Il y a quelques années encore, Ecopark Yaoundé portait les traces classiques d’un parc d’attraction en développement : la poussière rouge, les chemins irréguliers, cette sensation d’aventure brute. En 2026, le contraste est saisissant. Dès le portail, quelque chose a changé.
Le gardien consigne désormais les noms de chaque visiteur. Le geste est simple, mais il donne le ton : ici, l’organisation progresse. À peine le portail franchi, les pas ne soulèvent plus de nuage ocre. La route est désormais en béton. Lisse. Propre. Enfin, on entre et on ressort d’Ecopark sans poussière sur les chaussures.
Le parc se lit désormais en marchant

Après l’espace Onemble — bar à grillades en journée, cabaret le week-end — le regard est attiré vers la gauche. Quatre pergolas aux formes arrondies bordent l’eau, sur le chemin qui mène aux trois hôtels du site. Des abris bienvenus, pensés pour s’arrêter, respirer, observer les ondulations du vent à la surface des étangs.
Plus loin, l’axe principal qui sépare les deux étangs révèle l’une des mutations les plus visibles du parc : l’axe bétonné qui traverse désormais Ecopark comme une colonne vertébrale. La circulation est fluide, les déplacements agréables. On sent que le site a changé d’échelle.
« De grandes améliorations ont été réalisées pour faciliter la circulation des visiteurs », explique Boris Foe Essomba Antoine, membre fondateur d’Ecopark Yaoundé. « Grâce à nos partenaires, de nouveaux revêtements de sol ont été posés, et d’autres aménagements suivront. »
Des espaces pensés pour s’arrêter, pas seulement passer

En poursuivant la visite, d’autres pergolas apparaissent. Cette fois, dans un espace soigneusement aménagé, pavés au sol, décoration plus travaillée. La différence se ressent immédiatement. Un mini-restaurant spécialisé dans les grillades — poissons, viandes, boissons fraîches — complète l’ensemble.
Six pergolas supplémentaires, chacune pouvant accueillir six à huit personnes. Des lieux de pause, de discussion, de rendez-vous. Les statues d’autruches qui occupaient autrefois l’espace ont disparu. Un détail qui attriste certains habitués, mais comme le dit l’adage : on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs.
Boris Foe le reconnaît volontiers : « Des pergolas ont été installées un peu partout dans le parc, permettant aux visiteurs de faire une pause pendant leur promenade. Les amoureux, par exemple, peuvent s’y arrêter, se regarder dans les yeux, partager un verre et déguster un bon plat local. »
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La piscine, symbole du nouveau Ecopark Yaoundé
En longeant le couloir principal, on arrive à ce qui constitue sans doute la grande nouveauté de 2026 : la piscine. Là où les footballeurs du quartier et des dimanches improvisés occupaient autrefois l’espace, l’eau a pris place.

Pas une piscine olympique — et ce n’est pas l’ambition — mais un bassin cosy, convivial, parfaitement adapté pour se rafraîchir en pleine saison sèche. L’endroit est déjà devenu un point d’attraction, mêlant rires d’enfants, détente des adultes et curiosité des visiteurs de passage.
« Une piscine a été ouverte, et plusieurs nouveaux espaces ont été aménagés pour accueillir les événements marquants de la vie de nos visiteurs », souligne Boris Foe. Mariages, anniversaires, rencontres familiales ou professionnelles trouvent peu à peu leur cadre à Ecopark.
Des absences… et des attentes
Tout n’est pas encore parfait. La salle de jeux vidéo, autrefois animée par les amateurs de PS4, Wii U, jeux de danse et billard, est aujourd’hui vide. Un silence qui surprend les anciens habitués. Supposons, avec optimisme, que les machines soient en maintenance et reviendront bientôt.
Les incontournables, eux, sont toujours là : musée zoologique, bibliothèque, boutique de souvenirs, parc animalier, espaces de loisirs pour enfants. Mais pour les adultes, l’attente de nouveautés se fait sentir. Certains imaginent déjà un manège, une grande roue, un toboggan géant… Des idées qui trouvent un écho dans les propos de Boris Foe.
« Ecopark s’étend sur 50 hectares, dont seulement 8 sont actuellement exploités », rappelle-t-il. « Cela montre à quel point nous avons encore du potentiel à développer. De nombreux projets sont en cours ou en phase de conception. »

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Ecopark Yaoundé : un parc en mouvement
Balades en pirogue, pêche sportive, promenades à cheval, hôtels pour un séjour en pleine nature : l’offre existe, et elle évolue. La force d’Ecopark réside dans cette transformation progressive, assumée, visible.
« Nous avons à cœur de proposer régulièrement de nouvelles expériences », insiste Boris Foe. « Tout arrive à point. »
En 2026, Ecopark Yaoundé ne se contente plus d’être un espace vert à la périphérie de la ville. Il devient un site structuré, lisible, pensé pour l’expérience visiteur. Un lieu où l’on vient respirer, manger, marcher, nager, observer… et revenir.
Et si seulement 8 hectares racontent déjà autant, les 42 autres laissent entrevoir tout ce que ce parc peut encore devenir.