Depuis le lancement de la CAN Maroc 2025, la compétition ne se vit pas uniquement dans les stades ou devant les écrans de télévision. Sur les réseaux sociaux, des figures camerounaises du monde culturel et du divertissement ont investi l’événement avec créativité, humour et poésie. À leur manière, Ulrich Takam et Lydol transforment la Coupe d’Afrique des nations en un véritable terrain d’expression digitale, où football rime avec satire, identité et narration artistique.
Ce billet est rédigé dans le cadre de la campagne #MaCAN de l’Association des Blogueurs du Cameroun.
Ulrich Takam, la CAN 2025 version satire populaire
Dès les premiers jours de la compétition, Ulrich Takam a donné le ton avec « Les Régulateurs spécial CAN 2025 ». n plateau diffusé en live multiplex sur Facebook, TikTok et YouTube. Le décor intrigue : un chantier de maison en construction, loin des plateaux télévisés classiques. Pour l’ouverture, l’humoriste a réuni ses confrères Flenchou, Gaby Kamer et Ndolo L’amour, annonçant la couleur d’un programme résolument décalé.
À l’origine du concept, une contrainte devenue opportunité. « L’actualité est centrée sur la CAN 2025 et mon emploi du temps ne m’a pas permis d’aller au Maroc. Je me suis demandé pourquoi ne pas travailler sur le sujet depuis le Cameroun », explique Takam. Inspiré des plateaux spéciaux des médias traditionnels, Les Régulateurs special CAN reprennent les codes… pour mieux les tourner en dérision. « Parfois, parmi les panelistes, on entend des analyses qui ne tiennent pas la route. Je me suis dit que si tous mes panélistes faisaient pareil volontairement, ça ferait un bon programme. »

Chaque soir jusqu’à la finale, des humoristes se succèdent sur le plateau. L’objectif n’est pas seulement d’analyser les matchs. Il s’agit de décortiquer tout ce qui gravite autour de la CAN : organisation, faits insolites, petites incohérences, ambiance générale. « On commente, anime, analyse, les méandres de cette CAN. Et surtout on s’attarde sur ce qui sort des normes, là où le débat devient intéressant », précise-t-il.
Pensé par Bimoule Production, Les Régulateurs de la CAN se revendiquent comme une parodie de média. Il respecte pourtant les codes du direct, du débat et de la régularité. L’émission est agrémenté de vox-pop, reportages et correspondants basés à Rabat et Casablanca, pour garder un lien permanent avec le terrain marocain.
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Lydol, la CAN 2025 racontée en slam
À l’opposé de la satire, Lydol propose une lecture sensible et poétique de la compétition avec « Les Instants Slam ». Chaque jour, la slameuse publie une courte vidéo en gros plan, perruque afro assumée, sur fond de motifs représentant les pays africains en lice. En quelques vers, elle revient sur les moments marquants de la journée.

« La CAN, ce n’est pas seulement des scores et des statistiques. C’est une émotion collective, une histoire africaine qui se raconte chaque jour », confie Lydol. Fidèle à son art, elle transforme l’actualité sportive en matière poétique, accessible même à ceux qui ne suivent pas tous les matchs.
À travers le slam, elle capte ce que le football provoque : la ferveur, la fierté, parfois la frustration. « J’essaie de mettre des mots sur ce que ressent le supporter africain. Le slam me permet de ralentir le tempo, de prendre du recul et de raconter autrement », explique-t-elle. Très partagés sur les réseaux sociaux, ses Instants Slam touchent un public large, bien au-delà des amateurs de ballon rond.
Pour Lydol, cette démarche est aussi un acte culturel. « Le sport et l’art parlent de la même chose : l’identité, le collectif, l’émotion. Avec la CAN 2025, j’ai trouvé un terrain parfait pour faire dialoguer les deux. »
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Quand la CAN devient un spectacle digital
Avec Ulrich Takam et Lydol, la CAN Maroc 2025 se joue aussi sur la toile. Humour, poésie, storytelling : les peoples camerounais réinventent la manière de vivre la compétition, prouvant que le football peut être un puissant moteur de création culturelle. Une autre façon de vibrer, loin des stades, mais au cœur de l’émotion africaine.