Dans un éclat de mots et de rêves, Karolyn Kouakap s’élève tel un oiseau poétique, dévoilant son âme à travers le slam. En 2025, elle célèbre dix années de carrière littéraire, une décennie riche en engagements et en voyages à travers le Cameroun. Ses multiples voyages ne sont pas seulement des découvertes géographiques, mais aussi des sources d’inspiration poétique. Guerrière des mots, ses vers, empreints de lumière et d’ombre, tracent des chemins qui unissent les cœurs. Voici l’histoire d’une slameuse, d’une poétesse, d’une voyageuse, dont les mots résonnent comme des échos des maux.

Voyage en hauteur : Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis Karolyn (Caroline) Kouakap, poète et slameuse, auteure de trois recueils de textes à savoir : Cogito, publié chez Edilivre Paris en 2015 ; D’amour et d’espoir, publié à Lupeppo Yaoundé en 2024 ; et Celle qui vient de mars, publié dans Mozaïk 9, International Magazine of the Indian Ocean jan|fev|mars 2023, p. 337.
Dans le premier recueil, je me veux rationnelle et j’aborde logiquement quelques problèmes et questions existentiels.
Dans le deuxième, je me veux émotionnelle : je me mets à nu et me livre dans toute la sensibilité qui est mienne.
Et dans le troisième, je me fais militante pour plus d’égalité, pour qu’au-delà du genre humain, on parle davantage d’humanité.
Je suis une guerrière des mots, un soldat de la slam’Armée, une femme forte à l’âme sensible et rebelle qui, sans faille et sans flemme, s’enflamme contre les maux ; mots contre maux.

Voyage en hauteur : Dites-nous c’est quoi le SLAM ?
« Slam » veut dire « claquer » en anglais. Le slam est apparu en 1980 à Chicago. Le slam est une discipline oscillant entre poésie et performance théâtrale. C’est un espace de libre expression, où le slameur/la slameuse offre au public un texte de sa composition, dont le thème, le fonds et la forme sont complètement libres et se construisent au fur et en mesure de l’évolution.
Voyage en hauteur : Raconte-nous ta rencontre avec le slam.
Ça commence toujours par des rêveries, des petites balades sentimentales, ces belles phrases qu’on écrit tout simplement pour exprimer un vœu à un ami. Jusqu’au jour où, en plus de cela, on commence à écrire pour parler de la vie, célébrer ses beautés et dénoncer ce qui nous ennuie. Ainsi, depuis la fleur de l’âge, la poésie m’a choisie ; de ce fait, je l’ai dans la peau, je l’ai dans le cœur, au bout de mes doigts et sur mes lèvres… En effet, chaque mot résonne en moi, comme une mélodie douce qui ne demande qu’à s’épanouir.
Voyage en hauteur : Que représente le slam pour Karolyn Kouakap ?
Plus qu’une passion, j’ai trouvé dans le slam des raisons de donner plus de sens à ma vie.
Sans lui, je m’ennuie ; avec lui, je survis.
Face aux vicissitudes de la vie, j’y ai trouvé la force.
Quand tout allait mal, il était là.
Face aux pires déceptions, il a posé sa main sur mon épaule et m’a dit : « Ça ira ».
Et là, j’ai été séduite, conquise et convaincue qu’il n’est plus possible de vivre sans lui.
Il est ce condiment qui donne de la saveur à ma vie.
Voyage en hauteur : Est-ce que le slam au Cameroun nourrit ses artistes ?
Pas encore (rires).
Voyage en hauteur : comment le slam peut contribuer à la promotion de la destination Cameroun ?
Je suis Caroline Kouakap, originaire d’un village dans le Ndé qu’on appelle Bangoua
Mais je vis depuis toujours à N’gola
J’ai été dans la Menoua où j’ai visité les chuttes de Toulah
Et le Palais du Roi Bamoun , ohh ça s’était dans le Noun
J’ai été à Nkongsamba à Melong plus précisément
On y retrouve des ressortissants de divers villages de la région du soleil couchant
Ils cohabitent paisiblement avec les originaires des lieux,
ceux là même qu’on appelle les Mbo’o
J’ai été à Mapubi, à Logbi’i, à Ngwei
Des villages situés entre Puma et Edéa
Là bas, je me suis gavée de macabo plaintain, de poisson d’eau douce accompagné de vin blanc
Sur les collines d’Elat je me suis recueillies
A nsimalen, à Mva’a, en la Cathégrale saint Joseph de Kribi
aussi…
Sur mon chemin j’ai rencontré pas mal de monde ️![]()
![]()
![]()
Des personnes d’ici et d’ailleurs qui m’ont fait découvrir leur petit monde
En fille de la patrie
j’ai aimé chaque univers
Alors je rends hommage à cette diversité si chère à notre terre

Quoi de mieux que ce texte de slam pour mettre en évidence la contribution du slam à la promotion de la destination Cameroun ?
À lire aussi : Découvrez Kribi à travers le roman policier « Brigade 14 : L’affaire Cathy Nkeng » de Lois Irène Nwaha
Voyage en hauteur : Présidente du CLIJEC, Karolyn Kouakap a initié la randonnée poétique dont la première édition s’est tenue au Mont Kalekum. Pourquoi cette initiative ?
Avec la randonnée, le poète vit littéralement dans les airs. Ce qui est captivant depuis ces hauteurs, c’est le vent de la liberté, la légèreté de la vie, le temps qui s’arrête l’instant d’une déclamation, le souffle des hommes et femmes qui s’unissent dans le mot poème…

Voyage en hauteur : Parle-nous de tes origines.
L'histoire raconte que c'est à Bangoulap qu'il faut chercher mes origines lointaines. Mon arrière-arrière-grand-père serait parti de Bangoulap pour s'installer à Bangoua. De Bangoua aux différents villages du Centre, Sud, Littoral, mes pères ont dû quitter leur terre, chassés par le maquis... Loin de chez eux, ils ont erré, faisant de nous des éloignés, déplacés, déracinés...
Voyage en hauteur : En 2025 Karolyn Kouakap célèbre 10 années de carrière littéraire. Un évènement en perspective ?
Pour le 10e anniversaire de la publication de mon tout premier recueil de poèmes Cogito, nous comptons organiser une série d’activités de mai à juillet 2025.
Au programme
- Causeries Littéraires et Artistiques (CALIED) avec les élèves des établissements scolaires
- Rencontres avec les jeunes des foyers
- Rencontres virtuelles
- Rencontre spectacle
- Escapade poétique

Si tu es intéressé par l’une de ces activités, joins-toi à nous pour qu’ensemble, nous puissions rendre cela possible.
Ta contribution de toute nature est attendue. Merci !