Crédit: Arrêtons les violences

Quand monsieur refuse de taper sur madame

Par une nuit sans lune, un homme a fait un choix. Celui de ne pas devenir un bourreau. Celui de rester un humain. Celui d’éviter la violence. C’est le cas chez mon voisin, un homme que je vais appeler Jean. Jean est un homme comme tant d’autres, mais cette nuit-là, il est devenu le héros d’une histoire qu’il aurait pu regretter.

Une nuit, des cris, et un silence habité

Il était un peu plus de deux heures du matin quand les premières insultes ont claqué, comme des gifles dans l’air humide du quartier. Les murs tremblaient, et dans mon lit, j’ai tendu l’oreille. Ce n’était pas la première fois que mon voisin Jean, un homme d’une quarantaine d’années, fort de stature mais discret de nature, traversait une tempête conjugale. Mais cette nuit-là, la voix qui dominait n’était pas la sienne.

Agnès, sa femme, la trentaine vive, moins imposante, mais chargée de colère, l’accablait de mots plus tranchants qu’un couteau. « Espèce de bon à rien ! », « Tu n’es qu’un lâche ! », criait-elle. Des mots qui n’avaient qu’un seul but : le pousser à la faute. L’inciter à lever la main. À répondre à la violence verbale par la violence physique. À devenir ce que tant d’hommes sont devenus dans l’ombre : des oppresseurs.

Mais lui, non.

violence A dramatic scene in a dimly lit living room at night, showcasing an African woman with an intense expression, furiously shouting at her husband. The husband, a Black man, appears visibly agitated and overwhelmed by the situation. The room is decorated with typical home furnishings, and shadows play across the walls, adding to the tension of the moment. The atmosphere is charged with emotion, highlighting the conflict between the couple.
Scène de dispute conjugale générée par l’IA Assistant

Le choix du souffle… pas du coup

Il aurait pu, il en avait la force. Il en avait les raisons. Mais il n’en avait pas le droit — ni moralement, ni humainement. Alors il a fait quelque chose de grand. Il a mis ses clés dans sa poche, a ouvert la porte, et est sorti. Pieds nus. Sans dire un mot. Comme on fuit un incendie pour éviter d’y laisser son âme.

Le vent frais de la nuit a effacé les cris. Il a marché. Longtemps. Jusqu’à ce que son cœur cesse de tambouriner contre sa poitrine. Jusqu’à ce que ses poings, serrés d’émotion, retrouvent leur calme.

Le matin, le conseil… et la décision

À l’aube, pendant que le soleil se levait timidement sur notre quartier encore endormi, il a convoqué le conseil de famille. Pas pour se plaindre. Pas pour pleurer. Mais pour poser un acte. Un acte de dignité.

Il a choisi de répudier sa femme, non pas dans l’humiliation, mais dans la protection. Pour lui, pour elle, pour leurs enfants. Pour que la violence ne devienne pas leur quotidien. Afin que l’exemple reste celui d’un homme qui maîtrise ses émotions, qui refuse de frapper, même quand tout l’y pousse.

Monsieur n’a pas tapé madame, et c’est ça l’héroïsme

Ce récit n’est pas une fable. C’est une réalité. Une leçon. Une chronique d’humanité dans un monde trop souvent aveuglé par la colère.

Car la violence conjugale ne commence pas toujours par un coup. Mais elle commence toujours par un choix. Et cette nuit-là, mon voisin a choisi le respect de soi. Il a choisi la paix. Il a choisi l’exemple.

Lancement d'un numéro national pour les auteurs de violences conjugales -  Violence faites aux femmes - Droits des femmes et à l' égalité - Actions  de l'État - Les services de l'État
Arrêtons les violences

Apprendre à gérer les conflits sans violence

À vous, les hommes, qui parfois sentez la colère monter comme un torrent. Souvenez-vous de cette histoire. Souvenez-vous qu’il y a d’autres chemins que la brutalité. Voici quelques clés :

  • Sortez. Littéralement. Quittez la pièce. Allez marcher.
  • Respirez lentement, profondément. Reprenez contact avec vous-même.
  • Appelez un proche. Parlez, sans honte. Vous n’êtes pas seul.
  • Écrivez ce que vous ressentez. Les mots calment quand les coups blessent.
  • Demandez de l’aide professionnelle. La thérapie n’est pas une faiblesse, c’est une sagesse.

Une société sans violence commence à la maison

Ce billet est une invitation. À repenser la virilité, à valoriser la maîtrise de soi, à transformer la colère en dialogue, le tumulte en silence habité.

Parce qu’un homme qui ne tape pas sa femme n’est pas faible. Il est fort. Fort d’un courage nouveau. Fort d’une humanité retrouvée.

À lire, à partager, à méditer.

À lire aussi : Chronique d’une randonnée inclusive au Mont Messa

Étiquettes
Partagez

Auteur·e

sidoinefeugui