FOCGO FEUGUI Sidoine

Bois de Mardock : l’escapade nature qui m’a redonné le sourire à Ngaoundéré

Il y a quelques mois, j’ai visité le Bois de Mardock en compagnie d’un camarade de classe. L’objectif de cette escapade était simple mais précieux : s’évader, partager un moment ensemble et créer des souvenirs. Très sincèrement, ce lieu situé à Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua, a largement répondu à nos attentes.

Un billet de Natacha Togodba

Le bois de Mardock : un cadre accueillant

Bois de Mardock
Bienvenue au bois de Mardock. Crédit : Tourismo

Dès notre arrivée, l’accueil chaleureux que nous avons reçu a immédiatement donné le ton de la visite. Devant nous, un chemin pavé en pente invitait à la découverte. À droite, un restaurant proposait une variété de mets : plats traditionnels, pâtisseries, sucreries et gâteaux. Sur la gauche, une petite boutique artisanale attirait le regard. Le cadre était vivant, harmonieux et agréable à contempler.

De notre côté, nous avons choisi de ne pas commander à manger afin de nous concentrer pleinement sur la visite et l’exploration du site.

Un espace pensé pour le repos et la découverte

L’hôtel du bois de Mardock. Crédit : Tourismo

En poursuivant notre descente, nous avons découvert un hôtel destiné aux touristes souhaitant séjourner à Ngaoundéré. L’endroit est clairement pensé pour le repos et l’accueil, tout en restant parfaitement intégré à l’environnement naturel.

Plus loin, quelques animaux attirent l’attention des visiteurs. J’ai particulièrement remarqué l’autruche, qui circule librement dans le parc. Le soir, elle se promène paisiblement, non agressive, semblant elle aussi profiter de la beauté et du calme du lieu.

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Un havre de paix au cœur de la nature

Le paysage verdoyant de Mardock
Le paysage verdoyant de Mardock. Crédit : Tourismo

Ce qui marque particulièrement au Bois de Mardock, ce sont les grands arbres majestueux, le paysage verdoyant et les petits bancs publics disséminés çà et là. Ils offrent aux visiteurs des espaces idéals pour s’asseoir, discuter ou simplement contempler la nature, dans une atmosphère de calme et de sérénité rare.

Le pont, lieu emblématique et photogénique

Natacha Togodba
Natacha Togodba en shooting photo sur le pont ! Crédit : NT

Un autre élément emblématique du site est sans doute le pont, une petite passerelle reliant l’espace des bancs publics à un manège pour enfants situé de l’autre côté. Sur les conseils de mon amie, nous avons traversé ce pont pour y prendre des photos — et elle avait raison.

Le cadre y est tout simplement magnifique. Je conserve encore aujourd’hui ces images précieusement : elles capturent des rires sincères, une joie authentique et un profond sentiment de bien-être. Malgré la période stressante que je traversais à ce moment-là, je me sentais heureuse, détendue et pleinement présente. C’était, tout simplement, le moment parfait.

Comment se rendre au Bois de Mardock ?

Pour ceux qui souhaitent s’y rendre, le Bois de Mardock est situé à Ngaoundéré, à l’entrée de la ville. Il se trouve précisément au carrefour reliant les axes venant de Meiganga (via Beka) et celui qui descend vers Dang, juste après l’Institut ISSMAD. Ce carrefour porte d’ailleurs le nom du Bois de Mardock, tant le site est devenu un repère incontournable.

Cette visite restera gravée dans ma mémoire comme une belle parenthèse, un instant de respiration, de joie et de connexion avec la nature. Le Bois de Mardock n’est pas seulement un site touristique : c’est un lieu où l’on se sent bien, tout simplement.


Dave Mbakabat, Guider au cœur d’un parcours d’excellence

Dave Mbakabat parle avec retenue, mais chaque phrase est pesée. Marqué par ses années d’études à Guider, dans le Nord-Cameroun, Dave Mbakabat porte un regard engagé sur la culture et le tourisme comme leviers de développement local. Il est classé parmi les 100 meilleurs étudiants camerounais du programme The Okwelians 2025. L’étudiant en Master des Sciences du Langage à l’Université de Yaoundé I défend une excellence enracinée, attentive aux patrimoines souvent oubliés et aux territoires dits périphériques.

Pour lui, cette reconnaissance n’est ni une surprise ni une fin en soi. « C’est une distinction honorifique majeure, explique-t-il, qui vient couronner une quête de l’excellence amorcée très tôt. Elle valorise la culture de l’effort et du mérite à laquelle je crois profondément. » Chez Dave Mbakabat, le mot excellence revient souvent. Non comme un slogan, mais comme une ligne de conduite.

Dave Mbakabat
Dave Mbakabat

L’excellence, apprise très tôt

Quand on lui demande d’où lui vient cette rigueur, il ne cite ni mentor célèbre ni modèle importé. Il parle de sa grand-mère. « J’ai été forgé par son éducation, dit-il simplement. Elle m’a transmis des valeurs de probité et d’intégrité qui structurent encore aujourd’hui mon éthique de travail. »

Ce socle moral l’accompagne tout au long de son parcours académique. Il est titulaire d’un baccalauréat littéraire obtenu au lycée de Guider, dans le département du Mayo-Louti, région du Nord. En septembre 2022, Dave arrive à l’Université de Yaoundé I pour une Licence en Sciences du Langage, option Sémiotique et Communication.

Très vite, il se présente comme délégué des étudiants. « C’était ambitieux, reconnaît-il, mais le désir de servir et de représenter était plus fort que la crainte. » Il est élu dès la première année avec plus de 60 % des voix, puis réélu en deuxième et troisième années, atteignant plus de 80 % des suffrages. Des années de leadership étudiant qui le placent au cœur des réalités universitaires : gestion des requêtes, médiation avec les enseignants, prise de parole en amphithéâtre, écoute active.

En décembre 2025, alors qu’il est en Master 1, Dave choisit de ne pas se représenter comme délégué étudiant, malgré les sollicitations. Un choix rare, assumé. « Le leadership, c’est aussi savoir passer le relais, dit-il. Permettre à d’autres de se révéler. »

Dave Mbakabat, l’exigence académique comme fondation du leadership

Dave Mbakabat (chemise blanche) et ses camarades à l'Université de Yaoundé 1.
Le leader Dave Mbakabat (chemise blanche) et ses camarades à l’Université de Yaoundé 1.

Il n’idéalise pas cette période. Dave en parle comme d’un apprentissage rude mais formateur. « Le leadership est avant tout une posture, insiste-t-il. Placer l’intérêt collectif avant le sien, servir avec humilité, contribuer à la réussite des autres. »

Parallèlement à ses responsabilités académiques, il s’investit dans plusieurs structures : commissaire aux comptes du Club Communication de l’Université de Yaoundé 1, ancien secrétaire général du Club Fanfare, responsable communautaire à l’Aumônerie Protestante Universitaire du Cameroun (APUC-Y), ancien d’Église, comptable matière adjoint. Une accumulation de rôles qui pourrait paraître excessive, mais qui, chez lui, obéit à une logique claire : apprendre en faisant.

Peu après, il est sélectionné parmi les cinq lauréats du programme APU Care, dédié au financement de projets d’étude et à la promotion de l’excellence académique. Classé deuxième, il y voit un encouragement plus qu’une consécration. « L’effort constant finit toujours par ouvrir des portes », affirme-t-il.

Politique : une vision continentale

Son intérêt pour la politique n’est pas opportuniste. Il le revendique comme un engagement de long terme. « Je vois la politique comme un levier pour l’unité du continent africain, affirme-t-il. Une nation forte repose sur une jeunesse consciente et mobilisée. »

À ses yeux, la jeunesse instruite est le pivot stratégique de la transformation du Cameroun. Non pas dans une posture d’attente, mais dans une dynamique d’action académique, sociale et politique. « C’est à ce prix que nous bâtirons un modèle de développement authentique et durable », dit-il.

Guider, matrice identitaire

La commune de Guider est réputée le site touristique des gorges de Kola
La commune de Guider est réputée le site touristique des gorges de Kola

Derrière le discours structuré, il y a un territoire. Guider, dans le département du Mayo-Louti, au Nord-Cameroun. Dave y a passé une partie décisive de sa formation entre 2015 et 2022. « Ce territoire a forgé mon caractère, dit-il sans détour. Il m’a transmis des valeurs de sincérité, de convivialité et une forme de résilience que j’assume pleinement. »

Il parle d’un « tempérament de soldat », non pas guerrier, mais endurant. Cette expérience nourrit sa vision d’un État inclusif, attentif aux zones souvent qualifiées de périphériques. « Avoir vu les réalités locales m’a convaincu que le dépassement des disparités est un impératif de justice », souligne-t-il.

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Pour Dave Mbakabat, culture et tourisme sont des leviers

Lorsque la conversation glisse vers le tourisme et la culture, Dave se fait plus précis. À Guider, il évoque le Gouma ou Guma, danse emblématique du patrimoine Guidar. « C’est une expression chorégraphique d’une richesse esthétique rare, explique-t-il. Elle mérite une valorisation nationale et internationale à la hauteur de son importance identitaire. »

Le Guma est une danse guerrière. Crédit : Auletch

Pour lui, le tourisme culturel n’est pas un supplément d’âme, mais un levier économique concret. Concours nationaux et internationaux, mise en récit des traditions, formation des jeunes : tout passe par une appropriation consciente du patrimoine. « La jeunesse doit maîtriser les mécanismes de promotion de sa propre culture », précise-t-il, appelant à une adaptation des curricula éducatifs aux réalités locales.

Un message aux périphéries

Avant de nous quitter, Dave s’adresse aux jeunes issus des zones dites périphériques. Son message est direct, presque fraternel : « L’excellence est possible, mais elle exige un enracinement et un dépassement. » Il parle de discipline, de persévérance, de foi aussi, comme boussole intérieure.

À l’écouter, on comprend que son parcours n’est pas un modèle figé, mais une trajectoire en construction. Une trajectoire où l’excellence académique dialogue avec la culture, la foi, le leadership et le territoire. A l’écouter, on comprend que son parcours n’est pas un modèle figé, mais une trajectoire en construction, vers le sommet de l’Etat.


CAN 2025 : ces peoples camerounais font vibrer la toile depuis le coup d’envoi

Depuis le lancement de la CAN Maroc 2025, la compétition ne se vit pas uniquement dans les stades ou devant les écrans de télévision. Sur les réseaux sociaux, des figures camerounaises du monde culturel et du divertissement ont investi l’événement avec créativité, humour et poésie. À leur manière, Ulrich Takam et Lydol transforment la Coupe d’Afrique des nations en un véritable terrain d’expression digitale, où football rime avec satire, identité et narration artistique.

Ce billet est rédigé dans le cadre de la campagne #MaCAN de l’Association des Blogueurs du Cameroun.

Ulrich Takam, la CAN 2025 version satire populaire

Dès les premiers jours de la compétition, Ulrich Takam a donné le ton avec « Les Régulateurs spécial CAN 2025 ». n plateau diffusé en live multiplex sur Facebook, TikTok et YouTube. Le décor intrigue : un chantier de maison en construction, loin des plateaux télévisés classiques. Pour l’ouverture, l’humoriste a réuni ses confrères Flenchou, Gaby Kamer et Ndolo L’amour, annonçant la couleur d’un programme résolument décalé.

À l’origine du concept, une contrainte devenue opportunité. « L’actualité est centrée sur la CAN 2025 et mon emploi du temps ne m’a pas permis d’aller au Maroc. Je me suis demandé pourquoi ne pas travailler sur le sujet depuis le Cameroun », explique Takam. Inspiré des plateaux spéciaux des médias traditionnels, Les Régulateurs special CAN reprennent les codes… pour mieux les tourner en dérision. « Parfois, parmi les panelistes, on entend des analyses qui ne tiennent pas la route. Je me suis dit que si tous mes panélistes faisaient pareil volontairement, ça ferait un bon programme. »

CAN 2025
Le plateau décalé du programme « Les régulateurs spécial CAN 2025 », une présentation de Ulrich Takam.

Chaque soir jusqu’à la finale, des humoristes se succèdent sur le plateau. L’objectif n’est pas seulement d’analyser les matchs. Il s’agit de décortiquer tout ce qui gravite autour de la CAN : organisation, faits insolites, petites incohérences, ambiance générale. « On commente, anime, analyse, les méandres de cette CAN. Et surtout on s’attarde sur ce qui sort des normes, là où le débat devient intéressant », précise-t-il.
Pensé par Bimoule Production, Les Régulateurs de la CAN se revendiquent comme une parodie de média. Il respecte pourtant les codes du direct, du débat et de la régularité. L’émission est agrémenté de vox-pop, reportages et correspondants basés à Rabat et Casablanca, pour garder un lien permanent avec le terrain marocain.

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Lydol, la CAN 2025 racontée en slam

À l’opposé de la satire, Lydol propose une lecture sensible et poétique de la compétition avec « Les Instants Slam ». Chaque jour, la slameuse publie une courte vidéo en gros plan, perruque afro assumée, sur fond de motifs représentant les pays africains en lice. En quelques vers, elle revient sur les moments marquants de la journée.

Lydol présente ”Les instants slam”

« La CAN, ce n’est pas seulement des scores et des statistiques. C’est une émotion collective, une histoire africaine qui se raconte chaque jour », confie Lydol. Fidèle à son art, elle transforme l’actualité sportive en matière poétique, accessible même à ceux qui ne suivent pas tous les matchs.

À travers le slam, elle capte ce que le football provoque : la ferveur, la fierté, parfois la frustration. « J’essaie de mettre des mots sur ce que ressent le supporter africain. Le slam me permet de ralentir le tempo, de prendre du recul et de raconter autrement », explique-t-elle. Très partagés sur les réseaux sociaux, ses Instants Slam touchent un public large, bien au-delà des amateurs de ballon rond.

Pour Lydol, cette démarche est aussi un acte culturel. « Le sport et l’art parlent de la même chose : l’identité, le collectif, l’émotion. Avec la CAN 2025, j’ai trouvé un terrain parfait pour faire dialoguer les deux. »

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Quand la CAN devient un spectacle digital

Avec Ulrich Takam et Lydol, la CAN Maroc 2025 se joue aussi sur la toile. Humour, poésie, storytelling : les peoples camerounais réinventent la manière de vivre la compétition, prouvant que le football peut être un puissant moteur de création culturelle. Une autre façon de vibrer, loin des stades, mais au cœur de l’émotion africaine.


Invest In Me mise sur l’entrepreneuriat féminin pour raconter un autre Cameroun

L’entrepreneuriat féminin joue un rôle essentiel dans la valorisation des produits locaux et du savoir-faire camerounais, contribuant ainsi au rayonnement du pays. Pour renforcer cet élan, le programme Invest In Me a été mis en place afin d’accompagner les femmes entrepreneures dans la structuration de leurs projets, l’accès au financement et la pérennisation de leurs activités. Cette initiative a officiellement été lancée le lundi 5 janvier 2026 à l’hôtel Albatros de Yaoundé, lors d’une cérémonie d’ouverture qui a réuni une cinquantaine de participantes motivées.

Invest In Me, un projet pensé pour transformer

Porté par l’Association pour la Valorisation des Produits Locaux (AVPL), Invest In Me est un programme d’éducation financière. Il vise à renforcer les compétences économiques et la gestion financière des participantes. Loin des discours abstraits, le projet se veut résolument pratique et orienté vers des résultats concrets. Sur 193 femmes inscrites, 50 ont été retenues. Cette sélection s’est appuyée sur des critères tels que la discipline, la productivité et l’effectivité de l’entreprise. Un choix assumé par les organisateurs, soucieux d’offrir un accompagnement intensif et de qualité.

Le programme Invest In Me
Photo de famille. Crédit : Bissek Owona & Partners

Au cours de la cérémonie, Jessica Eya’ane, présidente et fondatrice de l’AVPL, a rappelé la philosophie du programme. « Invest In Me doit être un programme transformateur. Chaque femme qui en sort doit avoir franchi un palier. Son activité doit passer d’un état à un autre, de manière profonde et durable. »

Au-delà de la transformation individuelle, le programme vise également un changement du rapport au financement. Beaucoup de femmes arrivent avec des besoins mal définis ou exprimés de manière intuitive. L’enjeu est de leur permettre de structurer leurs attentes et de mieux comprendre les mécanismes financiers. À terme, cela vise à faciliter leur accès à des financements adaptés à leurs projets d’investissement.

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Une bénéficiaire, une vision : Marie Louise et le packaging durable

Parmi les bénéficiaires, Marie Louise NGO NGAI, promotrice de Packaging Créa, illustre parfaitement l’esprit du programme. Son projet s’inscrit dans un secteur stratégique : la production d’emballages biodégradables. Consciente de ses contraintes actuelles, notamment l’absence de machines de production, elle a fait le choix de commencer par la revente d’emballages afin de constituer une base de données clients et de comprendre les attentes du marché. Une approche progressive, guidée par une vision claire.

Marie Louise NGO NGAI, promotrice de Packaging Créa
Marie Louise NGO NGAI, promotrice de Packaging Créa Crédit : Steffe

À terme, Marie Louise ambitionne de produire des emballages écologiques à base de fibres de bananiers, une matière première locale abondante, et d’accompagner les producteurs camerounais dans la valorisation de leurs produits. « Ce programme va me permettre de développer mon projet et de pérenniser mon offre. Être entrepreneure camerounaise aujourd’hui, c’est aussi apporter de la valeur à ce que nous produisons localement », confie-t-elle.

Des partenaires au cœur du dispositif

La cérémonie d’ouverture a également permis de mesurer l’implication des partenaires institutionnels et financiers. Placé sous le parrainage de Madame la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), le programme s’inscrit pleinement dans les politiques publiques de promotion de l’autonomisation économique des femmes.

Parmi les partenaires financiers, la NOFIA occupe une place centrale. Sa coordonnatrice Centre-Est, Paulinette Fokam, a présenté aux bénéficiaires les opportunités de financement disponibles à travers les projets OSSP et NOFIA Transfagri, avec des appuis pouvant atteindre 8 millions de FCFA. Mais l’accès au financement ne se fait pas sans préparation. « Les femmes suivront une formation intensive portant sur la réalisation de budgets, l’élaboration de business plans, la gestion de caisse et la compréhension des crédits, y compris les modalités de remboursement » confie Paulinette FOKAM.

Sur le plan des compétences transversales, la prise de parole a également été mise en avant. Aline Essono , présidente de l’association Bitõ, est intervenue pour rappeler l’importance de savoir présenter et défendre son projet. « En entrepreneuriat, on doit savoir expliquer sa vision à tout moment. Ce programme est une occasion pour ces femmes d’apprendre à parler de leurs projets avec clarté et assurance. »

Le programme Invest In Me

Quand l’entrepreneuriat féminin façonne l’image du Cameroun

Au fil des interventions, un constat s’est imposé : Invest In Me ne concerne pas uniquement les femmes bénéficiaires. Il participe aussi à la construction de l’image du Cameroun. « Chaque entreprise mieux structurée, chaque produit local amélioré contribue à renforcer la crédibilité du Made in Cameroon » confie Jessica Eya’ane, présidente et fondatrice de l’AVPL. Un produit de qualité, respectant les normes, disponible de manière régulière et fiable, améliore la perception que les consommateurs locaux et étrangers ont du pays. Il crée de la confiance et renforce l’attractivité économique du Cameroun.

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À travers leur professionnalisme, ces femmes entrepreneures deviennent ainsi des ambassadrices de la destination Cameroun. Elles racontent un pays capable d’innover, de produire durablement et de répondre aux standards du marché.

En quittant l’hôtel Albatros ce lundi 5 janvier, entre séances de networking et expositions des produits des apprenantes, une conviction semblait partagée : investir dans les femmes, c’est aussi investir dans l’image et l’avenir du Cameroun.


Routes bétonnées, piscine, pergolas : Ecopark Yaoundé change de visage

Il y a quelques années encore, Ecopark Yaoundé portait les traces classiques d’un parc d’attraction en développement : la poussière rouge, les chemins irréguliers, cette sensation d’aventure brute. En 2026, le contraste est saisissant. Dès le portail, quelque chose a changé.

Le gardien consigne désormais les noms de chaque visiteur. Le geste est simple, mais il donne le ton : ici, l’organisation progresse. À peine le portail franchi, les pas ne soulèvent plus de nuage ocre. La route est désormais en béton. Lisse. Propre. Enfin, on entre et on ressort d’Ecopark sans poussière sur les chaussures.

Le parc se lit désormais en marchant

La route est désormais en béton. Lisse. Propre. Ecopark Yaoundé
La route est désormais en béton. Lisse. Propre. Crédit : Ecopark Yaoundé

Après l’espace Onemble — bar à grillades en journée, cabaret le week-end — le regard est attiré vers la gauche. Quatre pergolas aux formes arrondies bordent l’eau, sur le chemin qui mène aux trois hôtels du site. Des abris bienvenus, pensés pour s’arrêter, respirer, observer les ondulations du vent à la surface des étangs.

Plus loin, l’axe principal qui sépare les deux étangs révèle l’une des mutations les plus visibles du parc : l’axe bétonné qui traverse désormais Ecopark comme une colonne vertébrale. La circulation est fluide, les déplacements agréables. On sent que le site a changé d’échelle.

« De grandes améliorations ont été réalisées pour faciliter la circulation des visiteurs », explique Boris Foe Essomba Antoine, membre fondateur d’Ecopark Yaoundé. « Grâce à nos partenaires, de nouveaux revêtements de sol ont été posés, et d’autres aménagements suivront. »

Des espaces pensés pour s’arrêter, pas seulement passer

Les pergolas, des lieux de pause, de discussion, de rendez-vous. Crédit : Ecopark Yaoundé
Les pergolas, des lieux de pause, de discussion, de rendez-vous. Crédit : Ecopark Yaoundé

En poursuivant la visite, d’autres pergolas apparaissent. Cette fois, dans un espace soigneusement aménagé, pavés au sol, décoration plus travaillée. La différence se ressent immédiatement. Un mini-restaurant spécialisé dans les grillades — poissons, viandes, boissons fraîches — complète l’ensemble.

Six pergolas supplémentaires, chacune pouvant accueillir six à huit personnes. Des lieux de pause, de discussion, de rendez-vous. Les statues d’autruches qui occupaient autrefois l’espace ont disparu. Un détail qui attriste certains habitués, mais comme le dit l’adage : on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs.

Boris Foe le reconnaît volontiers : « Des pergolas ont été installées un peu partout dans le parc, permettant aux visiteurs de faire une pause pendant leur promenade. Les amoureux, par exemple, peuvent s’y arrêter, se regarder dans les yeux, partager un verre et déguster un bon plat local. »

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La piscine, symbole du nouveau Ecopark Yaoundé

En longeant le couloir principal, on arrive à ce qui constitue sans doute la grande nouveauté de 2026 : la piscine. Là où les footballeurs du quartier et des dimanches improvisés occupaient autrefois l’espace, l’eau a pris place.

La piscine, symbole du nouveau Ecopark
La piscine, symbole du nouveau Ecopark

Pas une piscine olympique — et ce n’est pas l’ambition — mais un bassin cosy, convivial, parfaitement adapté pour se rafraîchir en pleine saison sèche. L’endroit est déjà devenu un point d’attraction, mêlant rires d’enfants, détente des adultes et curiosité des visiteurs de passage.

« Une piscine a été ouverte, et plusieurs nouveaux espaces ont été aménagés pour accueillir les événements marquants de la vie de nos visiteurs », souligne Boris Foe. Mariages, anniversaires, rencontres familiales ou professionnelles trouvent peu à peu leur cadre à Ecopark.

Des absences… et des attentes

Tout n’est pas encore parfait. La salle de jeux vidéo, autrefois animée par les amateurs de PS4, Wii U, jeux de danse et billard, est aujourd’hui vide. Un silence qui surprend les anciens habitués. Supposons, avec optimisme, que les machines soient en maintenance et reviendront bientôt.

Les incontournables, eux, sont toujours là : musée zoologique, bibliothèque, boutique de souvenirs, parc animalier, espaces de loisirs pour enfants. Mais pour les adultes, l’attente de nouveautés se fait sentir. Certains imaginent déjà un manège, une grande roue, un toboggan géant… Des idées qui trouvent un écho dans les propos de Boris Foe.

« Ecopark s’étend sur 50 hectares, dont seulement 8 sont actuellement exploités », rappelle-t-il. « Cela montre à quel point nous avons encore du potentiel à développer. De nombreux projets sont en cours ou en phase de conception. »

Ballade en pirogue à Ecopark une excursion organisée par Voyage en hauteur.

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Ecopark Yaoundé : un parc en mouvement

Balades en pirogue, pêche sportive, promenades à cheval, hôtels pour un séjour en pleine nature : l’offre existe, et elle évolue. La force d’Ecopark réside dans cette transformation progressive, assumée, visible.

« Nous avons à cœur de proposer régulièrement de nouvelles expériences », insiste Boris Foe. « Tout arrive à point. »

En 2026, Ecopark Yaoundé ne se contente plus d’être un espace vert à la périphérie de la ville. Il devient un site structuré, lisible, pensé pour l’expérience visiteur. Un lieu où l’on vient respirer, manger, marcher, nager, observer… et revenir.

Et si seulement 8 hectares racontent déjà autant, les 42 autres laissent entrevoir tout ce que ce parc peut encore devenir.


Pourquoi Ecopark a choisi le théâtre pour ouvrir l’année 2026 ?

Ouvrir l’année par un spectacle de théâtre, un 1er janvier, dans un site touristique en pleine nature. À Ecopark Yaoundé, ce choix n’a rien d’anecdotique. Il dit une vision. Il raconte une manière de penser le tourisme autrement, loin du simple loisir, plus proche de la mémoire, de la transmission et du lien.

Ce jour-là, à Ahala, le public découvre Ngan Medza, une fresque théâtrale inspirée de la mythologie Beti-Ekang. Quarante-cinq minutes de scène pour rappeler que le développement touristique peut aussi être un acte culturel fort.

Ecopark

Pour Boris Foe Essomba Antoine, l’un des membres fondateurs d’Ecopark Yaoundé, cette orientation n’est pas nouvelle. « Depuis les débuts du parc, les arts ont toujours été présents ici », rappelle-t-il. Bien avant les grandes affluences, Ecopark accueillait déjà des groupes artistiques, des mini-concerts, des performances mêlant sons contemporains et expressions plus traditionnelles. La culture n’est donc pas un décor ajouté. Elle fait partie de l’ADN du lieu.

Replacer le théâtre au cœur de la jeunesse

Si le choix du théâtre s’impose cette année, c’est aussi en réponse à un constat préoccupant. Boris Foe le dit sans détour : la jeunesse se détourne progressivement des arts du spectacle. « Aujourd’hui, les jeunes sont beaucoup plus tournés vers les téléphones, Internet, TikTok, Snapchat… » Une immersion numérique qui, selon lui, entraîne une déconnexion lente mais réelle de la culture d’origine.

Les signes sont visibles : langues maternelles peu pratiquées, repères historiques flous, filiations mal comprises. « Ce qui nous inquiète, c’est que les jeunes maîtrisent de moins en moins leurs origines », insiste-t-il. Ils se revendiquent parfois d’un grand groupe ethnique sans en connaître les fondements, les histoires, les fraternités.

Chez les Beti, ces repères sont pourtant essentiels. L’histoire se transmet par les récits, les lignées, les mythes fondateurs. Ngan Medza la traversée devient alors plus qu’un spectacle : un outil pédagogique, un pont entre générations.

Boris Foe Essomba : « Pour vivre ensemble, il faut d’abord connaître et accepter sa propre identité »,

Boris Foe Essomba, membre fondateur du site touristique Ecopark Yaoundé.
Boris Foe Essomba, membre fondateur du site touristique Ecopark Yaoundé.

À Ecopark, la transmission culturelle ne rime pas avec repli identitaire. Boris Foe tient à lever toute ambiguïté. « Il ne s’agit pas de promouvoir un communautarisme ou un sectarisme », précise-t-il. L’enjeu est ailleurs : permettre aux jeunes de connaître leur valeur, de comprendre d’où ils viennent, afin de mieux dialoguer avec les autres.

Le vivre-ensemble, souvent invoqué dans les discours, prend ici une dimension concrète. « Pour vivre ensemble, il faut d’abord connaître et accepter sa propre identité », explique-t-il. L’assumer, la comprendre, la partager, puis apprendre à cohabiter avec les autres dans le respect mutuel.

Cette philosophie se reflète dans la fréquentation même du parc. Ecopark accueille des Camerounais de toutes régions, mais aussi des visiteurs venus d’ailleurs. La diversité y est quotidienne, vécue, non théorisée. La culture devient alors un langage commun, un socle, pas une frontière.

Ngan Medza, une œuvre appelée à durer

Ngan Medza Ecopark
Les comédiens sur la scène du Ngan Medza la traversée.

Le spectacle présenté le 1er janvier n’était pas un événement isolé. Pour Boris Foe, Ngan Medza s’inscrit dans la durée. « Ce spectacle n’est que le premier d’une série », affirme-t-il. Pensé principalement pour les jeunes — écoliers, élèves, étudiants — il sera programmé pendant les périodes de vacances scolaires, moments où ils sont plus disponibles et réceptifs.

Une nouvelle représentation est déjà annoncée pour les congés de Pâques, en lien avec un autre rendez-vous emblématique du site. L’idée est claire : inscrire la culture dans le rythme de vie du parc, au même titre que les autres activités.

À travers cette démarche, Ecopark se positionne comme un lieu de mémoire autant que de détente. Un espace où l’on vient se reposer, certes, mais aussi apprendre, ressentir, se reconnecter à l’essentiel.

Un lieu qui raconte, avant même de divertir

Le musée d’Ecopark, un lieu de mémoire.

À Ahala, la culture n’est pas un supplément d’âme. Elle est une boussole. Elle guide les choix, structure les projets et donne du sens à l’expérience touristique. En ouvrant 2026 avec Ngan Medza, Ecopark Yaoundé affirme une conviction forte : le tourisme peut — et doit — participer à la transmission des héritages.

Mais derrière cette ambition culturelle assumée, Ecopark Yaoundé est aussi un chantier en pleine mutation, porté par de nouvelles infrastructures, de grands projets et des innovations concrètes que le site s’apprête à dévoiler…

(À suivre)


NGAN MEDZA : quand le théâtre réveille la mémoire Ekang à Ecopark Yaoundé

L’année 2026 s’est ouverte sous le signe de la mémoire, du souffle ancestral et du théâtre vivant. Le 1er janvier, au centre touristique Ecopark Yaoundé, situé à Ahala, le public a été convié à un voyage hors du temps à travers le spectacle théâtral Ngan Medza, une fresque scénique de 45 minutes inspirée de la mythologie du peuple Beti-Ekang. Un pari audacieux pour inaugurer l’année, et surtout un acte culturel fort.

Dès l’ouverture, le ton est donné. Deux percussionnistes entrent en scène, tam-tam et tambour dialoguant dans une pulsation profonde, presque tellurique. La musique d’Ismaëlo – Africa enveloppe l’espace, installe l’écoute et prépare les corps à recevoir l’histoire. Le théâtre ici ne divertit pas seulement : il convoque.

Quand la parole du conteur plante le décor du spectacle Ngan Medza

La première scène s’ouvre sur l’entrée du conteur, vêtu d’une peau de panthère. C’est le slameur Bern’ArtDo qui prend la parole. Sa présence est magnétique. La voix posée, rythmée, presque incantatoire, il s’adresse au public et plante le décor : « Ce que vous allez entendre ce soir n’est pas une histoire inventée. C’est une mémoire. C’est l’histoire de nos origines, une histoire que l’on raconte pour ne pas oublier. »

Les comédiens sur la scène du Ngan Medza. Crédit : Sidoine FEUGUI
Les comédiens sur la scène du Ngan Medza. Crédit : Sidoine FEUGUI

Bern’artdo remonte alors le fil du temps et convoque l’ancêtre mythique Nanga. « Nanga est notre père à tous. De lui sont nés Kolo Beti, Eton Beti, Mvele Beti, Mvan Beti, Meka Beti, Bulu, l’unique fille, et Ntumu, le dernier-né », déclame-t-il. Il poursuit, rappelant l’origine lointaine des Ekang : « Nous venons des terres chaudes du nord-est de l’Afrique. Nous étions un peuple de parole, de rites et de sciences sacrées. Nous avons marché longtemps avant d’atteindre les grandes forêts. »

Ce n’est qu’après cette longue migration, explique encore le conteur, que survient la rupture : « Au XVIIIᵉ siècle, en avançant vers l’Adamaoua, nous avons rencontré les Fulbé. La peur, la violence et la fuite nous ont conduits jusqu’au fleuve Sanaga. » L’obstacle semble infranchissable. C’est alors qu’intervient le serpent mystique, Ngan Medza, immense boa totem envoyé pour sauver le peuple.

Songes, conflits et fracture communautaire

Les comédiens sur la scène du Ngan Medza. Crédit : Sidoine FEUGUI
Les comédiens sur la scène du Ngan Medza. Crédit : Sidoine FEUGUI

La deuxième scène introduit un roi sur son trône, troublé par un songe. Il convoque son conseiller. La tension est subtile, mais perceptible. Une transition musicale aux sonorités arabes nous transporte ensuite dans la chefferie Fulbé de l’Adamaoua. Le décor change : tapis, tableaux représentant des filles peules. Le conflit communautaire est posé. La chasse est interdite. Les Ekang sont menacés.

Le spectacle évite le manichéisme. Il montre la complexité des rapports entre peuples, les incompréhensions, les décisions politiques qui brisent des équilibres anciens. La scène suivante, située dans un petit village Ekang, ramène l’intimité : quatre huttes, des cases en terre battue, et un dialogue chargé d’inquiétude. Le conseiller raconte son entretien avec le chef. Le songe annonce l’exil.

Une phrase résonne comme un avertissement biblique et symbolique : « Adamaoua, la terre où Adam et Aoua ont mangé le fruit. »

La Sanaga comme ligne de vie et de mort

La scène centrale du spectacle est sans doute celle de la rencontre avec la Sanaga. Les Ekang sont en fuite. Ils sont face au fleuve. Le désespoir s’exprime dans une supplique collective : « Nous portons vos noms, vos rites, votre histoire. Ne nous laissez pas mourir. »

C’est alors qu’un gros serpent boa jallit de l’eau. Sa voix se fait entendre. Grave, profonde : « Mon dos est large. Montez. Restez unis. »

Les comédiens sur la scène du Ngan Medza. Crédit : Sidoine FEUGUI
Les Ekangs sur le dos du Ngan Medza. Crédit : Sidoine FEUGUI

La scénographie est simple mais efficace : une longue mousse serpentiforme, terminée par une tête symbolique. Les Ekang traversent le fleuve Sanaga sur le dos du boa. Mais le chef reste en arrière pour mener la bataille. Il meurt. Le sacrifice est total.

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Une émotion portée par la voix

La transition suivante est un moment de grâce. La chanteuse Merveille Bella, accompagnée du slameur Bern’ArtDo, livre une oraison funèbre bouleversante. Sa voix, aiguë, maîtrisée, profondément mélodieuse, traverse la barrière de la langue. Même sans comprendre les mots, l’émotion frappe. Frissons garantis. La mort est interrogée, pleurée, mais aussi honorée.

« Pourquoi la mort ne meurt pas ? » La question reste suspendue.

Dans la dernière scène, le peuple Ekang descend du dos du serpent. Ngan Medza leur laisse un ultime message : « Restez toujours unis. Un peuple uni avance. Un peuple divisé se brise et tombe. »

La narration se referme sur cette vérité intemporelle. Un peuple sans culture est un peuple sans âme.

Une jeunesse au cœur du projet Ngan Medza

À la sortie, les réactions sont éloquentes. Marcel, spectateur, confie : « L’idée était foncièrement originale. La mise en scène est réussie, la sonorisation bien maîtrisée. Ce genre de spectacle est vraiment important pour la jeunesse. »

Le metteur en scène, Brice Belinga, étudiant en arts du spectacle et cinématographie à l’Université de Yaoundé I, revient sur la genèse du projet : « L’idée m’est venue d’un grand frère qui m’a parlé de Ngan Medza. Nous voulions valoriser la culture camerounaise. Ce spectacle symbolise à la fois la traversée, la rupture et la mémoire. Je suis très satisfait, surtout de voir autant de jeunes et d’enfants. »

Pour Foe Essomba Antoine Boris, membre fondateur d’Ecopark Yaoundé, ce spectacle marque le début d’une série : « Il s’agit de sensibiliser les jeunes à leurs origines, sans communautarisme. Connaître sa culture permet de mieux dialoguer avec les autres. »

Une œuvre nécessaire

Spectacle Ngan Medza à Ecopark Yaoundé : une fresque théâtrale inspirée de la mythologie Beti-Ekang pour ouvrir 2026 sous le signe de la mémoire et de la culture.

Avec Ngan Medza, le théâtre redevient ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un espace de transmission, de mémoire et de dialogue entre générations. À Ecopark Yaoundé, ce 1er janvier 2026, la culture n’a pas seulement été célébrée. Elle a été vécue.


Mouna TABA : Yaoundé ouvre le premier Festival panafricain du film sur la jeunesse

À partir de ce 10 décembre, Yaoundé se laisse gagner par une brise cinématographique différente. Pas celle des tapis rouges. Ici, l’on parle d’enfance, de rêves, de blessures secrètes et d’espérances têtues. L’Espace Culturel ADE-NIBA se transforme en point de rencontre d’un continent qui veut raconter sa jeunesse sans la trahir. Le Festival panafricain du film sur la jeunesse – Mouna TABA ouvre sa toute première édition du 10 au 13 décembre 2025, et déjà, il dégage un parfum de promesse.

Pour Mary-Noëlle Niba, Présidente de l’Association Tell And Be Africa, ce festival n’est pas sorti de nulle part. Il est né d’un long compagnonnage avec le public : « Ce festival s’inscrit dans la continuité du Ciné-Club N’kah. Pendant cinq ans, nous avons rapproché le public des classiques africains. Les séances les plus remplies étaient celles avec des enfants. Ils étaient émerveillés devant Le Ballon d’or de Cheick Doukouré… »
Ce constat a rendu l’idée presque évidente : créer un espace où la jeunesse et ses récits sont invités au centre.

Festival Mouna TABA

Festival Mouna TABA : Trois jours, vingt-cinq films et une volonté de réinventer le regard

Durant trois jours, vingt-cinq films — courts et longs métrages — défileront à l’écran. Pas pour impressionner, mais pour transmettre : la jeunesse compte, ses histoires méritent d’être vues et comprises.

Le thème choisi, « Des films inspirants pour la jeunesse », reflète cette ambition. Loin du sensationnel, l’objectif est de rappeler que le cinéma peut aussi redonner confiance, éclairer des chemins, offrir des modèles ou tout simplement servir de passerelle entre générations.

Le festival Mouna TABA est également compétitif, avec deux prix : meilleur long métrage et meilleur court métrage. Le jury, conduit par Narcisse Wandji, réunit des figures plurielles du livre, de la production, du cinéma et de la critique. Tous partagent une même conviction : encourager des œuvres exigeantes sur la jeunesse africaine.

Un colloque pour comprendre ce que signifie “écrire sur la jeunesse”

Au-delà des projections, le colloque « Écrire sur la jeunesse » permettra de revisiter les motivations, les enjeux et les responsabilités qui accompagnent l’écriture d’un film destiné à un jeune public. Les panélistes — réalisateurs, éditeurs, écrivains, formateurs — viendront offrir un regard croisé, parfois critique, toujours passionné.

Dans un paysage cinématographique où les enfants sont souvent les grands absents, ce temps de discussion arrive comme une respiration nécessaire.

Mouna TABA

La Résidence d’écriture TABA : un laboratoire d’histoires merveilleuses

En parallèle se tient la troisième édition de la Résidence d’écriture TABA, du 30 novembre au 14 décembre. Là se préparent des films qui, demain, pourraient faire le tour des festivals. Parmi eux : La liste de Noël, En sourdine, Basket, Le prix d’un nom et Sotapot.

Paul Marie Mala, porteur du projet La liste de Noël, accueille cette sélection avec une sincérité touchante : « C’est une chose d’être sélectionné, c’en est une autre d’accepter les appréciations sur son travail. Cette résidence me permet d’avoir une vision de l’écriture du cinéma, même si ce n’est pas évident d’accepter les critiques. Cependant, je suis là pour apprendre à écrire pour les enfants. »
Une parole qui dit la fragilité de la création, mais aussi le courage qu’il faut pour se confronter au regard des autres.

Autour des participants, des encadreurs expérimentés : Anis Lassoued, Yolande Ekoumou Samba, Mary-Noël Niba… Tous apportent leur maîtrise du langage cinématographique et leur sensibilité aux récits de jeunesse.

ADE-NIBA, un nouveau souffle culturel pour Yaoundé

Cette effervescence se déploie dans un seul et même lieu : ADE-NIBA, fraîchement sorti de terre près de Shell Nsimeyong. Un espace pensé pour accueillir des rencontres artistiques, mais aussi pour créer de la proximité entre le public et les créateurs.

Pour sa première grande manifestation, l’endroit devient un refuge pour les histoires et un terrain de dialogue entre générations.

Quand Yaoundé choisit de regarder sa jeunesse autrement

Dans un monde où l’image de la jeunesse est trop souvent écrasée par les clichés, Mouna TABA arrive comme une parenthèse nécessaire. Une invitation à réapprendre l’émerveillement, à revisiter le merveilleux africain, à écouter ce que les enfants et adolescents ont à dire.

Du 10 au 13 décembre, Yaoundé regarde la jeunesse à hauteur d’yeux. Et rien que cela suffit déjà à donner au festival un souffle particulier : celui des commencements qui ont vocation à durer.


Clémence pour les personnes incarcérées : L’engagement d’Ange Sama

Le Mouvement Demande Nationale de Clémence (DNC), dirigé par Ange Sama, annonce la tenue d’une Journée Citoyenne de Compassion et de Clémence le 04 décembre 2025, entièrement axée sur une mobilisation numérique inédite : la réalisation de vidéos citoyennes en soutien à certains détenus au Cameroun.

L’organisation, qui se veut pacifique, citoyenne et apolitique, entend ainsi attirer l’attention sur les conditions de détention dans le pays et solliciter un geste de clémence présidentielle.

Ange Sama
Ange Sama plaide pour les détenues.

Dans son communiqué, le Mouvement rappelle que son initiative vise principalement les personnes en détention provisoire prolongée, les prévenus sans moyens, les détenus condamnés pour des faits mineurs ainsi que ceux oubliés ou sans représentation. Les personnes en situation sanitaire préoccupante figurent également parmi les cibles de ce plaidoyer.
Pour faire entendre leur voix, les citoyens sont appelés à produire eux-mêmes une vidéo, un format jugé simple, accessible et symboliquement puissant. Selon Ange Sama, cette démarche vise à « rendre visible l’invisible » et à encourager une justice empreinte d’humanité.

04 décembre : une mobilisation vidéo à l’échelle nationale

Le Mouvement DNC invite chaque Camerounaise et chaque Camerounais à poster, le 04 décembre, une courte vidéo dans laquelle ils prononceront clairement :
« En ce 04 décembre 2025, je demande humblement la grâce présidentielle de certains détenus pour plus d’humanité, de pardon et d’espoir. »

Libre à chacun d’apparaître assis, debout ou un genou au sol, selon son inspiration.
Toutes les vidéos devront être publiées avec le hashtag #DNC04Decembre afin de créer une vague d’expression nationale et de rendre la mobilisation visible aux yeux des décideurs.

L’appel intervient dans un contexte où les établissements pénitentiaires camerounais font face à de nombreuses difficultés, notamment la surpopulation carcérale, les détentions provisoires disproportionnées, les inégalités sociales touchant les plus pauvres, les cas de détenus oubliés et les problèmes sanitaires récurrents. Le Mouvement DNC estime que la Journée du 04 décembre doit permettre de replacer ces sujets sensibles au cœur du débat public.

Le Mouvement inscrit son action dans un esprit de respect institutionnel. Il exprime sa confiance envers le Président de la République, Paul Biya, et envers la Première Dame Chantal Biya, connue pour ses actions humanitaires. La DNC espère que cette mobilisation vidéo massive encouragera un geste présidentiel de clémence.

Le Mouvement invite l’ensemble des acteurs nationaux à se joindre à cette initiative : citoyens, leaders religieux, magistrats, parlementaires, organisations de la société civile et institutions judiciaires.


Pourquoi la vitamine A change la vie d’un enfant ?

Du 4 au 7 décembre 2025, la Délégation Régionale de la Santé Publique du Centre organise la Semaine d’Actions de Santé et de Nutrition Infantile et Maternelle (SASNIM2). Au cœur de la campagne : la vitamine A et le déparasitage, deux interventions essentielles destinées à 1 079 488 enfants de 12 à 59 mois dans les 28 districts. Quatre jours pour renforcer leur immunité et prévenir les carences.

L’Aire de santé d’Elig-Effa est prête pour la SASNIM2. Credit : Aire de santé d’Elig-Effa

Au briefing médias organisé à la Délégation Régionale de la Santé Publique du Centre, où j’ai assisté avec d’autres journalistes et créateurs de contenus, la vitamine A s’est imposé dès les premières interventions. Une petite capsule rouge, presque anodine, mais qui concentre à elle seule une grande partie des enjeux de la SASNIM2.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la vitamine A reste l’un des outils les plus efficaces pour réduire la mortalité infantile. Elle protège la vue, soutient les défenses immunitaires et aide l’organisme à mieux encaisser les infections courantes. Nutrition International rappelle d’ailleurs que les enfants supplémentés tombent moins souvent malades et récupèrent beaucoup plus vite lorsqu’ils sont infectés.

Cette importance saute aux yeux lorsqu’on observe les réalités sanitaires de la Région du Centre. Dans les zones rurales comme dans les quartiers urbains densément peuplés, une carence en vitamine A suffit à fragiliser l’enfant : infections répétées, croissance ralentie, risques accrus de complications. Ici, chaque capsule compte.

Les bienfaits de la Vitamine A.
Les bienfaits de la Vitamine A.

Dans l’assiette, la vitamine A existe déjà

Pendant le briefing, plusieurs responsables ont rappelé que la supplémentation ne doit pas faire oublier l’alimentation quotidienne. La vitamine A se trouve dans de nombreux aliments accessibles, surtout dans un pays agricole comme le Cameroun.

Les nutritionnistes recommandent les sources animales — foie, œufs, poisson, lait entier — qui offrent une vitamine A immédiatement utilisable par l’organisme. Mais les jardins et marchés du Centre regorgent aussi d’options végétales riches en provitamine A : mangue, papaye, patate douce orange, carotte, feuilles vertes de manioc ou d’amarante.

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Ce sont des aliments simples, souvent populaires, qui peuvent renforcer la santé des enfants au quotidien. La capsule de la SASNIM2 n’est donc pas un remplaçant : elle vient plutôt consolider une base alimentaire parfois fragile.

Les aliments riches en Vitamine A

Le déparasitage : préparer le terrain pour la vitamine A

On ne parle pas souvent des “intrus tapis dans l’ombre”, comme l’a glissé avec humour un agent de santé lors du briefing. Pourtant, les vers intestinaux font partie des principaux ennemis du bien-être nutritionnel.

Selon l’OMS, ces parasites absorbent une partie des nutriments destinés à l’enfant, réduisent l’efficacité de la vitamine A et fragilisent l’organisme. Ils provoquent anémie, retard de croissance, fatigue chronique.

C’est pourquoi la SASNIM2 combine systématiquement la supplémentation avec un déparasitage au Mebendazole, un comprimé administré aux enfants de 12 à 59 mois.

Les moins de 12 mois, eux, ne sont pas concernés par la campagne. Ils sont déjà pris en charge par le Programme Élargi de Vaccination (PEV), qui inclut la vitamine A dans le calendrier de routine.

Calendrier de vaccination ! Crédit : PEV Cameroun

Selon Nutrition International, associer vitamine A et déparasitage multiplie les bénéfices : l’enfant absorbe mieux les nutriments, résiste davantage aux maladies, et son organisme reprend des forces. Deux interventions complémentaires, deux effets qui se renforcent.

Comment les équipes du Centre vont travailler ?

Un enfant recevant sa dose de Vitamine A
Un enfant recevant sa dose de Vitamine A. Crédit : PEV CAMEROON

Dans les 28 districts de santé du Centre, l’organisation est déjà en place. Superviseurs, relais communautaires et agents de terrain ont reçu leurs orientations. Objectif : ne laisser aucun enfant éligible sur le carreau.

Pendant la campagne, plusieurs méthodes se combineront.

Le porte-à-porte, d’abord. Il permet d’atteindre les familles dispersées, celles qui n’ont pas toujours le temps ou la disponibilité pour se rendre dans un centre de santé. Dans certains villages, les agents devront parfois marcher longtemps pour atteindre les concessions isolées.

Les postes fixes et temporaires, ensuite, installés dans les centres de santé, les marchés, les carrefours stratégiques. Des espaces où les familles peuvent venir spontanément pour faire supplémenter leurs enfants.

Enfin, les établissements scolaires serviront de relais précieux. Les enseignants encourageront les élèves à se présenter au poste le plus proche, et les équipes pourront toucher des centaines d’enfants en quelques heures.

Cette diversité de méthodes n’est pas un choix esthétique. Elle répond aux réalités du terrain. On ne touche pas les enfants de Dzeng, d’Obala ou d’Akonolinga de la même manière qu’à Nkolndongo, Efoulan ou Mvog-Ada. Le Centre est vaste, contrasté, parfois difficile d’accès. Mais l’objectif reste le même : protéger les enfants là où ils vivent.

Une capsule aujourd’hui, un avenir plus solide demain

Au fond, la vitamine A ne paie pas de mine. Une capsule avalée en quelques secondes. Un comprimé de Mebendazole croqué sans résistance. Et pourtant, derrière ce geste simple se cache quelque chose de beaucoup plus grand.

C’est une chance donnée à un enfant d’éviter une infection grave. C’est une protection de sa vue, de sa croissance, de son immunité. C’est une manière de dire que sa santé compte, vraiment.

Du 4 au 7 décembre, lorsque les équipes de santé frapperont aux portes de la Région du Centre, ce ne sera pas seulement pour distribuer des capsules. Ce sera pour rappeler une vérité essentielle : un enfant en bonne santé est un enfant qui peut grandir, apprendre, rêver et affronter le monde sans être freiné par des carences évitables.

Et parfois, tout commence avec une petite capsule de vitamine A.