FOCGO FEUGUI Sidoine

Raoul Wansi raconte ses voyages artistiques

Le mercredi 5 mars 2025, je me suis rendu au DJEUGA PALACE HOTEL de Warda pour le vernissage de l’exposition collective ”Être ou paraître” de Raoul Wansi et Merlin Tefolo. Cette occasion m’a permis de mener une interview avec Raoul Wansi, un artiste plasticien camerounais résidant à Douala. Il partage ses voyages artistiques, ses inspirations, et la façon dont il utilise son art pour célébrer la femme. Passionné de dessin et de peinture, il évoque ses expériences enrichissantes à travers le pays et à l’international.

Voyage en hauteur : À quel moment Raoul Wansi a découvert les arts visuels ?

Raoul Wansi : J’ai commencé le dessin en classe de CE1 à Dschang. C’était mon seul loisir. Par la suite, j’ai intégré l’École des Beaux-Arts de Mbalmayo, puis l’Université de Yaoundé en filière Arts plastiques et histoire de l’art. L’art c’est ma vocation. J’adore ce métier que j’ai choisi.

Sidoine FEUGUI et Raoul Wansi  sous son tableau. Crédit : Armelle LOBE
Sidoine FEUGUI et Raoul Wansi sous son tableau. Crédit : Armelle LOBE
Voyage en hauteur : Quelles émotions souhaitez-vous transmettre à travers vos œuvres ?

À travers mes œuvres, je souhaite transmettre des émotions joyeuses qui magnifient les femmes. Mon travail est principalement dédié aux femmes et à leur implication active dans la société. Concernant le choix des couleurs, j’opte pour un mélange de styles naïf, cubiste et pop. Mes œuvres, très colorées, évoquent la tendresse, l’amour et la stabilité. Elles rendent hommage à la femme et montrent les joies qu’elle nous procure au quotidien.

Tableau de Raoul Wansi exposé au Djeuga Palace Hotel du 05 mars au 05 avril 2025. Crédit : Armelle LOBE
Tableau de Raoul Wansi exposé au Djeuga Palace Hotel du 05 mars au 05 avril 2025. Crédit : Armelle LOBE
Voyage en hauteur : Quelles sont les différentes destinations que vous avez visitées grâce à l’art ?

Grâce à l’art, j’ai pu parcourir plusieurs villes du Cameroun : Pitoa à Garoua, Limbe, Buea, Yaoundé et Bandjoun. À Pitoa, j’ai participé à des ateliers de dessin avec l’Association « Regard d’Enfants », où nous apprenions aux enfants à dessiner et à peindre. Ce qui m’a le plus marqué, c’est de découvrir des enfants talentueux, joyeux et s’adaptant facilement au matériel. C’était une expérience très enrichissante. J’ai également animé des ateliers dans un orphelinat à Limbe avec un ami dans le projet Orphée avec Canal +.

Raoul Wansi en atelier de peinture et de dessin sous le thème ‘’les émotions’’ avec les élèves du CE1A, CE1B,CE1C,CE1D du Lycée Dominique Savio à Douala.
Raoul Wansi en atelier de peinture et de dessin sous le thème ‘’les émotions’’ avec les élèves du CE1 du Lycée Dominique Savio à Douala.

J’étais à Bandjoun Station dans une résidence artistique avec What Water, où nous avons vendu des œuvres pour financer la construction des forages pour les populations locales. Après Bandjoun, nous avons inauguré un forage à Bagangté et réalisé des œuvres exposées au Centre Culturel de Foumban et au Complexe Yannick Noah à Yaoundé.

Raoul en pleine création à Bandjoun Station. Crédit : Bandjoun Station
Raoul en pleine création à Bandjoun Station. Crédit : Bandjoun Station
Voyage en hauteur : Qu’est-ce qui fait le charme de Bandjoun Station ?

Le charme de Bandjoun Station réside d’abord dans son architecture unique, qui reflète l’identité culturelle de l’espace. Ensuite, l’environnement est paisible et propice à la création. Barthélémy Toguo, le propriétaire, est très accueillant. Bandjoun Station m’a beaucoup touché parce que c’est un espace où les artistes peuvent vraiment s’épanouir et créer librement.

Face principale de Bandjoun Station
Face principale de Bandjoun Station. Crédit : Bandjoun Station

« “Bandjoun Station” qui veut dire littéralement en français la gare de Bandjoun est situé à environ 3 km de la ville de Bafoussam. C’est un projet à vocation sociale, culturelle et agricole. Véritable aventure artistique, Bandjoun station s’érige comme une référence de l’art contemporain au Cameroun. C’est un lieu d’accueil et d’échange pédagogique pour les artistes en herbe et les professionnels du monde des arts visuels. C’est avant tout un atelier de création et/ou de production pour les artistes en résidence. L’espace musée présente des expositions temporaires sur une diversité de thématiques, et promeut l’art contemporain. Le bâtiment qui propose une architecture innovante, est né de l’imagination de Barthélémy Toguo, fondateur du lieu ».

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Voyage en hauteur : En dehors de Bandjoun, quelle autre destination a marqué Raoul Wansi ?

La Biennale de Montpellier en 2023 m’a également beaucoup marqué, car j’ai rencontré d’autres artistes, comme le Burkinabé Casimir Balibié Bationo [CasziB.], la Tunisienne Ikram Chakib et Emery Baï. C’est important, cette rencontre entre artistes de différents pays, car cela nous aide également à améliorer nos propres travaux.

Ikram Benbrahim et Raoul Wansi à la Biennale de Montpellier Euro-Africa 2023
Ikram Benbrahim et Raoul Wansi à la Biennale de Montpellier Euro-Africa 2023. Crédit : Raoul Wansi
Voyage en hauteur : Comment les arts visuels peuvent-ils aider à promouvoir le Cameroun ?

C’est une question complexe. Notre métier peut valoriser le pays. Je pense que l’État devrait créer des galeries et des espaces d’échanges pour promouvoir les arts plastiques, un domaine souvent négligé. Il est important de mettre l’accent sur la valorisation des arts visuels au Cameroun.

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Voyage en hauteur : Quelles destinations un touriste devrait-il absolument visiter au Cameroun ?

Un touriste devrait explorer l’Ouest avec ses nombreux musées, comme la Case patrimoniale de Bapa, Le nouveau Musée Royal Bamoun de Foumban, le Musée d’art contemporain Bandjoun station et le Musée de la Chefferie De Bafoussam. Il est aussi essentiel de visiter Douala pour découvrir les galeries d’art, notamment Doual’Art, Annie Kadji Art Gallery et Bolo L’Espace Art & Culture. À Yaoundé, l’Abali Gallery et le CIPCA font un travail remarquable pour l’avancement des arts visuels.

Abali Gallery
Abali Gallery
Voyage en hauteur : Un mot pour la fin ?

Merci pour cette interview et pour tout ce que vous faites dans le domaine de la culture, des arts et du tourisme. Je vous souhaite beaucoup de courage. N’abandonnez pas malgré les difficultés. Vous réalisez un travail formidable.


Evrard Messomo, jeune analyste média amoureux du rocher du Mont Fébé

Evrard Messomo, étudiant en histoire à l’Université de Yaoundé I, est une nouvelle recrue du Club Communication de l’Université pour l’année 2024/2025. Lors de sa présentation, un élément essentiel de son parcours a attiré mon attention : il se consacre à l’analyse de l’information. Je vous invite à découvrir ce jeune homme qui travaille au sein de ce club.

Voyage en hauteur : Qui est Evrard Messomo ?

Je suis Evrard Messomo, étudiant au département d’Histoire de l’Université de Yaoundé I. J’écris et j’analyse pour plusieurs médias, notamment France Média Monde et Pressafrik.

Evrard Messomo
Evrard Messomo

Voyage en hauteur : Le journalisme et vous : quelle est l’histoire ?

L’histoire entre le journalisme et moi a commencé il y a longtemps, au début de mon adolescence. J’appréciais tout ce qui était animation et sketchs lors des activités scolaires, ce qui a nourri mon affection pour la présentation à la télévision et à la radio. J’ai également découvert de nouvelles choses grâce à mon immersion dans les sciences de l’information et de la communication. Bien qu’étant apprenti-historien, je ne saurais dire exactement comment cela a commencé. Comme le dit un proverbe bantou : « On ne connaît pas toujours comment les bonnes choses commencent, à moins d’être sorcier. »

Voyage en hauteur : Quels sont vos modèles dans le domaine ?

Citer des journalistes serait une tâche interminable, tant ils sont nombreux. Parmi mes modèles, j’admire Marie Françoise Ewolo à la radio, Evelyne A. Koung à la télévision, et le miraculeux Yvan Bounoung dans la presse écrite. Bien sûr, je n’oublie pas les autres.

Eric Christian Nya Officiel et Marie Françoise Ewolo dans l'atelier du jeune plasticien Patrick Ndzana au village Dzu Zôk, situé au quartier Ekié Sud dans le 4ème arrondissement de Yaoundé. Crédit : Eric Christian Nya Officiel
Eric Christian Nya Officiel et Marie Françoise Ewolo dans l’atelier du jeune plasticien Patrick Ndzana au village Dzu Zôk, situé au quartier Ekié Sud dans le 4ème arrondissement de Yaoundé. Crédit : Eric Christian Nya Officiel

Voyage en hauteur : Quel est le processus qui vous a permis d’intégrer la cellule des données de l’antenne de l’Afrique Centrale pour France Media Monde ?

Mon intégration au sein de France Média Monde s’est faite en 2024 grâce à mes compétences en documentation et en analyse d’articles sur des faits d’actualité politique et économique en Afrique. Je fais partie de la Cellule des données de l’antenne de l’Afrique Centrale pour France Média Monde, qui couvre en grande partie les publications du Figaro concernant notre continent. Bien que je sois journaliste, je ne publie pas d’articles pour Le Figaro. Aujourd’hui, je continue à mettre en avant ces qualités par passion pour d’autres groupes de médias.

(Ndlr) Le métier spécifique décrit par Evrard Messomo peut être appelé « analyste de contenu » ou « analyste de données médiatiques ». Ces professionnels se concentrent sur la documentation et l’analyse des articles et des informations, souvent dans le cadre de la recherche et de l’évaluation des contenus à publier.

« L’analyste média est un professionnel chargé d’étudier, d’interpréter et d’évaluer les tendances médiatiques, le contenu diffusé et l’impact des stratégies de communication. Il analyse les données issues des médias traditionnels (télévision, radio, presse) ainsi que des plateformes numériques et réseaux sociaux ».

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Voyage en hauteur : Comment décririez-vous votre approche personnelle à la recherche et à l’analyse d’articles sur l’actualité ?

La recherche et la classification systématique des données (publiques ou confidentielles) sont effectuées par des équipes d’analyse dynamique qui sont censées répondre aux attentes du média recruteur. Il serait préférable de plonger dans une description parallèle de la recherche et de l’analyse de l’information et des données collectées, qui se veulent passives par rapport à la politique et à la qualité de l’analyse réalisée au sein de l’équipe, chargée de rendre compte au journaliste (auteur.e de l’article). Il y a donc une recherche des données à réaliser pour constituer le contenu de l’article à publier, une analyse des informations collectées auprès de l’élite politique ou du citoyen lambda, et un partage d’idées pour la réfection du contenu de l’article publié. Ainsi, l’analyse de l’article publié ou à publier ne doit pas être une satire savante ou une analyse démagogique sur la chronique et l’actualité, mais plutôt une recherche et une analyse appelées à la transparence et à l’originalité du contenu, tant pour la presse écrite que pour la télévision et la radio.

Voyage en hauteur : En tant qu’étudiant en histoire, comment pensez-vous que votre formation influence votre travail de journaliste ?

Sidoine, parfois j’ai du mal à me faire reconnaître comme journaliste, ce qui fait que beaucoup de détails ne circulent pas sur moi sur Internet. Loin de cela, je suis étudiant en histoire, et ce titre me plaît davantage. En tant que futur historien, je suis bien évidemment influencé par l’aspect didactique de l’écriture et de l’expression, bien que je peine parfois à naviguer entre le jargon des sciences historiques et celui de la sociologie de la communication. À la traditionnelle ambivalence qui différencie les deux, je m’égare souvent, je le reconnais. Il faut également reconnaître que la critique en histoire n’est pas la même que celle faite par un.e journaliste, et que les techniques de l’information et de la communication ne sont pas comparables aux méthodes historiques ou archéologiques. Cela explique ma difficulté à différencier les deux lorsque le terrain m’appelle.

Voyage en hauteur : Quelles sont les thématiques que vous considérez comme les plus importantes à aborder dans le journalisme africain aujourd’hui ?

Le journalisme est aujourd’hui ouvert à toute la société. À partir d’une information ayant droit à un individu, il/elle pourra se revendiquer journaliste. Vaste dans sa qualité caustique et sa dimension sociologique, et même dans son approche des écoles positivistes en sémiotique, le journalisme en Afrique s’est démarqué par plusieurs courants savants, intellectuels et sociaux. On peut citer les perspectives d’une société africaine en quête de liberté et de démocratie ou d’une Afrique en plein essor vers son développement. En histoire, le fait s’impose à l’humanité, donc je ne pourrais considérer aucune thématique comme plus importante qu’une autre à aborder dans le cadre journalistique en Afrique. Il suffirait d’aborder des questions d’actualité qui soient propres aux civilisations africaines en leur temps et à leur démarche évolutive dans un concept de mondialisation et de mémoire collective.

Voyage en hauteur : Quels sont vos projets futurs dans le domaine du journalisme ou de l’histoire, et comment envisagez-vous de les réaliser ?

Comme je le dis toujours, le journalisme et moi, c’est une histoire de passion. Je continuerai bien évidemment à faire valoir mes compétences en toute humilité à ceux qui le souhaitent. D’ici là, il me serait bénéfique de poursuivre mes études au département d’histoire de l’Université de Yaoundé I, ce qui se fera grâce à beaucoup de résilience et de persévérance.

Voyage en hauteur : Quelle est la place du tourisme dans votre vie ?

Le tourisme a une place importante dans ma vie. J’aime voyager, découvrir de nouvelles choses et profiter des offres d’hôtels lors de mes petits voyages.

Voyage en hauteur : Quels sont les différents sites touristiques ou espaces de loisirs que vous avez déjà visités ?

J’ai visité le Musée National de Yaoundé. Dans cette même ville, je vais régulièrement au rocher du Mont Fébé pour faire mon footing chaque dimanche. J’ai également apprécié EcoPark yaoundé, où j’ai vu de magnifiques tortues. Voici quelques-uns des lieux de loisirs que j’ai déjà visités.

Tortue sillonnée à Ecopark Yaoundé. Crédit : Sidoine FEUGUI  - Evrard Messomo
Tortue sillonnée à Ecopark Yaoundé. Crédit : Sidoine FEUGUI

Voyage en hauteur : D’après vous, qu’est-ce qu’un touriste doit absolument visiter au Cameroun ?

À mon humble avis, tout touriste au Cameroun ne devrait pas manquer le Rocher du Mont Fébé, qui offre un cadre paisible, une sérénité totale et une vue magnifique sur les sept collines de Yaoundé.

Voyage en hauteur : Parlez-nous de vos origines.

Je suis Camerounais, originaire de la région du Centre, dans le département de la Lékie, d’un village appelé Efoumelessi, situé à quelques kilomètres de la ville d’Obala. Je suis Eton (Essele, pour précision) et un enfant Ekang. Télécharger le Répertoire actualisé des villages du Cameroun


Je suis amoureux d’elle-s !

Février, le mois de l’amour, nous invite à célébrer toutes les formes d’affection. Pour moi, c’est l’occasion parfaite de mettre en lumière une de mes plus grandes passions : la marche et la randonnée en pleine nature. Vous l’avez compris, je suis amoureux d’elles !

La marche et moi, une histoire d’amour depuis l’enfance

Dès mon enfance, la marche a toujours eu une place spéciale dans ma vie. Je marchais beaucoup sans but précis, simplement pour le plaisir de découvrir. À l’âge de 12 ans, je me rappelle avoir fait une marche de Biyem-Assi pour Bastos, soit 9,15 km. En fait, j’allais voir ma tante à la Cité Verte, sauf que, je me suis perdu en chemin. Finalement, je me suis retrouvé à Bastos. Heureusement, j’avais le numéro de ma mère en tête. Je l’ai appelée depuis un kiosque à cigarettes servant de « call box » (cabine d’appel) devant la résidence nigériane, et elle est venue me chercher. Près de 20 ans après, la même cabine est toujours sur place, mais est-ce la même personne ?

Un enfant amoureux de la marche. Image par Hai Nguyen de Pixabay
Un enfant amoureux de la marche. Crédit : Hai Nguyen de Pixabay

Une autre anecdote de marche… toujours vers la Cité Verte. Mon oncle Tonton Gabriel s’est installé dans l’un des appartements de ma tante, qui est malheureusement décédée. J’aimais beaucoup aller là-bas pour passer du temps avec sa femme. À cette époque, j’avais déjà 16 ans. Quand j’étais un peu « foirée », je marchais jusqu’à chez Tata Blandine, sachant que je ressortirais de là avec au moins 1000 FCFA après avoir mangé un gros plat de pommes pilées. Sauf qu’un jour, j’ai fait l’effet inverse. Je faisais des courses au centre-ville. Au lieu de rentrer à la maison avec mon dernier 250 FCFA, j’ai décidé de prendre le taxi pour aller la voir, espérant qu’elle me donnerait 1000 FCFA comme d’habitude. Hélas ! Elle était très « foirée », donc je suis rentré à pied.

Bref, je suis amoureux de la marche, surtout en solitaire. La plus longue marche que j’ai faite en une journée est de 25 km sur la boucle Obili-Etoudi-Ngousso-Ompisport-Obili. C’est en rédigeant ce billet que je me rends compte que j’ai marché autant.

La plus longue marche que j’ai faite en une journée est de 25 km sur la boucle Obili-Etoudi-Ngousso-Ompisport-Obili.  Crédit : Google Map amoureux
La plus longue marche que j’ai faite en une journée est de 25 km sur la boucle Obili-Etoudi-Ngousso-Ompisport-Obili. Crédit : Google Map

7 km de Marche Nocturne : L’Amour au Cœur de l’Aventure

L’expérience de marche la plus risquée que j’ai vécue, c’était le 1er décembre 2020. J’étais avec ma petite amie au Palais des Congrès pour « Yaoundé en fête ». Nous sommes partis de là à 2h en direction du lac municipal où elle réside. Nous avons parcouru une distance de 7,5 km à pied à travers les quartiers Tsinga, Briqueterie, Mokolo Elobie et Messa, des zones réputées pour leur niveau d’insécurité. Dieu merci, nous n’avons pas rencontré d’obstacle en chemin. Ah, les choses de l’amour ! Chacun de nous avait de l’argent pour payer le taxi, mais nous avons décidé de faire la balade en amoureux en pleine nuit. Nous avons passé trois belles années ensemble, mais notre relation s’est malheureusement terminée, par ma faute.

J'ai conduit des amoureux de tourisme au Sanctuaire des primates de la Mefou.
J’ai conduit des amoureux de tourisme au Sanctuaire des primates de la Mefou. Crédit : Sidoine FEUGUI

Je suis amoureux de la Randonnée

La randonnée, ma seconde amoureuse. Je suis fou d’elle. Ma première randonnée remonte à mes 14 ans, lors d’une sortie avec le groupe scout Saint-Pierre Chanel d’Obili au mont Eloumden en 2009.

Photo souvenir d'une activité scout.
Photo souvenir d’une activité scout.

Ce jour-là, avant de commencer l’ascension, je me rappelle que le chef Ebodiam Rémy, surnommé Chef Condor, nous avait appris à cuisiner du ndomba de riz sauté sans marmite. Nous avions tous les ingrédients : riz, tomates, condiments verts, sel, poisson fumé, bois et allumettes, mais pas de marmite pour la cuisson. Nous avions fait tous les assaisonnements, emballé dans des feuilles de bananier, puis creusé le sol pour mettre le paquet à l’intérieur. Au-dessus, nous avons remis de la terre, posé le bois, allumé le feu et placé une tôle au-dessus pour concentrer la chaleur.

Après cela, nous sommes montés. Quel parcours difficile ! Entre champs, forêt dense et escalade des rochers nous sommes arrivés au sommet sans peine. Le véritable combat était la descente. Comme la pente était raide, parfois la colline imposait de courir, fatiguant ainsi mes genoux. Lasse de courir malgré moi, j’ai décidé de descendre en m’asseyant. Je me suis laissé glisser jusqu’en bas. Fallait alors voir comme mon derrière était noir de la terre de cette forêt !

J’ai fait environ 500 randonnées en 15 ans

Au sommet du Mont Loua. Crédit : Boyabe. je suis amoureux de la randonnée
Au sommet du Mont Loua. Crédit : Boyabe

Depuis lors, je ne peux plus compter le nombre de fois où j’ai fait des randonnées. Si je devais donner une estimation, je dirais que j’en ai fait environ 500 en 15 ans. Que ce soit avec les scouts, avec l’agence de tourisme Randonnée Inspiration, avec mon agence Voyage en Hauteur, ou lors de mes expéditions en solitaire. J’ai peur de draguer les femmes, mais je n’ai pas peur de m’aventurer tout seul en montagne. Aujourd’hui, je suis fier de me présenter comme guide de randonnée. Tous les weekends, je conduis les amateurs et passionnés de randonnée, comme moi, à l’assaut des sept collines de Yaoundé. J’organise aussi des excursions dans les sites touristiques.

« La Nature nous ronge l’esprit, l’aventure est notre nid »

« La randonnée pédestre est un loisir de marche à pied qui s’effectue dans la nature en suivant un itinéraire. » Justement, j’adore la nature. J’adore la forêt, la montagne, la plaine, la rivière, le fleuve, le lac… bref, j’adore la nature. Je me suis déjà rendu dans cinq régions sur les dix que compte le Cameroun : Centre, Ouest, Adamaoua, Est et Littoral.

Vue aérienne du Lac Tison près de Ngaoundéré. Crédit : Desy Danga
Vue aérienne du Lac Tison près de Ngaoundéré. Crédit : Desy Danga

Mon plus beau souvenir de touriste, c’est mon passage au lac Tison, à 15 km de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua. Ce lac de cratère, d’une profondeur moyenne de 48 m et d’un diamètre d’environ 300 m, est un véritable havre de paix. La beauté verdoyante du site, additionnée au silence mélodieux du lac, offre une véritable thérapie pour le corps et l’esprit. Ça me fait du bien d’y penser, neuf ans après mon passage en 2016 dans le cadre du Jamborée National Scout « Ngaoujamb ».

Nous avons ensuite visité les chutes de la Vina, où les eaux voraces s’offrent en spectacle pour le grand bonheur des touristes. Comment parler de cette expédition sans évoquer le mont Ngaoundéré ? Il est facile à arpenter, mais il présente un panorama pittoresque idéal pour les cartes postales.

À Dschang, je suis tombé amoureux du lac municipal

Lecture publique au bord du Lac Municipal de Dschang dans le cadre du African Festival Of Emerging Writers 2019. Crédit : Raoul Djimeli

À l’Ouest, ma région d’origine, mon village Bamendou présente aussi un panorama idyllique. C’est vrai que je n’ai pas encore eu l’occasion d’explorer le potentiel touristique de ce village du département de la Menoua. J’aimerais bien faire « une randonnée verte à Bamendou, plus précisément sur le Mont Bani, qui culmine à environ 1921 mètres d’altitude. Il s’agit d’une expérience rurale respectueuse de l’environnement, à la périphérie nord de Dschang, à environ 25 km du centre-ville ». À Dschang, je suis tombé amoureux du lac municipal. À Foumban, j’ai été séduit par le palais royal de Foumban ; dommage que je n’ai pas fait l’ascension du mont Mbapit, qui atteint 2000 m d’altitude. J’aimerais bien visiter les paysages de Foutouni, le mont Batcha, la vallée de Bana et bien d’autres.

Dans la région de l’Est, je n’ai rien visité du tout. J’y ai fait juste un tour éclair pour une mission dans un établissement scolaire. Quand j’aurai l’occasion, je ferai un tour au Musée Vivant des Bakas à Assok Mintom, à la rencontre de la communauté des pygmées bakas. J’irai voir les chimpanzés dans la réserve de Mbargué Wall, située du côté Est de la ville de Bélabo, dans la région de l’Est Cameroun, avec le guide Yannick.

Visite au Musée Vivant des Bakas à Assok Mintom. Crédit : Apifed Cameroun

Dans la région du Centre, je préfère passer du temps au rocher de Vimli à Mbalmayo et au lac Minkoameyos à Yaoundé, sans oublier les randonnées sur les sept collines de Yaoundé. Je ne veux pas développer davantage au risque de rendre ce billet trop long.

Vous l’avez compris, je suis amoureux d’elles : la marche, la randonnée et la nature.

Un Voyage vers les Objectifs de Développement Durable (ODD)

Les Objectifs de Développement Durable (ODD)

Dans mon histoire, je réalise que plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD) émergent de ma passion pour la randonnée et la nature. Tout d’abord, l’ODD 3, qui promeut une vie saine et le bien-être, est au cœur de mes balades en pleine nature. Chaque randonnée me permet de me ressourcer et de prendre soin de moi, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Ensuite, l’ODD 11, axé sur la création de villes durables, se manifeste dans mes explorations des quartiers de Yaoundé et des paysages camerounais, où je découvre la beauté de notre environnement urbain. Enfin, l’ODD 15, dédié à la protection de la vie terrestre, résonne profondément en moi. Mon amour pour la nature me rappelle à quel point il est crucial de préserver nos écosystèmes. À travers mes pas, j’espère inspirer d’autres à réfléchir sur la manière dont nos aventures peuvent contribuer à un monde plus durable et harmonieux.


Mon expérience du blogging partagée au Collège Bilingue Sibafo

Dans le cadre de « la journée des métiers » le vendredi 07 février 2025, j’ai eu l’honneur d’être sollicité au Collège Bilingue Sibafo pour partager mon expérience du blogging avec des élèves du second cycle. Je tiens à remercier Karolyn Kouakap pour cette invitation qui m’a permis de rencontrer ces jeunes esprits prometteurs à l’occasion des activités de la fête de la jeunesse

Qu’est-ce que le Blogging ?

En entrant dans cette salle de classe spacieuse et bien éclairée, je ressentais une certaine excitation. Devant moi, une trentaine d’élèves attentifs attendaient de découvrir l’univers du blogging. J’ai commencé par définir ce qu’est le blogging. C’est un moyen d’expression en ligne qui permet de partager des idées, des expériences et des connaissances. L’histoire du blogging remonte aux débuts d’Internet, où des individus ont commencé à publier des journaux en ligne. Le tout premier blog a été écrit en 1994 avant que le nom « blog » ne soit inventé. Le terme « « Weblog » » a été créé en 1997, mais il faudra attendre 1999 pour qu’il apparaisse sous sa forme abrégée, « blog ».

Blog : définition. Crédit : mise-en-valeur.fr blogging
Blog : définition. Crédit : mise-en-valeur.fr

Aujourd’hui, les blogs se déclinent en différentes types : mode, voyage, technologie, cuisine, et bien d’autres. Qu’il s’agisse de blogs personnels, de blogs d’entreprise ou de blogs professionnels, chacun a sa place dans le vaste monde numérique. J’ai également expliqué comment rentabiliser un blog. Les blogueurs peuvent générer des revenus via la publicité, les partenariats avec des marques, le marketing d’affiliation et même la vente de produits ou services. Ainsi, un blog peut devenir une véritable entreprise si l’on y investit du temps et des efforts. Cela a suscité un vif intérêt parmi les élèves qui envisageaient déjà des idées pour leurs propres projets.

Un bon blog est celui qui respecte sa ligne éditoriale. Un bon blog est celui qui apporte de la valeur ajoutée aux lecteurs. Quand un internaute finit de lire un article, il doit en repartir enrichi, satisfait, instruit. Je crois que nous devons tous contribuer à l’émancipation des internautes en partageant ce que nous savons sur tous les sujets.

espritafricain.mondoblog.org

Éducation aux médias et vérification de l’information

Sidoine FEUGUI face aux élèves du Collège Sibafo pour parler du blogging. Crédit : Ulrich Herman TCHUENKAM
Sidoine FEUGUI face aux élèves du Collège Sibafo pour parler du blogging. Crédit : Ulrich Herman TCHUENKAM

Après cette introduction, nous avons ouvert la discussion avec une phase de questions-réponses. Cela m’a permis d’aborder l’importance de l’éducation aux médias et des méthodes de vérification de l’information. Dans un monde où la désinformation est omniprésente, il est crucial d’apprendre à distinguer le vrai du faux. Je leur ai expliqué que la vérification des sources et la recherche de plusieurs points de vue sont essentielles pour garantir la fiabilité des informations. Vérifier les faits est essentiel pour devenir un consommateur éclairé des médias.

1jour1actu, « S’informer, ça s’apprend ! ». Texte : Marie Révillion. Illustrations : Guillaumit
1jour1actu, « S’informer, ça s’apprend ! ». Texte : Marie Révillion. Illustrations : Guillaumit

Je n’étais pas la seule personne ressource lors de cet échange. Paul Ekwalla, un entrepreneur dans le secteur des BTP, a également pris la parole. Il a défini l’entrepreneuriat comme « une activité qui consiste à mener une activité à valeur ajoutée, créant ainsi de la richesse et de l’emploi dans la vente de biens et de services ». Son discours était inspirant. Il a encouragé les élèves à devenir des créateurs d’emplois plutôt que de simples demandeurs d’emploi. J’ai beaucoup appris de son intervention. Le blogueur est aussi un entrepreneur car il crée de la valeur ajoutée à travers du contenu qui peut générer des revenus, que ce soit par la publicité ou la vente de produits.

Une élève inspirante

Au milieu de cette audience attentive, Aïssatou Djibrila, une élève de première, a particulièrement retenu mon attention. Habillée d’une blouse blanche, avec un stéthoscope autour du cou, elle était très attentive à mes explications. Elle m’a confié son amour pour l’écriture et son rêve de devenir médecin. Je l’ai encouragée à envisager un blog sur la santé, à l’instar d’Olive Atangana et du Dr Hemes Nkwa. Aïssatou a partagé son enthousiasme : « J’apprécie beaucoup ce séminaire, car j’en garde une expérience particulière. Grâce au blogging, je vais pouvoir m’inspirer encore plus pour écrire. Grâce à l’entrepreneuriat, je pourrais monter ma propre entreprise afin d’avoir des revenus pour réaliser mon rêve de devenir médecin ».

Sidoine FEUGUI face aux élèves du Collège Sibafo pour parler du blogging. Crédit : Ulrich Herman TCHUENKAM
Sidoine FEUGUI face aux élèves du Collège Sibafo pour parler du blogging. Crédit : Ulrich Herman TCHUENKAM

Pourquoi la journée des métiers ?

L’organisateur de l’évènement, Ulrich Herman TCHUENKAM, coordonnateur du Collège Bilingue Sibafo, a également pris la parole. Cette activité s’est inscrite dans le cadre de la « Journée des Métiers ». Cette journée que le Collège organise chaque année permet aux spécialistes de certains corps professionnels de présenter leur métier aux élèves afin de susciter des vocations dans leur profession.

Beaucoup d’élèves se dirigent vers des carrières peu réalistes, oubliant les nombreux secteurs porteurs comme l’entrepreneuriat et le blogging.

Ulrich Herman TCHUENKAM, coordonnateur du Collège Bilingue Sibafo

Il a expliqué que le choix d’inviter un blogueur et un entrepreneur visait à ouvrir les yeux des jeunes sur les opportunités qui s’offrent à eux. Selon lui, « beaucoup d’élèves se dirigent vers des carrières peu réalistes, oubliant les nombreux secteurs porteurs comme l’entrepreneuriat et le blogging ». Son engagement pour l’éducation des jeunes est admirable et montre l’importance de guider les élèves vers des chemins constructifs. Pour lui, il est crucial de montrer aux élèves qu’il existe de nombreux secteurs porteurs.

Daniel NGAGOUM, actuel Conseiller Technique et tout premier principal du collège, a fait une présentation général de l’établissement. « Le collège bilingue Sibafo est un établissement scolaire d’enseignement secondaire général bilingue à cycle complet. Créée il y a 18 ans, il est situé dans l’arrondissement de Yaoundé 1er au quartier Etoudi au lieu-dit abattoir. Nous sommes à notre douzième promotion de bacheliers ».

Place au concours d’écriture

À la fin de cette séance d’information, qui a duré plus de trois heures, j’ai lancé un concours d’écriture. Chaque élève présent devrait raconter ce qu’il avait appris en maximum deux pages A4. En guise de récompense, j’ai proposé une somme de 2000 FCFA et la publication de leur billet sur mon blog. Certains murmuraient que la récompense était insuffisante. Je leur ai rappelé que la véritable valeur de cette expérience réside dans les opportunités qu’elle peut offrir. Gagner le prix RFI MONDOBLOG ne m’a pas apporté d’argent, mais cela m’a ouvert de nombreuses portes.

On ne se lance pas dans le blogging pour devenir riche.

Pour conclure mes propos, j’ai rappelé à ces élèves que l’on ne se lance pas dans le blogging pour devenir riche. C’est avant tout un moyen de partager sa passion avec le monde. L’argent viendra peut-être plus tard, mais le véritable enrichissement est le partage de connaissances et d’expériences. J’espère que cette rencontre a inspiré ces jeunes à explorer davantage le monde du blogging et de l’entrepreneuriat, et qu’ils réaliseront que leur avenir est entre leurs mains.

Ensemble, nous avons planté une graine d’inspiration. J’espère qu’elle germera et qu’elle fleurira dans les projets futurs de ces élèves.


Mes années à l’Université de Yaoundé 1 : à la merci d’une télécommande

A l’occasion de la 59e édition de la fête nationale de la jeunesse, qui se célèbre tous les ans, le 11 février, l’association des blogueurs du Cameroun (ABC) organise une campagne d’articles de blogs sur le thème : « souvenirs de jeunesse ». Dans ce cadre, je vous invite à découvrir mon parcours académique à l’Université de Yaoundé 1. Il s’est transformé en un véritable casse-tête. En cause : les télécommandes dysfonctionnelles qui me faisaient rater les évaluations. Cette méthode d’évaluation a prolongé mon parcours, me faisant passer six longues années pour obtenir ma licence au lieu des trois années usuelles.

Les rêves d’enfance et les réalités de l’Université

Quand j’étais enfant, mon rêve était de devenir avocat. Mon imagination me plongeait en pleine cours de justice, où je défendais magistralement mes clients dans des affaires diverses. Je me voyais faire des études de droit. Sauf que mon rêve s’est effondré tel un château de cartes, le jour de la proclamation des résultats du baccalauréat de l’enseignement général en juillet 2015. Entre joie et euphorie, je savourais avec bonheur l’obtention de mon tout premier diplôme universitaire. Et il faut dire qu’à ce moment-là, mes pensées étaient très loin d’envisager un parcours académique. Le nouveau bachelier que j’étais a passé des vacances paisibles à l’abri des notions scolaires et assimilés.

À la rentrée scolaire 2015/2016, je me sentais tout d’un coup embêté de ne plus avoir à porter l’uniforme de tissu tergal de couleur verte à rayure blanche de mon ancien établissement. Ce lundi là, je me sentais tout bizarre. Des sentiments mitigés m’animaient. Heureux de la liberté de disposer de son temps et à la fois contrarié de ne plus pouvoir taquiner enseignants et surveillants.

Focgo Feugui Sidoine - tenue Institut victor Hugo 2015 - 01 Crédit : MEJEU FEUGUI Philomène
Focgo Feugui Sidoine en tenue de l’Institut victor Hugo 2014 Crédit : MEJEU FEUGUI Philomène

Le mardi… Je m’étais résolu à faire un tour dans le collège de mon ex-petite-amie, d’avec laquelle la rupture fut prononcée un mois avant la rentrée. Je me sentis à l’aise dans ce lieu de savoir. Au point où, en fin de semaine, j’ai informé ma mère du fait que « je doute de la qualité de mon bac. Je n’ai pas le niveau. Je dois reprendre la terminale au collège Jésus-Marie pour passer le bac avec un très bon niveau. » Tout naturellement, elle me fit des remontrances assez sévères, en m’invitant à penser désormais à l’université. Et justement, la semaine suivante marquait le début de la phase de pré-inscription dans les deux universités d’État de la région du Centre.

« La patience est la première Unité d’Enseignement à valider à l’Université de Yaoundé 1 »

Au moment de faire le choix des études académiques, le droit ne figurait pas dans mes plans. Et pourtant, toute ma bande d’amis de terminale s’est inscrit en Faculté des Sciences Juridiques de l’Université de Yaoundé II – Soa. Quant à moi, j’ai opté pour la psychologie à la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaine de l’Université de Yaoundé I – Ngoa-Ekelle. Cette discipline m’intéressait bien. Lors du remplissage en ligne de la fiche de pré-inscription, ma mère me convaincu de prendre l’anthropologie. Car, dit-elle, cette science est bien complète et englobe la psychologie et toute les autres sciences humaines. Après impression de la fiche avec toutes les informations nécessaires, rendez-vous au campus de Ngoa-Ekelle pour le dépôt du dossier physique.

« La patience est la première Unité d’Enseignement à valider à l’Université de Yaoundé 1 » avais-je entendu à plusieurs reprises dans les multiples files d’attente au campus. Cette phrase porte tout son sens. Il m’aura fallu trois jours d’affilés pour pouvoir enfin déposer mon dossier de pré-inscription. Un processus en trois étapes marqué à chaque fois par d’interminables colonnes de jeunes bacheliers comme moi, qui frappent aux portes de ‘‘la mère des universités’’. Trois heures de temps en rang pour recevoir la chemise cartonnée dans laquelle insérer tous les éléments du dossier. Six heures supplémentaires pour espérer s’entretenir avec le conseiller d’orientation, qui au final, la journée écoulée, s’avère indisponible. Le lendemain il m’aura fallu trois heures de temps pour enfin passer devant le conseiller d’orientation – juge d’admission. Lequel valida, après rapide coup d’œil sur mon relevé de notes du baccalauréat, mon admission en anthropologie. 

FOCGO SIDOINE au campus de Ngoa-Ekele en 2016. Université de Yaoundé 1
FOCGO SIDOINE au campus de Ngoa-Ekele en 2016.

Trois jours pour 15 heures de cours par semaine.  Waouh la liberté !

Deux semaines après, rentrée académique. L’emploi de temps était assez souple. Trois jours pour 15 heures de cours par semaine. Waouh la liberté ! Une liberté encore plus frappante dans la Salle E114 du Département d’anglais, espace de cours assez spacieux pour les près de 300 étudiants que nous étions. Loin de la rigueur du collège où l’on n’entre pas après l’enseignant, où il fallait demander la permission avant de sortir, où il fallait absolument se passer de son téléphone, l’université de Yaoundé 1 n’avait aucune restriction. Du moins, en ce qui concerne la majorité des enseignants. Seule une dame, sur les dix chargées de cours que nous avions, accordait de l’importance aux règles de bonne conduite dans sa salle. Je me rappelle avoir manqué une note de  « CC » Contrôle Continu car j’étais arrivé cinq minutes après le début de l’épreuve. Ah Sidoine, quel éternel retardataire !

Parlons justement du système d’évaluation, qui est divisé en deux parties. La première, c’est le Contrôle Continu ou « CC » qui compte pour 30% de la note finale. C’est à chaque enseignant de mener son évaluation selon son emploi de temps. La seconde, la Session Normale comptant pour 70% de la note définitive. C’est un examen harmonisé sur tout le campus. Cette année-là, le recteur de l’Université de Yaoundé 1, le professeur Maurice Aurelien SOSSO (recteur 2012-2024) avait décidé d’implémenter la télé-évaluation.

Les étudiants en plein exercice de télé-évaluation.  Université de Yaoundé 1
Les étudiants en plein exercice de télé-évaluation. Crédit : K’rim Mefire

La télé-évaluation ou l’enfer du paradis de la télécommande

« C’est une première expérience dans le système universitaire camerounais : la télé-évaluation. L’initiative entamée l’année 2015/2016 a contribué à accélérer l’impact du numérique dans l’enseignement et la recherche » peut-on lire dans un article du média THINK-TANK Africa. « Les premières années de la Faculté des Sciences (FS) et de la Faculté des Arts, Lettres et sciences Humaines (FALSH) avaient servi de ‘‘cobayes’’ », ajoute cet article.

Justement, j’étais parmi les ‘’cobayes’ de ce système d’évaluation « innovant ». L’utilisation était très simple. « Les étudiant(e)s en salle d’examen disposent d’une télécommande. On octroie à chacun un numéro d’ordre enregistré dans le dispositif numérique de l’évaluation. Les questions, essentiellement à choix multiples (QCM), s’affichent ensuite sur un écran géant. Les étudiant(e)s testent leurs connaissances en cliquant à partir de la télécommande sur le numéro correspondant à la réponse à la question figurant sur l’écran. »

La télé-évaluation est un véritable paradis pour l’étudiant car il n’a plus besoin de rédiger, comme c’est le cas au CC. Il suffit juste de faire le bon choix, rapidement, le temps des 15 secondes de réflexion pour chacune des 70 questions de l’épreuve. Cependant, c’est un véritable enfer car il présente des revers. Entre les télécommandes connectées au wi-fi qui perdent constamment le réseau, ou encore les problèmes de batterie déchargées en pleine épreuve, ce n’est pas évident pour bon nombre de camarades de s’en sortir avec cet outil. De plus, pas besoin de se casser la tête à étudier, il faut juste faire appel à la chance. Le QCM est avant tout une affaire de hasard. En ce qui me concerne, c’est un problème de vue qui m’a fait faire six ans pour réussir.

Une télécommande défectueuse. Crédit : Joël Bertrand Nga Ntédé

Trois ans au niveau 1 à cause de la télécommande

J’ai grandi avec une myopie évolutive qui s’est aggravé au fil des années. Alors, pendant la composition j’avais parfois du mal à voir les questions qui s’affichaient à l’écran. Au second semestre, au terme de la session normale, j’avais trois unités d’enseignement à rattraper. Les notes n’étaient pas bonnes. J’ai donc franchement étudié, comme jamais auparavant, pour rectifier le tir.

Me voilà donc en salle pour la session de rattrapage, décidé à cartonner. Avant de composer, il faut s’inscrire dans le système en tapant le code correspondant à son nom. L’écran était flou devant mes pauvres yeux malades malgré ma place assise au premier banc. J’avais du mal à déchiffrer mon code, mais j’y suis parvenu après beaucoup d’effort, enfin, c’est ce que je croyais. L’épreuve était à ma portée grâce à ma préparation intense effectuée en amont. Maintenant, place aux résultats.

Grande fut ma surprise de ne pas voir mon nom affiché sur la liste des résultats des unités que j’avais rattrapées. C’est à ce moment que j’ai réalisé mon erreur monumentale. J’avais tapé le code du nom au-dessus du mien soit 125 au lieu de 124. De facto, je composais pour un certain Fissou sans m’en rendre compte. Je lui avais donné, malgré moi, une note de 60/70. Et pourtant, il n’avait pas pris le risque de mettre en péril ses 34/70. C’est ainsi que j’ai vu ma note de 15/70 reconduite. A cela il fallait ajouter ma note de CC de 10/30 pour un total de 25/100 soit 5/20, un cuisant échec. Des notes pareilles j’en avais sur quatre unités sur les dix. Le reste n’était pas suffisamment élevé pour me permettre d’aller au niveau supérieur.

Le babillard central de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Yaoundé 1. Crédit : K'rim Mefire
Le babillard central de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines. Crédit : K’rim Mefire

Six ans pour obtenir ma licence à cause de la télécommande

L’année suivante, je n’étais plus assez motivé pour fréquenter l’université. Je m’étais concentré sur mes activités radiophoniques au lieu d’aller faire cours. Je m’étais investi à fond dans la production de l’émission « Les cop’s d’abord » sur la CRTV FM94 et l’émission « Cop’s sur les ondes » du Club Communication de l’Université de Yaoundé sur Radio Campus. Ces expériences m’ont largement aidé pour ma carrière de journaliste.

Mon parcours académique se résume en trois années au niveau 1 (Licence 1), deux années au niveau 2 (Licence 2) et une année au niveau trois (Licence 3). J’ai essayé de m’inscrire en cycle Master, mais je n’étais pas assez motivé pour poursuive l’aventure. Au moins de côté-là la télé-évaluation n’est pas d’actualité.


Le journalisme me poursuit… même dans un casting !

Après avoir longtemps regardé les acteurs devant le grand écran, j’ai décidé d’entamer des démarches pour me retrouver de l’autre côté. Ce samedi 25 janvier 2025, je me suis rendu dans un centre culturel de Yaoundé afin de passer le casting de la saison 2 de la série Pouvoirs et loi… Je pensais pouvoir me passer de ma casquette de journaliste le temps d’une journée, hélas, je ne peux m’en défaire.

Pouvoirs et loi, bientôt la saison 2

La maison de production Heri House Entertainment a lancé un casting en prélude à la saison 2 de la série Pouvoirs et loi. La saison 1 est constituée de 24 épisodes de 26 minutes chacun. Elle a fait un carton pendant sa diffusion sur TV5MONDE de mai à juin 2023. J’avais pris plaisir à regarder cette série judiciaire entièrement camerounaise, la première du genre, si je ne me trompe pas. Le scénario porte la signature des sœurs Armelle et Carine Kuemo. La réalisation quant à elle est l’œuvre de M’bro Roland Armand Lath.

« Pouvoirs et loi » saison 1. Crédit : Heri House Entertainment (Avec autorisation)
« Pouvoirs et loi » saison 1. Crédit : Heri House Entertainment (Avec autorisation)

L’intrigue tourne autour d’Isaac Lowe. Ce célèbre avocat est sur le point de passer la main de son cabinet à sa fille Melissa. Celle-ci entend lutter sans merci contre les criminels les plus intouchables. Cependant, elle est loin d’imaginer que son père lui-même trempe dans de sombres affaires. Le téléspectateur est tenu en haleine par des histoires de vol, de trafic d’influence, de corruption, d’amour, de trahison et bien d’autres qui s’entremêlent. Le casting principal est assuré des mains de maîtres par des poids lourds du cinéma camerounais. Notamment André Bang, Blanche Bilango, Tatiana Matip, Rigobert Tamwa, Axel Abessolo et Patrick Oyono. Le tournage de la saison 2 est prévue cette année 2025, je compte bien y prendre part activement.

Dans la peau d’un journaliste dans le casting de Pouvoirs et loi !

Randonnée aux cascades de Nkolodom avec un couple allemand. Crédit : Voyage en hauteur
Randonnée aux cascades de Nkolodom avec un couple allemand. Crédit : Voyage en hauteur

Comme je l’ai précisé en entame de ce texte, j’ai décidé de participer au casting de la saison 2 de la série « Pouvoirs et loi ». Après avoir effectué une randonnée aux cascades de Nkolodom avec un couple allemand, je me suis rendu au Valery Ndongo Comedy Club à Etoa-Meki pour ledit casting. Nous étions au total 270 candidats pour juste 80 rôles dans la série. Les profils étaient variés entre les acteur.trices confirmés, les débutants et même les élèves de la première promotion de la série d’art cinématographique des enseignements secondaires.

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Le jury du casting. De la gauche vers la droite Axel Abessolo Official, Joel Patrick oyono officiel, Rigobert Tamwa Eshu Officiel 
Nelsa Yodaa. Crédit : Heri House Entertainment
Le jury du casting. De la gauche vers la droite Axel Abessolo Official, Joel Patrick oyono officiel, Rigobert Tamwa Eshu Officiel 
Nelsa Yodaa. Crédit : Heri House Entertainment (Avec autorisation)

Il m’a fallu attendre pendant plus de six heures pour enfin passer devant le jury constitué de Thérèse Ngono, Rigobert Tamwa, Axel Abessolo et Patrick Oyono. Face à eux, j’étais le seul homme au milieu de trois jeunes dames. Nous nous sommes présentés chacun à tour de rôle. Ensuite, Axel Abessolo m’a demandé de faire la présentation d’une émission télévisée en une minute. Waouh ! Quelle coïncidence ! Je suis à l’aise avec la présentation journalistique, bien que je n’aie pas encore eu à faire de la télé.

« Bienvenue dans ‘Instant voyage’, votre programme… »

Justement, mardi dernier, j’ai animé la rubrique « Instant voyage » dans le programme « Sacré soir » de François Brice Nkotto sur Soleil FM. Pour ce casting, c’est exactement ce qui m’est revenu à l’esprit. Je l’ai dit face au jury : « Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, bonsoir et bienvenue dans ‘Instant voyage’. Votre programme hebdomadaire qui vous convie à un voyage à la découverte des merveilles touristiques du Cameroun… » Mon casting s’est terminé juste après avoir dit cela. Vais-je obtenir le rôle ? Seul le Très-Haut le sait. Si c’est le cas, ce sera ma première expérience en tant qu’acteur de cinéma.

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Dit-on « le mot de fin » ou « le mot de la fin » ?

Cette journée de casting a été une expérience enrichissante qui m’a rappelé que le journalisme et le cinéma partagent un même fil conducteur : la narration. Que ce soit à travers un écran ou un article, l’art de raconter des histoires est universel. Peu importe l’issue de cette audition, je suis ravi d’avoir osé franchir ce nouveau pas et d’explorer un autre aspect de ma passion pour les arts. Le chemin est encore long, mais chaque expérience est un pas vers la réalisation de mes rêves.


Miss Ronde Cameroun : Dorette Ndjiele Bouwe raconte l’histoire de la création de cette compétition

Dorette Ndjiele Bouwe ou Dorette Nzitou, présentatrice télé et promotrice culturelle est à l’origine du concours Miss Ronde Cameroun. Établi pour valoriser les femmes rondes, ce concours met en avant non seulement leur beauté, mais aussi leur potentiel à devenir des ambassadrices de la culture camerounaise. À travers des formations, des activités et des défis, Dorette et son équipe encouragent ces femmes à s’affirmer tout en promouvant le tourisme et l’entrepreneuriat au Cameroun.

Dorette Ndjiele Bouwe. Crédit : GPS (Avec autorisation)
Voyage en hauteur : Quelle est l’histoire derrière la création du concours Miss Ronde Cameroun ?

L’histoire derrière la création du concours est personnelle parce que moi même je fus ronde. En 2010, j’ai eu la chance, en tant qu’animatrice télé, de faire partie de la délégation célébrant le cinquantenaire du Cameroun en Côte d’Ivoire. À cette époque, après mes accouchements, les gens que je croisais étaient souvent choqués par mon apparence à cause de mon poids. Pourtant, lorsque je me regardais dans le miroir, je ne voyais rien de différent.

Lorsque je suis arrivée en Côte d’Ivoire, on m’a dit que j’étais une « Awoulaba« , un terme désignant les femmes de forte corpulence, comme moi. Cela m’a ouvert les yeux sur un mouvement qui valorisait les femmes rondes en Côte d’Ivoire. À mon retour au Cameroun, après le cinquantenaire, j’ai commencé à organiser divers événements, dont le « nganda bitou » à l’occasion de la fête de la femme au Palais des Sports de Yaoundé. J’y ai initié un concours de défilé pour femmes en tenue de cabas.

C’est alors que j’ai eu l’idée de mettre en valeur les femmes rondes, surtout après avoir rencontré, lors d’une émission, une femme qui avait des problèmes avec son poids. Son époux la rejetait à cause de son surpoids, ce qui m’a profondément touchée. J’ai réalisé qu’il y avait un besoin d’accompagnement et de valorisation pour ces femmes. C’est ainsi qu’est né le mouvement.

En tant que femme ronde et femme de médias, j’ai pu utiliser mes facilités dans le monde culturel et médiatique pour soutenir cette cause.

Voyage en hauteur : Quelles étaient les différentes activités du concours Miss Ronde Cameroun  2024 ?

Les différentes activités comprenaient des formations axées sur des activités génératrices de revenus, ainsi que des échanges et des partages de connaissances sur l’entrepreneuriat, le montage de projets et la recherche de financements.

Il y a également eu un concours d’art culinaire qui s’est tenu le mercredi 18 décembre au Musée National. Étant donné que ces femmes sont des gardiennes de traditions, il est essentiel de leur transmettre ces valeurs dans le domaine culinaire.

Un autre aspect important était le « Challenge visitons », où chaque candidate devait présenter un site touristique attrayant du pays. Cette année, l’objectif était de mettre en avant un site classé au patrimoine de l’UNESCO, afin de permettre à ceux qui sont au Cameroun, ou à l’étranger, de découvrir la beauté de notre pays. Bien sûr, voyager en Europe ou en Afrique est enrichissant, mais il existe également de magnifiques trésors à explorer à l’intérieur de notre pays, non seulement à Yaoundé, mais sur l’ensemble du triangle national.

Dorette Bouwe Ndjiele (en rose) dans la photo de famille de lancement du Conours Miss Ronde et belle 2024. Crédit : GPS Picture (Avec autorisation)

En outre, il y a eu une foire-exposition et un grand forum de lancement, sous le thème « Entrepreneuriat et identité culturelle : réinventer le patrimoine à travers la créativité féminine« , qui s’est tenu le 19 décembre 2024 au siège de l’UNESCO à Yaoundé. Enfin, la grande finale a eu lieu le dimanche 22 décembre au Palais des Congrès de Yaoundé, déterminant ainsi la Miss et ses dauphines.

MISS RONDE Cameroun
La nouvelle MISS RONDE Cameroun a pour nom Kanmogne Tchuente Ludwine camerounaise âgée de 24ans ,elle fais 1m70 pour 112kg. Elle est titulaire d’une licence en GSI , par ailleurs elle est coiffeuse professionnelle pour femmes.Crédit : MISS RONDE Cameroun (Avec autorisation)

A lire aussi : Auchecorne Marie Manga d’Aya’a Discovery Cameroon : l’ambassadrice du tourisme à l’élection Miss Ronde Cameroun 2024

Voyage en hauteur : Quels sont les chiffres clés de cette édition 2024 ?

Nous avons reçu plus de 100 candidatures au départ, via l’inscription en ligne sur le site www.missrondecameroun.cm. À partir de là, nous avons organisé le casting. Le 24 novembre, nous avons réalisé un casting en présentiel, au cours duquel nous avons retenu 10 candidates représentant nos 4 aires culturelles.

Casting au Club Ubuntu à Yaoundé. Crédit : Miss Ronde
Une candidate du casting au Club Ubuntu à Yaoundé. Crédit : Miss Ronde

Cette tranche de femmes est parfois complexe à gérer. Au début, elles sont très motivées, mais deux jours plus tard, certaines ne sont plus partantes. Il est donc essentiel de les motiver, de les encourager et de les galvaniser. Pour cela, nous avons une équipe de coachs et de psychologues qui leur enseignent leur inculquent l’estime de soi.

Nous leur rappelons que si elles ont décidé de candidater, elles doivent poursuivre l’aventure, car elles ont du potentiel. Nous les motivons au quotidien. Heureusement, nous réussissons souvent à les convaincre, même si ce n’est pas une tâche facile. Parfois, après seulement trois jours, une candidate peut se rétracter simplement parce que son compagnon la dénigre après qu’elle lui ait annoncé sa participation. Cela rend notre mission d’autant plus difficile.

Voyage en hauteur : Quelles sont les conditions d’éligibilité ?

Tout d’abord, il est nécessaire d’être de nationalité camerounaise et de peser au minimum 100 kilos. L’objectif est de leur faire comprendre que, bien qu’elles soient rondes, cela ne doit pas être considéré comme une fin en soi. Cependant, elles doivent faire attention, car le surpoids est lié à de nombreuses maladies. Il est essentiel qu’elles apprennent quoi manger, comment manger et quand manger.

Obésité – Crédit : informationhospitaliere.com
Obésité – Crédit : informationhospitaliere.com (Sans autorisation)

Il est également important d’intégrer des activités physiques, comme la randonnée. Le sport est bénéfique, notamment en termes de régulation de la tension et de bien-être général. En tant que femmes, nous leur enseignons aussi à avoir un projet qu’elles peuvent proposer. Elles ont besoin de formation et d’informations sur les opportunités disponibles.

Lors de nos rencontres, même si elles ne viennent qu’une seule fois, je peux vous assurer que nous impactons leur vie. Le simple fait de les mettre en avant, de créer des flyers et de réaliser des photos professionnelles les amène à se voir différemment. Leur famille, à son tour, les perçoit sous un nouveau jour.

Voyage en hauteur : Quel est le lien entre votre évènement et la promotion du tourisme au Cameroun ?

Le lien entre mon évènement et la promotion du tourisme réside dans le fait que ces reines de beauté sont des ambassadrices de la culture camerounaise. En tant qu’ambassadrices, elles ont le devoir de promouvoir l’image de notre pays. Un aspect important de cet évènement était le « Challenge visitons. Chaque candidate devait présenter un site touristique attrayant du Cameroun.

a la découverte des chutes de la Lobe à Kribi avec la Miss Ronde, Kanmogne Tchuente Ludwine. Crédit : Kanmogne Tchuente Ludwine

Nous avons choisi de mettre l’accent sur le tourisme afin d’inciter les Camerounais à aimer et à explorer les beautés de leur propre pays. Je vous invite à visiter notre page pour découvrir les magnifiques reportages qu’elles ont réalisés sur des sites touristiques tels qu’Ebobogo ainsi que sur les chutes de la Lobe et bien d’autres. À travers leur engagement, nous espérons encourager les Camerounais à visiter nos différents sites touristiques.

Voyage en hauteur : Un mot de fin

Je tiens à remercier les médias tout en les encourageant à continuer de soutenir ces femmes dans leur quête d’excellence. Elles doivent se surpasser. Cela signifie, par exemple, qu’une jeune femme de 18 ans pesant 120 kg doit prendre conscience d’un enjeu de santé. Il est essentiel d’établir son indice de masse corporelle et d’explorer des solutions pour maintenir ou réduire son poids.

L’excès de poids est lié à des problèmes de santé graves, comme le cancer du sein et d’autres maladies. Il est donc de notre devoir à tous de sensibiliser sur les dangers du surpoids. En même temps, nous devons éviter la stigmatisation : au contraire, encourageons-les, aimons-les sans porter de jugement sur leur physique.


Auchecorne Marie Manga d’Aya’a Discovery Cameroon : l’ambassadrice du tourisme à l’élection Miss Ronde Cameroun 2024

La cérémonie de lancement de la 9e édition de l’élection Miss Ronde Cameroun a eu lieu le jeudi 19 décembre au siège de l’UNESCO à Yaoundé. À l’issue de cet événement, j’ai eu le plaisir d’interviewer Auchecorne Marie Manga, candidate à l’élection et promotrice d’Aya’a Discovery Cameroon. Marie m’a expliqué pourquoi elle avait décidé de participer à Miss Ronde Cameroun. Pour elle, il ne s’agit pas seulement de célébrer la beauté physique, mais aussi d’encourager toutes les femmes à voyager et à découvrir leur pays.

Voyage en hauteur : Pourquoi Auchecorne Marie Manga a décidé de s’inscrire à Miss Ronde Cameroun ?

Auchecorne Marie Manga. Crédit : Miss Ronde Cameroun (Avec autorisation)
Auchecorne Marie Manga. Crédit : Miss Ronde Cameroun (Avec autorisation)

Ceux qui me connaissent diront sûrement que je suis tombée sur la tête en me retrouvant entourée de ces belles femmes qui représentent la beauté culturelle du Cameroun. Cependant, je suis ici avec un objectif qui va au-delà de simplement faire connaître au monde que la femme ronde est pleine de ressources. Elle n’est pas seulement ronde. Il est important de ne pas se focaliser uniquement sur son physique.

Je participe à Miss Ronde Cameroun pour montrer aux femmes rondes, en particulier, et aux femmes en général, qu’elles peuvent voyager, faire du tourisme et découvrir leur pays.

Auchecorne Marie Manga

Je participe à Miss Ronde Cameroun pour montrer aux femmes rondes, en particulier, et aux femmes en général, qu’elles sont capables de tout. Elles peuvent voyager, faire du tourisme et découvrir leur pays. Il est essentiel que chaque femme ronde se considère comme une citoyenne à part entière, qui maitrise son pays. Mon objectif est de faire découvrir le Cameroun à toutes les femmes rondes, en les encourageant à s’affirmer et à célébrer leur beauté singulière.

A lire aussi : Rihanno Mars : « Le blogging devrait être au cœur des stratégies de promotion de la destination touristique du Cameroun ».

Voyage en hauteur : Quelle est l’histoire derrière la création d’Aya’a Discovery Cameroon ?

Carte de visite d’Aya’a Discovery Cameroon. Crédit : Auchecorne Marie Manga (Avec autorisation)
Carte de visite d’Aya’a Discovery Cameroon. Crédit : Auchecorne Marie Manga (Avec autorisation)

L’histoire d’Aya’a Discovery Cameroun a commencé en 2018, lorsque j’étais à l’étranger pour mes études. Je suis traductrice trilingue de formation, et durant mes années d’études, nous devions faire un exposé sur notre pays. L’objectif était de « vendre » le Cameroun à nos camarades et de les inciter à le visiter, en leur faisant découvrir nos coutumes, notre patrimoine et tout ce qui le concerne.

Bien que le programme scolaire aborde beaucoup le climat du Cameroun, il reste muet sur ses différents sites touristiques. Pour préparer mon exposé, je me suis tournée vers Internet, espérant trouver des informations attrayantes sur le tourisme camerounais. Malheureusement, je me suis rendu compte qu’il y avait un manque flagrant de contenu. J’ai ressenti une profonde honte ce soir-là, en réalisant que je n’avais pas grand-chose à dire pour susciter l’intérêt de mes camarades. Je me souviens avoir pleuré parce que je n’avais pas assez d’éléments à partager.

C’est à partir de ce moment que j’ai eu le désir ardent de faire découvrir le Cameroun, d’abord à mes compatriotes, puis à tous ceux qui s’y intéressent. Après avoir obtenu mon diplôme, je suis rentrée au Cameroun avec la ferme intention de visiter mon pays. Je suis convaincue que le tourisme n’est pas réservé aux personnes aisées ; il concerne tout le monde, et chacun peut en profiter. Au début, cela n’a pas été facile, car je manquais de moyens pour pratiquer le tourisme.

J’ai donc travaillé comme traductrice pendant cinq ans, économisant de l’argent pour réaliser mon rêve. Je me suis fixé comme objectif de voyager à travers le Cameroun tout en me formant dans le domaine du tourisme. C’est ainsi que, grâce à ma persévérance, j’ai obtenu mon agrément et fondé Aya’a Discovery Cameroun.

Voyage en hauteur : Pourquoi le nom Aya’a Discovery Cameroun ?

Lorsque je suis rentrée au pays avec ce projet, j’en ai parlé à quelques amis. Ensemble, nous avons passé des jours et des nuits à réfléchir au nom, et finalement, nous avons utilisé les premières lettres de nos prénoms. Vous trouverez donc un « A » pour Auchecorne, qui est moi. Ensuite, un « Y » pour Yonkeu, et un autre « A » pour ma copine Akono. L’apostrophe et le « A » qui suit rendent hommage à ma grand-mère, également nommée Auchecorne, qui m’a toujours soutenue dans mes projets et m’a conseillée dans tous les domaines de la vie. Elle est notre guide et notre mentor. Ainsi, nous avons choisi « AYA’A ». Quant à « Discovery Cameroun », cela reflète notre mission de découverte. Nous souhaitons d’abord explorer le Cameroun pour nous-mêmes, puis partager cette expérience avec les autres.

Voyage en hauteur : Quelle est la randonnée la plus marquante pour vous ?

Ma toute première randonnée sous la bannière d’Aya’a Discovery a eu lieu le 29 mai 2022 au Mont Eloumden, qui culmine à 1150 mètres d’altitude, juste en face de chez moi. Nous étions à peine cinq au départ, mais le groupe a progressivement grandi.

Photo de famille au sommet du Mont Eloumden . Crédit : Aya’a Discovery
Photo de famille au sommet du Mont Eloumden . Crédit : Aya’a Discovery (Avec autorisation)

C’est ce jour où j’ai vu ma grand-mère, âgée de 69 ans, atteindre le sommet. Cette randonnée est particulièrement marquante pour moi, car elle m’a confié qu’elle avait tenté de gravir ce mont dans sa jeunesse sans y parvenir. Grâce à l’accompagnement d’Aya’a Discovery, elle a réussi à atteindre le sommet en toute sécurité, sans aucun problème. C’est une randonnée mémorable pour moi et pour Aya’a Discovery Cameroun.

Voyage en hauteur : Quelles activités propose Aya’a Discovery Cameroun en plus des randonnées ?

En effet, Aya’a Discovery Cameroun ne se limite pas aux randonnées. Notre mission est d’inciter chaque Camerounais à découvrir son pays. Nous organisons des randonnées tous les dimanches, et le dernier week-end de chaque mois, nous proposons soit une excursion, soit un voyage, soit une escapade. Cela permet à chacun de sortir de sa zone de confort et de quitter sa ville de résidence pour explorer et découvrir ce qui se passe ailleurs.

Auchecorne Marie Manga (Avec autorisation) - Un  circuit à l'île de Jebale dans la région du Littoral. Crédit : AYA'A Discovery Cameroon
Un circuit à l’île de Jebale dans la région du Littoral. Crédit : AYA’A Discovery Cameroon (Avec autorisation)

Voyage en hauteur : Quel est le voyage le plus marquant de Auchecorne Marie Manga?

Je maîtrise le Cameroun à 85 %. C’est un pays vaste et magnifique, et le parcourir demande beaucoup de temps et de ressources. Les régions les plus riches sur le plan touristique au Cameroun sont la région de l’Ouest, ainsi que les régions du Septentrion, notamment le Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua.

Mon voyage le plus marquant, c’est celui que j’ai effectué récemment à Bimbia un ancien site de déportation d’esclaves. Nous avons eu l’occasion de camper et de passer la nuit sur place, ce qui nous a permis de nous ressourcer et de ressentir des émotions intenses en découvrant l’histoire des esclaves. En parcourant les portes de non-retour, nous avons vécu des sensations très émouvantes. Écouter l’histoire d’un esclave lambda m’a profondément touché ; j’avais les larmes aux yeux. Ce fut mon voyage le plus marquant jusqu’à présent.

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Un circuit à Bimbia dans la région du Sud-Ouest Crédit : AYA’A Discovery Cameroon (Avec autorisation)

Un autre voyage mémorable a été ma première rencontre avec une girafe, dans le parc national de Bouba Ndjidda. Pendant la visite du parc, j’ai eu la chance de croiser un troupeau de girafes, et j’étais tellement excité ! C’était la première fois que je voyais une girafe de ma vie, un moment vraiment merveilleux. Ce souvenir me revient toujours en mémoire chaque fois que je vois une image ou une représentation d’une girafe.

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Une girafe au parc de Bouba Ndjidda. Crédit : Visiter le Cameroun avec moi (Avec autorisation)

Voyage en hauteur : Auchecorne Marie Manga, quels sont vos 5 sites touristiques incontournables au Cameroun ?

  1. Bimbia, région du Sud-Ouest : Ce site d’esclavage est essentiel à découvrir. Il est crucial de comprendre ce qui est arrivé au peuple camerounais durant cette période. L’histoire est riche en émotions et en connaissances, et elle met en lumière les différents peuples africains qui ont traversé cette histoire.
  2. Parc de Bouba Ndjidda, région du Nord: Ce parc offre l’opportunité de découvrir une variété d’animaux que beaucoup n’ont sans doute jamais vus. C’est une expérience unique pour les amoureux de la faune.
  3. Région de l’Est : La culture des Pygmées constitue un héritage humain fascinant. Leur mode de vie et l’organisation de leur communauté sont des aspects touristiques que chacun devrait connaître au moins une fois dans sa vie.
  4. Région de l’Ouest : Cette région est riche culturellement et artisanalement. La route des chefferies est une expérience inoubliable, sans oublier l’artisanat local qui mérite d’être découvert.
  5. Chutes d’Ekom-Nkam : Ces chutes impressionnantes sont un incontournable à visiter, offrant un cadre naturel spectaculaire.

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Un grand merci à vous de me permettre de m’exprimer. Je remercie également tous ceux qui me lisent. Je suis ravie d’avoir répondu OUI à cette opportunité.


Francis Meli et son nouveau documentaire : « Bangang, le silence des rivières »

Je suis ravi de partager une nouvelle qui m’a touché. Le réalisateur camerounais Francis Meli a dévoilé le visuel de son dernier film documentaire, Bangang, le silence des Rivières. Passionné de cinéma et d’environnement, je suis captivé par cette œuvre. Elle promet de célébrer la beauté du paysage camerounais.

Une affiche verdoyante

Lorsque j’ai vu l’affiche, l’image d’un homme et d’un enfant m’a d’abord frappé. Ils se tiennent de dos, face à une vaste étendue d’eau. La végétation environnante est d’un vert chatoyant, presque hypnotisant. Cette scène respire la tranquillité et la beauté naturelle. Le vert dominant sur l’affiche, notamment dans le titre, semble approprié. Cela indique que le film se concentrera sur l’environnement et l’importance des ressources aquatiques.

En observant les silhouettes des personnages, j’ai ressenti un fort lien émotionnel. L’homme, probablement dans la trentaine, représente un Camerounais. L’enfant, qui semble être métis et avoir dix ans, présente un mélange culturel. Cette dualité m’a inspiré à imaginer les histoires cachées derrière ces personnages. Je pressens que nous allons plonger dans un récit riche en émotions et en réflexions.

Francis Meli et son nouveau documentaire : « Bangang, le silence des rivières »
Francis Meli et son nouveau documentaire : « Bangang, le silence des rivières ». Crédit : Francis MELI

De quoi va parler ce documentaire ?

En lisant 237online.com, j’ai découvert que « Francis Meli est sensible aux enjeux climatiques. Il explore les causes de la disparition des raphias à l’ouest du Cameroun. Ce projet vise à sensibiliser le public sur l’impact de cette disparition. Il aborde les conséquences sur l’environnement, la biodiversité et les populations locales. »

Je peux déjà imaginer le fil conducteur de ce documentaire. Un père ramène son fils d’Europe pour des vacances à Bangang. Ensemble, ils parcourent les rivières et constatent que les raphias sont menacés. Cette dynamique entre le père et le fils offre un terreau fertile pour une narration profonde.

Extraction du vin de raphia au village Bamendou. Crédit : Sidoine FEUGUI
Extraction du vin de raphia au village Bamendou. Crédit : Sidoine FEUGUI

Dans ce film, je m’attends à un tour d’horizon du potentiel touristique de Bangang. Il se concentrera ensuite sur les rivières. Il présentera l’importance du raphia, qui régule le niveau de l’eau. Enfin, il mettra en lumière les menaces qui pèsent sur le raphia. L’expansion de la vigne car il produit un vin naturel semblable au vin de palme. Le raphia s’utilise aussi pour fabriquer des ustensiles de cuisine, du mobilier. D’après l’OCDD, « le Raphia vinifera est une espèce de palmier présente dans les régions humides ».

Francis Meli une vie de documentaire

Francis Meli une vie de documentaire
Francis Meli, une vie de documentaire. Crédit : Francis MELI

Autodidacte passionné, Francis Meli est né en 1982 au Cameroun. Sa carrière décolle avec son premier documentaire, Atchuelah. Ce film a fait le tour de plusieurs festivals. Cette reconnaissance internationale lui ouvre des portes. Il continue de prouver son talent avec des œuvres comme Mariez-Vous ! et Mon enfant, mon combat.

Chacune de ses productions aborde des thèmes sociaux et environnementaux. Francis Meli ne se limite pas à son rôle de réalisateur. Il s’investit aussi comme coproducteur sur des projets comme Poly-Amour et Ayita. Il est également coproducteur du documentaire La chaussure du drépano.

À propos de Bangang

Bangang, cadre de ce documentaire, se situe dans la région de l’ouest du Cameroun, le département de Bamboutos, arrondissement de Batcham. Ce village est ancré dans la culture Bamiléké. Dirigé par Sa Majesté Momo Keubou Serges Evariste, il est chargé d’histoire et de traditions. Cependant, il fait face à des défis environnementaux significatifs. En faisant quelques recherches, j’ai découvert que la chute d’eau de Mepibwa est aujourd’hui asséchée. Cela illustre les effets néfastes des changements climatiques.

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La chute d’eau de Mepibwa à Bangang par Mbouda, en saison sèche. Crédit : Sidoine Mbogni

Cette réalité est alarmante. Les raphias, essentiels pour la préservation de ces rivières, subissent les conséquences de l’exploitation. Ce documentaire de Francis Meli ne se contente pas de documenter ces faits. Il propose aussi une réflexion sur la préservation de notre héritage naturel.

Voyage en hauteur organise une excursion au Parc national de la Mefou le 26 janvier 2025
J’organise une excursion au Parc national de la Mefou le 26 janvier 2025.

À travers Bangang, le Silence des Rivières, Francis Meli nous invite à réfléchir sur l’interconnexion entre l’homme et la nature. Ce projet ne se limite pas à un film. Il constitue un appel à la prise de conscience. En tant que spectateur, j’attends avec impatience de voir comment Meli aborde ces questions. J’ai hâte de découvrir comment il utilise son art pour éveiller les consciences.

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Rihanno Mars : « Le blogging devrait être au cœur des stratégies de promotion de la destination touristique du Cameroun »

Dans cette interview, le blogueur camerounais Rihanno Mars nous parle de son amour pour le blogging, qui a débuté en 2018. Il explique comment il a créé Dschang Blog pour rassembler les blogueurs et promouvoir le tourisme local. Il partage son point de vue sur le rôle que peut jouer le blogging dans la promotion du tourisme camerounais. Et au final, il partage ses plus belles expériences de tourisme dans notre beau pays, le Cameroun.

Voyage en hauteur : Qui est Rihanno Mars ?

Un blogueur camerounais, âgé de 28 ans, qui réside dans la ville de Dschang et jongle entre études et blogging. Passionné, entrepreneur et amoureux de la vie.

Rihanno Mars Crédit : Dschang Blog (Avec autorisation)
Rihanno Mars Crédit : Dschang Blog (Avec autorisation)

Voyage en hauteur : Le blogging et toi, c’est une histoire qui dure depuis longtemps. Comment votre rencontre s’est-elle faite ?

J’ai commencé à bloguer en 2018. Je suis tombé amoureux de ce métier après avoir lu un billet de blog du grand frère Ecclésiaste Deudjui. Dès la première lecture, j’ai voulu m’exprimer avec la même liberté, dire au monde ce que je pense de ma culture, la montrer et la défendre.

Voyage en hauteur : Qu’est-ce qui a motivé la création de Dschang Blog ?

Étant dans l’Ouest du Cameroun, précisément à Dschang, j’ai constaté un manque d’espace de rassemblement pour les blogueurs. Pour ne pas toujours avoir à me déplacer à Yaoundé ou Douala pour participer à des activités liées au blogging, j’ai voulu lancer des initiatives dans ma ville, non seulement pour rencontrer des gens, mais aussi pour leur montrer ce que je fais en tant que blogueur.

Rihanno Mars anime un atelier sur le blogging avec les enfants du programme vacances utiles de la Fondation Jean Félicien Gacha. Crédit : Dschang Blog (Avec autorisation)
Rihanno Mars anime un atelier sur le blogging avec les enfants du programme vacances utiles de la Fondation Jean Félicien Gacha. Crédit : Dschang Blog (Avec autorisation)

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Voyage en hauteur : Quelle relation peux-tu établir entre ce concept et le tourisme ?

Dschang Blog se déplace aujourd’hui de ville en ville, de village en village. Le lien avec le tourisme réside dans cette opportunité de découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles villes, et de les mettre en valeur sur les réseaux sociaux.

Voyage en hauteur organise une excursion au Parc national de la Mefou le 26 janvier 2025
J’organise une excursion au Parc national de la Mefou le 26 janvier 2025

Voyage en hauteur : Tu as d’ailleurs réalisé un film documentaire intitulé « Dschang Blog ». Peux-tu nous en dire plus ?

Oui, j’ai réalisé un film documentaire sur le blogging, un défi que je me suis lancé, et même aujourd’hui, j’ai encore du mal à réaliser que je l’ai fait. Je suis parti du constat que le blogging avait oublié de raconter sa propre histoire. Qui sont les premiers blogueurs au Cameroun ? Comment est née l’Association des Blogueurs du Cameroun ? Ce sont des questions auxquelles je n’avais pas de réponses à travers des billets de blog. J’ai donc décidé de porter cette histoire à l’écran, de raconter l’histoire du blogging depuis ses débuts dans le monde, son arrivée au Cameroun, son état actuel et son futur.

Voyage en hauteur : À ton avis, comment le blogging peut-il contribuer à la promotion de la destination Cameroun ?

Énormément. Le blogging devrait être au cœur des stratégies de promotion de la destination touristique du Cameroun. À l’ère du digital, ignorer le blogging ou le reléguer au second plan dans toute stratégie de promotion, c’est tout simplement une grosse erreur. Aujourd’hui, l’endroit par excellence où les sites touristiques camerounais doivent exister, c’est sur les blogs.

Voyage en hauteur : Quels sont les différents sites touristiques que tu as déjà visités ?

J’en ai visité beaucoup. Cette année, par exemple, j’ai eu l’opportunité de visiter le site de Nkolandom dans le Sud, à quelques kilomètres d’Ebolowa. J’ai aussi été séduit par les plages noires d’Idenau, dans le Sud-Ouest, à quelques kilomètres de Limbé. J’ai également été charmé par la ville de Debundscha, le Mont Mbapit à Foumbot, ainsi que par les lacs Males et Femelles dans le Sud-Ouest. Ce sont quelques destinations qui m’ont marqué.

Rihanno Mars en visite aux lacs Males et Femelles dans le Sud-Ouest. Crédit : Rihanno Mars (avec autorisation)
Rihanno Mars en visite aux lacs Males et Femelles dans le Sud-Ouest. Crédit : Rihanno Mars (avec autorisation)

Voyage en hauteur : Rihanno Mars, quel est le voyage qui t’a le plus marqué ?

Rihanno Mars  participant au Festival International du Film de Quartier "Œil du Kwat". Crédit : Ronel Tedeffo (Avec autorisation)
Rihanno Mars participant au Festival International du Film de Quartier « Œil du Kwat ». Crédit : Ronel Tedeffo (Avec autorisation)

Sans aucun doute, c’est le dernier voyage de la campagne Dschang Blog. Nous sommes allés à Monatélé, dans la région du Centre. C’était la première fois que je découvrais cette ville. J’ignorais complètement la magnifique vue qu’elle offre sur la Sanaga, et je n’oublierai pas le goût inégalable du poisson pêché dans ses eaux. Mon équipe et moi étions dans cette ville dans le cadre de la campagne Dschang Blog 2025. Ce qui m’a vraiment marqué, c’est l’opportunité que j’ai eue de présenter le film documentaire Dschang Blog à l’occasion de la 4ᵉ édition du Festival International du Film de Quartier Œil du Kwat. Après cette projection, le 31 août, Journée mondiale du blogging, j’ai été nommé citoyen d’honneur de la ville de Monatélé par le maire, qui m’a également remis les clés de la ville. C’est un acte qui marque à vie.

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