, les collines tapissées d’arbres formaient une barrière naturelle, comme si le monde extérieur n’existait plus. Ce silence, seulement troublé par le chant discret des oiseaux et les commentaires des compagnons de visite, m’a enveloppé d’une sérénité. Cette visite sans doute l’un de mes plus beaux souvenir de voyage.

Une randonnée, une vie sauvée

Mais s’il y a un souvenir que je garde au plus profond de mon cœur, c’est celui de cette randonnée au mont Yéyé, avec Anne, une amie très proche. Un jour avant, elle m’avait appelé. Sa voix tremblait. Elle m’a dit : « Je suis fatiguée. J’en peux plus. J’ai envie de tout arrêter », et après un moment d’hésitation, nous avons convenu de faire une randonnée ensemble.

Nous avons marché, parlé, respiré pendant plus de deux heures. En haut, le paysage était sublime. Le vent soufflait doucement. Le soleil perçait à travers les nuages. Et là, Anne s’est tournée vers moi et a dit :

« J’étais venue en pensant que ce serait peut-être ma dernière balade. Mais là, maintenant, j’ai envie de vivre encore. Je me sens légère. Merci. »

Ce jour-là, j’ai compris que la nature ne juge pas, elle accueille. Et qu’un simple moment passé en pleine nature peut changer une trajectoire.

Besoin de faire une randonnée pour décompresser ? Laisse moi un message.

Le regard du psychologue : « Le tourisme est une thérapie douce pour la santé mentale. »

Pour mieux comprendre ce lien entre tourisme et santé mentale, j’ai échangé avec le psychologue Kloran Sardou, président de l’association S.O.S Santé Mentale et Bien-Être pour tous basée à Yaoundé.

« Le tourisme peut être un levier puissant de mieux-être psychologique. Voyager, c’est s’offrir une parenthèse, une respiration, un espace de reconnexion à soi. Le fait de bouger, d’être exposé à la lumière naturelle, de faire une activité physique comme la marche ou la randonnée, déclenche la libération d’endorphines, les fameuses hormones du bonheur. Voyager, c’est souvent offrir à son cerveau un reset émotionnel. »

Il insiste également sur l’importance de déculpabiliser le besoin de s’évader. Ce n’est pas de la fuite. C’est parfois une thérapie.

« Le tourisme ne se résume pas à l’évasion : il devient un acte thérapeutique. Il permet de rompre avec les schémas de stress, de raviver l’estime de soi, de stimuler la curiosité et de réactiver la joie simple d’exister pleinement. Dans un monde où les troubles mentaux gagnent du terrain, il est urgent de considérer le voyage comme une ressource précieuse pour la santé mentale. »

Kloran Sardou, président de l’association S.O.S Santé Mentale et Bien-Être. Crédit : Sidoine FEUGUI
Kloran Sardou, président de l’association S.O.S Santé Mentale et Bien-Être. Crédit : Sidoine FEUGUI

Se soigner par la marche… mais aussi par la parole

Si marcher, voyager, contempler peuvent soulager, ils ne remplacent pas un accompagnement professionnel. Trop souvent, on minimise nos souffrances, on se dit que « ça va passer ». Parfois, oui. Mais souvent, non.

Consulter un psychologue n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de courage. C’est reconnaître qu’on mérite d’aller bien, et qu’on a besoin d’aide pour y arriver.

Le tourisme peut être une première étape vers la guérison. Une porte qu’on ouvre. Mais au-delà du sentier, il y a aussi le dialogue, l’écoute, la thérapie. Il est essentiel que chacun, surtout les jeunes, sache qu’il a le droit d’avoir mal, et le droit de demander de l’aide.

Besoin d’un psychologue ? Je vous recommande Kloran Sardou Ukpong et Les Ateliers PSY 

La nature offre de nombreux bienfaits pour la santé mentale et physique ainsi que pour le bien-être en général. Crédit : Association canadienne pour la santé mentale – Filiale de Saguenay

… et si la prochaine destination était votre mieux-être ?

En cette Journée mondiale de la santé mentale, je vous invite à vous poser une question simple : quand avez-vous pris le temps de respirer pour la dernière fois ? Pas juste respirer physiquement, mais vivre un moment où votre esprit se sent libre.

Partez. Même à dix minutes de chez vous. Allez au bord d’un lac, en haut d’une colline, dans un quartier que vous ne connaissez pas. Et si vous vous sentez vraiment mal, n’attendez pas que ça passe tout seul. Consultez. Parlez. Ouvrez-vous.

Parce que le plus beau voyage, c’est peut-être celui qui mène vers soi-même.


Le Musée National du Cameroun perd son directeur, le Pr. Hugues Heumen Tchana

Ce jeudi 9 octobre 2025, le monde de la culture camerounaise perd l’un de ses plus fervents défenseurs. Le Professeur Hugues Heumen Tchana, Directeur du Musée National du Cameroun depuis 2021, s’est éteint après une longue maladie. Son décès laisse un vide immense, tant il avait su incarner une muséologie vivante, résolument tournée vers les publics, le dialogue entre les temps, et l’ouverture au monde.

Pr Hugues Heumen Tchana conduit une visite guidée au Musée National du Cameroun. Crédit : Musée National du Cameroun
Pr Hugues Heumen Tchana conduit une visite guidée au Musée National du Cameroun. Crédit : Musée National du Cameroun

Une trajectoire forgée dans l’exigence et la passion du patrimoine

Formé à l’Université Senghor d’Alexandrie, en spécialité « Gestion du patrimoine culturel », le Pr. Heumen Tchana a rapidement trouvé sa vocation : penser les musées non comme des mausolées, mais comme des lieux d’échanges, de savoirs et d’interprétation.

Avant sa prise de fonction à Yaoundé, il fut enseignant-chercheur à l’Université de Maroua, un passage marquant où il a su transmettre aux jeunes générations une vision contemporaine et inclusive du patrimoine.

Le 25 janvier 2021, il est nommé à la tête du Musée National du Cameroun par décret, succédant à Asombang Raymond Neba’ane. Moins d’un an plus tard, il est élevé au grade de Chevalier de l’Ordre du Mérite Camerounais pour les Arts et la Culture. Une reconnaissance de l’État pour un homme déjà pleinement engagé sur le terrain.

La vision du Pr. Hugues Heumen Tchana : faire dialoguer patrimoine, art contemporain et mémoire

Dès son arrivée, le Pr. Hugues Heumen Tchana affirme une ligne claire : faire du Musée National un espace de médiation culturelle. Son ambition est triple :

  • Ouvrir le musée à la contemporanéité, en y intégrant les expressions actuelles et les artistes vivants du Cameroun ;
  • Reconnecter le musée avec les communautés, notamment les jeunes, les écoles, les populations rurales ou marginalisées ;
  • Dynamiser les partenariats internationaux pour inscrire le musée dans une logique d’échanges Sud-Sud et Nord-Sud.

Il parlait souvent du musée comme d’un « lieu de résonance » où se croisent héritages, vécus et récits pluriels. Une posture à contre-courant de la muséologie classique.

Expositions marquantes : trois temps forts de son mandat

Le travail du Pr. Heumen Tchana s’est notamment illustré par des expositions puissamment signifiantes, aux partis-pris affirmés :

Contact(s) Zone (janv.-avr. 2022)

Cette exposition inaugurale de sa direction, conçue en partenariat avec le CIPCA, est un manifeste. Elle valorise les créateurs contemporains camerounais, interroge le musée comme lieu de rencontre entre le passé et les pratiques actuelles. Une déclaration d’intention.

Musée national Contact(s) Zone (janv.-avr. 2022 par Hugues Tchana
Exposition Contact(s) Zone (janv.-avr. 2022

Septentrion : dynamiques entre passé et présent (juil.-déc. 2024)

Avec cette exposition co-commissariée avec Émilie Salaberry-Duhoux, il a mis en lumière les cultures du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord, souvent invisibilisées. Une riche collaboration avec le Musée d’Angoulême et l’Institut Français du Cameroun.

Septentrion : dynamiques entre passé et présent (juil.-déc. 2024) le Pr. Hugues Heumen Tchana
Visiteur de l’exposition Septentrion : dynamiques entre passé et présent (juil.-déc. 2024). Crédit : Musée national du Cameroun

Il était une fois la naissance du Staat Kamerun (oct. 2024 – fév. 2025)

Exposition historique sur la colonisation allemande, elle marque un tournant dans la réflexion sur la restitution des objets culturels et la décolonisation muséale. En lien avec doual’art, le Goethe-Institut et des partenaires allemands, cette exposition interroge la construction du récit national.

Le Pr Hugues Heumen Tchana présente l’exposition »Il était une fois la naissance du Staat Kamerun ». Crédit : Musée National du Cameroun

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Pr. Hugues Heumen Tchana, penseur du musée, au-delà du terrain

Auteur de plusieurs articles scientifiques, le Pr. Heumen Tchana laisse également un livre de référence : Musées nationaux d’Afrique : rôles et enjeux – le Musée national de Yaoundé (L’Harmattan, 2014).
Il y explore les défis d’une muséologie africaine : médiation, inclusion, marketing culturel, dialogue interculturel.

Ses écrits et ses conférences auront permis de nourrir le débat sur : la mémoire collective ; les relations entre musées et écoles ; la représentation des diversités culturelles nationales ; et surtout, la décolonisation des savoirs muséographiques.

Héritage et chantiers en suspens

Son passage au Musée National du Cameroun ne se résume pas à des expositions. Il aura initié une redynamisation structurelle, en travaillant sur :

  • la modernisation des infrastructures ;
  • la visibilité numérique du musée ;
  • les réseaux internationaux de coopération culturelle ;
  • la démocratisation de l’accès au patrimoine pour tous les publics ;
  • la restitution des oeuvres.

Sa disparition soudaine laisse plusieurs projets en chantier — notamment les perspectives ouvertes par Il était une fois le Staat Kamerun, en lien avec les débats sur les restitutions et la justice patrimoniale.

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En guise d’au revoir

Le Professeur Hugues Heumen Tchana ne dirigeait pas un musée : il l’animait, au sens le plus noble du terme. Il croyait au pouvoir des objets, à la force des récits, à l’intelligence des publics. Pour lui, un musée devait faire société. En cela, il a su placer le Musée National du Cameroun dans une dynamique de transformation profonde.

Aujourd’hui, alors que les rideaux se ferment sur sa vie, son œuvre reste ouverte, inspirante, à poursuivre.

Reposez en paix, Professeur.
Votre vision vivra.


Tourisme et Renouveau : Que pense Elisée Ndjomo Eyenga du bilan de Paul Biya dans la région du Centre ?

Ce mercredi 8 octobre 2025, au campus de l’ENAM à Yaoundé, Aristide Ayolo, responsable des Éditions Afribook, a convié le public à la cérémonie de présentation de l’ouvrage Bilan éclatant du Renouveau dans la région du Centre, Paul Biya cap sur 2025. À cette occasion, Elisée Ndjomo Eyenga, conseiller technique au ministère de la Santé publique et co-auteur du livre, a partagé sa lecture du développement touristique dans la région du Centre. Entre écotourisme, infrastructures hôtelières et valorisation des sites naturels, il revient sur les réalisations du président Paul Biya et les perspectives qu’offre le renouveau pour ce secteur stratégique

Voyage en hauteur: Pouvez-vous présenter globalement le livre ?

Le livre a pour vocation de revenir sur les principales réalisations du président de la République, Son Excellence Paul Biya, dans la région du Centre depuis son accession à la magistrature suprême en 1982. Il ne s’agit pas d’un simple recensement de tout ce qui a été fait, mais d’une mise en perspective: au plan politique, quelle est la relation privilégiée entre le président de la République et la région du Centre ? Au plan économique, quelles sont les réalisations et avancées majeures qui font la force de ce bilan ? Au plan social et culturel, mais aussi en matière de dynamique des jeunes.

Présentation de l’ouvrage Bilan éclatant du Renouveau dans la région du Centre, Paul Biya cap sur 2025, Editions Afribook 2025
Présentation de l’ouvrage Bilan éclatant du Renouveau dans la région du Centre, Paul Biya cap sur 2025, Editions Afribook 2025

Enfin, nous abordons les perspectives: qu’est-ce que la région du Centre est en droit d’espérer, et comment peut-elle se projeter à la lumière de ce qui a déjà été accompli ? Voilà à quoi renvoie ce « livre-témoignage », qui est aussi un outil didactique permettant à chacun de faire le point sur les actions menées et sur la manière dont la région du Centre s’est intégrée dans la dynamique des politiques publiques conduites par le président de la République depuis 1982.

Voyage en hauteur: Quelle a été contribution concrète dElisée Ndjomo Eyenga en tant que co-auteur ?

Au-delà de la concertation avec l’ensemble des co-auteurs, je me suis concentré sur le volet social et culturel, mettant en avant les différents progrès en matière de santé, de culture, d’accès à l’éducation et aux services sociaux de base. Ce sont les domaines sur lesquels je me suis attelé, en tenant compte de l’expérience que j’ai pu accumuler au ministère de la Santé publique, au ministère des Arts et de la Culture, ainsi que dans d’autres institutions et leviers d’action de l’État, notamment en stratégie et en développement des services sociaux, ou encore dans le cadre de la Stratégie nationale de développement.

Elisée Ndjomo Eyenga
Elisée Ndjomo Eyenga, conseiller technique au ministère de la Santé publique et co-auteur du livre.

Voyage en hauteur: Qu’en est-il du tourisme ? Quelles sont les actions concrètes du Renouveau en matière de tourisme dans la région du Centre ?

Comme je l’ai dit, il s’agit d’un florilège des actions menées. Le tourisme relève prioritairement des activités économiques du Renouveau. À ce titre, un ensemble d’actions ont été conduites, notamment en matière de développement des infrastructures hôtelières et touristiques, avec la construction et la mise en service de plusieurs hôtels de 3e, 4e et 5e catégories, dont certains avec l’État au capital. Vous avez aussi le développement de sites et d’industries touristiques: loisirs, écotourisme, restauration et promotion des arts culinaires. Ainsi, plusieurs localités de la région du Centre, au-delà de la seule ville de Yaoundé qui bénéficie déjà d’infrastructures hôtelières, deviennent des pôles d’attraction touristique, notamment grâce à l’écotourisme dans certains départements. Sans faire de publicité, citons des sites dans les départements du Nyong-et-So’o, de la Méfou-et-Akono, de la Méfou-et-Afamba ou de la Haute-Sanaga, développés soit directement par des institutions publiques, soit par des privés avec l’accompagnement de l’État.

« J’ai eu la possibilité de visiter le Sanctuaire à Gorilles de Mengamé, le site écotouristique d’Ebogo, Sanaga Beach de Nkoteng. J’ai aussi eu l’occasion de profiter de moments de repos dans des forêts près d’Ayos. »

Elisée Ndjomo Eyenga

Voyage en hauteur: Personnellement, quelles sont les attractions touristiques qui vous ont le plus marqué ?

Je ne voudrais pas faire de jaloux… mais je dois dire que j’ai eu la possibilité de visiter le Sanctuaire à Gorilles de Mengamé, le site écotouristique d’Ebogo, Sanaga Beach de Nkoteng. J’ai aussi eu l’occasion de profiter de moments de repos dans des forêts près d’Ayos. Ce qui me marque le plus, c’est le contact avec la nature, la capacité de se ressourcer. Je crois que de nouveaux sites s’ouvrent de plus en plus, notamment dans l’arrondissement de Yaoundé 5e, qui dispose d’un nouveau joyau touristique. Il y en a également du côté de Yaoundé 6e, à Simbock, et du côté d’Ahala dans l’arrondissement de Yaoundé 3e. Ce sont des sites que j’ai visités à titre personnel, pour me reposer, me ressourcer ou faire profiter ma famille de moments privilégiés.

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Voyage en hauteur: Pendant la dédicace, vous avez évoqué le site touristique d’Ebogo Mengueme, notamment l’inaccessibilité au réseau de téléphonie mobile. Beaucoup de touristes déplorent aussi l’état des routes. Qu’est-ce que le Renouveau fait pour pallier ces problèmes ?

Ces questions s’inscrivent dans le plan de développement de la région du Centre. Sans trahir de secret, il me semble que, dans les projections du Conseil régional du Centre, figure le développement de certaines voies d’accès vers des sites à potentiel touristique et économique. Je ne peux pas vous dire à date ce qui a été effectivement réalisé. Pour le site d’Ebogo, lors de mes dernières visites, la route était plutôt praticable et avait bénéficié de travaux de confortement. Je n’y suis toutefois pas retourné récemment.

S’agissant de la couverture télécom, l’échange que j’avais eu à l’époque avec les promoteurs du site laissait entendre que l’absence de réseau pouvait être un atout: cela permet aux visiteurs de se ressourcer, loin de la frénésie des réseaux sociaux et des téléphones, et de mieux profiter de la nature. D’autres estiment au contraire qu’il est important d’être joignable. C’est un choix qui appartient aux promoteurs, lesquels peuvent solliciter les opérateurs pour une extension du réseau. À ma connaissance, la couverture n’est d’ailleurs pas totalement absente dans la zone.

site touristique d'Ebogo
Balade en pirogue au site touristique d’Ebogo. Crédit :Pixabay

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Voyage en hauteur: Elisée Ndjomo Eyenga, Comment entrevoyez-vous l’avenir après 2025 ?

Comme tout bon Camerounais, avec l’espérance d’un développement structurant autour de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui définit un ensemble de secteurs prioritaires dans lesquels la région du Centre se retrouve. Qu’il s’agisse de développement agricole ou halieutique, la région du Centre possède des terres arables et constitue l’un des poumons agricoles de la République, notamment sur le bassin de la Sanaga. Il y a une activité économique et agricole qui s’y développe, ainsi que des projets liés à l’agriculture et à l’élevage. La région abrite déjà l’École des métiers agricoles de Monatélé et l’École pratique d’agriculture de Binguela, qui contribuent à former les jeunes à la maîtrise de projets agricoles, halieutiques et pastoraux. Nous envisageons donc l’avenir sous le prisme d’une insertion cohérente dans la SND30, avec une mise en cohérence du plan de développement régional porté par le Conseil régional.

Voyage en hauteur: Pour être plus précis, comment entrevoyez-vous l’avenir si l’homme du Renouveau n’est pas réélu au terme de l’élection du 12 octobre prochain ?

C’est une question qui ne relève pas du champ de l’ouvrage. Les politiques publiques de développement s’ancrent généralement dans des cadres stratégiques. La région du Centre reste républicaine. Pour ce qui est de l’élection de Son Excellence Paul Biya, ce sont les urnes qui diront la vérité. Je ne souhaite pas me projeter dans la spéculation. Pour l’instant, nous nous sommes concentrés sur le bilan du Renouveau dans la région du Centre et sur les perspectives ouvertes par ce bilan, ainsi que sur les acquis à consolider et les avancées à poursuivre.

Voyage en hauteur: Un mot de fin pour inviter les personnes à découvrir le potentiel touristique de la région du Centre.

Je dirais simplement que nous avons besoin d’apprendre à connaître notre propre pays. Que chacun se donne la liberté de profiter de ses moments libres pour découvrir notre potentiel touristique. Beaucoup n’ont pas encore cette culture; il faut la développer pour mieux connaître et valoriser nos richesses.


Festival Baka Dream Days 2025 : Quand la forêt parle, écoutez…

À l’heure où le monde court après le « développement durable », certains peuples, eux, n’ont jamais quitté cette route. Les Baka, enfants de la forêt, l’arpentent depuis la nuit des temps. Mais qui les écoute ? Qui les voit vraiment ? C’est dans ce silence que naît un cri. Un rêve. Un festival : Baka Dream Days, dont la 6e édition est prévu du 4 au 7 septembre 2025. À Assok-Mintom, au sein du Musée Vivant Baka, les racines reprennent la parole. Et cette année, le thème est :
« La sécurisation des Bakas dans le processus de recherche, la promotion du tourisme et le développement durable. »

Festival culturel et touristique Baka Dream Days 2025
Festival culturel et touristique Baka Dream Days 2025

Un peuple, une forêt, un patrimoine en péril

Les peuples Baka et Fang, gardiens discrets d’un savoir ancestral, sont aussi les premières victimes d’un progrès qui oublie ses racines. Forêts rasées, terres arrachées, traditions ignorées… Et pourtant, dans les forêts denses du Sud-Cameroun, entre chutes d’eau oubliées et grottes mystérieuses, les Baka murmurent encore à l’oreille de la nature.

Alors, le Festival Baka Dream Days, porté par APIFED et AKOWBAKA, soutenu par l’Union Européenne, l’UNESCO, et le projet Natura Sud-Est, devient une nécessité. Un moment d’écoute, d’échange, et de réparation.

Quand la forêt s’ouvre au Baka Dream Days 2025

Au programme du Baka Dream Days 2025, des conférences riches et nécessaires : conservation, écotourisme, climat, gouvernance, patrimoine immatériel… Mais ce n’est pas un colloque d’experts, c’est une fête vivante. Et la forêt n’a jamais été aussi expressive :

  • Danses traditionnelles et chants polyphoniques qui racontent l’âme des Baka
  • Charcuterie bio locale et mets traditionnels mijotés à l’ombre des arbres
  • Médecine traditionnelle, savoirs ancestraux partagés sans filtre
  • Visites écotouristiques : Ako’Afem, Biamekok, forêts sacrées, zones d’éléphants…
Festival culturel et touristique Baka Dream Days 2025
Programme des activités du Baka Dream Days 2025

Et bien sûr, des jeux patrimoniaux aux noms aussi savoureux que leurs épreuves : Njeuk, Miss Põli, grimper, tirer la corde… La joie comme résistance.

Un musée vivant, un peuple debout

Musée Vivant Baka au village Assok par Mintom
Musée Vivant Baka au village Assok par Mintom

L’un des temps forts sera la stratégie de sécurisation du Musée Vivant Baka, ce lieu unique où les traditions ne sont pas vitrines, mais voix, chants, gestes et regards. On y parlera aussi du projet Un Baka, un Bantou, et d’une réalité trop souvent niée : la citoyenneté des Baka.

Musée Vivant Baka au village Assok par Mintom - Festival Baka Dream Days 2025
Modalités d’accès au Musée Vivant Baka au village Assok par Mintom

Une projection de film, des tables rondes, des remises d’attestations, des naissances d’arbres (oui, ici, on dresse même les actes de naissance des géants verts), et une grande soirée dansante pour clore les festivités… avec une surprise. La forêt aime garder ses secrets.

Festival Baka Dream Days, un appel à la rencontre

Vous n’avez jamais entendu chanter la forêt ? Venez.
Vous croyez que la modernité efface le passé ? Venez.
Vous pensez que le développement doit aussi rimer avec dignité ? Venez.

Du 4 au 7 septembre 2025, à Assok-Mintom, les Baka ne seront pas « objets d’étude », mais sujets de leur histoire. Ils nous invitent à rêver avec eux, à co-construire un avenir où la forêt ne sera plus seulement exploitée, mais respectée. Où les peuples qui l’habitent seront non plus tolérés, mais écoutés.

Comment se rendre à Assok-Mintom ?

Pour rejoindre Assok-Mintom depuis Yaoundé, comptez environ 5 à 6 heures de voyage. Depuis le carrefour Mvan, prenez un car VIP Rapid Express (environ 4000 FCFA) en direction de Djoum, via Sangmélima, sur une route entièrement goudronnée. De Djoum, un véhicule ou moto-taxi vous mènera à Mintom pour environ 2500 FCFA. Le village d’Assok, situé dans le Dja-et-Lobo, est ensuite facilement accessible. Un trajet agréable, entre bitume et verdure, pour une destination hors du temps.

À très bientôt sous les arbres.


L’entrepreneur digital africain est un blogueur

Chaque 31 août, c’est la Journée mondiale du blogging. Cette année 2025, je ne l’ai pas célébrée derrière mon clavier. Non. Je l’ai vécue en présentiel, au cœur d’un événement qui porte en lui toute la promesse d’un continent connecté : la conférence de presse du livre L’entrepreneur digital africain de Moctar Tize, organisée à Yaoundé.

Trois heures de conversations profondes, d’analyses lucides et de visions partagées sur l’avenir numérique de l’Afrique. Autant dire que pour un blogueur qui croit dur comme fer que le blogging est une forme d’entrepreneuriat digital, c’était un cadeau parfaitement synchronisé avec le calendrier.

L’entrepreneur digital africain : Un livre, une boussole, une promesse

L'entrepreneur digital africain de Moctar Tize
Première de couverture

166 pages. 10 chapitres. Une postface qui résonne comme un manifeste. L’entrepreneur digital africain n’est pas un simple essai académique. C’est une déclaration. Un cri du cœur. Une boussole dans la jungle numérique. Moctar Tize ne se contente pas de parler technologie ou innovation. Il parle d’humanité, d’identité, de résilience.

« Ce livre est une invitation à redéfinir notre manière d’utiliser le digital, à bâtir une Afrique où l’innovation est un moteur collectif. » — Moctar Tize

Et cette phrase a été le fil conducteur de la conférence. Car au fond, c’est bien de cela qu’il s’agit : comment faire du digital un levier collectif, et non un simple outil individuel de consommation.

Une jeunesse connectée, mais trop souvent désorientée

L’auteur l’a rappelé avec justesse : l’Afrique regorge de jeunes, armés de smartphones et de data. Mais entre TikTok et WhatsApp, combien transforment leur téléphone en outil de production, d’apprentissage ou d’innovation ?

À travers son ouvrage, Moctar propose des pistes concrètes :
✔️ Transformer l’éducation grâce aux plateformes en ligne.
✔️ Révolutionner la santé via des applications de suivi et de prévention.
✔️ Réinventer le commerce et la finance pour les rendre plus accessibles, plus mobiles.

Seul bémol (et je ne pouvais pas ne pas le souligner en tant que blogueur voyage) : l’absence du secteur du tourisme dans cette réflexion. Pourtant, la digitalisation est un puissant moteur pour promouvoir la destination Afrique – et particulièrement le Cameroun, cette « Afrique en miniature » aux mille visages que le monde ignore trop souvent.

Moctar Tize, un entrepreneur, un formateur, un militant du digital

Formé par 10.000 codeurs puis à la Holberton School de Paris, Moctar Tize a fait le choix de revenir en Afrique pour y planter les graines d’un numérique responsable. Fondateur de MocTinet Company, il n’écrit pas seulement, il agit.

En marge de la conférence, il a annoncé le lancement d’une série d’ateliers à destination des jeunes entrepreneurs. Des formations accessibles voire gratuites, orientées vers le concret : comment structurer un projet digital ? Comment créer de la valeur localement ? Comment lever les freins techniques ou mentaux ?

C’est ce genre d’initiatives qui font la différence. Ce genre d’initiatives qui incarnent ce que devrait être l’entrepreneuriat digital africain : un engagement, un partage, une vision.

Un sommaire riche, une vision ambitieuse

Le sommaire du livre est à lui seul un parcours initiatique :

Oui, Moctar Tize ose parler de 2030. Là où d’autres se contentent de 2035. Et il ne le fait pas dans le flou ou le fantasme, mais avec des propositions claires. Pour qui veut penser l’Afrique numérique sur le long terme, ce livre est une lecture nécessaire.

Et le blogging dans tout ça ?

Ce jour-là, dans la salle, en écoutant les échanges, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que le blog est aussi un outil d’entrepreneuriat digital. Pas seulement un journal intime numérique, mais une entreprise de narration, d’opinion, d’influence et de transmission.

Quand j’écris sur ce blog, je produis du contenu qui peut éclairer, inspirer ou inciter à l’action. Et cela, c’est de l’entrepreneuriat.

Alors oui, j’ai célébré le 31 août d’une manière unique : Non pas en publiant un billet (jusqu’à maintenant), mais en m’inspirant d’un autre entrepreneur du digital, pour mieux revenir ici vous parler, vous raconter, vous donner envie d’agir.

Pouquoi acheter le livre L’entrepreneur digital africain ?

L'entrepreneur digital africain de Moctar Tize

L’entrepreneur digital africain n’est pas un livre pour les geeks ou les ingénieurs. C’est un livre pour les rêveurs actifs, les faiseurs, les jeunes, les enseignants, les investisseurs, les blogueurs, les créateurs de contenus… bref, pour ceux qui veulent construire une Afrique connectée, compétente, et confiante.

Merci à Moctar Tize pour cette vision. Merci à tous les acteurs de cette conférence. Et surtout, merci à vous qui me lisez, car chaque lecteur est un maillon de cette chaîne numérique qui redessine notre continent.


Rosalie Boki : « Ce prix symbolise mon engagement envers le journalisme culturel »

Lauréate du Premier Prix Presse Écrite lors de la 6ᵉ édition du Grand Prix Francophilie des Médias, organisée à Yaoundé du 20 au 27 juillet 2025, Rosalie Boki revient sur son parcours, ses motivations et l’impact de son travail sur le journalisme culturel camerounais. Rencontre avec une jeune plume passionnée, pour qui l’architecture est aussi affaire de transmission.

Voyage en hauteur : Premier Prix Presse Écrite au Grand Prix Francophilie des Médias, une consécration ou une simple formalité ?

Absolument pas une simple formalité !  Ce prix représente bien plus pour moi. C’est une porte qui s’ouvre sur de nouvelles opportunités. Il incarne la réponse à une prière, le couronnement d’un travail acharné, et surtout la matérialisation du soutien indéfectible et inestimable de mes parents. Mais au-delà de cela, ce prix symbolise mon engagement envers le journalisme culturel. Il est la preuve que cette voie est la bonne, et je compte bien l’honorer par mon travail.

Rosalie Boki, Premier Prix Presse Écrite lors de la 6ᵉ édition du Grand Prix Francophilie des Médias,
Rosalie Boki, Premier Prix Presse Écrite lors de la 6ᵉ édition du Grand Prix Francophilie des Médias,

Voyage en hauteur : Quel était ton sujet et ton angle de traitement ? 

Pour cette 6ᵉ édition, j’ai choisi la catégorie presse écrite pour traiter du thème « architecture ». Mon article met en lumière le parcours de Laurence Ngosso, première femme architecte du Cameroun et première femme noire au Conseil de l’Union Internationale des Architectes. J’ai structuré mon traitement autour de trois axes :

  • Son combat contre les préjugés
  • Sa contribution technique à des projets emblématiques (l’Hôpital général de Douala, les immeubles ministériels de Yaoundé)  
  • Son héritage : plus de 50 femmes architectes inscrites à l’Ordre national aujourd’hui, contre aucune avant elle.
Doyenne Laurence Ngosso, première femme architecte inscrite au tableau de l'Ordre National des Architectes du Cameroun. Credit: L'Ordre national des Architectes du Cameroun - ONAC
Doyenne Laurence Ngosso, première femme architecte inscrite au tableau de l’Ordre National des Architectes du Cameroun. Credit: L’Ordre national des Architectes du Cameroun – ONAC

Voyage en hauteur : Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce sujet et quel travail as-tu fait en amont pour aboutir à ce résultat ? 

J’ai choisi ce sujet en pensant à l’urgence de documenter l’histoire d’une pionnière dont l’impact technique et social reste largement méconnu.  

Mon travail en amont a été une véritable enquête. Entre plongée dans les archives techniques de l’ONAC, analyse d’articles de presse (Cameroun Tribune), recherche et étude des ressources pédagogiques de l’ESSACA sur sa méthode, et analyse de ses conférences pour cerner sa vision. Sans oublier la vérification minutieuse des sources.

Voyage en hauteur : Qu’est-ce qui t’a marqué durant toute la semaine d’activités du Grand Prix Francophilie des Médias ? 

Au-delà de l’excellence académique (masterclass, conférences, talks…), ce Grand Prix Francophilie des Médias restera pour moi un authentique festival de rencontres. Imaginez tous les candidats rivalisant de créativité le jour et partageant des danses improvisées le soir… Des moments où la compétition cédait la place à la fraternité. Par exemple, lors du montage collectif ou quand nous avons appris à danser sur des rythmes venus d’ailleurs. Cette alchimie unique m’a profondément marquée tout au long de la compétition.

Rosalie Boki
Des moments où la compétition cédait la place à la fraternité. Credit : Patricia Nga Noa

Voyage en hauteur : Le Grand Prix Francophilie des Médias c’est aussi du tourisme avec la visite guidée de l’architecture religieuse de Mvolyé. Un moment chargé d’histoire pour Rosalie Boki ? 

Cette immersion dans l’architecture sacrée de Mvolyé a été une expérience vibrante d’histoire vivante. Se tenir devant la Basilique Marie-Reine-des-Apôtres et la Chapelle du Saint-Esprit, c’était toucher du doigt 119 ans de mémoire collective. J’ai été fascinée par la résilience des matériaux d’origine qui défient le temps malgré les intempéries. Ces bâtiments sont plus qu’un patrimoine bâti : ils incarnent la ferveur générationnelle des fidèles. Chaque fissure raconte une prière, une histoire, et c’est cela, pour moi, le symbole de ces lieux.

Visite de la Basilique Marie-Reine-des-Apôtres  pendant le Grand Prix Francophilie des Medias. Credit : Francois Omgba
Visite de la Basilique Marie-Reine-des-Apôtres pendant le Grand Prix Francophilie des Medias. Credit : Francois Omgba

Voyage en hauteur: En dehors de celles-là, y a-t-il d’autres architectures au Cameroun qui t’ont captivée ? 

L’œuvre qui me fascine et que Rosalie Boki rêve de découvrir en vrai, c’est le Musée des Rois Bamoun à Foumban. Sa structure en serpent à deux têtes et ses symboles mystérieux m’interpellent. J’ai très envie de toucher ses murs pour ressentir ses formes uniques, comprendre le sens derrière le serpent, la mygale ou ces motifs, et aussi savoir ce qu’ont voulu exprimer les architectes en créant ce lieu si symbolique.  

Pour moi, c’est comme un grand livre ouvert, et j’ai hâte d’en tourner les pages avec mes yeux et mes mains, pas seulement à travers des images.

Voyage en hauteur : En tant que Secrétaire Générale du Club Communication de l’Université de Yaoundé I, quel sera l’impact de ton prix au sein du Club ? 

Mon prix n’est pas qu’une victoire personnelle : c’est un levier pour tout le Club Communication de l’Université de Yaoundé I. D’abord, il va motiver nos membres en montrant que nos formations portent leurs fruits. Ensuite, il donne une crédibilité nouvelle au Club auprès des médias et institutions, ce qui ouvre des portes pour organiser des masterclass, obtenir des partenariats, ou même inviter des professionnels reconnus. Mon rôle, en tant que secrétaire générale et lauréate, sera de transformer cette reconnaissance en opportunités concrètes pour tous les membres.

Voyage en hauteur : Quelles œuvres architecturales un touriste devrait-il absolument visiter au Cameroun ? 

Les œuvres architecturales qu’un touriste devrait absolument visiter au Cameroun sont le Monument de la Réunification, qui symbolise l’unité nationale ; le Mémorial Charles Atangana, qui incarne la résistance anticoloniale ; et le Monument du Cinquantenaire de l’Indépendance et de la Réunification de Buea.

Voyage en hauteur : Un mot pour la fin ? 

Je remercie tous ceux qui m’ont soutenue et encouragée à participer à cette édition, en particulier mes parents. Ils m’ont montré que chaque rêve mérite d’être tenté avant de dire « impossible ».


Quand le gâteau renversé à l’ananas se fait désirer !

Ce jour-là, je décide d’essayer une nouvelle recette en pâtisserie. Mon choix se porte sur le gâteau renversé à l’ananas. La préparation est simple, d’après un site de cuisine que je consulte régulièrement pour apprendre. La liste des ingrédients est la même que pour un gâteau classique – œufs, farine , levure chimique, sucre, beurre, – sauf qu’ici, l’élément essentiel, c’est l’ananas. Tout est réuni sur la table à manger qui me sert de plan de travail.

Je commence par peler mon fruit à la couleur jaunâtre, tacheté de rouge par endroits , avec sa tête aux feuilles toutes défraîchies. Il a trop attendu dans ma cuisine depuis son arrivée du marché il y a quatre jours. Je prends soin de séparer la peau de la pulpe jaune très juteuse. Le jus dégouline sur le couteau et sur ma main à chaque fois. Je découpe ma pulpe en rondelles mi-fines puis, je les mets dans deux bocaux différents. L’un sera pressé pour faire du jus. L’autre, par contre, restera en entier pour être utilisé au fond du moule.

Le jus d’ananas du premier bocal en inox est rejoint progressivement par les œufs, une partie du sucre, la farine, la levure chimique et le beurre fondu. Je remue le tout avec la souplesse et l’agilité du fouet constitué de trois filets d’acier pliés et encastrés dans un manche en bois. Au bout de plusieurs minutes, le mélange est totalement homogène. Il faut à présent mettre la pâte obtenue dans le moule en aluminium et l’enfourner dans la marmite préchauffée qui me sert de four. Sauf que… avant de passer au four, une étape très importante est nécessaire.

D’après la recette, que je suis à la lettre… je fais fondre le sucre restant avec une légère quantité d’eau. L’objectif… obtenir du sirop de sucre que je verse ensuite dans mon moule rectangulaire, puis, j’y introduis les rondelles d’ananas réservées plus haut. Une fois cela fait, je verse la pâte au-dessus… direction le four. Le minuteur est réglé pour sonner 40 minutes plus tard, le temps que dure la cuisson.

En attendant… je fais quelques rangements dans mes affaires car c’est le jour du déménagement. Je tiens absolument à manger un gâteau une dernière fois dans cette maison avant de rejoindre une autre. Hélas ! Ma maman arrive avec le camion au moment où le minuteur m’annonce que le gâteau est prêt. Je le sors du four. Il est tout doré, moelleux à vue d’œil et au toucher , en plus de la belle odeur exquise qu’il dégage. Je le démoule et… je le renverse sur le dos. La face arrière du gâteau présente une jolie couleur caramélisée auréolée des trois rondelles d’ananas toutes luisantes. C’est exactement le résultat que je souhaite obtenir. Ma recette est réussie. Je laisse le gâteau refroidir sur l’étagère de la cuisine. Je vais le manger quand on aura fini de ranger les effets dans le camion, me dis-je.

En effet, ma daronne arrive à bord d’un véhicule à cabine avancée et à plateau moyen non couvert. Elle est accompagnée de trois messieurs : le chauffeur, qui a sensiblement le même âge qu’elle, et les chargeurs, deux jeunes hommes un peu plus vieux que moi mais pas tant que ça. Nous nous activons tous ensemble pour charger le plateau du camion. Les meubles, les valises, les assiettes, les seaux , les marmites, bref, tout effet qui nous appartient y est installé avec minutie et méthode . Les chargeurs sont des spécialistes en gestion de l’espace. Au bout de quatre heures de chargement, ils ont réussi à faire tenir un appartement de quatre pièces dans un camion de taille moyenne.

Très occupé à porter les effets, le gâteau est complètement sorti de mon esprit. D’ailleurs, je ne fais plus de tour à la cuisine jusqu’à ce qu’elle soit complètement vide. La daronne s’est chargée de cela. La maison est ainsi totalement vidée et balayée. Nous prenons donc la route pour le nouveau domicile situé à quatre kilomètres plus loin dans un quartier voisin.

Cette fois-ci, nous sommes à l’étage, au deuxième niveau d’ un immeuble , contrairement à l’ancien local où nous étions au rez-de-chaussée. L’aménagement est très ardu car il faut monter les quarante-huit marches d’escalier avec tout le mobilier. L’opération prend deux heures aux chargeurs, moi y compris. Pendant tout ce temps, déménagement et aménagement, le jour a laissé place à la nuit. L’opération est terminée. Le chauffeur et ses acolytes sont partis.

Celle qui paye le loyer et moi soufflons un peu. C’est à ce moment que mon esprit se rappelle de mon magnifique gâteau renversé à l’ananas. J’interroge donc la personne qui s’en est occupée… Elle l’a rangé dans un seau qui autrefois servait à la conservation du chocolat. Hélas ! Elle ne se souvient plus duquel seau il s’agit parmi la dizaine que nous possédons. Impossible pour le moment de les fouiller un par un car ils sont condamnés par une tonne de mobilier. Trop exténué pour chercher, je me résous à manger le plat de beignets aux haricots sautés que je suis allé acheter au beignetariat du quartier, qui, fort heureusement, n’est pas loin de la maison. Après avoir pris des forces, j’installe les lits de chacune des deux chambres pour que nous puissions dormir. Demain est un autre jour et assurément je vais retrouver mon précieux gâteau. Hélas !

Le chant du coq sonne au petit matin. Nous nous activons pour ranger les effets dans les espaces qui leur conviennent. Les valises et assimilés dans les chambres, les marmites et autres ustensiles dans la cuisine, le nécessaire de toilette dans la salle de bain, les appareils électroniques dans la salle de séjour… bref ! C’est le grand rangement en plus du grand nettoyage. Le transport de matériel d’un lieu à un autre s’accompagne toujours de saleté malgré les précautions prises. Nous passons toute la journée à faire cette tâche… mais pas de trace de mon gâteau. Je passe les seaux en question au peigne fin, ma pâtisserie ne s’y trouve pas. Celle qui s’est occupée de cela est tout aussi surprise. Nous continuons les recherches. Hélas ! La nuit tombe encore et nous ne l’avons pas retrouvé.

Ce n’est que tôt le matin du jour d’après que nous mettons enfin la main sur ce gâteau renversé à l’ananas. En réalité, elle l’a emballé dans un plastique noir et l’a mis dans le grand seau noir qui sert à faire des réserves d’eau. C’était dans un seau, certes, mais pas celui du chocolat. Je retire donc le gâteau de là. Il dégage déjà une odeur fétide, signe d’une décomposition.

Je le fais chauffer pour essayer de le récupérer. Dommage pour moi, la chaleur à 180° n’a pas réussi à se défaire des agents microbiens qui avaient déjà commencé à faire le festin de mon gâteau renversé à l’ananas. Je veux forcer et manger une bouchée mais l’odeur de pourriture m’en dissuade. Je me fais une raison ! Mon gâteau renversé à l’ananas qui, il y a deux jours, était délicieux, est aujourd’hui immangeable. J’ai un pincement au cœur. Je suis déçu. Je le jette dans la poubelle, malgré moi.

Trois jours après, j’essaie de refaire le même gâteau mais avec des ingrédients différents. Faute de sucre, j’utilise le miel pour faire le sirop qui va aller au fond du moule. Tout ne se passe pas comme prévu … le miel se brûle, pire, se calcine. Les éléments étant disproportionnés dans la pâte , le gâteau ramollit une fois sorti du four, en plus du fait qu’il n’a pas bien cuit. Quel gâchis ! Une nouvelle déception !

Depuis ce jour, l’occasion de faire un gâteau renversé à l’ananas ne s’est plus présentée. En fait, la première fois, c’était la chance du débutant, un peu comme dans les affaires de jeux de paris où l’on remporte toujours – ou pas forcément – la première mise.

A lire aussi : Recette de gâteau aux safous, une expérience inédite.


Inès D a-t-elle choisi la carrière de Messa pour son grand retour ?

Après une résidence artistique intense, Inès D est sur le point de frapper un grand coup avec son nouveau single Ka’a. Mais un détail m’intrigue : aurait-elle choisi la mythique carrière de Messa comme décor pour lancer sa nouvelle ère artistique ?

La semaine s’annonce bouillonnante pour les fans d’Inès D ! Après une résidence artistique où elle a tout donné, la chanteuse camerounaise revient sur le devant de la scène. Elle est portée par une détermination sans faille et une direction artistique renouvelée. C’est Sergy Timy, son manager, qui a mis le feu aux poudres sur les réseaux ce dimanche :

« Le prochain single donnera le ton des projets solides à venir entre son premier EP et son premier album. C’est un régal garanti qu’elle vous réserve 🔥 »

Sergy Timy

Et ce n’est pas tout. Inès D elle-même a teasé sur sa page Facebook ce lundi.

Coucou la D family. Ka’a arrive sur toutes les plate-formes d’écoute et de téléchargement légales. C’est notre nouveau single. Nous y travaillons depuis et j’ai hâte de le partager avec vous très très bientôt. C’est avec cette annonce que je vous souhaite la meilleure semaine possible, oui avec Ka’a, on ne va pas s’ennuyer 👌🏿🔥😍

Inès D
Inès D
Visuel officiel du nouveau single de Inès D

Un tournage à la carrière de Messa ?

Un autre indice est venu alimenter la rumeur : la maquilleuse Model Passy Ngah a publié le 1er juillet une vidéo des coulisses d’un shooting avec la chanteuse précisant : « J’ai été contactée par l’équipe de l’artiste @ines D pour un shooting à plusieurs thèmes. »

la maquilleuse Model Passy Ngah a publié le 1er juillet une vidéo des coulisses d’un shooting avec Inès D,
la maquilleuse Model Passy Ngah a publié le 1er juillet une vidéo des coulisses d’un shooting avec Inès D,

En scrutant les images, impossible de ne pas reconnaître le décor rocheux et spectaculaire de la célèbre carrière de Messa. Un site déjà prisé par des artistes comme Lydol, Krys M ou Indira pour leurs clips.

A lire aussi : chronique d’une randonnée inclusive au Mont Messa

Qui est Inès D ?

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Inès D est l’une des voix montantes de la musique urbaine au Cameroun. Inès Djakou Bathany, née à Yaoundé le 4 juin 1986, est une chanteuse camerounaise résidant aux États-Unis. Son style musical est un mélange d’afrobeat et de rythmes traditionnels de l’Ouest du Cameroun, sa région d’origine.

Elle a sorti plusieurs singles, dont « Molo Molo » (2022), « Kongolibon » (2023), « Mother Is Love » (2023) et « Yayato » (2024). Sa musique mélange le bendskin de culture Bamiléké avec des éléments d’afropop. Elle ne souhaite pas se définir dans un registre musical précis afin de ne pas limiter sa créativité. Toujours entourée d’une équipe créative, Inès D ne cesse d’innover.

A lire aussi : 10 mets camerounais célèbrés en chanson

Vers une nouvelle ère pour Inès D ?

Tout semble donc indiquer qu’Inès D est prête à dévoiler une nouvelle facette de son art, plus mûre, plus affirmée, et surtout résolument tournée vers l’avenir.

Le décor de la carrière de Messa, s’il est confirmé, marquera sans doute une étape importante dans son parcours artistique. Alors, prêts à danser toute la semaine sur le nouveau titre d’Inès D ? La réponse, le vendredi 25 juillet prochain sur sa page YouTube officielle.

Inès D
Alors, prêts à danser toute la semaine sur son nouveau titre ? La réponse, le vendredi 25 juillet prochain sur sa page YouTube officielle.