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Durel Epoh, sacré Wildlife Photographer of the Year par le Haut-Commissariat britannique

Durel Epoh, artiste photographe camerounais, a remporté le concours « Wildlife Photographer of the Year » 2025 du Haut-Commissariat britannique à Yaoundé. Il a accepté de se confier au Blog Voyage en hauteur sur cette distinction qui célèbre son regard sensible sur la biodiversité camerounaise. Son cliché gagnant, entre mémoire d’enfance et engagement écologique, rappelle l’urgence de préserver une nature qui s’efface.

Le 18 novembre dernier, le Haut-Commissariat britannique à Yaoundé a dévoilé le lauréat de son concours « Wildlife Photographer of the Year » 2025. Lancé en octobre, il visait à célébrer la biodiversité camerounaise et à sensibiliser aux réalités climatiques avant la COP30. Inspiré par l’exposition Wildlife Photographer of the Year, le concours a rassemblé des Camerounais de 18 à 40 ans. Il a encouragé les jeunes passionnés à photographier la faune, la flore et les paysages menacés. L’initiative a révélé des talents engagés pour la protection de l’environnement. Elle a sensibilisé le public à l’urgence climatique et rappelé la richesse du patrimoine naturel camerounais. Durel Epoh, artiste photographe pluridisciplinaire, est le lauréat de ce concours.

Durel Epoh gagnant du concours photo nature du Haut-Commissariat britannique à Yaoundé. Crédit : UK Ambassy Cameroon
Durel Epoh gagnant du concours photo nature du Haut-Commissariat britannique à Yaoundé. Crédit : British High Commission in Cameroon

Durel Epoh : un regard engagé sur la nature qui disparaît

Pour Durel Epoh, photographe pluridisciplinaire, cette distinction est bien plus qu’un prix. C’est une confirmation de sa vocation et un encouragement à poursuivre son travail sur la faune et la flore du Cameroun. « À l’annonce des résultats, j’étais très joyeux, car cela montre que je peux proposer quelque chose de pertinent dans la photographie de nature », confie-t-il.

Son cliché gagnant puise son inspiration dans son « quartier d’enfance autrefois luxuriant et plein de verdure qui attirait un ensemble d’animaux ». Aujourd’hui, ces espèces ont migré vers des zones plus reculées, victimes de l’urbanisation croissante. Ce constat, à la fois personnel et écologique, a guidé sa démarche artistique. « Je voulais vivre une expérience en tant que fan de National Geographic », explique Durel. Pour mettre en valeur ses sujets, il a travaillé la couleur et la composition afin de rendre visibles la beauté et la fragilité de la nature camerounaise.

Une sauterelle pygmée peinte (Dactylotum bicolor). Crédit : Durel Epoh
Une sauterelle pygmée peinte (Dactylotum bicolor). Crédit : Durel Epoh

Mais sa démarche dépasse la simple esthétique. « La biodiversité est une richesse à préserver pour le bien-être de l’Homme et pour renforcer l’économie du pays grâce au tourisme », précise-t-il. Les images qu’il produit ne se limitent pas à l’œil du spectateur. Elles servent d’outil de sensibilisation. Lors des présentations de ses clichés, il insiste sur « la richesse que l’on pourrait perdre si l’on n’agissait pas pour la conservation ».

Quelle place le tourisme occupe-t-il dans votre vie et dans votre travail photographique ?

La plage de Kribi.Crédit : Durel Epoh

Pour lui, le tourisme joue également un rôle central dans son art. « Le tourisme est non seulement une thérapie qui permet de s’épanouir, mais aussi une source d’inspiration », explique-t-il. Ses images font découvrir des lieux que beaucoup ne voient qu’en rêve et des espèces rares. Elles offrent une expérience immersive tout en alertant sur les risques liés à la perte de biodiversité. Il reste cependant lucide. « Le tourisme est un atout pour l’économie, mais c’est aussi un risque, car les visiteurs peuvent faciliter la propagation de maladies dangereuses pour les animaux », confie-t-il.

Son projet à venir est ambitieux et concret. Durel souhaite établir des collaborations avec des ONG, des parcs nationaux et des communautés locales, pour documenter la biodiversité sur le terrain. Il aspire également à créer du contenu visuel pour les offices de tourisme. Liant art et valorisation durable du patrimoine naturel camerounais.

Rappelons que cette distinction au concours photo nature du Haut-Commissariat britannique au Cameroun n’est pas sa seule récompense en 2025. En août dernier, Durel Epoh a décroché premier prix en photojournalisme au Grand Prix Francophilie des Médias 2025. Cette distinction a renforcé sa confiance et accru l’attention portée à son travail. Avec ce nouveau prix, il confirme sa capacité à marier esthétique, engagement et message écologique.

Un concours qui s’inscrit dans une diplomatie verte déjà bien installée

Le concours photo organisé par le Haut-commissariat du Royaume-Uni à Yaoundé, Cameroun ne s’inscrit pas dans le vide. Il fait partie d’une stratégie globale de diplomatie verte menée depuis plusieurs années au Cameroun. L’ambassade du Royaume-Uni soutient diverses initiatives visant à protéger et valoriser les écosystèmes, tout en impliquant les communautés locales et le secteur privé.

Parmi ces initiatives, le Biodiverse Landscapes Fund se distingue. Ce programme, doté de 100 millions de livres sterling, finance la restauration des écosystèmes et le soutien aux communautés du bassin du Congo, dont plusieurs zones au Cameroun. Son objectif est de ralentir la perte de biodiversité tout en créant des opportunités économiques locales.

Le Royaume-Uni s’engage également à mobiliser le secteur privé pour des actions climatiques concrètes. Via des subventions ciblées, des entreprises camerounaises ont été incitées à adopter des modèles à faible émission de carbone et à soutenir des projets de conservation locaux. En 2022, une subvention de 10 000 £ a été accordée pour renforcer la capacité d’initiatives locales et attirer de nouveaux partenaires, renseigne le site internet britannique.

En juin 2025, la UK-Cameroon Climate Week a mis en lumière un autre volet de la diplomatie verte britannique. La publication du livre Important Plant Areas of Cameroon. Réalisé en collaboration avec l’IRAD et les Royal Botanic Gardens de Kew, l’ouvrage identifie 49 sites critiques pour la biodiversité végétale, abritant plus de 850 espèces menacées, et propose des recommandations pour leur conservation (gov.uk).

La publication du livre Important Plant Areas of Cameroon. Crédit : British High Commission Yaounde

Durel Epoh, « Wildlife Photographer of the Year » 2025

Le canari. Crédit : Durel Epoh concours « Wildlife Photographer of the Year » 2025.
Le canari. Crédit : Durel Epoh

Ainsi, le concours « Wildlife Photographer of the Year » n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un ensemble d’actions visant à protéger la biodiversité camerounaise, à sensibiliser le public, à valoriser le tourisme durable et à soutenir une nouvelle génération de talents engagés, à l’image de Durel Epoh.

À travers ce prix, le Haut‑Commissariat britannique à Yaoundé réussit à combiner art et diplomatie environnementale, donnant aux jeunes photographes une plateforme pour s’exprimer tout en sensibilisant le public à la richesse et à la fragilité du patrimoine naturel camerounais. Les images de Durel, à la fois personnelles et universelles, témoignent de l’urgence de préserver la nature tout en célébrant sa beauté, et rappellent que chaque initiative, même artistique, peut devenir un levier de changement concret.

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Auteur·e

sidoinefeugui