Crédit: Sidoine FEUGUI

Je suis amoureux d’elle-s !

Février, le mois de l’amour, nous invite à célébrer toutes les formes d’affection. Pour moi, c’est l’occasion parfaite de mettre en lumière une de mes plus grandes passions : la marche et la randonnée en pleine nature. Vous l’avez compris, je suis amoureux d’elles !

La marche et moi, une histoire d’amour depuis l’enfance

Dès mon enfance, la marche a toujours eu une place spéciale dans ma vie. Je marchais beaucoup sans but précis, simplement pour le plaisir de découvrir. À l’âge de 12 ans, je me rappelle avoir fait une marche de Biyem-Assi pour Bastos, soit 9,15 km. En fait, j’allais voir ma tante à la Cité Verte, sauf que, je me suis perdu en chemin. Finalement, je me suis retrouvé à Bastos. Heureusement, j’avais le numéro de ma mère en tête. Je l’ai appelée depuis un kiosque à cigarettes servant de « call box » (cabine d’appel) devant la résidence nigériane, et elle est venue me chercher. Près de 20 ans après, la même cabine est toujours sur place, mais est-ce la même personne ?

Un enfant amoureux de la marche. Image par Hai Nguyen de Pixabay
Un enfant amoureux de la marche. Crédit : Hai Nguyen de Pixabay

Une autre anecdote de marche… toujours vers la Cité Verte. Mon oncle Tonton Gabriel s’est installé dans l’un des appartements de ma tante, qui est malheureusement décédée. J’aimais beaucoup aller là-bas pour passer du temps avec sa femme. À cette époque, j’avais déjà 16 ans. Quand j’étais un peu « foirée », je marchais jusqu’à chez Tata Blandine, sachant que je ressortirais de là avec au moins 1000 FCFA après avoir mangé un gros plat de pommes pilées. Sauf qu’un jour, j’ai fait l’effet inverse. Je faisais des courses au centre-ville. Au lieu de rentrer à la maison avec mon dernier 250 FCFA, j’ai décidé de prendre le taxi pour aller la voir, espérant qu’elle me donnerait 1000 FCFA comme d’habitude. Hélas ! Elle était très « foirée », donc je suis rentré à pied.

Bref, je suis amoureux de la marche, surtout en solitaire. La plus longue marche que j’ai faite en une journée est de 25 km sur la boucle Obili-Etoudi-Ngousso-Ompisport-Obili. C’est en rédigeant ce billet que je me rends compte que j’ai marché autant.

La plus longue marche que j’ai faite en une journée est de 25 km sur la boucle Obili-Etoudi-Ngousso-Ompisport-Obili.  Crédit : Google Map amoureux
La plus longue marche que j’ai faite en une journée est de 25 km sur la boucle Obili-Etoudi-Ngousso-Ompisport-Obili. Crédit : Google Map

7 km de Marche Nocturne : L’Amour au Cœur de l’Aventure

L’expérience de marche la plus risquée que j’ai vécue, c’était le 1er décembre 2020. J’étais avec ma petite amie au Palais des Congrès pour « Yaoundé en fête ». Nous sommes partis de là à 2h en direction du lac municipal où elle réside. Nous avons parcouru une distance de 7,5 km à pied à travers les quartiers Tsinga, Briqueterie, Mokolo Elobie et Messa, des zones réputées pour leur niveau d’insécurité. Dieu merci, nous n’avons pas rencontré d’obstacle en chemin. Ah, les choses de l’amour ! Chacun de nous avait de l’argent pour payer le taxi, mais nous avons décidé de faire la balade en amoureux en pleine nuit. Nous avons passé trois belles années ensemble, mais notre relation s’est malheureusement terminée, par ma faute.

J'ai conduit des amoureux de tourisme au Sanctuaire des primates de la Mefou.
J’ai conduit des amoureux de tourisme au Sanctuaire des primates de la Mefou. Crédit : Sidoine FEUGUI

Je suis amoureux de la Randonnée

La randonnée, ma seconde amoureuse. Je suis fou d’elle. Ma première randonnée remonte à mes 14 ans, lors d’une sortie avec le groupe scout Saint-Pierre Chanel d’Obili au mont Eloumden en 2009.

Photo souvenir d'une activité scout.
Photo souvenir d’une activité scout.

Ce jour-là, avant de commencer l’ascension, je me rappelle que le chef Ebodiam Rémy, surnommé Chef Condor, nous avait appris à cuisiner du ndomba de riz sauté sans marmite. Nous avions tous les ingrédients : riz, tomates, condiments verts, sel, poisson fumé, bois et allumettes, mais pas de marmite pour la cuisson. Nous avions fait tous les assaisonnements, emballé dans des feuilles de bananier, puis creusé le sol pour mettre le paquet à l’intérieur. Au-dessus, nous avons remis de la terre, posé le bois, allumé le feu et placé une tôle au-dessus pour concentrer la chaleur.

Après cela, nous sommes montés. Quel parcours difficile ! Entre champs, forêt dense et escalade des rochers nous sommes arrivés au sommet sans peine. Le véritable combat était la descente. Comme la pente était raide, parfois la colline imposait de courir, fatiguant ainsi mes genoux. Lasse de courir malgré moi, j’ai décidé de descendre en m’asseyant. Je me suis laissé glisser jusqu’en bas. Fallait alors voir comme mon derrière était noir de la terre de cette forêt !

J’ai fait environ 500 randonnées en 15 ans

Au sommet du Mont Loua. Crédit : Boyabe. je suis amoureux de la randonnée
Au sommet du Mont Loua. Crédit : Boyabe

Depuis lors, je ne peux plus compter le nombre de fois où j’ai fait des randonnées. Si je devais donner une estimation, je dirais que j’en ai fait environ 500 en 15 ans. Que ce soit avec les scouts, avec l’agence de tourisme Randonnée Inspiration, avec mon agence Voyage en Hauteur, ou lors de mes expéditions en solitaire. J’ai peur de draguer les femmes, mais je n’ai pas peur de m’aventurer tout seul en montagne. Aujourd’hui, je suis fier de me présenter comme guide de randonnée. Tous les weekends, je conduis les amateurs et passionnés de randonnée, comme moi, à l’assaut des sept collines de Yaoundé. J’organise aussi des excursions dans les sites touristiques.

« La Nature nous ronge l’esprit, l’aventure est notre nid »

« La randonnée pédestre est un loisir de marche à pied qui s’effectue dans la nature en suivant un itinéraire. » Justement, j’adore la nature. J’adore la forêt, la montagne, la plaine, la rivière, le fleuve, le lac… bref, j’adore la nature. Je me suis déjà rendu dans cinq régions sur les dix que compte le Cameroun : Centre, Ouest, Adamaoua, Est et Littoral.

Vue aérienne du Lac Tison près de Ngaoundéré. Crédit : Desy Danga
Vue aérienne du Lac Tison près de Ngaoundéré. Crédit : Desy Danga

Mon plus beau souvenir de touriste, c’est mon passage au lac Tison, à 15 km de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua. Ce lac de cratère, d’une profondeur moyenne de 48 m et d’un diamètre d’environ 300 m, est un véritable havre de paix. La beauté verdoyante du site, additionnée au silence mélodieux du lac, offre une véritable thérapie pour le corps et l’esprit. Ça me fait du bien d’y penser, neuf ans après mon passage en 2016 dans le cadre du Jamborée National Scout « Ngaoujamb ».

Nous avons ensuite visité les chutes de la Vina, où les eaux voraces s’offrent en spectacle pour le grand bonheur des touristes. Comment parler de cette expédition sans évoquer le mont Ngaoundéré ? Il est facile à arpenter, mais il présente un panorama pittoresque idéal pour les cartes postales.

À Dschang, je suis tombé amoureux du lac municipal

Lecture publique au bord du Lac Municipal de Dschang dans le cadre du African Festival Of Emerging Writers 2019. Crédit : Raoul Djimeli

À l’Ouest, ma région d’origine, mon village Bamendou présente aussi un panorama idyllique. C’est vrai que je n’ai pas encore eu l’occasion d’explorer le potentiel touristique de ce village du département de la Menoua. J’aimerais bien faire « une randonnée verte à Bamendou, plus précisément sur le Mont Bani, qui culmine à environ 1921 mètres d’altitude. Il s’agit d’une expérience rurale respectueuse de l’environnement, à la périphérie nord de Dschang, à environ 25 km du centre-ville ». À Dschang, je suis tombé amoureux du lac municipal. À Foumban, j’ai été séduit par le palais royal de Foumban ; dommage que je n’ai pas fait l’ascension du mont Mbapit, qui atteint 2000 m d’altitude. J’aimerais bien visiter les paysages de Foutouni, le mont Batcha, la vallée de Bana et bien d’autres.

Dans la région de l’Est, je n’ai rien visité du tout. J’y ai fait juste un tour éclair pour une mission dans un établissement scolaire. Quand j’aurai l’occasion, je ferai un tour au Musée Vivant des Bakas à Assok Mintom, à la rencontre de la communauté des pygmées bakas. J’irai voir les chimpanzés dans la réserve de Mbargué Wall, située du côté Est de la ville de Bélabo, dans la région de l’Est Cameroun, avec le guide Yannick.

Visite au Musée Vivant des Bakas à Assok Mintom. Crédit : Apifed Cameroun

Dans la région du Centre, je préfère passer du temps au rocher de Vimli à Mbalmayo et au lac Minkoameyos à Yaoundé, sans oublier les randonnées sur les sept collines de Yaoundé. Je ne veux pas développer davantage au risque de rendre ce billet trop long.

Vous l’avez compris, je suis amoureux d’elles : la marche, la randonnée et la nature.

Un Voyage vers les Objectifs de Développement Durable (ODD)

Les Objectifs de Développement Durable (ODD)

Dans mon histoire, je réalise que plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD) émergent de ma passion pour la randonnée et la nature. Tout d’abord, l’ODD 3, qui promeut une vie saine et le bien-être, est au cœur de mes balades en pleine nature. Chaque randonnée me permet de me ressourcer et de prendre soin de moi, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Ensuite, l’ODD 11, axé sur la création de villes durables, se manifeste dans mes explorations des quartiers de Yaoundé et des paysages camerounais, où je découvre la beauté de notre environnement urbain. Enfin, l’ODD 15, dédié à la protection de la vie terrestre, résonne profondément en moi. Mon amour pour la nature me rappelle à quel point il est crucial de préserver nos écosystèmes. À travers mes pas, j’espère inspirer d’autres à réfléchir sur la manière dont nos aventures peuvent contribuer à un monde plus durable et harmonieux.

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Auteur·e

sidoinefeugui