Ce mercredi 8 octobre 2025, au campus de l’ENAM à Yaoundé, Aristide Ayolo, responsable des Éditions Afribook, a convié le public à la cérémonie de présentation de l’ouvrage Bilan éclatant du Renouveau dans la région du Centre, Paul Biya cap sur 2025. À cette occasion, Elisée Ndjomo Eyenga, conseiller technique au ministère de la Santé publique et co-auteur du livre, a partagé sa lecture du développement touristique dans la région du Centre. Entre écotourisme, infrastructures hôtelières et valorisation des sites naturels, il revient sur les réalisations du président Paul Biya et les perspectives qu’offre le renouveau pour ce secteur stratégique
Voyage en hauteur: Pouvez-vous présenter globalement le livre ?
Le livre a pour vocation de revenir sur les principales réalisations du président de la République, Son Excellence Paul Biya, dans la région du Centre depuis son accession à la magistrature suprême en 1982. Il ne s’agit pas d’un simple recensement de tout ce qui a été fait, mais d’une mise en perspective: au plan politique, quelle est la relation privilégiée entre le président de la République et la région du Centre ? Au plan économique, quelles sont les réalisations et avancées majeures qui font la force de ce bilan ? Au plan social et culturel, mais aussi en matière de dynamique des jeunes.

Enfin, nous abordons les perspectives: qu’est-ce que la région du Centre est en droit d’espérer, et comment peut-elle se projeter à la lumière de ce qui a déjà été accompli ? Voilà à quoi renvoie ce « livre-témoignage », qui est aussi un outil didactique permettant à chacun de faire le point sur les actions menées et sur la manière dont la région du Centre s’est intégrée dans la dynamique des politiques publiques conduites par le président de la République depuis 1982.
Voyage en hauteur: Quelle a été contribution concrète d‘Elisée Ndjomo Eyenga en tant que co-auteur ?
Au-delà de la concertation avec l’ensemble des co-auteurs, je me suis concentré sur le volet social et culturel, mettant en avant les différents progrès en matière de santé, de culture, d’accès à l’éducation et aux services sociaux de base. Ce sont les domaines sur lesquels je me suis attelé, en tenant compte de l’expérience que j’ai pu accumuler au ministère de la Santé publique, au ministère des Arts et de la Culture, ainsi que dans d’autres institutions et leviers d’action de l’État, notamment en stratégie et en développement des services sociaux, ou encore dans le cadre de la Stratégie nationale de développement.

Voyage en hauteur: Qu’en est-il du tourisme ? Quelles sont les actions concrètes du Renouveau en matière de tourisme dans la région du Centre ?
Comme je l’ai dit, il s’agit d’un florilège des actions menées. Le tourisme relève prioritairement des activités économiques du Renouveau. À ce titre, un ensemble d’actions ont été conduites, notamment en matière de développement des infrastructures hôtelières et touristiques, avec la construction et la mise en service de plusieurs hôtels de 3e, 4e et 5e catégories, dont certains avec l’État au capital. Vous avez aussi le développement de sites et d’industries touristiques: loisirs, écotourisme, restauration et promotion des arts culinaires. Ainsi, plusieurs localités de la région du Centre, au-delà de la seule ville de Yaoundé qui bénéficie déjà d’infrastructures hôtelières, deviennent des pôles d’attraction touristique, notamment grâce à l’écotourisme dans certains départements. Sans faire de publicité, citons des sites dans les départements du Nyong-et-So’o, de la Méfou-et-Akono, de la Méfou-et-Afamba ou de la Haute-Sanaga, développés soit directement par des institutions publiques, soit par des privés avec l’accompagnement de l’État.
« J’ai eu la possibilité de visiter le Sanctuaire à Gorilles de Mengamé, le site écotouristique d’Ebogo, Sanaga Beach de Nkoteng. J’ai aussi eu l’occasion de profiter de moments de repos dans des forêts près d’Ayos. »
Elisée Ndjomo Eyenga
Voyage en hauteur: Personnellement, quelles sont les attractions touristiques qui vous ont le plus marqué ?
Je ne voudrais pas faire de jaloux… mais je dois dire que j’ai eu la possibilité de visiter le Sanctuaire à Gorilles de Mengamé, le site écotouristique d’Ebogo, Sanaga Beach de Nkoteng. J’ai aussi eu l’occasion de profiter de moments de repos dans des forêts près d’Ayos. Ce qui me marque le plus, c’est le contact avec la nature, la capacité de se ressourcer. Je crois que de nouveaux sites s’ouvrent de plus en plus, notamment dans l’arrondissement de Yaoundé 5e, qui dispose d’un nouveau joyau touristique. Il y en a également du côté de Yaoundé 6e, à Simbock, et du côté d’Ahala dans l’arrondissement de Yaoundé 3e. Ce sont des sites que j’ai visités à titre personnel, pour me reposer, me ressourcer ou faire profiter ma famille de moments privilégiés.
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Voyage en hauteur: Pendant la dédicace, vous avez évoqué le site touristique d’Ebogo Mengueme, notamment l’inaccessibilité au réseau de téléphonie mobile. Beaucoup de touristes déplorent aussi l’état des routes. Qu’est-ce que le Renouveau fait pour pallier ces problèmes ?
Ces questions s’inscrivent dans le plan de développement de la région du Centre. Sans trahir de secret, il me semble que, dans les projections du Conseil régional du Centre, figure le développement de certaines voies d’accès vers des sites à potentiel touristique et économique. Je ne peux pas vous dire à date ce qui a été effectivement réalisé. Pour le site d’Ebogo, lors de mes dernières visites, la route était plutôt praticable et avait bénéficié de travaux de confortement. Je n’y suis toutefois pas retourné récemment.
S’agissant de la couverture télécom, l’échange que j’avais eu à l’époque avec les promoteurs du site laissait entendre que l’absence de réseau pouvait être un atout: cela permet aux visiteurs de se ressourcer, loin de la frénésie des réseaux sociaux et des téléphones, et de mieux profiter de la nature. D’autres estiment au contraire qu’il est important d’être joignable. C’est un choix qui appartient aux promoteurs, lesquels peuvent solliciter les opérateurs pour une extension du réseau. À ma connaissance, la couverture n’est d’ailleurs pas totalement absente dans la zone.

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Voyage en hauteur: Elisée Ndjomo Eyenga, Comment entrevoyez-vous l’avenir après 2025 ?
Comme tout bon Camerounais, avec l’espérance d’un développement structurant autour de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui définit un ensemble de secteurs prioritaires dans lesquels la région du Centre se retrouve. Qu’il s’agisse de développement agricole ou halieutique, la région du Centre possède des terres arables et constitue l’un des poumons agricoles de la République, notamment sur le bassin de la Sanaga. Il y a une activité économique et agricole qui s’y développe, ainsi que des projets liés à l’agriculture et à l’élevage. La région abrite déjà l’École des métiers agricoles de Monatélé et l’École pratique d’agriculture de Binguela, qui contribuent à former les jeunes à la maîtrise de projets agricoles, halieutiques et pastoraux. Nous envisageons donc l’avenir sous le prisme d’une insertion cohérente dans la SND30, avec une mise en cohérence du plan de développement régional porté par le Conseil régional.
Voyage en hauteur: Pour être plus précis, comment entrevoyez-vous l’avenir si l’homme du Renouveau n’est pas réélu au terme de l’élection du 12 octobre prochain ?
C’est une question qui ne relève pas du champ de l’ouvrage. Les politiques publiques de développement s’ancrent généralement dans des cadres stratégiques. La région du Centre reste républicaine. Pour ce qui est de l’élection de Son Excellence Paul Biya, ce sont les urnes qui diront la vérité. Je ne souhaite pas me projeter dans la spéculation. Pour l’instant, nous nous sommes concentrés sur le bilan du Renouveau dans la région du Centre et sur les perspectives ouvertes par ce bilan, ainsi que sur les acquis à consolider et les avancées à poursuivre.
Voyage en hauteur: Un mot de fin pour inviter les personnes à découvrir le potentiel touristique de la région du Centre.
Je dirais simplement que nous avons besoin d’apprendre à connaître notre propre pays. Que chacun se donne la liberté de profiter de ses moments libres pour découvrir notre potentiel touristique. Beaucoup n’ont pas encore cette culture; il faut la développer pour mieux connaître et valoriser nos richesses.