Le 17 mai 2026, j’ai guidé les participants du Camp des Créatifs 2026 au sommet du Mont Akok-Ndoé. Cette randonnée marquait la deuxième journée de cette première édition organisée autour du thème : « Comment survivre à l’IA ? ».
La veille, journalistes, blogueurs, artistes visuels et créateurs de contenus avaient pris part à plusieurs échanges autour des transformations des métiers créatifs. Les discussions ont porté sur les outils d’intelligence artificielle, les médias et les nouvelles façons de créer.
Parmi les intervenants figuraient deux designers expérimentés avec plus de quinze ans d’expérience dans le textile et l’entrepreneuriat. Un Prompt Engineer est également intervenu pour expliquer le fonctionnement de l’intelligence artificielle et apprendre aux participants à mieux utiliser certains outils numériques.
Une autre intervention portait sur la détection des images générées par IA. Les échanges ont notamment abordé les questions de désinformation et de vérification des contenus.
Pour Neilley Claude Ebessa, cette première journée a permis de découvrir de nouvelles possibilités. « Ce que j’ai retenu, c’est que grâce à l’IA je peux me faire beaucoup de blé. J’ai aussi appris comment utiliser certaines IA telles que Claude », raconte-t-elle.
Le lendemain matin, les créatifs se sont retrouvés au Centre des handicapés d’Etoug-Ebe point de départ pour le Mont Akok-Ndoé. L’ambiance était détendue malgré l’effort qui attendait le groupe.

Une montée difficile, mais une expérience marquante
Après environ 45 minutes de marche, les randonneurs ont atteint le sommet de 957 mètres d’altitude. Entre fatigue, encouragements et éclats de rire, chacun avançait à son rythme.
Au sommet, plusieurs activités ont été organisées pour renforcer les échanges entre participants. Le jeu de « la phrase collective » a particulièrement marqué les esprits. Le gagnant est reparti avec le livre Créer des visuels qui vendent de Fabrice Bwamou.

Le groupe a ensuite partagé un bouillon de bœuf très apprécié par les randonneurs. C’était très bon. Au point où l’un des participants a insisté pour avoir le contact de la restauratrice.

Mais la descente s’est révélée beaucoup plus compliquée. La pluie tombée la veille avait rendu le sol particulièrement glissant. Sur certaines portions, il était impossible de descendre debout.
La journaliste compare même cette descente à un jeu d’enfance. « C’était un peu le toboggan comme quand nous étions petits. On pousse, on glisse », explique Neilley Claude Ebessa en riant.

Pour la journaliste, cette randonnée représentait aussi un défi personnel important. « C’était ma toute première rando. Je sors aussi d’un accident où j’apprends progressivement à remarcher. Donc j’étais très contente parce que j’ai pu gravir ce mont », confie-t-elle.
Même constat du côté de Josué Tchandeu. « La randonnée du Camp des Créatifs était très passionnante. Assez fatigante, mais on a réussi à braver les obstacles », raconte l’artiste visuel.
Il reconnaît également les difficultés rencontrées pendant l’ascension et la descente. « Ce qui m’a le plus challengé, c’était la montée. À la descente aussi c’était éprouvant. À un moment, j’ai glissé », ajoute-t-il.
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Le Camp des Créatifs 2026 entre nature et réflexion

Au-delà de l’effort physique, plusieurs participants ont apprécié la coupure avec les écrans et les réseaux sociaux. Une fois au sommet, le réseau téléphonique passait difficilement. Cette déconnexion a favorisé des échanges plus naturels entre participants.
Pour Josué Tchandeu, cette expérience permet aussi de réfléchir autrement au rapport entre l’humain et la technologie. « Je pense que pour fuir l’intelligence artificielle, on peut aller vers la nature. Mais on doit aussi apprendre à appréhender l’IA pour pouvoir avancer », explique-t-il.
Cette idée rejoint la vision de Fabrice Bwamou. Pour lui, cette randonnée complète les échanges organisés pendant le premier jour du camp.
« Beaucoup de créatifs vivent dans un rythme très rapide, constamment connectés et entourés d’écrans. Nous voulions créer un moment différent : un espace pour ralentir, respirer et prolonger les échanges autrement », explique l’organisateur.
Selon lui, certaines discussions importantes naissent parfois plus facilement pendant une marche qu’au cours d’une conférence classique.
Entre boue, fatigue et moments de détente, cette randonnée du Camp des Créatifs 2026 aura surtout permis de créer des échanges humains dans un cadre différent.
Une manière de rappeler qu’à l’heure où l’intelligence artificielle accélère tout, prendre de la hauteur reste parfois le meilleur moyen de réfléchir autrement.