À l’heure où le monde court après le « développement durable », certains peuples, eux, n’ont jamais quitté cette route. Les Baka, enfants de la forêt, l’arpentent depuis la nuit des temps. Mais qui les écoute ? Qui les voit vraiment ? C’est dans ce silence que naît un cri. Un rêve. Un festival : Baka Dream Days, dont la 6e édition est prévu du 4 au 7 septembre 2025. À Assok-Mintom, au sein du Musée Vivant Baka, les racines reprennent la parole. Et cette année, le thème est :
« La sécurisation des Bakas dans le processus de recherche, la promotion du tourisme et le développement durable. »

Un peuple, une forêt, un patrimoine en péril
Les peuples Baka et Fang, gardiens discrets d’un savoir ancestral, sont aussi les premières victimes d’un progrès qui oublie ses racines. Forêts rasées, terres arrachées, traditions ignorées… Et pourtant, dans les forêts denses du Sud-Cameroun, entre chutes d’eau oubliées et grottes mystérieuses, les Baka murmurent encore à l’oreille de la nature.
Alors, le Festival Baka Dream Days, porté par APIFED et AKOWBAKA, soutenu par l’Union Européenne, l’UNESCO, et le projet Natura Sud-Est, devient une nécessité. Un moment d’écoute, d’échange, et de réparation.
Quand la forêt s’ouvre au Baka Dream Days 2025
Au programme du Baka Dream Days 2025, des conférences riches et nécessaires : conservation, écotourisme, climat, gouvernance, patrimoine immatériel… Mais ce n’est pas un colloque d’experts, c’est une fête vivante. Et la forêt n’a jamais été aussi expressive :
- Danses traditionnelles et chants polyphoniques qui racontent l’âme des Baka
- Charcuterie bio locale et mets traditionnels mijotés à l’ombre des arbres
- Médecine traditionnelle, savoirs ancestraux partagés sans filtre
- Visites écotouristiques : Ako’Afem, Biamekok, forêts sacrées, zones d’éléphants…

Et bien sûr, des jeux patrimoniaux aux noms aussi savoureux que leurs épreuves : Njeuk, Miss Põli, grimper, tirer la corde… La joie comme résistance.
Un musée vivant, un peuple debout

L’un des temps forts sera la stratégie de sécurisation du Musée Vivant Baka, ce lieu unique où les traditions ne sont pas vitrines, mais voix, chants, gestes et regards. On y parlera aussi du projet Un Baka, un Bantou, et d’une réalité trop souvent niée : la citoyenneté des Baka.

Une projection de film, des tables rondes, des remises d’attestations, des naissances d’arbres (oui, ici, on dresse même les actes de naissance des géants verts), et une grande soirée dansante pour clore les festivités… avec une surprise. La forêt aime garder ses secrets.
Festival Baka Dream Days, un appel à la rencontre
Vous n’avez jamais entendu chanter la forêt ? Venez.
Vous croyez que la modernité efface le passé ? Venez.
Vous pensez que le développement doit aussi rimer avec dignité ? Venez.
Du 4 au 7 septembre 2025, à Assok-Mintom, les Baka ne seront pas « objets d’étude », mais sujets de leur histoire. Ils nous invitent à rêver avec eux, à co-construire un avenir où la forêt ne sera plus seulement exploitée, mais respectée. Où les peuples qui l’habitent seront non plus tolérés, mais écoutés.
Comment se rendre à Assok-Mintom ?
Pour rejoindre Assok-Mintom depuis Yaoundé, comptez environ 5 à 6 heures de voyage. Depuis le carrefour Mvan, prenez un car VIP Rapid Express (environ 4000 FCFA) en direction de Djoum, via Sangmélima, sur une route entièrement goudronnée. De Djoum, un véhicule ou moto-taxi vous mènera à Mintom pour environ 2500 FCFA. Le village d’Assok, situé dans le Dja-et-Lobo, est ensuite facilement accessible. Un trajet agréable, entre bitume et verdure, pour une destination hors du temps.
À très bientôt sous les arbres.